Le Western américain : Parcours chronologique III 1955-1959

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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pak
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar pak » 16 juil. 13, 11:37

Mouais... ça ne donne pas trop envie, pourtant le pitch est attirant.

Vais finir par éviter tout film dès lors que le nom de Charles-Marquis Warren apparait...
Le cinéma : "Il est probable que cette marotte disparaîtra dans les prochaines années."

Extrait d'un article paru dans The Independent (1910)

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xave44
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar xave44 » 16 juil. 13, 19:21

Supfiction a écrit :Le gosse a grandi (et a d'autres idées en tête..) mais pour le reste, c'est presque du copier-collé (je parle des relations familiales, pas de l'action).

Image]


C'est James Caan sur la photo ?

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kiemavel
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar kiemavel » 16 juil. 13, 19:34

xave44 a écrit :
Supfiction a écrit :Le gosse a grandi (et a d'autres idées en tête..) mais pour le reste, c'est presque du copier-collé (je parle des relations familiales, pas de l'action).

Image]


C'est James Caan sur la photo ?


Non, Steve Rowland, le fils du metteur en scène Roy Rowland, qui a réalisé ce film

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hellrick
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar hellrick » 17 juil. 13, 17:48

Une question pour Jeremy: tu ne les as pas intégré dans ton parcours mais as tu vu et que penses tu des deux films du Lone Ranger sortis en 1956 et 1958? J'aurais été curieux de les découvrir avant la nouvelle version.
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Jeremy Fox
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Jeremy Fox » 17 juil. 13, 17:54

hellrick a écrit :Une question pour Jeremy: tu ne les as pas intégré dans ton parcours mais as tu vu et que penses tu des deuxdu Lone Ranger sortis en 1956 et 1958? J'aurais été curieux de les découvrir avant la nouvelle version.


Je ne connais pas.

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hellrick
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar hellrick » 17 juil. 13, 17:58

Une adaptation du serial western (teinté d'un soupçon de fantastique) du Lone Ranger
http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Justicier_solitaire_%28film,_1956%29
(note la bonne critique de Tatav)
Le film a eu une suite 2 ans plus tard et la nouvelle version (avec Johnny Depp débarque début août)

J'ai appris quelque chose au shérif dans son domaine favori, je n'en reviens pas :wink:
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar pak » 17 juil. 13, 18:08

Vu le costume du héros, ça a l'air très kitch et naïf, comme dans les serials des années 1930-40, mais effectivement, Bertrand Tavernier a l'air d'avoir apprécié, du moins celui de Stuart Heisler, "petit" artisan que j'aime bien en général, son western Collines brûlantes étant très bon, tout comme ses polars La Peur au ventre et La Clé de verre, et j'ai aussi un bon souvenir de son film de guerre La Patrouille infernale.

Je ne savais pas qu'il avait réalisé un Lone Ranger, du coup ça me dirait bien de le voir...


Pompé du net : « Stuart Heisler est un de ces braves qui ne savent pas rater un film » disait de lui Robert Lachenay (in “Les Cahiers du Cinéma”, n° 48, juin 1955).
Le cinéma : "Il est probable que cette marotte disparaîtra dans les prochaines années."

Extrait d'un article paru dans The Independent (1910)

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Jeremy Fox » 17 juil. 13, 18:36

Je connaissais le personnage de serial mais pas les films. Merci hellrick :wink:

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Jeremy Fox » 17 juil. 13, 20:34

pak a écrit :

Pompé du net : « Stuart Heisler est un de ces braves qui ne savent pas rater un film » disait de lui Robert Lachenay (in “Les Cahiers du Cinéma”, n° 48, juin 1955).



Rien que dans le genre qui nous intéresse ici, je trouve Dallas ville frontière et Collines brulantes totalement ratés :arrow:

Mais je serais curieux de découvrir son Lone Ranger

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar pak » 17 juil. 13, 21:08

Ah zut, on ne sera donc jamais d'accord... :uhuh:
Le cinéma : "Il est probable que cette marotte disparaîtra dans les prochaines années."

Extrait d'un article paru dans The Independent (1910)

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar kiemavel » 17 juil. 13, 21:36

pak a écrit :Vu le costume du héros, ça a l'air très kitch et naïf, comme dans les serials des années 1930-40, mais effectivement, Bertrand Tavernier a l'air d'avoir apprécié, du moins celui de Stuart Heisler, "petit" artisan que j'aime bien en général, son western Collines brûlantes étant très bon, tout comme ses polars La Peur au ventre et La Clé de verre, et j'ai aussi un bon souvenir de son film de guerre La Patrouille infernale.

