Max Ophuls (1902-1957)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

Modérateurs : cinephage, Karras, Rockatansky

Avatar de l’utilisateur
Demi-Lune
Bronco Boulet
Messages : 13056
Inscription : 20 août 09, 16:50
Localisation : Avec Dr. Jones dans une pièce qui se rétrécit à vue d'oeil

Re: Max Ophuls (1902-1957)

Messagepar Demi-Lune » 25 janv. 11, 19:14

feb a écrit :Si tu ne trouves pas ton bonheur entre La Ronde, Le Plaisir, Madame de... et Lola Montès je rembourse ton coffret Gaumont :mrgreen:

Achète-moi plutôt mon Le Style Hitchcock. :oops: :arrow:

Avatar de l’utilisateur
feb
I want to be alone with Garbo
Messages : 8559
Inscription : 4 nov. 10, 07:47
Localisation : San Galgano

Re: Max Ophuls (1902-1957)

Messagepar feb » 25 janv. 11, 19:20

J'aurais bien aimé mais un vendeur sur DVD Classik l'ayant mal vendu dans le topic Alfred Hitchcock : conseils bibliographiques, j'ai décidé de passer à autre chose :mrgreen:
Fin du HS
Sinon pour en revenir à Max, si Les Désemparés t'a laissé sur ta faim, tu devrais retrouver l'appétit avec les 4 films cités ci-dessus + Lettre d'une inconnue que je trouve d'une beauté et d'une finesse sublime.
ed a écrit :Portrait de la jeune fille en feu
L'un des films les plus rigoureux, scénaristiquement et formellement, qu'il m'ait été donné de voir depuis longtemps (...)

Avatar de l’utilisateur
Demi-Lune
Bronco Boulet
Messages : 13056
Inscription : 20 août 09, 16:50
Localisation : Avec Dr. Jones dans une pièce qui se rétrécit à vue d'oeil

Re: Max Ophuls (1902-1957)

Messagepar Demi-Lune » 25 janv. 11, 19:23

feb a écrit :Sinon pour en revenir à Max, si Les Désemparés t'a laissé sur ta faim, tu devrais retrouver l'appétit avec les 4 films cités ci-dessus + Lettre d'une inconnue que je trouve d'une beauté et d'une finesse sublime.

Mon programme de la soirée n'est pas complètement éloigné d'Ophuls puisque je comptais regarder Loin du paradis dont le réalisateur, Todd Haynes, a vraisemblablement été influencé par Les Désemparés. En ce qui concerne les films d'Ophuls, il a suffi qu'Anorya me rappelle en MP que La Ronde était une sorte de pré-Eyes Wide Shut pour que je sois définitivement convaincu d'explorer au plus vite mon coffret de chez Gaumont.

Avatar de l’utilisateur
feb
I want to be alone with Garbo
Messages : 8559
Inscription : 4 nov. 10, 07:47
Localisation : San Galgano

Re: Max Ophuls (1902-1957)

Messagepar feb » 25 janv. 11, 19:25

Bravo à Anorya qui a su trouver les mots justes pour te convaincre :wink: Curieux d'avoir ton avis sur La Ronde...
ed a écrit :Portrait de la jeune fille en feu
L'un des films les plus rigoureux, scénaristiquement et formellement, qu'il m'ait été donné de voir depuis longtemps (...)

Avatar de l’utilisateur
Anorya
Laughing Ring
Messages : 11859
Inscription : 24 juin 06, 02:21
Localisation : LV426

Re: Max Ophuls (1902-1957)

Messagepar Anorya » 25 janv. 11, 19:45

Demi-Lune a écrit :
feb a écrit :Sinon pour en revenir à Max, si Les Désemparés t'a laissé sur ta faim, tu devrais retrouver l'appétit avec les 4 films cités ci-dessus + Lettre d'une inconnue que je trouve d'une beauté et d'une finesse sublime.

Mon programme de la soirée n'est pas complètement éloigné d'Ophuls puisque je comptais regarder Loin du paradis dont le réalisateur, Todd Haynes, a vraisemblablement été influencé par Les Désemparés. En ce qui concerne les films d'Ophuls, il a suffi qu'Anorya me rappelle en MP que La Ronde était une sorte de pré-Eyes Wide Shut pour que je sois définitivement convaincu d'explorer au plus vite mon coffret de chez Gaumont.


