Commentaires à propos de votre film du mois

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés après 1980

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Thaddeus
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Thaddeus » 1 juin 19, 00:29

Chaque fin de mois je ne cesse d'être émerveillé par les ribambelles de merveilles qui sont citées sur ce topic. La simple lecture de cette page est une jouissance. Et je pense en effet que c'est Arn qui remporte la Palme avec une concentration invraisemblable de grands films dans sa liste. Tu tiens le choc ?

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Arn
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Arn » 1 juin 19, 00:38

Pour l'instant ça va :mrgreen:
Après ça aide aussi de partir de loin :? :P Et d'avoir un frangin avec une belle filmothèque.
Et puis généralement j'alterne entre des périodes où j'ai plus envie de classique, et d'autre davantage de genre (qui ont aussi leur classique ceci dis). Par exemple mon mois de mars dernier, aussi bon fut il, était bien différent.

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Beule
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Beule » 1 juin 19, 02:10

Clairement, la liste d'Arn donne le vertige. :shock:
Et en soi constituerait déjà un top annuel de très haute volée. 8)
Dire qu'il m'aura fallu fantasmer certains des titres de cette liste pendant 10, 15 voire 20 ans avant de me voir offrir l'opportunité de les découvrir enfin (Pursued, Night of the Demon, Odds again Tomorrow)...

Ce que je retiens en mai:

Film du mois
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Nuages d'été (Mikio Naruse)
Un film choral qui semble jouer sa partition sans vibrato. Pas de pathos ni d'effusions excessives, encore moins de fulgurances. Mais malgré la retenue, difficile d'imaginer mélodrame plus frémissant. Les harmonies de Naruse relèvent de l'ineffable pour exorciser le non-dit et sublimer la pudeur qui, un temps, masque ou opacifie les fêlures intimes. L'inestimable sensibilité laisse progressivement sourdre une compassion secrète et déchirante qui finit par étreindre le cœur vaincu. Admirable.

2
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La Vie d'un Tatoué (Seijun Suzuki)

3
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La Ragazza (Luigi Comencini)

4
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La Poursuite implacable (Sergio Sollima)

5
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Il Maestro di Vigevano (Elio Petri)

6
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Quatre Nuits avec Anna (Jerzy Skolimowski)

7
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Le Monde de Suzie Wong (Richard Quine)

8
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Passion (Ryûsuke Hamaguchi)
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Jeremy Fox
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Jeremy Fox » 1 juin 19, 07:05

Arn :o

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Alexandre Angel
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Alexandre Angel » 1 juin 19, 07:21

PODIUM DE MAI

1-Image
La Vallée de la Peur / Pursued (Raoul Walsh, 1947)
2-Image
Les Affameurs / Bend of the River (Anthony Mann, 1953)
3-Image

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Boubakar
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Boubakar » 1 juin 19, 09:46

41 films (re)vus pour le mois de Mai avec une excellente découverte du cinéma français des années 1970 :

1 - Un nuage entre les dents
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2 - Café society
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3 - Payroll
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4 - Quartet
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5 - Danish girl
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Thaddeus
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Thaddeus » 1 juin 19, 10:23

Gros mois également de mon côté (malgré ce bon vieux Jean-Luc, toujours fidèle au poste pour plomber la moyenne).
C'est un crève-coeur de n'en retenir que trois pour établir un podium.


Film du mois de mai


1. Mandingo (Richard Fleischer, 1975)


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2. Notre Petite Soeur (Hirokazu Kore-eda, 2015)


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3. Douleur et Gloire (Pedro Almodóvar, 2019)


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Mes découvertes en détail :
Spoiler (cliquez pour afficher)
Micki et Maude (Blake Edwards, 1984)
Va voir papa, maman travaille : pour en arriver à la conclusion, qui inverse le fameux titre de Françoise Dorin, Edwards déroule l’un de ces chassés-croisés loufoques, l’une de ces "comédies roses" dont Hollywood raffolait dans les années cinquante, où tout est léger, où rien n’est important, mais où bien des choses sonnent juste et drôle. L’absence d’amertume n’empêche pas la réflexion, qui imprègne les situations traditionnelles de quiproquos lancées dans un balancement sans issue prévisible à mesure que la folie de la maternité gagne le héros par épouses interposées. En bref, le film n’assure pas seulement l’agrément comique (l’acmé burlesque est atteinte par les scènes de consultation et d’accouchement simultanés), mais réserve un peu de ce qui fait le prix, à nos yeux blasés, de l’image de la vie. 4/6

