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Personnalités

Guy Gilles

Guy Gilles

Biographie

Guy Gilles est un cinéaste atypique, un auteur et un artisan qui, en huit films, a signé l’une des plus intrigantes pages du cinéma français des années 60 à 80. Un cinéaste aujourd’hui oublié mais tout aussi incompris à son époque, exclu du cercle public et critique. Guy Gilles a été assistant de Jacques Demy (le segment La Luxure du film Les Sept pêchés capitaux), a travaillé avec Agnès Varda (La Vie filmée) et pour Claude Lelouch (qui lui passe commande d’un court métrage). Cinématographiquement et humainement, il se sent proche des réalisateurs de la Nouvelle Vague : il tourne Festival 1966 Cinéma 1967 à la demande d’Henry Chapier, documentaire où il interview Truffaut, Godard et Rivette. C’est Pierre Braunberger (LE producteur de la Nouvelle Vague : Truffaut, Godard, etc.…) qui produit ses premiers courts métrages ou qui l’aide à trouver des financements. Mais dans le même temps, Guy Gilles reste marqué par le cinéma français des années 40 : les images de ces films qu’il découvrait dans sa jeunesse algérienne ne cessent de le fasciner. Ces films lui parlaient de la France, lointaine et encore inconnue ; ils ont façonné son romantisme et lui ont communiqué la passion des acteurs. Son cœur balance du côté de ces classiques. De plus, Gilles ne milite pas, ne fait partie d’aucun groupe politique ou artistique, chose inacceptable en ce début des années 60 où l’artiste doit prendre position et utiliser son art pour la défendre. Guy Gilles apparaît lors de l’essor de la Nouvelle Vague mais, trop jeune pour appartenir à cette famille de cinéastes, et surtout ne vivant pas son art comme outil politique, il creuse son propre sillon à l’écart des modes et des courants, artiste solitaire de plus en plus isolé le temps passant. Exigeant, entêté, obstiné, intransigeant, il suit sa voie sans se plier à un courant artistique qui pousse les auteurs à réaliser des œuvres qui se doivent d’être militantes, refuse de rejeter une forme traditionnelle du cinéma perçue comme bourgeoise et dépassée. Il n’est pas question ici de faire le procès de cette Nouvelle Vague que l’on se plaît si régulièrement à brûler, juste déplorer qu’une certaine doxa critique ait repoussé à la marge ceux qui ne correspondaient pas à ses critères. Guy Gilles poursuit ainsi son chemin dans l’ombre jusqu’à sa disparition, en 1996, dans une quasi indifférence.

Le cinéma de Guy Gilles est un cinéma à la fois pudique et sensuel, nourri de littérature, marqué par l’adolescence. C’est un cinéma dont on aime autant les qualités (la beauté des images, la poésie, la mélancolie poignante, la captation de l’éphémère) que les défauts (la naïveté, la candeur). Il y a un style Guy Gilles immédiatement reconnaissable. Ces trois premiers films nous dévoilent un artiste à fleur de peau, un poète qui s’exprime pleinement par l’art cinématographique, les images, le rythme, les sons, les visages de ses acteurs. Un cinéaste qui préfère peut-être la sensibilité à la réflexion, mais dont le sens de la mise en scène (et de ce qu’est profondément le cinéma) est tellement inné qu’il se place parmi les plus grands. Chris Marker ne disait-il pas de lui : « Rien n’est plus beau que Guy, sinon le souvenir de Guy » ?

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La fiche IMDb
Par Dvdclassik - le 19 octobre 2011

Informations

Naissance : 25 août 1940
Décès : 3 février 1996
Pays : France
Métiers : réalisateur, scénariste, acteur, directeur photo