Commentaires à propos de votre film du mois

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés après 1980

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MJ
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar MJ » 31 juil. 19, 09:13

1. Le Vent (Victor Sjöström)

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2. Nosferatu (F.W. Murnau)

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3. Larmes de Clown (Victor Sjöström)

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4. Permanent Vacation (Jim Jarmusch)

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5. I was a teenage serial killer (Sarah Jacobson)

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cinephage
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Messagepar cinephage » 31 juil. 19, 10:12

Je suradore ton #1, que je rêve de voir sur grand écran.

Je me note ton #5, qui est apparemment un court-métrage. Je suppose qu'il t'a fait forte impression...
Obviously the world is not a wish-granting factory (The fault in our stars, Josh Boone, 2014)
Pour caler mes bennos

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Dreano
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Dreano » 31 juil. 19, 10:15

Le(s) Film(s) de Juillet :

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Quant à la "déception" du mois elle se voit attribuée à :

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Les archives de tournages et des essais préparatoires sont tours à tours intrigants, passionnants et envoutants - quelle "expérience" visuelle et sensorielle cela aurait donné une fois achevé.
Mais les 2 réalisateurs du documentaire, Serge Bromberg et Ruxandra Medrea, les proposent dans un écrin d'une grande fadeur.
5 ou 6 intervenants qui se contentent tous de répéter exactement la même chose à chaque apparition à l'image : H-G Clouzot était pénible, colérique, complètement submergé... et rien d'autre.
2 comédiens laissés en - mauvaise - improvisation totale qui ne font jamais "vivre" le texte qu'ils se contentent de réciter. J'aime bien les 2 acteurs d'habitude mais là il aurait fallu les diriger un minimum, Jacques Gamblin déclamant chaque réplique sur le même ton éteint.
Un simple montage des éléments d'époques sur fond musical aurait eu plus de force que cette insistance sur l'axe d'auto-sabordage de Clouzot.

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MJ
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Messagepar MJ » 31 juil. 19, 11:06

cinephage a écrit :Je suradore ton #1, que je rêve de voir sur grand écran.
Oula, ça passerait bien oui...

Je me note ton #5, qui est apparemment un court-métrage. Je suppose qu'il t'a fait forte impression...
Court-métrage (aisément trouvable sur youtube), typique de la mouvance riot grrrl : mal-aimable, dans une forme systématique de confrontation, avec un vrai désarroi derrière sa rage viscérale. Ca m'a pas mal impressionné, oui (le premier et unique long-métrage de Sarah Jacobson est pas mal non plus, même si son genre de doigt d'honneur à tout le monde tient un peu moins la longueur).
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Messagepar Beule » 31 juil. 19, 17:33

Un mois de juillet quantitativement peu dense, mais qui ne m'apporte pas moins son lot d'heureuses découvertes.
Derrière mon film de mois, La Visita, c'est Ivan Passer qui tire son épingle du jeu : ses deux premiers films, le premier tchèque, le second hollywoodien, témoignent de la même inspiration cocasse et singulière. Mention spéciale aussi à un Bolognini inattendu, fiévreuse et poignante observation des velléités contestataire de la jeunesse italienne des années de plomb.

Film du mois
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Annonces matrimoniales (Antonio Pietrangeli)

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2 - Né pour vaincre (Ivan Passer)

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3 - Chronique d'un homicide (Mauro Bolognini)

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4 - Éclairage intime (Ivan Passer)

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5 - China gate (Samuel Fuller)

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6 - Dr. Akagi (Shôhei Imamura)

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7 - Fin d'automne (Yasujirô Ozu)

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8 - La chronique des pauvres amants (Carlo Lizzani)
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Messagepar cinéfile » 31 juil. 19, 17:48

Top juillet 2019 :

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1) Le Rayon Vert (Rohmer, 1986)


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2) L'Ecureil Rouge (La Ardilla Roja, Medem, 1993)


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3) Rien ne va plus (Chabrol, 1997)


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4) La Prisonnière Espagnole (Mamet, 1997)


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5) Mort d'un cycliste (Bardem, 1955)

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G.T.O
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Messagepar G.T.O » 31 juil. 19, 18:09

Beautés du mois, découvertes et redécouvertes.