Libera me (Alain Cavalier, 1993)
Suite logique de la démarche entamée avec Thérèse, ce film muet s’offre comme une succession de tableaux humains ou objectaux sur des fonds monochromes et rend leur règne aux bruits, aux visages et aux corps. Il cherche à capter l’essentiel d’un regard, le fondamental d’un geste, le constitutif d’une situation. Parabole éprouvante sur l’oppression (des tortionnaires, militaires ou miliciens exécutant leur besogne) et la résistance (des victimes, armée des ombres organisant trafic d’armes et faux papiers), qui emprunte à la syntaxe bressonnienne son épure figurative, il laisse le spectateur face à une accumulation de signes visuels et sonores décantés, le force à relier chaque image à celles qui la précède et lui succède afin d’établir lui-même la continuité scénaristique. Une expérience originale et stimulante. 4/6

La bandera (Julien Duvivier, 1935)
À bien des égards le film peut être considéré comme une matrice par son pêle-mêle de thèmes, de lieux, de situations, d’éléments qu’il suffira de développer. Le folklore parigot du prologue puis l’exotisme colonial qui traverse la médina marocaine constituent le filigrane de Pépé le Moko. Le meurtrier en fuite évoque celui de Quai des Brumes, il s’engage dans la Légion étrangère comme dans Gueule d’Amour. La solidarité des réprouvés et les allusions à l’Espagne seront reprises dans La Belle Équipe. Mais c’est bien le poids de la fatalité qui dénote au mieux la personnalité de l’auteur, ce climat lourd imposant au héros une errance dans un monde où chaque espoir recèle une menace, où chaque visage peut être celui d’un traître, et qui oppose à la truculence des personnages une forme d’amertume désenchantée. 4/6

La carrière d’une femme de chambre (Dino Risi, 1976)
Les telefoni bianchi du titre original servent de toile de fond à cette satire rétro, mordant sur la parodie et le guignol, qui voit une aspirante actrice obtenir ce qu’elle veut en couchant avec tous ceux qui peuvent lui être utiles, d’un producteur-escroc au Duce lui-même. Si Risi n’y va pas de main morte dans le vitriol et l’humour noir, sa visite au musée des pantins et des ombres ricanantes sous le halo des projecteurs démontre un indéfectible attachement au concret. Entre Gassman, le cabotin drogué, et Tognazzi, le répugnant colporteur bossu et livreur de Juifs, Agostina Belli la bien nommée fait découvrir sa vérité à son personnage d’arriviste sotte et superficielle : ainsi aura-t-elle vécu l’expérience de son rêve et su en tirer des leçons, malgré l’ironie qui se manifeste jusque dans la pirouette finale. 4/6

La flibustière des Antilles (Jacques Tourneur, 1951)
Le film de corsaires et de piraterie, la galvanisante aventure des trésors pillés, des escales exotiques, des abordages exécutés dans l’odeur de la poudre et le tonnerre du canon : un genre séduisant entre tous lorsqu’il est servi avec panache et inspiration. L’année où Walsh signe son Capitaine sans Peur, Tourneur en livre à son tour un des plus beaux fleurons, un divertissement trépidant, spectaculaire, où la reconnaissance de la convention est parasitée par la singularité inattendue de son traitement. Avec ses couleurs chatoyantes, sa mélancolie secrète, son évocation d’un blocage sexuel au parfum d’inceste, son regard quasi étonné sur les supplices de la mort, l’œuvre offre à Jean Peters un rôle ambigu, fougueux, écartelé entre passion ardente et froide cruauté, bassesse vile et grandeur sacrificielle. 5/6

Joint security area (Park Chan-wook, 2000)
Le troisième long-métrage du réalisateur présente un certain nombre de motifs qui en font un embryon déjà assez affirmé de l’œuvre à venir : récits trompeurs soigneusement enchevêtrés, agencements narratifs structurés autour de points de vue variables où ressortent la sincérité et les ambigüités de chacun, facture classique incrustée de plans insolites, léchés, tentés par l’impact visuel. Dans cette enquête policière où le suspense psychologique le dispute aux considérations politiques, où se joue une tragédie humaine fondée sur le tissage interdit de l’amitié et de la solidarité masculines, la vérité que les deux parties s’emploient à camoufler et que l’héroïne met à jour, non sans dommages collatéraux, est qu’il n’y a qu’une nation coréenne, arbitrairement divisée par cinquante ans de conflit idéologique. 4/6