Je ne savais pas qu'il avait réalisé un Lone Ranger, du coup ça me dirait bien de le voir...


Pompé du net : « Stuart Heisler est un de ces braves qui ne savent pas rater un film » disait de lui Robert Lachenay (in “Les Cahiers du Cinéma”, n° 48, juin 1955).


On est pas si nombreux à aimer beaucoup "La peur au ventre", j'en suis. Il est même rare qu'un (double) remake soit (presque) au niveau de ses prédécesseurs. La clé de verre, oui...mais aussi "Storm Warning", excellent film noir avec Gingers Rogers et Doris Day, dont je ne suis pas grand fan lorsqu'elles sont en dehors de leurs spécialités mais qui trouvent là un de leur meilleur rôle dramatique + Steve Cochran et le génial (pardon ?) Ronald Reagan. Contrairement à ce que disait Tavernier le film est très engagé sur (contre) le KKK alors qu'il prétend que le Klan n'est presque pas cité.

J'ajoute encore l'excellent "Remarquable Andrew", un des meilleurs films d'heisler

Par contre, plutôt d'accord pour dire que ses westerns sont beaucoup plus routiniers...tout comme sont évitables ses 3 films avec Susan Hayward : Among the living, Tulsa et Smash-up

Quant à Robert Lachenay, c'était un pseudo de Truffaut. Plus précisément, Robert Lachenay qui était le grand ami d'enfance de Truffaut (on retrouve son personnage dans les 400 c) a écrit quelques articles dans les cahiers mais la plupart sont en réalité de Truf.

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar xave44 » 17 juil. 13, 21:38

Rick Blaine a écrit :
Jeremy Fox a écrit :
Attention cependant, tu sembles ne pas avoir vu la bonne période sturgienne qui pour moi correspond aux années 50 et se termine justement avec le superbe Dernier train de Gun Hill.


Voilà. Quand on voit un film comme un Homme est Passé par exemple, difficile de parler de classicisme mou.


5/10 pour Sturges.

La déception: Last Train from Gun Hill (Le Dernier Train de Gun Hill).
Sturges sans imagination, réalisation "plate" comme je l'avais souligné dans mes posts précédents.
Sturges n'insuffle aucune vie dans ses personnages et Douglas comme souvent en fait un peu trop.
Par ailleurs plaidoyer un peu lourd contre le racisme.

La bonne surprise: Bad Day at Black Rock (Un homme est passé).
Sturges étonnament inspiré, image cinémascope superbe, scénario au cordeau, casting aux petits oignons. Mention spéciale à Tracy et Borgnine.
J'ai beaucoup aimé.

Bon je ne renonce pas aux westerns de Sturges malgré ma déception.
Le trésor du pendu (The Law and Jake Wade) a l'air d'avoir retenu l'attention d'un certains nombres de critiques et cinéphiles, tout comme 7 secondes en enfer (Hour of the Gun) cité Jeremy un peu plus haut et seconde variation de Sturges du règlement de compte de OK Corral et loué par Tatav et Courso.
Je m'accroche. :wink:

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Jeremy Fox » 18 juil. 13, 08:11

xave44 a écrit :
Rick Blaine a écrit :
Jeremy Fox a écrit :
Attention cependant, tu sembles ne pas avoir vu la bonne période sturgienne qui pour moi correspond aux années 50 et se termine justement avec le superbe Dernier train de Gun Hill.


Voilà. Quand on voit un film comme un Homme est Passé par exemple, difficile de parler de classicisme mou.


5/10 pour Sturges.

La déception: Last Train from Gun Hill (Le Dernier Train de Gun Hill).
Sturges sans imagination, réalisation "plate" comme je l'avais souligné dans mes posts précédents.
Sturges n'insuffle aucune vie dans ses personnages et Douglas comme souvent en fait un peu trop.
Par ailleurs plaidoyer un peu lourd contre le racisme.

La bonne surprise: Bad Day at Black Rock (Un homme est passé).
Sturges étonnament inspiré, image cinémascope superbe, scénario au cordeau, casting aux petits oignons. Mention spéciale à Tracy et Borgnine.
J'ai beaucoup aimé.