1. Danton (Andrzej Wajda)

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Vision enfiévrée et rageuse de l'après révolution, filmé comme un crépuscule des idéaux.

2. House of games (David Mamet)

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Etude de caractère et jeu de dupes: une initiation libératrice ambiguë, avec la magnétique Lindsay Crouse.

3. Kinatay de Brillante Mendoza

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Cauchemar philippin. Film sur l'impuissance, assez inconfortable, sorte d'état des lieux d'un quotidien criminalisé.

4.Blackhat de Michael Mann

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Réévaluation du dernier film de Michael Mann. Film expérimental et ténu à la limite de la désincarnation: circulation des enjeux, personnages pris entre flux mondialisé et dynamique sentimentale.


Horreurs du mois:

1. Le Roi Lion de Jon Favreau

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Quand l'hyper réalisme rime avec logique industrielle. Un naufrage.

2. Spider-man: Far from home de Jon Watts

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Auto-critique de Marvel par Marvel. Une recette ne dépassant pas le stade de la sitcom miteuse.

Alexandre Angel
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Messagepar Alexandre Angel » 31 juil. 19, 20:14

PODIUM DE JUILLET

1-Image
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3-Image
Le Bateau-phare (Jerzy Skolimowski, 1985)
Dernière édition par Alexandre Angel le 31 juil. 19, 20:36, édité 1 fois.

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Thaddeus
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Messagepar Thaddeus » 31 juil. 19, 20:25

Alexandre Angel a écrit :PODIUM DE JUILLET


Deux au moins sur les trois sont des redécouvertes, non ?

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AtCloseRange
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Messagepar AtCloseRange » 31 juil. 19, 20:26

J'ai revu un Scorsese du temps où il était encore vivant et ça tient encore superbement la route

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Alexandre Angel
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Messagepar Alexandre Angel » 31 juil. 19, 20:35

Thaddeus a écrit :
Alexandre Angel a écrit :PODIUM DE JUILLET


Deux au moins sur les trois sont des redécouvertes, non ?


Alors deux choses :

1/ A moins que ce soit formellement "interdit", j'ai toujours posé indistinctement découvertes et redécouvertes dans ce topic. Dans "redécouverte", il y a "découverte"... Un film est toujours susceptible d'être remis sur le métier à tisser et on ne nage jamais tout à fait dans la même eau. Donc oui, il y a deux redécouvertes mais j'ai toujours fait comme ça depuis que je m'adonne à ce topic.

2/ Et justement, comme je ne suis pas follement content de ma troisième proposition, je m'en vais immédiatement la changer pour être plus conforme à l'"esprit" de mon mois de juillet (After Hours est un Scorsese formidable mais je le connais par cœur et le revoir ne m'a rien révélé de spécial).

Quant à Phantom Thread, je suis peut-être influencé par le classement récent de Positif qui m'a fait l'effet d'un révélateur pour ce film mais le revoir en blu-ray m'a ébloui. Je trouve que c'est sans doute la plus belle chose qui soit arrivée au cinéma récemment.
Dernière édition par Alexandre Angel le 31 juil. 19, 20:41, édité 1 fois.

Alexandre Angel
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Messagepar Alexandre Angel » 31 juil. 19, 20:38

AtCloseRange a écrit :J'ai revu un Scorsese du temps où il était encore vivant et ça tient encore superbement la route

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C'est magnifique! (par contre c'est mal servi par la galette)

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Thaddeus
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Messagepar Thaddeus » 31 juil. 19, 20:41

AtCloseRange a écrit :J'ai revu un Scorsese du temps où il était encore vivant et ça tient encore superbement la route

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Me demandez pas pourquoi, mais dans ma jeunesse je me suis maté ce trailer un nombre incalculable de fois, au point de le connaître par coeur. J'étais fasciné par lui...