La puritaine (Jacques Doillon, 1986)
Tout cinéaste éprouve à un moment donné le besoin de faire en un film la théorie de son propre cinéma. En livrant à l’état brut ce qui ressemble à une expérience de laboratoire, mise en abîme comme un discours sur son sujet même, l’auteur s’adonne une fois de plus à son péché mignon : la surdramatisation d’un psychodrame dont le plus irritant est peut-être l’Œdipe gros comme une tarte à la crème, scolairement déplié par étapes. Demeurent, pour compenser, le talent de deux acteurs intenses et l’image de Lubtchansky : si le théâtre, lieu d’un secret au dévoilement sans cesse différé, caisse de résonance de la fiction avec ses recoins et ses trous noirs, ses peurs et ses dangers, est habité, c’est grâce à lui, et si les personnages sont des funambules entre l’ombre et la lumière, c’est parce qu’il a tendu le fil. 3/6

Mandingo (Richard Fleischer, 1975)
Il est des films qui, pour restituer l’horreur d’une situation révoltante, enracinée dans l’insoutenable, s’adonnent au principe radical de la douche écossaise. Le plus saisissant avec cette adaptation du roman de Kyle Onstott n’est pas qu’elle applique une telle méthode, mais bien qu’elle préserve un espace d’ambigüité propre à faire valser toutes les attentes et toutes les certitudes. Jamais sans doute auparavant le cinéma n’avait fait du sudisme et de l’abomination de l’esclavage l’objet d’une peinture aussi vraie, aussi éprouvante, aussi démythifiée, ni traité la question noire avec autant d’implacable âpreté. Plan après plan, scène après scène, se déroule la tragédie d’un mal socio-systémique dont nul ne sort indemne – et surtout pas le spectateur, qu’aucun adoucissement émotionnel ne vient satisfaire ni apaiser. 5/6
Top 10 Année 1975

Mes chers amis (Mario Monicelli, 1975)
Grossiers, ricanants, volontiers odieux, ces chers amis s’évadent, le temps d’un amour illicite, d’un bon vin, d’une accolade chaleureuse ou d’une vacherie, mais la vie les rattrape et tout se termine par un clin d’œil de la mort. Rien n’a changé depuis le temps où les fêtards pathétiques de Fellini s’appelaient les Vitelloni. Il s’agit pour eux d’exorciser l’existence, de faire correspondre leur spleen sarcastique avec un élan vital teinté d’absurde. Ce sont au fond des nonsensistes convaincus qui jouent le jeu social par pudeur alors pour eux le jeu véritable s’improvise au coup pour coup. Dommage, dès lors, que la potée servie par Monicelli soit touillée lourdement, sous-épicée, souvent plus grasse que piquante dans le registre comique, et aussi complaisante vis-à-vis de l’immaturité satisfaite des personnages. 4/6

Douleur et gloire (Pedro Almodóvar, 2019)
Désormais septuagénaire mélancolique mais toujours mû par les forces de la vie et de l’imaginaire, plus que jamais porté aux vertus de l’introspection, l’artiste se livre à l’exercice délicat de l’autofiction sans que son exploration du soi ne verse dans la vanité ou la complaisance. Avec ce 8 ½ miniature qui troquerait l’hypertrophie fellinienne contre une intimité pudique et vibrante, magnifiquement servi par un Antonio Banderas tout de finesse, de retenue, de fragilité, il laisse venir à lui les fantômes du passé et les tourments de l’inspiration, les regrets informulés et l’irrépressible ferveur à les dépasser, éclaire les chemins qui mènent de la douceur d’un sourire ou d’un chant au déclic de la création, de l’étincelle d’un premier désir à l’activation de la guérison, de la langueur du temps perdu à la grâce du temps retrouvé. 5/6

