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Personnalités

Ladislas Starewitch

Ladislas Starewitch

Biographie

Le cinéma d’animation image par image vient de naître en 1907 dans les studios de la Vitagraph aux Etats-Unis. Là bas à New York, le « tour de manivelle » vient d’être inventé. C’est un procédé permettant à la caméra de filmer une image, de s’arrêter puis de filmer la suivante et ainsi de suite. L’Hôtel hanté est la première œuvre à utiliser ce procédé. Les marionnettes perdent leurs fils et s’animent comme par magie, le cinéma d’animation vient de faire un pas de géant. Ladislas Starewitch, né à Moscou en 1882 est l’un des grands pionniers de cette nouvelle technique, contemporain du français Emile Cohl qui tourne Fantasmagorie en 1908 et Le Tout petit Faust en 1910. Pour lui, tout commence justement en 1910. Professeur d’histoire naturelle, c’est un touche à tout qui dès sa prime jeunesse s’intéresse au théâtre, à la photographie, à la peinture, au dessin (il publie des caricatures pour le quotidien Koviénskoié ziepkalo de Kovno). Il est également passionné d’entomologie et il rêve de filmer un combat de scarabée. A chaque essai les bêtes se figent sous les éclairages et c’est alors qu’il a l’idée de reconstituer la scène avec des insectes naturalisés. Ainsi naît La Lutte des cerfs-volants (Lucanus Cervus), son premier film d’animation image par image.

Rapidement la réputation de son petit film n’est plus à faire et le bruit court que cet homme est capable de dresser les insectes ! Starewitch décide de créer son propre studio de cinéma à Moscou en 1912 et réalise de nombreux films avec des insectes animés qui rencontrent un succès toujours croissant. Le Tsar Nicolas II lui fait même l’honneur de saluer publiquement La Cigale et la fourmi (1911). Rapidement il met en scène de véritables petites fictions avec ses créatures, comme dans La Vengeance d’un opérateur où un couple de scarabée deviennent les héros d’un vaudeville amoureux. Starewitch ne se cantonne pas à la seule formule magique qui l’a fait connaître et réalise également des longs métrages "classiques", adaptant Gogol ou Pouchkine, ou encore en dirigeant le célèbre Ivan Mosjoukine (L’homme, 1912). Son succès est international et son avenir assuré. Il réalise en 1913 un dessin animé, Le Coq et le Pégase, ce qui fait de lui non seulement un pionnier de l’animation image par image mais également le premier réalisateur russe de dessin animé. Starewitch s’amuse à acteurs et personnages animés (Le Lys de Belgique), dirige des animaux (Les Quatre diables). Au total il réalise avant la première guerre mondiale une douzaine de films d’animation et une cinquantaine de fictions. Très vite son bestiaire animé évolue. Starewitch passe des insectes aux grenouilles, aux rats puis aux chiens. Suivent les lions et autres mammifères, ses personnages devenant dans un même temps de plus en plus humains, en acquérant les vices et les vertus. Cette réussite fulgurante, cette période d’intense créativité est soudainement interrompue. Starewitch perd son studio lors de la révolution Russe. Il quitte Moscou et vient s’installer définitivement en France où il crée un nouveau studio d’animation à Fontenay-sous-bois.

Starewitch y poursuit ses recherches et ses expérimentations. Son travail ne cesse de progresser, que ce soit au niveau de la qualité d’une animation toujours plus fluide ou de la précision des traits et des caractères. Il dépense tout son argent dans la production de ses films, consacre ses jours et ses nuits à ses ciné-marionnettes. Il occupe tous les postes, véritable artisan qui fignole ses petits tableaux de maîtres dans l’économie la plus complète. C’est un atelier familial où Starewitch travaille en étroite collaboration avec sa femme Anna et sa fille aînée Irène, faisant même jouer sa deuxième fille Jeanne, sous le nom de Nina Star. Une centaine de films vont naître de cette petite entreprise, autant de petits chefs d’œuvre qui annoncent les travaux de Ray Harryhausen, de Svankmajer, de Trnka ou encore de Pojar. Starewitch ne réalise qu’un seul long métrage, son plus célèbre, Le Roman de Renart, sommet du cinéma d’animation qui fait encore école de nos jours.

Starewitch est très justement adulé par Terry Gilliam, Peter Lord ou encore Tim Burton qui projeta à toute son équipe technique les œuvres de Starewitch pour trouver l’inspiration de son Etrange Noël de Mr. Jack et dont certains personnages sont un hommage à Fétiche mascotte. Le cinéma de Starewitch c’est l’invention, la magie. Sous la fluidité de l’animation, l’incroyable vérité qui émane de ses ciné-marionettes, se cache l’animation à l’état pur, dans le sens donner vie, insuffler une âme à un objet. Ladislas Starewitch, maître de la "plastique animée" comme il aimait à appeler son travail, est l’un de ces rares génies qui offrirent au cinéma de nouvelles voies, de nouveaux horizons. Un cinéaste à découvrir, et à faire découvrir, absolument.

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La fiche IMDb

Informations

Naissance : 6 août 1882
Décès : 28 février 1965
Pays : Lituanie
Métiers : réalisateur, directeur photo, scénariste, directeur artistique, monteur