Pour ma part, un fort beau mois de juillet (plusieurs prétendants possibles, au-delà du podium) dominé par deux formidables documentaires. Honneur au cinéma muet, qui l'emporte d'un cheveu.


Film du mois de juillet


1. La Sorcellerie à travers les âges (Benjamin Christensen, 1922)


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2. Hoop Dreams (Steve James, 1994)


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3. Le Professeur (Valerio Zurlini, 1972)


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Mes découvertes en détail :
Spoiler (cliquez pour afficher)
Billy le menteur (John Schlesinger, 1963)
Conçu dans le parti pris de visualiser les rêves du héros, mythomane invétéré, le film devient à travers Tom Courtenay une sorte de commentaire comique de La Solitude du coureur de fond. C’est le cri de détresse d’un jeune employé étouffé par le conformisme suburbain de ses parents, amis et supérieurs de classe, ballotté entre des ambitions glorieuses et une impasse matérielle persistante. Pour décrire ce Walter Mitty prolétarien fantasmant sa vie, hésitant en fin de course à partir avec la fille libre et se renfermant dans l’opium d’esclave qu’il préfère à l’inconnu, le cinéaste recourt aux enchaînements les plus divers, contourne les clichés nationaux avec un sens très sûr du renouvellement des formes, et cultive une légèreté pétillante parfaitement accordée aux décollements inopinés vers l’imaginaire. 5/6

La piste des géants (Raoul Walsh, 1930)
Dans le vaste matériau romanesque brassé par l’œuvre de Walsh, un enjeu décisif ne cesse de se présenter : l’individu peut-il s’inventer lui-même ? La réponse donnée par ce film, qui fut le premier western épique du cinéma parlant, est affirmative. La caravane traversant la plaine, franchissant les flots déchaînés d’une rivière, descendant à pic de canyon au moyen de cordes et de treuils ou installée en cercle pour résister aux attaques indiennes, fait revivre les étapes et embûches spectaculaires de la conquête de l’Ouest. La boue, la pluie, la neige, les montagnes, les bisons forment une chaîne de dangers auxquels résiste le convoi d’émigrants. Mais s’il parvient à transmettre l’âpreté du combat engagé contre une nature hostile, le cinéaste est moins à l’aise dans pour gérer les incidents de la narration dramatique. 4/6

Profils paysans : Le quotidien (Raymond Depardon, 2005)
Le deuxième chapitre du triptyque fait prendre le grand air à la caméra et accompagne les paysans de Lozère et de Haute-Loire dans leurs tâches quotidiennes : la préparation du fourrage, la surveillance de la pâture, la traite… Seule compte la parole de ces travailleurs taciturnes, qui rappelle la désespérance d’un métier où se creuse toujours plus le fossé séparant les partisans d’une production intensive et les laissés-pour-compte de l’agro-business. Entre l’ancienne génération, presque éteinte, dont l’ardeur paraît dérisoire face à un inexorable exode, et celle des jeunes, le courage chevillé au corps, vaillamment accrochés à un idéal de vie pour assurer la relève, le nœud se défait, la transmission est difficile, l’héritage souvent empêché. Manière d’inviter la politique avec toute la finesse d’un art du portrait. 4/6

Le professeur (Valerio Zurlini, 1972)
Il y a encore du Dostoïevski chez ce professeur qui fait penser à un prince Mychkine en rupture de classe, légèrement christique, enclavé dans le microcosme hybride et interlope d’une Rimini dont la solitude brumeuse exhale une couleur tendre et délavée. Quintessence des paysages/états d’âme qui sont un peu la métaphore de sa sensibilité, le substrat social permet au cinéaste de dépasser les limites du mélo post-néoréaliste, ancré dans le petit monde des vitelloni, et de cultiver une mélancolie insidieuse, superbement rendue par l’articulation des thèmes du rachat, du péché, du désarroi, de la tentation du jeu et du plaisir, des désastres de l’échec, du déferlement des passions. Delon, revêtu du pardessus légendaire de James Dean (icône du mal de vivre) livre ici l’une des ses plus belles prestations. 5/6