Notre petite sœur (Hirokazu Kore-eda, 2015)
L’aînée est grande, altière, d’une sérénité presque stoïque dans son rôle de mère putative. La cadette est sensuelle, souple, satisfaite de ses papillonnantes velléités. La benjamine est une drôle de frimousse qui ne tient pas en place. Organiquement soudées, mues par une miraculeuse aptitude au bonheur, elles accueillent comme un cadeau l’adolescente mûre et pensive venant parfaire l’harmonie chaleureuse de leur petit paradis. Le quotidien épiphanique de ces quatre grâces, lovées dans le foyer centenaire de leur aïeule, concilie le ressenti du plus tangible (la fumée de l’encens, l’araignée dans la douche, la cueillette des prunes, la balade en vélo sous des cerisiers en fleurs) à une spiritualité secrète, un sens de la transmission opérant l’envie irrépressible de se rapprocher des autres et de soi-même. 5/6
Top 10 Année 2015

Éloge de l’amour (Jean-Luc Godard, 2001)
Amoncellement de références, téléscopage de citations, sentences ressassées, par-delà la déliaison systématique du montage, en nombre de formules vues et revues dans l’œuvre antérieure. Personnages et récit n’existent pas : seul le discours ("éloge") compte, à tel point qu’on se demande si l’écart entre le film et son titre (l’amour, vraiment ?) ne reflète pas une peur jamais affrontée des sentiments : en cela, et non seulement dans la mise en abyme (de projets irréalisés, d’un long-métrage en train de se faire), cet essai est bien l’anti-Mépris. Peut-être y aurait-il un vague résidu de poésie à tirer de la réflexion engagée sur l’inconsistance de l’âge adulte, le creux incomblé des vies expliquant le trou noir de l’Histoire, si tout ce salmigondis n’était pas aussi obstinément, aussi désespérément imbuvable. 2/6

Le jeune Ahmed (Jean-Pierre & Luc Dardenne, 2019)
En se confrontant au radicalisme islamique, les auteurs renouent avec leur veine la plus sèche et dénudée et analysent au gré d’une charpente grattée jusqu’à l’os non pas les mécanismes de l’embrigadement (aucune explication sociale ou psychologique n’y est donnée) mais ses conséquences irréparables. Si leur cinéma oscille d’ordinaire entre le pôle lumineux de la transcendance et celui beaucoup plus sombre du fatalisme, alors ce chapitre relève clairement du second en éludant le cheminement spirituel d’un être sans repères au profit de la froide succession de ses actes, de la soumission à la logique aveugle et toxique qui les motive. Bloc d’opacité qui le rend courageux dans son principe mais rigide dans son exécution, en manque de l’investissement affectif apte à lui insuffler une vraie force dramatique. 4/6

Sibyl (Justine Triet, 2019)
Son passé est un champ de mines, son présent un roman en genèse, et comme pour entretenir le chaos qui semble être le carburant de son existence, Sibyl s’en va danser sur un volcan en éruption – le Stromboli, référence assumée à Rossellini. Mais c’est plutôt du côté de Cassavetes (un soupçon de vérité brute en moins, une touche de légèreté en plus) qu’il faut chercher la filiation de ce portrait de femme exposé aux remous du psychodrame et porté par une Efira troublante, fébrile, abîmée. On peut regretter que ce que Triet gagne en maîtrise, en conscience de ses moyens, elle le perd en fraîcheur. On peut surtout admirer la fluidité et la richesse d’un récit kaléidoscopique pratiquant l’hybridation des tons et jouant brillamment des masques, des doubles, des miroirs, des passerelles entre le réel et la fiction. 5/6

Rock academy (Richard Linklater, 2003)
Parenthèse tout à fait dispensable au sein d’une filmographie disparate, ce divertissement permet d’apprécier son auteur dans la figure imposée de la comédie familiale avec garnements en goguette. Sa principale originalité repose sur l’inversion des rôles habituellement dévolus aux deux camps : ici ce sont les élèves qui sont des modèles de travail et de sérieux, et l’enseignant qui cherche à les dévergonder. Ce que tente l’antihéros porté sur la bouteille, la pizza flasque et le décibel rigoureux, n’a rien de pédagogique : relookage des écoliers en crados, recrutement des roadies chez les mieux peignés d’entre eux. Mais à force de jouer la carte du va-et-vient entre humour consensuel et mauvais esprit critique, le film, rattrapé par la logique édifiante de la leçon de vie, s’avère parfaitement inoffensif. 4/6