Bon je ne renonce pas aux westerns de Sturges malgré ma déception.
Le trésor du pendu (The Law and Jake Wade) a l'air d'avoir retenu l'attention d'un certains nombres de critiques et cinéphiles, tout comme 7 secondes en enfer (Hour of the Gun) cité Jeremy un peu plus haut et seconde variation de Sturges du règlement de compte de OK Corral et loué par Tatav et Courso.
Je m'accroche. :wink:



Dommage pour Gun Hill (que j'aime vraiment beaucoup) mais tu devrais apprécier le trésor du pendu et 7 secondes en enfer

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Gun Glory

Messagepar Jeremy Fox » 19 juil. 13, 08:10

Image



Terreur dans la vallée (Gun Glory - 1957) de Roy Rowland
MGM


Avec Stewart Granger, Rhonda Fleming, Chill Wills, Steve Rowland, James Gregory
Scénario : William Ludwig d’après un roman de Philip Yordan
Musique : Jeff Alexander
Photographie : Harold J. Mazorati (Metrocolor 2.35)
Un film produit par Nicholas Nayfack pour la MGM


Sortie USA : 12 juillet 1957

Roy Rowland est un artisan très consciencieux dont le style n’est pas évident à définir si tant est qu’il en ait un. Disons qu’il était surtout très professionnel et que la plupart de ses films des années 50 furent assez plaisants à visionner ; disons le d’emblée, Terreur dans la vallée ne fera pas exception à la règle ! Passant de la Warner à la Columbia pour revenir le plus souvent à la MGM, il fut à l’origine de quelques réussites notamment dans la comédie musicale, son titre le plus célèbre étant peut-être dans le même temps son meilleur film, le fameux Les 5000 doigts du Dr T. Et, puisque nous n’aurons plus l’occasion de le rencontrer à nouveau au sein de ce parcours (ses derniers westerns des années 60 étant des coproductions hispano-américaines parait-il abominables), essayons maintenant de faire le point sur ce que ce sympathique cinéaste aura accompli dans le genre qui nous concerne ici. S’il était sans réel style, on peut cependant trouver quelques points communs à l’ensemble de ses westerns. En visionnant ce petit corpus, on aura déjà eu l’immense plaisir de croiser presque toutes les plus belles rousses d’Hollywood, à savoir Arlene Dahl, Helena Carter, Eleanor Parker et Rhonda Fleming (même s’il manque à ce groupe la non moins magnifique Maureen O’Hara). Un autre point commun également loin d’être négligeable dans le fait que les westerns de Rowland sont souvent agréables à regarder : il semblait aimer les grands espaces et ne pas apprécier l’utilisation de transparences, ce qui fait que ses films sont souvent tournés au sein de magnifiques paysages naturels la plupart du temps, d’ailleurs très bien utilisés si l’on excepte dans le catastrophique Many Rivers to Cross (L’Aventure fantastique) sur le tournage duquel l’équipe technique en son ensemble paraissait avoir abdiquée toutes velléités artistiques.


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Mais ce dernier exemple était un peu particulier car il s’agissait avant tout d’une comédie et non d’un véritable western. Roy Rowland avait commencé dans le genre en 1947, déjà pour le studio du lion, avec The Romance of Rosy Ridge dont la tête d’affiche était un des plus fidèles comédiens maison, Van Johnson. Le film se déroulait durant la Guerre de Sécession mais je n’ai malheureusement pas eu l’occasion de le voir. Ce fut ensuite, toujours pour la MGM, le très bon Le Convoi maudit (The Outriders), très classique mais rondement mené, puis pour la Warner, un film qu’il me tarde de découvrir un jour, Buggles in the Afternoon (Les Clairons sonnent la charge) avec Ray Milland. Il y eut ensuite, toujours pour la Warner mais en noir et blanc, le plus curieux que réussi The Moonlighter. Roy Rowland n’était cependant pas du tout en cause dans ce semi-ratage, la faute en incombant principalement au scénariste Niven Busch. Mais une fois encore, comme je l’écrivais à son propos, "grâce à la mise en scène et au choix du réalisateur de ne pas utiliser de transparences, le film était loin d’être désagréable d’autant que Rowland arrivait à bien mettre en valeur les superbes décors naturels qu’il avait à sa disposition." Puis ce fut L’Aventure fantastique qui, quoique parfois amusant surtout grâce à l'abattage de Robert Taylor et Eleanor Parker, fut esthétiquement pauvre et mal fichu, le cinéaste ayant cette fois sa part de responsabilité. Gun Glory, à nouveau sous l’égide de la prestigieuse Metro Goldwin Mayer qui n’a pas lésiné sur les moyens, revient aux sources ; à celle du Convoi maudit par exemple : un western à l’intrigue très classique mais rehaussé par la qualité de la mise en scène, du travail des équipes techniques du studio, de l’interprétation et par la beauté des paysages. Il faut dire que le producteur en est Nicholas Nayfack, un homme de goût : seulement quatorze films à son actif mais pas n’importe lesquels : Incident de frontière (Border Incident) et La Porte du diable (Devil’s Doorway) d’Anthony Mann, Fort Bravo (Escape from Fort Bravo) de John Sturges, Planète interdite (Forbidden Planet) de Fred McWilcox… Un très beau palmarès ! Sans atteindre ces hauteurs et même si on l’aura oublié aussitôt vu, le western de Roy Rowland s’avère fort divertissant, idéal pour une soirée tranquille en famille.