La grande course autour du monde (Blake Edwards, 1965)
En se référant à Jules Verne et à Laurel et Hardy, Edwards entremêle l’invention-gadget mécanique, le déchaînement de la slapstick comedy (avec une gargantuesque bataille de tartes à la crème en point d’orgue) et le manichéisme des romans-feuilletons et bandes dessinées du début du siècle. Il oppose ainsi au Leslie séducteur, opiniâtrement vêtu de cuir et de fourrure blanche, au sourire pepsodent et au regard stardust, l’infernal professeur Fatalitas, sa moustache de roué, son rire de hyène et ses accoutrements de chauve-souris en deuil. Le rythme s’enlise lors d’épisodes plus dispensables, mais cet opulent divertissement, qui cherche à rompre le tabou du film burlesque-fleuve en dépassant l’habituel tour de piste d’une heure et demie, opère un charmant retour par voie de nostalgie à l’âge d’or du comique. 4/6

Miracle au village (Preston Sturges, 1943)
Comme il y a un Capraland, décor de l’Amérique idéalisée, il existe un Sturgesland, reflet d’une Amérique désacralisée. Ici c’est une bourgade provinciale où, en plein effort de guerre, un brave benêt bredouillant prend en charge une jeune fille engrossée lors d’une nuit de bringue par un GI sitôt volatilisé : antihéros bousculant toutes les conventions de la valorisante american way of life. L’énormité des situations est crédibilisée par la gestion du flashback à suspense (quel est donc ce miracle annoncé dès le début ?), et le déluge visuel et musical qui accompagne sa révélation a pour effet de masquer sa non-conformité à la morale hollywoodienne. Quant à la mise en scène, elle valorise la mécanique à la Feydeau du scénario et la brillance des répliques en mariant fluidité du montage et mobilité des plans. 4/6

Le journal d’une femme de chambre (Jean Renoir, 1946)
En "crise d’anti-naturalisme aigüe" (selon ses propres mots), Renoir délaisse son goût du détail et déplace le tragique vers la farce pour le faire revenir au happy end, dynamitant le pessimisme du roman au profit d’une histoire d’amour qui ne s’oppose pas au conflit de classes mais est au contraire imprégnée et issue de lui. Si cette société réactionnaire ne mérite plus l’affection qu’il nourrissait à l’égard de La Chesnaye et de ses invités, elle produit un petit théâtre sauvage issu de La Règle du Jeu, avec son échiquier social en permanente redistribution, et motive un jeu de positions et d’oppositions par lequel se dessine un rapport inédit au monde. Quant à Paulette Goddard, elle s’affirme par sa fierté altère, sa légèreté et son abattage comme une des actrices les plus brillantes (et les plus belles) de l’époque. 4/6

Engrenages (David Mamet, 1987)
Pour le spectateur blasé d’aujourd’hui, rompu aux scénarios les plus tortueux, les plus corsés en chausse-trappes, retournements et manipulations diverses, il est possible que celui-ci se suive avec une certaine longueur d’avance. Pas de quoi écorner le plaisir pris au déroulement d’un jeu de faux-semblants, d’arnaques, d’embrouilles et de magouilles où tout (les cartes, les dés, les évènements, les sentiments) est truqué, biseauté, pipé. L’habileté de Mamet consiste à rendre le spectateur à la fois complice et victime des coups qu’il fomente, de se demander avec une feinte innocence si le coupe-jarret et le médecin des âmes ne font pas finalement le même métier : escroc. Jusqu’à une conclusion d’une noirceur revigorante où s’impose la joyeuse amoralité d’un être embrassant cyniquement ses abîmes. 4/6