Ah, Todd Haynes, et surtout ce Loin du paradis, on est plus proche de Douglas Sirk. Si je me rappelle bien, c'est une sorte de remake non-avoué de Tout ce que le ciel permet (1955).
Pré-Eyes wide shut, tu utilises un raccourci un peu rapide de ce que je t'avais dit mais j'approuve... :wink:
Image

Avatar de l’utilisateur
Ann Harding
Régisseur
Messages : 3016
Inscription : 7 juin 06, 10:46
Localisation : Paname

Re: Max Ophuls (1902-1957)

Messagepar Ann Harding » 3 févr. 11, 17:17

Image

La Signora di Tutti (1934, Max Ophüls) avec Isa Miranda, Tatyana Pavlova et Memo Benassi

Gabriella Murge (I. Miranda) se fait renvoyer de son collège car elle a, involontairement, provoqué le suicide d'un professeur. Elle rencontre Alma Nanni (T. Pavlova), une femme paralysée, lors d'une soirée. Elle devient son amie...

La carrière d'Ophüls fut assez tortueuse passant de l'Allemagne à la France en passant par l'Amérique et même les Pays-Bas. Ce film-là a été réalisé en Italie. On reconnait immédiatement le style inimitable de Max quelque soit le pays dans lequel il a réalisé un film. Ophüls a toujours choyé les actrices en leur offrant des rôles complexes, sensuels et en les filmant avec amour. Dans celui-ci, c'est l'italienne Isa Miranda qui est en vedette. Elle est une 'femme fatale' sans le vouloir entraînant à la mort des hommes qui perdent la tête à cause d'elle. Son visage et son port m'ont rappelé la Marlène Dietrich de ces années-là. Mais, contrairement à Marlène, Isa Miranda m'a semblé très froide et impavide. Et c'est à cause de cela que j'ai eu du mal à ressentir une émotion pour le personnage qu'elle joue. Contrairement à Edwige Feuillère et à Danielle Darrieux qui sont magnifiées par Ophüls et offrent le meilleur d'elles-mêmes, Isa Miranda semble être un jouet docile dans les mains de son metteur en scène. Si on oublie cette réserve sur le personnage, le film lui-même regorge de beautés et a une fluidité extraordinaire. La copie proposée par Master of Cinema est de toute beauté ; c'est certainement la meilleure copie d'un Ophüls des années 30 qu'il m'ait été donné de voir. Ce mélodrame de 1934 construit en flash-back contient tous les thèmes et clichés du mélo flamboyant hollywoodien. On retrouve la femme paralysée dans l'escalier et la musique omniprésente qui suit l'héroïne torturée par la culpabilité. D'ailleurs, la musique est signée Daniele Amfitheatrof qui officiera bientôt à Hollywood pour d'autres mélo comme Ivy (1947). Il y a des séquences superbes comme la montée de l'escalier après le suicide de la femme paralysée. La caméra suit Isa Miranda pas à pas suggérant son violent malaise face à la morte. Ou encore, ce plan qui passe à 'travers les cloisons' de l'appartement de Gaby avant de la découvrir morte dans la salle de bain. Décidément, Ophüls n'a pas fini de m'étonner !

Avatar de l’utilisateur
Anorya
Laughing Ring
Messages : 11859
Inscription : 24 juin 06, 02:21
Localisation : LV426

Re: Max Ophuls (1902-1957)

Messagepar Anorya » 17 mai 11, 23:08

Les désemparés (Ophuls - 1949).

Pour le coup mon avis rejoindrait celui de Demi-Lune (page précédente). J'ai passé un agréable moment mais je m'avoue que je m'attendais sans doute à un peu plus aussi... Si le film réserve de grands moments (Joan Bennett avec ce qui reste du petit ami peu fréquentable, cette scène aurait été inspiré par le néoréalisme de Rossellini comme l'indique le spécialiste de la période américaine d'Ophuls, Lutz Bacher sur l'un des deux bonus du DVD Carlotta), j'ai trouvé subjectivement qu'on restait avec un goût de "pas assez". Histoire policière pas assez poussée, drame mélodramatique pas assez poussé, empathie, relations pour les personnages pas assez poussées (Bennett restait trop tendue face à un Mason impérial et charismatique, touchant lui par contre et finit par l'éclipser) quand elles ne servent juste qu'a souligner l'emprise du cadre social avec les personnages secondaires (le gamin et le beau-père qui ne servent qu'a renforcer le constat évident qu'elle est prisonnière de sa situation --comme elle le dit elle-même avec lucidité à son maître chanteur dans la voiture quand il la raccompagne). Mais d'un autre côté la maîtrise du cadre, les décors très bien réalisés (3 jours seulement en extérieurs avec construction du garage/hangar à bateau en fonction du script), les rares mais élégants (hélas trop courts quand on a goûté à la jouissance de La Ronde par exemple) plans-séquences et travellings et les petits détails qui caractérisent les personnages sont assez bien vus. Mais comme le film ne va pas jusqu'au bout de ses possibilités, cela reste juste agréable là où ça aurait pu être un grand film.
4/6.
Image

riqueuniee
Mogul
Messages : 10077
Inscription : 15 oct. 10, 21:58

Re: Max Ophuls (1902-1957)

Messagepar riqueuniee » 18 mai 11, 00:09

Ann Harding a écrit :
La Signora di Tutti (1934, Max Ophüls) avec Isa Miranda, Tatyana Pavlova et Memo Benassi

Gabriella Murge (I. Miranda) se fait renvoyer de son collège car elle a, involontairement, provoqué le suicide d'un professeur. Elle rencontre Alma Nanni (T. Pavlova), une femme paralysée, lors d'une soirée. Elle devient son amie...

La carrière d'Ophüls fut assez tortueuse passant de l'Allemagne à la France en passant par l'Amérique et même les Pays-Bas. Ce film-là a été réalisé en Italie. On reconnait immédiatement le style inimitable de Max quelque soit le pays dans lequel il a réalisé un film. Ophüls a toujours choyé les actrices en leur offrant des rôles complexes, sensuels et en les filmant avec amour. Dans celui-ci, c'est l'italienne Isa Miranda qui est en vedette. Elle est une 'femme fatale' sans le vouloir entraînant à la mort des hommes qui perdent la tête à cause d'elle. Son visage et son port m'ont rappelé la Marlène Dietrich de ces années-là. Mais, contrairement à Marlène, Isa Miranda m'a semblé très froide et impavide. Et c'est à cause de cela que j'ai eu du mal à ressentir une émotion pour le personnage qu'elle joue. Contrairement à Edwige Feuillère et à Danielle Darrieux qui sont magnifiées par Ophüls et offrent le meilleur d'elles-mêmes, Isa Miranda semble être un jouet docile dans les mains de son metteur en scène. Si on oublie cette réserve sur le personnage, le film lui-même regorge de beautés et a une fluidité extraordinaire. La copie proposée par Master of Cinema est de toute beauté ; c'est certainement la meilleure copie d'un Ophüls des années 30 qu'il m'ait été donné de voir. Ce mélodrame de 1934 construit en flash-back contient tous les thèmes et clichés du mélo flamboyant hollywoodien. On retrouve la femme paralysée dans l'escalier et la musique omniprésente qui suit l'héroïne torturée par la culpabilité. D'ailleurs, la musique est signée Daniele Amfitheatrof qui officiera bientôt à Hollywood pour d'autres mélo comme Ivy (1947). Il y a des séquences superbes comme la montée de l'escalier après le suicide de la femme paralysée. La caméra suit Isa Miranda pas à pas suggérant son violent malaise face à la morte. Ou encore, ce plan qui passe à 'travers les cloisons' de l'appartement de Gaby avant de la découvrir morte dans la salle de bain. Décidément, Ophüls n'a pas fini de m'étonner !

Un film qui se distingue en effet surtout par sa mise en scène. La séquence du début, pour arriver jusqu'à la salle de bains où Gaby est, non pas morte, mais évanouie, ou dans le coma, est un moment superbe. La scène du suicide de Alma aussi est un grand moment de cinéma. Par contre, Isa Miranda n'émeut pas vraiment. Son jeu est en effet assez froid. Contrairement à ce que marlene aurait pu faire (ce rôle lui aurait certainement convenu).

Avatar de l’utilisateur
Tancrède
J'suis un rebelle, moi !
Messages : 1602
Inscription : 18 janv. 07, 11:12

Re: Max Ophuls (1902-1957)

Messagepar Tancrède » 18 mai 11, 09:28

je profite du cycle Ophuls sur Cine classics pour définir mes préférences concernant un de mes cinéastes favoris:

1. Le plaisir
2. Madame de... , deux films parmi les plus beaux qui aient jamais été et qui seront jamais. Ne pas les aimer, c'est ne pas aimer le cinéma (ou l'aimer pour de mauvaises raisons). C'est la séquence à la campagne qui me fait préférer le premier. Et la voix de Jean Servais aussi.

3. L'exilé, clairement la (splendide) surprise de ce cycle me concernant.
4. Lettre d'une inconnue
5. La ronde, un peu trop "exercice de style de démiurge qui s'amuse avec ses pantins" pour figurer au même niveau que Madame de... et Le plaisir
6. Liebelei
7. La signora di tutti

8. La tendre ennemie
9. Sans lendemain
10.Les désemparés

11. Lola Montès
12. Le roman de Werther
13. Les joyeux héritiers, comédie lubitschienne éminemment sympathique
14. De Mayerling à Sarajevo
15. Divine

16. Caught
17. Yoshiwara, deux navets, surtout le dernier
Dernière édition par Tancrède le 3 juin 11, 22:28, édité 1 fois.

Avatar de l’utilisateur
Tancrède
J'suis un rebelle, moi !
Messages : 1602
Inscription : 18 janv. 07, 11:12

Re: Max Ophuls (1902-1957)

Messagepar Tancrède » 18 mai 11, 09:39

et de grâce, arrêtez avec le tréma sur le "u" de Ophuls. Comme l'explique Claude Beylie dans son excellente monographie consacrée au cinéaste, il n'a pas lieu d'être.

riqueuniee
Mogul
Messages : 10077
Inscription : 15 oct. 10, 21:58

Re: Max Ophuls (1902-1957)

Messagepar riqueuniee » 18 mai 11, 09:55

En fait, il faudrait donc dire "ofoulsse"...
En ce qui concerne ton top, d'accord pour le top 4. Après, un peu moins : j'aurais mis Lola Montès, et surtout, Caught un peu plus haut dans le classement.
L'exilé a été une vraie surprise, dans un style où on n'attendais pas forcément Ophuls. Reconstitution superbe (décors et costumes), de l'humour et la touche vraiment ophulsienne à la fin, avec les adieux du futur Charles II et de la fermière hollandaise.

Avatar de l’utilisateur
Tancrède
J'suis un rebelle, moi !
Messages : 1602
Inscription : 18 janv. 07, 11:12

Re: Max Ophuls (1902-1957)

Messagepar Tancrède » 18 mai 11, 10:02

riqueuniee a écrit :En fait, il faudrait donc dire "ofoulsse"...
En ce qui concerne ton top, d'accord pour le top 4. Après, un peu moins : j'aurais mis Lola Montès, et surtout, Caught un peu plus haut dans le classement.
L'exilé a été une vraie surprise, dans un style où on n'attendais pas forcément Ophuls. Reconstitution superbe (décors et costumes), de l'humour et la touche vraiment ophulsienne à la fin, avec les adieux du futur Charles II et de la fermière hollandaise.


en fait non, il faut bien dire "Ophuls" parce que ça se prononce à la Française parce qu'Ophuls était français et non allemand.
Lola Montès, je n'ai à mon grand dam jamais été pleinement convaincu. Il y a des splendeurs mais c'est trop déséquilibré, les fameuses arabesques ophulsiennes tournent souvent à vide et Martine Carol est assez exécrable. Sur un thème analogue, je préfère en fait La signora di tutti
Caught est indéfendable à cause d'un scénario lamentable.

riqueuniee
Mogul
Messages : 10077
Inscription : 15 oct. 10, 21:58

Re: Max Ophuls (1902-1957)

Messagepar riqueuniee » 18 mai 11, 10:03

Alors, ce sont peut-être les Allemands qui ont rajouté ce tréma, pour justifier la prononciation à la française...
En fait, Caught vaut surtout par ses acteurs (Ryan et Mason) (et quelques plans), plus que par son histoire .
Dernière édition par riqueuniee le 18 mai 11, 10:15, édité 1 fois.

Avatar de l’utilisateur
Tancrède
J'suis un rebelle, moi !
Messages : 1602
Inscription : 18 janv. 07, 11:12

Re: Max Ophuls (1902-1957)

Messagepar Tancrède » 18 mai 11, 10:06

riqueuniee a écrit :Alors, ce sont les Allemands qui ont rajouté ce tréma, pour justifier la prononciation à la française...

Non.
si le sujet te préoccupe tant que ça, lis le bouquin de Beylie, il n'y consacre pas moins d'une page.

Avatar de l’utilisateur
Watkinssien
Etanche
Messages : 14651
Inscription : 6 mai 06, 12:53
Localisation : Xanadu

Re: Max Ophuls (1902-1957)

Messagepar Watkinssien » 18 mai 11, 10:14

En réalité, cela se prononce OPULS !
Image

Mother, I miss you :(