La canonnière du Yang-Tsé (Robert Wise, 1966)
Cette canonnière, qui patrouille dans la Chine de 1926 agitée par les premiers soulèvements nationalistes et anti-occidentaux, charrie dans ses eaux troubles quelques flots d’ambigüité. Une phrase de pacifisme et d’apostolisme alterne avec une harangue patriotarde sur la mission civilisatrice des Américains, un glissement vers la xénophobie inconsciente précède un argument irréfutable de l’institutrice libérale au marine… Dans un film par ailleurs soucieux de préserver les nuances de chaque personnage (du héros cabochard mais brave cœur au commandant maniant la chèvre et le chou) et généreux en moments dramatiquement forts (le match de boxe, le supplice sur la berge, le siège du navire par les jonques), un tel refus du discours péremptoire est une qualité qui enrichit la valeur du spectacle. 4/6

La nuit de Varennes
Journée particulière : le 20 juin 1791. Les passagers d’une diligence assurant la liaison Paris-Verdun découvrent qu’un cabriolet transportant de très convoités fugitifs les précède de quelques heures. Petit microcosme hétéroclite qui réunit une poignée de figures célèbres et à laquelle un prestigieux casting international apporte son concours. Le temps d’arriver à Varennes, chacun, ébranlé par les aléas du voyage et la bourrasque des évènements, va se révéler et ajuster de son coloris nuancé la peinture d’un monde en mutation. Trouvant l’équilibre parfait entre crédibilité de la reconstitution et élan romanesque, proximité émotionnelle et acuité de l’analyse, cette passionnante page d’Histoire offre sans doute la réflexion la plus lucide et pénétrante sur la Révolution Française depuis La Marseillaise de Renoir. 5/6


Et aussi :

De l'influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites (Paul Newman, 1972) - 5/6