Le grand blond avec une chaussure noire (Yves Robert, 1972)
Ou Alfred le distrait chez les tontons flingueurs. La ligne suivie par le scénario, quasi jumeau de celui de La Mort aux Trousses, consiste à tisser un imbroglio fictionnel autour d’un parfait innocent qui s’engage sur un terrain piégé sans jamais s’en rendre compte. Les agents secrets abusent de pistolets à silencieux, se convertissent aux techniques de pointe et propulsent vers l’adversaire l’arme absolue : la blonde à chute de reins magnétique. Réglé comme du papier à musique, servi une crème d’acteurs délectables, mêlant avec bonheur comique de situation et pastiche hitchcockien (le couple de vieux espions revêches, la savoureuse scène de concert sortie de L’Homme qui en savait trop), le film honore l’idée d’un cinéma populaire de grande qualité, à la fois inventif et rigoureux, aussi soigné que divertissant. 5/6

Les voitures qui ont mangé Paris (Peter Weir, 1974)
Entre le récent Duel et l’imminent Mad Max, le premier film de Weir s’appuie sur le culte de la voiture et développe un univers insolite, à mi-chemin de l’absurde, de l’effroi et de la provocation. Si la description d’un village aux mœurs dégénérées campe de façon cohérente cette petite société (l’économie fondée sur le troc des dépouilles automobiles, la vie politique ramenée à la préservation de l’isolement, la mentalité des habitants qui implique le refoulement de toute culpabilité), la narration s’avère incertaine et hybride. Tantôt elle développe la cure d’une phobie médiocrement représentée, tantôt elle se rattache à la tradition kafkaïenne de l’homme confronté à un monde dont il ne détient pas la clé. Mais bien qu’assez boiteux , ce coup d’essai indique quelques belles directions pour la filmographie à venir. 3/6

Le bateau phare (Jerzy Skolimowski, 1985)
Faut-il que meurent les pères pour que se libèrent les fils ? Et comment abolir entre eux le malentendu originel pour qu’ils se reconnaissent identiques et, peut-être, apprennent à s’aimer ? Ces questions forgent le cœur de ce huis-clos sur un rafiot immobile, scellant en quelque sorte la rencontre de Joseph Conrad et du Huston de Key Largo. Même contrarié par son ancrage solide au large des côtes de Virginie, il a les traits de l’aventure maritime. Même confiné à son espace sévèrement mesuré, il a les charmes sophistiqués d’un thriller travaillé par les enjeux de la liberté, du droit, de la soumission à la violence ou à l’autorité. Il s’organise en une succession de duels ambigus où le mal court telle une houle, où la vérité de chacun tangue jusqu’à ce que la mort signifie enfin l’accalmie, la conclusion du jeu. 4/6


Et aussi :

La vérité sur Bébé Donge (Herni Decoin, 1952) - 4/6
Les enfants de la mer (Ayumu Watanabe, 2019) - 4/6
So long, my son (Wang Xiaoshuai, 2019) - 4/6
Hoop dreams (Steve James, 1994) - 5/6
La sorcellerie à travers les âges (Benjamin Christensen, 1922) - 5/6
Kids (Larry Clark, 1995) - 4/6
Midsommar (Ari Aster, 2019) - 4/6