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Wyoming, 1886. Tom Early (Stewart Granger) revient dans la ville où il a laissé quelques années auparavant sa femme et son fils. Entre temps, sa réputation de joueur invétéré et de fine gâchette est parvenue jusque là. Les habitants voient donc d’un mauvais œil son retour. Quand Early se rend à son ranch, il est assez froidement reçu par Tom (Steve Rowland), son fils désormais âgé de 17 ans, qui ne lui pardonne pas son abandon et qui lui apprend qu’entre temps sa mère est morte. Early lui explique que sa mauvaise réputation n’a guère de raison d’être et qu’il est parti pour faire fortune dans leur intérêt. Tom refuse néanmoins de lui pardonner tout en acceptant qu’il reste désormais vivre à ses côtés. Ils vont toutefois avoir besoin d’une aide ménagère pendant qu’ils s’occuperont des travaux de la ferme ; Tom se rend donc en ville voir s’il ne pourrait pas trouver une employée. Il découvre la perle rare en la personne de Jo (Rhonda Fleming), belle femme ayant été élevée par l’épicier handicapé Sam Winscott (Jacques Aubuchon) pour lequel elle travaillait jusqu’à présent. Elle souhaite désormais le quitter, ce dernier étant devenu trop jaloux des hommes lui tournant autour et trop pressant à son goût, ayant dans l’idée d’en faire son épouse contre son gré. Lors de cette descente en ville, Tom se trouve dans l’obligation de tuer en état de légitime défense l’un des cow-boys du rancher Grimsell (James Gregory) qui, connaissant sa réputation de tireur, a voulu le provoquer. Un autre problème va se poser aux habitants de ce village jusque là paisible : Grimsell a la ferme intention de faire passer son immense troupeau sur leurs terres au risque de les dévaster. Menés par le pasteur du village (Chill Wills), les fermiers vont alors devoir se lancer dans un conflit mortel contre les éleveurs. Repoussant tout d’abord les conseils d’Early, ils vont finir par comprendre que seul lui sera en mesure de contrer les ranchers…


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Les conflits entre ranchers et fermiers, tout le monde sait désormais qu’il s’agit de la thématique la plus rabâchée au sein du western, quasiment à égalité avec la difficile période de l’après Guerre de Sécession pour les vaincus. Donc rien que de l’ultra classique dans le thème principal de l’intrigue de ce western. Sauf que l’homme sur qui va reposer la résolution des antagonismes a été ostracisé par ses concitoyens pour avoir quitté le pays en abandonnant femme et enfant et qu’il revient dans la région pour découvrir que son épouse est morte entre temps et que son fils lui en veut pour cet abandon. Sauf que sa réputation n’est faite que de malentendus, étant parti pour rapporter une fortune à sa famille, estimant que le travail de la ferme n’amenait pas assez de revenus (enfin, c’est l’excuse qu’il veut bien essayer de faire passer auprès de son fils qui a toutefois toujours autant de mal à lui pardonner être parti sans prévenir). Sauf que deux hommes dans une maison ont besoin d’une aide ménagère/cuisinière et qu’ils vont trouver pour les 'soutenir' la plus jolie femme de la ville, harcelée par son protecteur, un handicapé libidineux et antipathique qui aurait souhaité en faire son épouse. Une femme ‘louée’ pour s’occuper des tâches ménagères dans un foyer composé d’un père et son fils : une situation qui rappelle beaucoup celle de Rachel and the Stranger avec Robert Mitchum et Loretta Young. Et d’ailleurs, la majeure partie du film s’appesantira surtout sur les relations entre les trois personnages. Sauf que si le garçon du film de Norman Foster était encore un enfant, Tom est ici quasiment un adulte. Du coup, il sera logiquement attiré par la jeune femme et qu’après avoir reçu un refus, il laissera la place à son père sans chercher à entrer en conflit avec lui, situation plutôt originale par sa douceur d’autant qu’auparavant, la jeune femme avait réagi de même après s’être fait embrasser de force, expliquant calmement et sans violence au jeune garçon qu’elle n’éprouvait aucun sentiment à son égard, qu’elle comprenait cependant parfaitement son geste et qu’elle ne lui en voudra jamais pour ça. Il est vraiment plaisant de voir un film ne cherchant pas forcément à tomber dans le mélo à partir d’une telle situation de triangle amoureux, préférant la douceur, la compréhension et la tendresse à la jalousie, la rancune et la confrontation.