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Films des mois précédents :
Spoiler (cliquez pour afficher)
Avril 2019 - Les oiseaux de passage (Cristina Gallego & Ciro Guerra, 2018)
Mars 2019 - Le convoi (Sam Peckinpah, 1978)
Février 2019Les noces rouges (Claude Chabrol, 1973)
Janvier 2019Un jour dans la vie de Billy Lynn (Ang Lee, 2016)
Décembre 2018Une affaire de famille (Hirokazu Kore-eda, 2018)
Novembre 2018High life (Claire Denis, 2018)
Octobre 2018Nos batailles (Guillaume Senez, 2018)
Septembre 2018Les frères Sisters (Jacques Audiard, 2018)
Août 2018Silent voice (Naoko Yamada, 2016)
Juillet 2018L'homme qui voulait savoir (George Sluizer, 1988)
Juin 2018Sans un bruit (John Krasinski, 2018)
Mai 2018Riches et célèbres (George Cukor, 1981)
Avril 2018Séduite et abandonnée (Pietro Germi, 1964)
Mars 2018Mektoub my love : canto uno (Abdellatif Kechiche, 2017)
Février 2018Phantom thread (Paul Thomas Anderson, 2017)
Janvier 2018Pentagon papers (Steven Spielberg, 2017)
Décembre 2017Lettre de Sibérie (Chris Marker, 1958)
Novembre 2017L’argent de la vieille (Luigi Comencini, 1972)
Octobre 2017Une vie difficile (Dino Risi, 1961)
Septembre 2017Casanova, un adolescent à Venise (Luigi Comencini, 1969)
Août 2017La bonne année (Claude Lelouch, 1973)
Juillet 2017 - La fille à la valise (Valerio Zurlini, 1961)
Juin 2017Désirs humains (Fritz Lang, 1954)
Mai 2017Les cloches de Sainte-Marie (Leo McCarey, 1945)
Avril 2017Maria’s lovers (Andreï Kontchalovski, 1984)
Mars 2017À la recherche de Mr Goodbar (Richard Brooks, 1977)
Février 2017Raphaël ou le débauché (Michel Deville, 1971)
Janvier 2017La la land (Damien Chazelle, 2016)
Décembre 2016Alice (Jan Švankmajer, 1987)
Novembre 2016 - Dernières nouvelles du cosmos (Julie Bertuccelli, 2016)
Octobre 2016 - Showgirls (Paul Verhoeven, 1995)
Septembre 2016 - Aquarius (Kleber Mendonça Filho, 2016)
Août 2016 - Le flambeur (Karel Reisz, 1974)
Juillet 2016 - A touch of zen (King Hu, 1971)
Juin 2016 - The witch (Robert Eggers, 2015)
Mai 2016 - Elle (Paul Verhoeven, 2016)
Avril 2016 - La pyramide humaine (Jean Rouch, 1961)
Mars 2016 - The assassin (Hou Hsiao-hsien, 2015)
Février 2016Le démon des femmes (Robert Aldrich, 1968)
Janvier 2016La Commune (Paris 1871) (Peter Watkins, 2000)
Décembre 2015Mia madre (Nanni Moretti, 2015)
Novembre 2015Avril ou le monde truqué (Franck Ekinci & Christian Desmares, 2015)
Octobre 2015Voyage à deux (Stanley Donen, 1967)
Septembre 2015Une histoire simple (Claude Sautet, 1978)
Août 2015La Marseillaise (Jean Renoir, 1938)
Juillet 2015Lumière silencieuse (Carlos Reygadas, 2007)
Juin 2015Vice-versa (Pete Docter & Ronaldo Del Carmen, 2015) Top 100
Mai 2015Deep end (Jerzy Skolimowski, 1970)
Avril 2015Blue collar (Paul Schrader, 1978)
Mars 2015Pandora (Albert Lewin, 1951)
Février 2015La femme modèle (Vincente Minnelli, 1957)
Janvier 2015Aventures en Birmanie (Raoul Walsh, 1945)
Décembre 2014Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon (Elio Petri, 1970)
Novembre 2014Lifeboat (Alfred Hitchcock, 1944)
Octobre 2014Zardoz (Sean Connery, 1974)
Septembre 2014Un, deux, trois (Billy Wilder, 1961)
Août 2014Le prix d’un homme (Lindsay Anderson, 1963)
Juillet 2014Le soleil brille pour tout le monde (John Ford, 1953)
Juin 2014Bird people (Pascale Ferran, 2014)
Mai 2014Léon Morin, prêtre (Jean-Pierre Melville, 1961) Top 100
Avril 2014L’homme d’Aran (Robert Flaherty, 1934)
Mars 2014Terre en transe (Glauber Rocha, 1967)
Février 2014Minnie et Moskowitz (John Cassavetes, 1971)
Janvier 201412 years a slave (Steve McQueen, 2013)
Décembre 2013La jalousie (Philippe Garrel, 2013)
Novembre 2013Elle et lui (Leo McCarey, 1957)
Octobre 2013L’arbre aux sabots (Ermanno Olmi, 1978)
Septembre 2013Blue Jasmine (Woody Allen, 2013)
Août 2013La randonnée (Nicolas Roeg, 1971)
Juillet 2013Le monde d’Apu (Satyajit Ray, 1959)
Juin 2013Choses secrètes (Jean-Claude Brisseau, 2002)
Mai 2013Mud (Jeff Nichols, 2012)
Avril 2013Les espions (Fritz Lang, 1928)
Mars 2013Chronique d’un été (Jean Rouch & Edgar Morin, 1961)
Février 2013 – Le salon de musique (Satyajit Ray, 1958)
Janvier 2013L’heure suprême (Frank Borzage, 1927) Top 100
Décembre 2012 – Tabou (Miguel Gomes, 2012)
Novembre 2012 – Mark Dixon, détective (Otto Preminger, 1950)
Octobre 2012 – Point limite (Sidney Lumet, 1964)
Septembre 2012 – Scènes de la vie conjugale (Ingmar Bergman, 1973)
Août 2012 – Barberousse (Akira Kurosawa, 1965) Top 100
Juillet 2012 – Que le spectacle commence ! (Bob Fosse, 1979)
Juin 2012 – Pique-nique à Hanging Rock (Peter Weir, 1975)
Mai 2012 – Moonrise kingdom (Wes Anderson, 2012)
Avril 2012 – Seuls les anges ont des ailes (Howard Hawks, 1939) Top 100
Mars 2012 – L'intendant Sansho (Kenji Mizoguchi, 1954)
Février 2012 – L'ombre d'un doute (Alfred Hitchcock, 1943)
Janvier 2012 – Brève rencontre (David Lean, 1945)
Décembre 2011 – Je t'aime, je t'aime (Alain Resnais, 1968)
Novembre 2011 – L'homme à la caméra (Dziga Vertov, 1929) Top 100 & L'incompris (Luigi Comencini, 1967) Top 100
Octobre 2011 – Georgia (Arthur Penn, 1981)
Septembre 2011 – Voyage à Tokyo (Yasujiro Ozu, 1953)
Août 2011 – Super 8 (J.J. Abrams, 2011)
Juillet 2011 – L'ami de mon amie (Éric Rohmer, 1987)

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El Dadal
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar El Dadal » 1 juin 19, 12:06

De mon côté, ce sont Les professionnels de Richard Brooks qui remportent la mise. J'avais un peu peur de la grosse production Hollywoodienne ankylosée, mais force est de constater que c'est d'une solidité à toute épreuve, beau, rythmé et facétieux. Le western américain avait de beaux restes au milieu des années 60.
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2èmes et 3èmes places au diptyque de Soderbergh sur le Che, et au magnifique portrait de Van Gogh peint par Willem Dafoe dans le film de Julian Schnabel.
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AntonChigurh
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar AntonChigurh » 1 juin 19, 12:38

Tout le monde a mis le paquet en Mai !. :o
Comme l'a souligné Thaddeus c'est beau à voir... 8)

45 films vus pour ma part dont 39 découverts.
Une série mythique achevée (The Sopranos), une autre commencée (Game of Thrones).
Un mois dominé par le cinéma contemporain russe avec la découverte de quatre très bons films dont trois du génie Andreï Zviaguintsev (je n'arrive pas à en garder qu'un :oops: ).

Le grand gagnant :
Le Banissement-Andreï Zviaguintsev
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Le Retour-Andreï Zviaguintsev
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Nashville-Robert Altman
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A Time to Love and a Time to Die-Douglas Sirk
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L'idiot !-Youri Bykov (merci @Jack Carter :wink: )
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Seven Men from Now-Budd Boetticher
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Les délices de Tokyo-Naomi Kawase
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La redécouverte du mois :
Goodfellas-Martin Scorsese
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La série de l'année pour le moment :
The Sopranos
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar MJ » 1 juin 19, 13:40

Thaddeus a écrit :(malgré ce bon vieux Jean-Luc, toujours fidèle au poste pour plomber la moyenne).
Tu as pourtant regardé un de ses plus beaux films, à mon avis.

Mais bon, c'est aussi pour le fait de susciter ce genre de réactions qu'il est une valeur sûre. :mrgreen:
"Personne ici ne prend MJ ou GTO par exemple pour des spectateurs de blockbusters moyennement cultivés." Strum

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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Thaddeus » 1 juin 19, 15:29

S'il y a une chose que je n'enlèverai jamais à Godard en effet, c'est sa faculté à générer des réactions très clivantes et à demeurer radicalement fidèle à son geste artistique.
Je suis généralement persévérant et j'ai tendance à poursuivre une filmo prestigieuse même lorsqu'elle me résiste. Disons que mon taux de satisfaction minimum acceptable est de 25% : je suis près à m'enquiller trois calvaires si c'est pour dégotter un film qui me plaît à la fin. :mrgreen:
Après avoir vu près d'une trentaine de films de JLG, je crois que je vais arrêter les frais. Je ne pense pas avoir atteint, sur l'ensemble, ce taux-là. :?

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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Rick Blaine » 1 juin 19, 21:46

Premier jour, premier candidat avec The Big Fix, film de détective porté par une écriture brillante et un RIchard Dreyfuss savoureux.

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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Beule » 1 juin 19, 23:00

Rick Blaine a écrit :Premier jour, premier candidat avec The Big Fix, film de détective porté par une écriture brillante et un RIchard Dreyfuss savoureux.

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Vu comment ?
Je sais qu'un BR US vient de paraître chez Twilight Time, mais selon leurs indications, pour celui-là, c'est zone A only. :?
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Jack Carter » 1 juin 19, 23:02

sorti chez ESC :wink:

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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Beule » 1 juin 19, 23:04

Ça m'apprendra à consulter plus souvent le calendrier des sorties HD. :oops:
Merci Jack :wink:
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