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Films des mois précédents :
Spoiler (cliquez pour afficher)
Juin 2019Parasite (Bong Joon-ho, 2019)
Mai 2019 - Mandingo (Richard Fleischer, 1975)
Avril 2019 - Les oiseaux de passage (Cristina Gallego & Ciro Guerra, 2018)
Mars 2019 - Le convoi (Sam Peckinpah, 1978)
Février 2019Les noces rouges (Claude Chabrol, 1973)
Janvier 2019Un jour dans la vie de Billy Lynn (Ang Lee, 2016)
Décembre 2018Une affaire de famille (Hirokazu Kore-eda, 2018)
Novembre 2018High life (Claire Denis, 2018)
Octobre 2018Nos batailles (Guillaume Senez, 2018)
Septembre 2018Les frères Sisters (Jacques Audiard, 2018)
Août 2018Silent voice (Naoko Yamada, 2016)
Juillet 2018 - L'homme qui voulait savoir (George Sluizer, 1988)
Juin 2018Sans un bruit (John Krasinski, 2018)
Mai 2018Riches et célèbres (George Cukor, 1981)
Avril 2018Séduite et abandonnée (Pietro Germi, 1964)
Mars 2018Mektoub my love : canto uno (Abdellatif Kechiche, 2017)
Février 2018Phantom thread (Paul Thomas Anderson, 2017)
Janvier 2018Pentagon papers (Steven Spielberg, 2017)
Décembre 2017Lettre de Sibérie (Chris Marker, 1958)
Novembre 2017L’argent de la vieille (Luigi Comencini, 1972)
Octobre 2017Une vie difficile (Dino Risi, 1961)
Septembre 2017Casanova, un adolescent à Venise (Luigi Comencini, 1969)
Août 2017La bonne année (Claude Lelouch, 1973)
Juillet 2017 - La fille à la valise (Valerio Zurlini, 1961)
Juin 2017Désirs humains (Fritz Lang, 1954)
Mai 2017Les cloches de Sainte-Marie (Leo McCarey, 1945)
Avril 2017Maria’s lovers (Andreï Kontchalovski, 1984)
Mars 2017À la recherche de Mr Goodbar (Richard Brooks, 1977)
Février 2017Raphaël ou le débauché (Michel Deville, 1971)
Janvier 2017La la land (Damien Chazelle, 2016)
Décembre 2016Alice (Jan Švankmajer, 1987)
Novembre 2016 - Dernières nouvelles du cosmos (Julie Bertuccelli, 2016)
Octobre 2016 - Showgirls (Paul Verhoeven, 1995)
Septembre 2016 - Aquarius (Kleber Mendonça Filho, 2016)
Août 2016 - Le flambeur (Karel Reisz, 1974)
Juillet 2016 - A touch of zen (King Hu, 1971)
Juin 2016 - The witch (Robert Eggers, 2015)
Mai 2016 - Elle (Paul Verhoeven, 2016)
Avril 2016 - La pyramide humaine (Jean Rouch, 1961)
Mars 2016 - The assassin (Hou Hsiao-hsien, 2015)
Février 2016Le démon des femmes (Robert Aldrich, 1968)
Janvier 2016La Commune (Paris 1871) (Peter Watkins, 2000)
Décembre 2015Mia madre (Nanni Moretti, 2015)
Novembre 2015Avril ou le monde truqué (Franck Ekinci & Christian Desmares, 2015)
Octobre 2015Voyage à deux (Stanley Donen, 1967)
Septembre 2015Une histoire simple (Claude Sautet, 1978)
Août 2015La Marseillaise (Jean Renoir, 1938)
Juillet 2015Lumière silencieuse (Carlos Reygadas, 2007)
Juin 2015Vice-versa (Pete Docter & Ronaldo Del Carmen, 2015) Top 100
Mai 2015Deep end (Jerzy Skolimowski, 1970)
Avril 2015Blue collar (Paul Schrader, 1978)
Mars 2015Pandora (Albert Lewin, 1951)
Février 2015La femme modèle (Vincente Minnelli, 1957)
Janvier 2015Aventures en Birmanie (Raoul Walsh, 1945)
Décembre 2014Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon (Elio Petri, 1970)
Novembre 2014Lifeboat (Alfred Hitchcock, 1944)
Octobre 2014Zardoz (Sean Connery, 1974)
Septembre 2014Un, deux, trois (Billy Wilder, 1961)
Août 2014Le prix d’un homme (Lindsay Anderson, 1963)
Juillet 2014Le soleil brille pour tout le monde (John Ford, 1953)
Juin 2014Bird people (Pascale Ferran, 2014)
Mai 2014Léon Morin, prêtre (Jean-Pierre Melville, 1961) Top 100
Avril 2014L’homme d’Aran (Robert Flaherty, 1934)
Mars 2014Terre en transe (Glauber Rocha, 1967)
Février 2014Minnie et Moskowitz (John Cassavetes, 1971)
Janvier 201412 years a slave (Steve McQueen, 2013)
Décembre 2013La jalousie (Philippe Garrel, 2013)
Novembre 2013Elle et lui (Leo McCarey, 1957)
Octobre 2013L’arbre aux sabots (Ermanno Olmi, 1978)
Septembre 2013Blue Jasmine (Woody Allen, 2013)
Août 2013La randonnée (Nicolas Roeg, 1971)
Juillet 2013Le monde d’Apu (Satyajit Ray, 1959)
Juin 2013Choses secrètes (Jean-Claude Brisseau, 2002)
Mai 2013Mud (Jeff Nichols, 2012)
Avril 2013Les espions (Fritz Lang, 1928)
Mars 2013Chronique d’un été (Jean Rouch & Edgar Morin, 1961)
Février 2013 – Le salon de musique (Satyajit Ray, 1958)
Janvier 2013L’heure suprême (Frank Borzage, 1927) Top 100
Décembre 2012 – Tabou (Miguel Gomes, 2012)
Novembre 2012 – Mark Dixon, détective (Otto Preminger, 1950)
Octobre 2012 – Point limite (Sidney Lumet, 1964)
Septembre 2012 – Scènes de la vie conjugale (Ingmar Bergman, 1973)
Août 2012 – Barberousse (Akira Kurosawa, 1965) Top 100
Juillet 2012 – Que le spectacle commence ! (Bob Fosse, 1979)
Juin 2012 – Pique-nique à Hanging Rock (Peter Weir, 1975)
Mai 2012 – Moonrise kingdom (Wes Anderson, 2012)
Avril 2012 – Seuls les anges ont des ailes (Howard Hawks, 1939) Top 100
Mars 2012 – L'intendant Sansho (Kenji Mizoguchi, 1954)
Février 2012 – L'ombre d'un doute (Alfred Hitchcock, 1943)
Janvier 2012 – Brève rencontre (David Lean, 1945)
Décembre 2011 – Je t'aime, je t'aime (Alain Resnais, 1968)
Novembre 2011 – L'homme à la caméra (Dziga Vertov, 1929) Top 100 & L'incompris (Luigi Comencini, 1967) Top 100
Octobre 2011 – Georgia (Arthur Penn, 1981)
Septembre 2011 – Voyage à Tokyo (Yasujiro Ozu, 1953)
Août 2011 – Super 8 (J.J. Abrams, 2011)
Juillet 2011 – L'ami de mon amie (Éric Rohmer, 1987)

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Thaddeus
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Thaddeus » 31 juil. 19, 20:44

Alexandre Angel a écrit :Alors deux choses :

1/ A moins que ce soit formellement "interdit", j'ai toujours posé indistinctement découvertes et redécouvertes dans ce topic. Dans "redécouverte", il y a "découverte"... Un film est toujours susceptible d'être remis sur le métier à tisser et on ne nage jamais tout à fait dans la même eau. Donc oui, il y a deux redécouvertes mais j'ai toujours fait comme ça depuis que je m'adonne à ce topic.

2/ Et justement, comme je ne suis pas follement content de ma troisième proposition, je m'en vais immédiatement la changer pour être plus conforme à l'"esprit" de mon mois de juillet (After Hours est un Scorsese formidable mais je le connais par cœur et le revoir ne m'a rien révélé de spécial).

Quant à Phantom Thread, je suis peut-être influencé par le classement récent de Positif qui m'a fait l'effet d'un révélateur pour ce film mais le revoir en blu-ray m'a ébloui. Je trouve que c'est sans doute la plus belle chose qui soit arrivée au cinéma récemment.


Ah mais il n'y avait aucun reproche dans ma question. Je voulais juste avoir confirmation que les films d'Anderson et Scorsese étaient des redécouvertes, car il me semblait bien que tu les avis déjà vu (et beaucoup aimé).

(assez d'accord sur le PTA d'ailleurs)

Alexandre Angel
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Alexandre Angel » 31 juil. 19, 20:55

Thaddeus a écrit :Ah mais il n'y avait aucun reproche dans ma question.

Je sais bien, pas de problèmes! :D :wink: Mais je me préparais depuis longtemps à devoir faire face à une sorte de règlement (ayant cru lire des trucs ici ou là) auquel je ne souscrivais pas forcément...