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Bref, malgré son postulat de départ et des éléments d’intrigues très conventionnels, les relations entre les personnages s’avèrent plus novatrices ou tout du moins très intéressantes. Le trio principal bénéficie de plus d’une très bonne interprétation surtout Stewart Granger aussi à l’aise l’épée à la main qu’en tenue de cow-boy, ainsi que Rhonda Fleming aussi dramatiquement talentueuse que physiquement superbe. Abordant son rôle avec nonchalance et décontraction, Stewart Granger nous fait en bonus une impressionnante démonstration de ses dons de cavaliers lors d’une séquence au cours de laquelle il doit isoler une vache du reste du troupeau. Quant à Steve Rowland, le fils du cinéaste, sans faire d’étincelles dans la peau du fils idéaliste et non-violent, plein de ressentiment envers son père, n’en accompli pas moins un travail très correct. De belles et assez douces relations s’établissent entre ces trois protagonistes qui culmineront dans un final très convenu et attendu mais satisfaisant pour ceux qui se seront pris d’affection pour le trio. A leurs côtés, de bons seconds rôles et notamment Jacques Aubuchon en épicier désagréable, brulant de désir pour sa protégée, James Gregory dans la peau du chef des éleveurs, à priori pas si mauvais que ça mais qui malgré tout ne veut pas plier devant les fermiers qui l’empêchent de faire passer son immense troupeau, et surtout Chill Wills qui non seulement à l’occasion de nous prouver ses talents de chanteur (il a débuté dans un trio avec Bing Crosby) mais qui trouve ici l’un de ses rôles les plus attachants, celui du pasteur qui, dans une ville sans loi, fait office de maire et de shérif ; cocasse de le voir faire ses sermons dans une église en construction qui n’a encore que le toit et le squelette des murs. Les décors sont d’ailleurs plutôt réussis, le film ayant à priori bénéficié d’un budget conséquent : il n’est qu’à voir les scènes d’action finales pour s’en rendre compte, jouissant de très nombreux figurants, de cascadeurs chevronnés et de quelques centaines de bêtes (plan très impressionnant de l’avancée du troupeau en file indienne).


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Même si la mise en scène de Rowland manque de souffle et d’idées, c’est toutefois celle d’un homme respectueux de son public ; nous nous étonnons même de pouvoir contempler dans ce western sans surprises des plans aussi beaux que ceux de la carriole conduite par Stewart Granger se mettant en route au milieu d’un splendide paysage bucolique baigné de rayons de soleil. Il faut dire que la photographie en Metrocolor et cinémascope de Harold J. Mazorati est magnifique tout comme la musique d’un compositeur qui gagnerait à être redécouvert, Jeff Alexander ; il est pour la MGM ce qu'est Hans J. Salter pour la Universal, un musicien injustement méconnu. Sa partition pour Fort Bravo était déjà une sacré réussite ; il réitère ici à l’aide d’une musique ample aux superbes envolées lyriques ; même la ballade du générique chantée par Burl Ives (l’imposant comédien, père de Paul Newman dans La Chatte sur un toit brûlant) s’avérait d’emblée très séduisante. Si l’action est réduite à portion congrue, lorsqu’elle apparait, elle fait montre d’une belle efficacité, témoin le dernier quart du film faisant se succéder un guet-apens meurtrier, l’avancée de l’imposant troupeau sur la piste puis le dynamitage de la montagne qui fait s’ensuivre une avalanche assez impressionnante, pas trop gâchée par les transparences qui s’avèrent tout au contraire assez bien intégrés à l’ensemble. Et puis quelle vigueur que le premier accès de violence lorsque Early tue son premier adversaire en état de légitime défense, l’homme abattu étant littéralement éjecté assez loin de son cheval ! Au sein d’un western plutôt gentillet, le contraste fait son effet. Vous aurez compris que malgré l’aspect plutôt routinier de l’ensemble et d’un message final prônant l’usage des armes si nécessaire à l'encontre d'une non-violence jugée un peu naïve, le western de Roy Rowland fonctionne très bien, se laisse regarder sans déplaisir car même si totalement prévisible, très bien écrit, très bien mené et plein de charme.

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar someone1600 » 21 juil. 13, 18:02

C'est toujours avec plaisir que je lis tes chroniques Jeremy. :D De belles decouvertes encore une fois a faire parmis les films chroniqués. :wink: