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Test blu-ray

Barberousse

BLU-RAY - Région B
Wild Side
Parution :

Image

Barberousse marque presque la fin de l'ambitieux projet autour d'Akira Kurosawa, lancé il y a près de cinq ans par Manuel Chiche et Wild Side. Une collection dont la qualité technique des masters n'aura pas toujours été très régulière mais qui se conclut de manière plus positive grâce à cette restauration de Barberousse, à garder dans le haut du panier. Effectué à partir d'éléments photochimiques en bon état, le scan HD est assez convaincant : la définition est plutôt bonne, l'image est détaillée, texturée par un grain assez fin qui ne semble pas avoir été trop atténué. La copie est propre et globalement nettoyée, même s'il persiste toujours d'infimes rayures verticales récurrentes. Le cadre est légèrement tremblant et l'on repère plusieurs sautes d'image. Le plus gros problème, déjà rencontré avec d'autres titres récemment sortis en Blu-ray par l'éditeur (y compris quelques Kurosawa), est qu'on a réajusté le contraste de manière peu nuancée, les noirs étant désormais bouchés. Cela impacte surtout (et de manière spectaculaire) les scènes en intérieurs qui perdent rapidement tout détail dans les zones sombres, tandis que les scènes en extérieurs sont à peu près épargnées. La surexposition (logiquement attendue après une telle retouche de contraste) reste heureusement mesurée sur les visages. Cet effort sur le contraste, même maladroit, reste tout de même payant pour la gamme de gris, plutôt belle. L'un dans l'autre, le résultat global penche donc du côté positif. Il l'est encore davantage lorsqu'on fait un comparatif avec ce que Wild Side avait proposé il y a plus de dix ans, en DVD :

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Vous aurez remarqué que l'image HD est désormais dans son format 2.55 : 1 d'origine, avec un gain d'information non négligeable. Cette restauration HD écrase complètement la version DVD, tant en définition qu'en luminosité, qualité de contraste et rendu des gris.

  

Son

La bande-son de Barberousse fut conçue en stéréo 4 pistes, un mixage original que la restauration de Wild Side ne propose malheureusement pas (elle semble d'ailleurs totalement inédite en vidéo, à ce jour). L'éditeur a quand même pris soin de nettoyer le son, d'ôter le souffle et les craquements. L'ensemble paraît très propre et très clair, avec un rendu des ambiances plutôt satisfaisant, sans sifflantes ou sons saturés. Il n'y a pas de version française.

Suppléments

Wild Side propose le film en Blu-ray et DVD dans un très beau digibook qui reprend les suppléments des précédentes éditions collector :

Barberousse, entre ombre et lumière (22 min - SD - 4/3)
Cet épisode de la série documentaire Masterworks, qui accompagne chaque film de la collection, se concentre essentiellement sur les anecdotes de tournage racontées par des membres de l'équipe. On parle ainsi du décor de l'hospice "plus vrai que nature", du casting des clochettes, de la scène de bagarre dans la rue ("un morceau de bravoure"), du travail de Kurosawa avec les enfants, ou du travail sur la lumière et les effets sur les visages pendant la scène de "la mante". C'est intéressant mais il manque un peu d'analyse et de remise en perspective dans la carrière du réalisateur.


Mifune par Mifune (27 min - SD - 4/3)
Dans un supplément du Blu-ray de La Forteresse cachée, nous regrettions que Shiro Mifune n'ait pas été davantage interrogé sur son père, Toshiro Mifune. L'erreur est en partie réparée puisqu'il raconte ici le début de parcours de l'acteur, son expérience de soldat pendant la guerre, dans une base kamikaze, et surtout ses débuts dans le cinéma, à la Toho. De sa filmographie, seul Barberousse est réellement abordé, avec des détails sur le jeu et quelques anecdotes (comment il a roussi sa barbe avec du benzène). Shiro Mifune parle également de la société de production lancée par son père et du film que celui-ci réalisa avec l'aide des équipe techniques de Kurosawa. Il se souvient enfin de son père en famille, à la maison, de son "penchant volcanique" et de ses "personnalités très opposées". Un bon début biographique qui ne remplace cependant pas un vrai documentaire sur le sujet...

Le film est accompagné d'un livret de 82 pages (dont 26 de texte) écrit par Linda Tahir, la comparse de Christophe Champclaux. Si, par le passé, le duo a pu nous habituer à des suppléments un peu rudimentaires, le texte de Linda Tahir est plutôt bienvenu, apportant les analyses et les notions historiques absentes des bonus du Blu-ray. Pour Kurosawa (surnommé l'Empereur), Barberousse est "l'oeuvre-somme résumant sa vision du monde", une superproduction intimiste au "coût pharaonique"tournée en quinze mois. Linda Tahir raconte le travail d'adaptation et le respect de l'oeuvre originale, la critique politique cachée derrière l'alibi historique et les efforts du réalisateur pour "réduire l'impact spectaculaire". Elle parle du soin formel apporté au film (le dernier de Kurosawa tourné en noir et blanc), des nombreuses scènes transposées en intérieur pour mieux contrôler et jouer avec la lumière, la "modestie graphique" dans la représentation du monde extérieur. Elle livre quelques précisions sur le décor de l'hospice, minutieusement reconstitué à partir des plans d'origine, et évoque le maître d'armes Ryû Kuze pour la scène de bagarre, expliquant enfin pour quelles raisons Barberousse fut l'ultime collaboration entre Toshiro Mifune et Akira Kurosawa.

En savoir plus

Taille du Disque : 43 411 106 912 bytes
Taille du Film : 39 042 582 528 bytes
Length: 3:05:40.754
Total Bitrate: 28,04 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 24,56 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 24564 kbps / 1080p / 23,976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: Japanese / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1997 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Subtitle: French / 20,046 kbps

Technique

Durée : 186 min

Support : BD50

Région : B

Encodage vidéo : Mpeg4 - AVC

Format cinéma : 2.55 : 1

Format vidéo : 16/9

Résolution : 1080p

Langues : Japonais DTS-HD Master Audio mono 2.0

Sous-titres : Français (imposés)

Le Film

Captures