William Dieterle (1893-1972)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980...

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Re: William Dieterle (1893-1972)

Messagepar Profondo Rosso » 24 nov. 14, 13:42

AtCloseRange a écrit :
Kevin95 a écrit :Bon, je rembobine et précise "le heuuuu peu célébré (en dehors de Dvdclassik) Dieterle".

Pardon aux familles tout ça... :uhuh:
Non mais on dirait que tu parles de Sam Wood ou d'un vulgaire réalisateur de série Z :mrgreen:
Je pense d'ailleurs qu'il doit continuer à bénéficier d'un certain prestige aux Etats-Unis avec ses Oscars que ce soit pour lui ou pour ses interprètes.
Il y a même un livre français qui lui est consacré

http://www.amazon.com/William-Dieterle- ... 227106001X


J'allais te remercier du lien et de m'avoir fait connaitre l'existence de ce bouquin, mais ça c'était avant que je vois le prix :mrgreen:

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Re: William Dieterle (1893-1972)

Messagepar Rick Blaine » 24 nov. 14, 13:45

Il y a des offres plus abordables sur Amazon France. ;)

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Re: William Dieterle (1893-1972)

Messagepar Profondo Rosso » 24 nov. 14, 13:49

Ah oui ça va mieux là, ceci dit il y en quand même un à 500 euros :mrgreen:

http://www.amazon.fr/s/ref=nb_sb_ss_i_0 ... ooks%2C249

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Re: William Dieterle (1893-1972)

Messagepar Rick Blaine » 24 nov. 14, 13:51

:shock:
Il y en a qui ose tout

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kiemavel
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Re: William Dieterle (1893-1972)

Messagepar kiemavel » 24 nov. 14, 14:36

Oui, le bouquin est épuisé. Le Borzage du même auteur a été réédité alors avant de mettre 500 euros :mrgreen: , faut peut-être attendre un peu…Ce n'est pas le pavé sur Borzage mais c'est aussi très bien documenté. Dumont est aussi l'auteur d'un des rares bouquins sur Siodmak (puisque Kevin faisait le rapprochement entre The accused et un film noir de Siodmak)

Il est sous titré "Un humaniste à Hollywood" et Dumont a consacré un chapitre aux films "En lutte contre les fléaux de l'humanité" et il fait le rapprochement entre des éléments de la biographie de Dieterle et cette partie de sa carrière ou après celle sur Pasteur, il a consacré d'autres biographies similaires : Emile Zola (DVD zone 1 avec vost ), le docteur Ehrlich + une autre biographie intéressante, celle sur le fondateur de l'agence Reuter.

J'en rajoute une couche sur Jewell Roberry, une excellente comédie et j'ajoute quelques films pas encore signalés il me semble : Étranges vacances (DVD zone 1 avec vost). Son unique western, La montagne rouge est curieux et bien meilleur que sa réputation. Son meilleur film d'aventures est peut-être Oman Khayyam. Dumont affirme que Vocation secrète est son dernier film important mais je préfère largement son film suivant, Le cran d'arrêt le film noir que je préfère de ce metteur en scène qui en a réalisé quelques uns (La main qui venge, The Accused)

Dernière découverte : Doctor Monica, co-réalisé par Keighley (que j'ai trouvé lourdingue malgré Kay Francis). J'aimerais bien voir Adorable un musical avec Janet Gaynor et "notre" Henri Garat qui devait être considéré à l'époque comme un substitut à Maurice Chevalier.

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Re: William Dieterle (1893-1972)

Messagepar Kevin95 » 24 nov. 14, 15:37

L'art et la manière de foutre le bordel. :mrgreen: :oops:

Je précise, si j'ai parlé d'une "mauvais réputation", ce n'était pas pour induire l'idée d'un tâcheron mais bien que ce metteur en scène très célébré en son temps (oscars et films de prestige furent son pain quotidien durant les années 30) a aujourd'hui au mieux disparu de la liste des grands cinéastes de l'age d'or hollywoodien au pire est associé aux termes d’académisme et de cinéma poussiéreux. Pour avancer ça, je m'appuie d'une part sur l'avis très négatif qu’émettent Tavrnier et Coursodon et d'autre part sur divers ouvrages précisant combien des films anciennement acclamés comme The Life of Emile Zola ou Juarez sont aujourd'hui difficilement regardables.

Quand à mon avis personnel, les quelques films vus de Dieterle ne m'ont guère convaincu aussi je tenais à souligner combien le sympathique The Accused m'a fait relativiser la vision très critique que j'avais de son cinéma.

Vaaala. :wink:
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Re: William Dieterle (1893-1972)

Messagepar Jeremy Fox » 24 nov. 14, 15:41

Kevin95 a écrit :L'art et la manière de foutre le bordel. :mrgreen: :oops:


Ne regrette rien : le topic ne s'est jamais mieux porté que depuis ton intervention :mrgreen:

Oui, ce que j'en avais lu se rapprochait le plus souvent de la description qu'en font Tavernier et Coursodon et que tu as parfaitement résumé. Donc oui, Dieterle est un cinéaste hollywoodien assez mal aimé d'une certaine critique de l'époque. Tout comme l'était Minnelli car c'étaient souvent les mêmes à critiquer l'un et l'autre.

Ma dernière tentative Dieterle était The Devil and Daniel Webster : je n'ai pas été jusqu'au bout :oops:

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Re: William Dieterle (1893-1972)

Messagepar francesco » 24 nov. 14, 16:26

Je me souviens que Carlotta avait commencé une série d'éditions non (probablement sous l'instigation de Dumont). Ils devaint sortir Vulcano (que je préfère 100 fois à Stromboli, soit dit en passant) ? Ca montrerait qu'il y a des défenseurs même si ça ne forme pas un cercle très important. Je ne me souviens pas avoir ressenti la critique de Tavernier et Coursodon aussi féroce qu'envers Stevens ou Wyler (sans parler de Wood évidemment :mrgreen: )

Tavernier à propos des précodes de Dieterle, sur son blog :

"Vu aussi 3 Dieterle pré-Code (FORBIDDEN HOLLYWOOD volume 4 ), tous excellents. Réalisés avec une vivacité, une rapidité de ton, un rythme qui laisse admiratif : JEWEL ROBBERY, le plus admiré et le plus brillant des 3, est brillamment écrit et dialogué. C’est un festival sophistiqué d’aphorismes, de vacheries, de constatations ironiques. Certaines trouvailles évoquent Lubitsch en moins délié. Kay Francis et William Powell (lequel joue une sorte d’Arsène Lupin aussi habile que courtois) se surclassent (la séquence du vol par le premier, aidé de toute une bande, dans la bijouterie est un savoureux morceau de bravoure qui se transforme en une scène de séduction assez sensuelle). Il y a beaucoup de répliques audacieuses.
LAWYER MAN est tout aussi bon avec un dialogue qui file à cent à l’heure, une caméra virevoltante, des rebondissements parfois attendus mais toujours savoureux et Joan Blondell qui est une partenaire de choix pour un William Powell en grande forme.
MAN WANTED bénéficie d’une belle photo de Gregg Toland. Le scénario qui oppose deux couples dépareillés (une femme bourreau de travail et son mari volage, un jeune homme poursuivi par sa copine qui manque de finesse) est un peu plus attendu et ne viole pas vraiment le futur code. Mais il ne manque pas d’une réelle audace (le marin trompe sa femme au vu et au su de tout le monde). Kay Francis est extrêmement séduisante et sexy et ses décolletés dans le dos sont ravageurs. Son personnage annonce les work-addicts qui ont été croqués dans des films des années 70 ou 80 et sur ce point, il n’est pas du tout daté. Dieterle enchaîne de rapides mouvements avec un plan à la grue qui part de la chambre où travaille Francis et son secrétaire (très joué par David Manners que l’on peut voir dans des films d’horreur Universal et qui, là, révèle une personnalité moderne, vivante, proche de Ben Affleck) à la grande pièce au rez-de-chaussée où dansent, flirtent divers couples dont le mari avec une de ses maîtresses qui lui lance une des invitations osées qui disparaîtront du cinéma américain en 1933.
Le dernier film du coffret, THEY CALL IT SIN (Thornton Freeland), est avec l’exquise Loretta Young."


De lui, j'ai adoré Salomé, La Piste des éléphants et Vulcano. Et Notre Cher amour est un de mes films préférés, dans l'histoire du cinéma tout entier. (Le remake avec Rock Hudson est plus facilement visible).
Ses films romantiques sont très beaux aussi (Love Letters ou Les Amants de Capri) et évidemment les comédies précodes sont des petits chefs d'oeuvre (très bien analysées par Tavernier d'ailleurs, je trouve). J'ai Adorable que je n'ai pas encore vu mais celui que je rêve de voir c'est la Rue de Traverse, au scénario délirant.

Bref, merci, je me rends compte que c'est un réalisteur que j'aime vraiment bien. :mrgreen:
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Re: William Dieterle (1893-1972)

Messagepar francesco » 16 déc. 14, 22:52

Après avoir vu La Rue de traverse, confirmation du talent de Dieterle dans le registre romantique. Love Letters, This Love is Ours, Les Amants de Capri et ce film de 1950 font tous usage de ressorts dramatiques tellement délirants (ici une femme a un enfant, au péril de sa vie, pour des raisons et dans des conditions qui dépassent l'entendement) que les scénario des films de Sirk paraissent d'aimables pochades (à part le Secret Magnifique). Pourtant le rythme apaisé, le traitement très délicat des thèmes, l'approche "en mineur" et le jeu rentré des acteurs ne donnent pas du tout à ces oeuvres en noir et blanc, très sobres, des airs de véritables mélodrames. La Rue de Traverse offre un grand beau rôle à Lizabeth Scott (moins naturelle qu'en femme fatale mais très émouvante à certains moments) et permet à Diane Lynn de donner une interprétation très brillante d'une personnage de petite soeur gâtée, jalouse et égoïste.
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Re: William Dieterle (1893-1972)

Messagepar Profondo Rosso » 22 nov. 15, 03:45

Lawyer Man (1932)

Image

Lorsque l'avocat Anton Adam est victime d'un terrible chantage suite à une série de fautes professionnelles, il sait qu'il peut compter sur l'aide d'Olga, sa fidèle secrétaire. Mais quand on est davantage préoccupé par sa carrière que par la justice, le prix à payer est redoutable...

William Dieterle signe une fable morale typique de cette ère de la Grande Dépression. William Powell y incarne Anton Adam, un avocat basé dans le quartier populaire et cosmopolite du Lower East Side à New York. A l'image de la scène d'ouverture le voyant évoluer dans son élément au sein des ruelles grouillante du quartier, Adam exerce son talent d'avocat à l'échelle de ses lieux en sortant de mauvais pas les petites frappes et en rassurant leur mère inquiète. Son attrait plus l'ailleurs se devinera par un penchant certain pour les jolies femmes, au grand désespoir de sa dévouée secrétaire Olga (Joan Blondell à croquer comme d'habitude). L'occasion se présente après une victoire sur un avocat de la haute société qui lui propose d'être son associé. Dès lors les tentations, l'appât du gain et l'ambition vont lui susciter de nombreux ennemis et causer sa perte. Mais il n'a pas dit son dernier mot.

William Powell excelle en naïf ambitieux qui va apprendre la loi de la jungle, les tours où siègent ses bureaux s'avérant bien plus dangereux que les bas-fonds qu'il a l'habitude de fréquenter. La rédemption d’Adam est assez remarquable, les moments où après avoir été piégé il devient à son tour impitoyable ayant leurs lots de dialogues mordant et d'attitude cynique. Sans montrer le déroulement d'aucune scène de procès (dont nous ne verrons que les verdicts), le scénario démontre l'éloquence de notre héros par son bagout dans les situations qu'il rencontre comme quand il découragera deux hommes de mains venus le tuer. En n'ayant plus rien à perdre et en renonçant à ses rêves de grandeurs, Adam en devient insaisissable et imprévisible pour finalement atteindre les hautes sphères et se venger. Les milieux politiques et de la justice son fustigé de manière cinglante, la seule revanche guidant désormais Adam privilégiant ses racines modestes. Un récit humaniste mordant narré avec une efficacité remarquable. 4,5/6

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:oops:

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Re: William Dieterle (1893-1972)

Messagepar Sybille » 31 juil. 16, 05:10

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September affair / Les amants de Capri
William Dieterle - 1950 :

Deux Américains tombent amoureux après une rencontre de hasard en Italie. Suite à un malentendu tragique, ils décident de tout abandonner afin de vivre secrètement leur amour dans une villa florentine.

A partir de cette trame improbable, Dieterle signe un film qui, en dépit de son potentiel dramatique, s'avère au final trop peu engageant. Joseph Cotten et Joan Fontaine sont cependant tous deux aisés et élégants, lui en ingénieur expérimenté et elle en brillante pianiste de concert. Ils forment ainsi un contraste marqué et voulu avec leurs congénères italiens, invariablement bruns, volubiles et débonnaires, effet attendu mais pouvant quelque peu agacer. Le film surabuse au début d'un ensemble de séquences "carte postale", radieusement charmantes mais d'un intérêt limité. Et la musique, bien trop omniprésente, ne fait que détourner l'attention de l'histoire d'une façon malhabile. Des défauts nombreux, mais un film qui demeure séduisant. Car on est absorbé par la décision jusqu'au-boutiste de ce couple d'amants, intrigué pour leur avenir. La romance, qui oscille toujours de la légèreté au sérieux, possède un ton vague et mélancolique, tout en montrant l'intelligence et la maturité émotionnelle de ses personnages. Aurait pu être meilleur, mais très regardable tout de même. 6.5/10

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Alexandre Angel
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Re: William Dieterle (1893-1972)

Messagepar Alexandre Angel » 31 juil. 16, 08:38

Profondo Rosso a écrit :
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:oops:

Je la préfère dans Grease :mrgreen:
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Kevin95
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Re: William Dieterle (1893-1972)

Messagepar Kevin95 » 22 juin 17, 09:26

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ROPE OF SAND (William Dieterle, 1949) découverte

Casablanca like avec décors exotiques, héros fatigué, sbires chelous, comédiens copiés collés (Paul Henreid, Claude Rains, Peter Lorre) chaleur torride... Histoire de ne pas se prendre un procès dans les dents, la Paramount oublie Humphrey Bogart et propose le rôle de l'aventurier au jeunot Burt Lancaster donc moins de romantisme et de fatigue mais un peu plus de violence sèche et de sadisme. Produit plus qu'estimable, si Rope of Sand n'arrive pas à se détacher de l'ombre imposant de son modèle, il tire son épingle du jeu via des séquences brutales donc marquantes comme cette intro où un homme noir se fait traquer dans un désert immaculé ou le combat entre Lancaster et Henreid dans un tempête de sable. Classe, alcoolisé et charmeur via un noir et blanc premier de la classe, le film de William Dieterle sans être inoubliable, reste un métrage sympa comme tout donc dans le meilleur de la filmo de son réalisateur (la même année, Willy réalise aussi l'excellent The Accused donc autant dire que pépère à la patate).
Les deux fléaux qui menacent l'humanité sont le désordre et l'ordre. La corruption me dégoûte, la vertu me donne le frisson. (Michel Audiard)