Notez les films : Janvier 2013

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés après 1980

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Alligator
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Re: Notez les films : Janvier 2013

Messagepar Alligator » 14 janv. 13, 17:06

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The watch (Voisins du troisième type) (Akiva Schaffer, 2012) 4/10

http://alligatographe.blogspot.fr/2013/01/the-watch-stiller.html

Il manque quelque chose à ce film pour en faire une bonne comédie. Indéniablement, on va sourire devant l'incongruité de cette histoire abracadabrante et ces personnages ineptes, mais jamais réellement s'accommoder du manque d'épaisseur des héros.

Surtout, le film ne décolle pas vraiment, faute d'un scénario qui tienne debout. L'histoire est bancale. L'assise n'y est pas. Les déséquilibres sont trop criants : parfois on n'est pas loin de s'ennuyer, on cherche à comprendre où le film veut nous embarquer et en fin de compte, quand on y parvient, on est déçu par l'absence de couille, par cette espèce de propos trop simpliste, sans consistance, mille fois vu sur l'amitié entre hommes, sur la communication au sein du couple ou autres prétextes trop facilement collés, comme des recettes.

Il y a là une application à suivre un chemin tout tracé qui est tellement éloigné de ce qu'on attend d'une comédie, surtout de ces comédies américaine actuelles à la Adam McKay ou Judd Apatow, qui sous leurs airs très balisées sortent de la route sans arrêt pour notre plus grand plaisir. Celle-ci a quelques poussées vers l'absurde, vers la grossièreté, vers l'outrance que j'aime à trouver généralement dans ce type de comédie.

D'ailleurs, c'est bien la raison pour laquelle j'ai vu ce film : attiré par les présences de Ben Stiller, de Vince Vaughn et de Jonah Hill, je les pensais garants d'une certaine filiation comique, d'un mauvais goût assumé, d'un absurde plus ou moins revendiqué et de cette vulgarité extrême qui va avec. Ces éléments sont bien présents, mais jamais constamment et surtout, sans que cela débouche sur quelque chose de pertinent.

Le récit s'endort à plusieurs reprises. Les dialogues ne sont pas vraiment piquants. De la vulgarité, il ne reste que de la vulgarité. Cela n'a aucun sel particulier, elle n'apporte rien, ne transcende pas l'histoire et les personnages restent assez plats.

Le sujet promettait pourtant. Une milice de surveillance organisée par des bras cassés : voilà qui pouvait laisser espérer une critique acerbe de ce genre de pratiques chez les débulbés. Or, nib, peau de zob, nada : on se retrouve face à deux ou trois trucs qui font sourire, comme ce flic effrayant joué par l'excellent Will Forte, ou bien cette petite note réjouissante de gore qui parsème régulièrement le film. Tout cela fait du bien, mais c'est un peu trop rare pour donner de la chair à l'ensemble.

Pas de regard moqueur finalement, pas de distanciation vis à vis de l'histoire et des personnages. Au contraire, le film raconte une petite histoire ronronnante. Dormez, braves gens, dormez tranquilles, pas de transgression à l'horizon!

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Federico
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Re: Notez les films : Janvier 2013

Messagepar Federico » 14 janv. 13, 17:21

AtCloseRange a écrit :
Jeremy Fox a écrit :Connaissez-vous cette petite merveille de Molinaro intitulé L'Ironie du sort ? Si non Kevin, je te la conseille fortement

Je rêve de le revoir et on n'est pas près d'avoir une sortie DVD j'imagine :(
Dans mes souvenir, c'est vraiment au-dessus de tout ce qu'a pu faire Molinaro.

Vous me donnez très envie de redécouvrir L'Ironie du sort. Je sais que je l'ai vu mais dans ma mémoire, j'ai peur de le confondre avec les nombreux autres films abordant un sujet proche et que je qualifierai de "suspens résistant".
Quant à L'amour en douce, là, même si je ne l'ai pas revu depuis 20 ans, j'en garde l'émouvant souvenir d'une Emmanuelle Béart à tomber.
Molinaro est un cinéaste populaire de grande qualité et bien trop sous-estimé. Il a ma reconnaissance éternelle pour avoir réalisé le plus beau des films picaresques : Mon oncle Benjamin (que je place encore au-dessus de Tom Jones, Cartouche et autres Mariés de l'an 2).
The difference between life and the movies is that a script has to make sense, and life doesn't.
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Jeremy Fox
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Re: Notez les films : Janvier 2013

Messagepar Jeremy Fox » 14 janv. 13, 18:01

Federico a écrit :
AtCloseRange a écrit :
Jeremy Fox a écrit :Connaissez-vous cette petite merveille de Molinaro intitulé L'Ironie du sort ? Si non Kevin, je te la conseille fortement

Je rêve de le revoir et on n'est pas près d'avoir une sortie DVD j'imagine :(
Dans mes souvenir, c'est vraiment au-dessus de tout ce qu'a pu faire Molinaro.

Vous me donnez très envie de redécouvrir L'Ironie du sort. Je sais que je l'ai vu mais dans ma mémoire, j'ai peur de le confondre avec les nombreux autres films abordant un sujet proche et que je qualifierai de "suspens résistant"..

Le postulat, dans mon souvenir, est comme celui plus tard de Smoking no Smoking, à savoir la reprise de la même histoire en trois fois en fonction de la réaction différente d'un des personnages. Mais mon souvenir est très lointain

riqueuniee
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Re: Notez les films : Janvier 2013

Messagepar riqueuniee » 14 janv. 13, 18:47

Pareil pour moi. Dans mon souvenir (assez flou), le film évoque les destinées possibles des personnages selon ce que fera l'un d'eux à un moment précis. Un postulat pas très éloigné (même si les films sont très différents) de celui du Hasard de Kieslowski, qui évoquait les destinées possibles du personnage principal selon qu'il arrivait ou non à prendre son train pour Varsovie.

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cinephage
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Re: Notez les films : Janvier 2013

Messagepar cinephage » 14 janv. 13, 19:23

El Dadal a écrit :
hellrick a écrit :World Invasion: Battle Los Angeles

C'est pas terrible du tout mais quelques scènes de destructions massives sont quand même relativement impressionnantes. Celà dit il n'y a aucun enjeu, le scénario est poussif et la mise en scène assez fatigante. Mais avec un peu de second degré le côté très américain militariste passe bien

3/6
(mais moins bien que Battleship :oops: )

Le pire film que j'ai vu en 2012, et sans conteste dans mon flop 10 des plus grosses bouses de la galaxie. Je déteste tout ce que ce film représente :mrgreen:

J'avoue que moi aussi, ce film me gêne, en ce que désormais, l'ennemi n'intéresse plus. Sa nature n'est pas importante.
Seule le déploiement de forces visant à sa destruction, quel qu'il soit, est intéressant pour le réalisateur de ce film. C'est quand même une position génante : il s'agit d'avoir des grosses armes, et de s'en servir... Au final, peu importe contre qui, ce sont des "hostiles", comme on dit, des cibles et des adversaires dangereux contre lesquels l'éradication est la seule issue.
Je préférais quand la propagande prétendait que les Etats-Unis sauvaient le monde, ça reste plus sympathique que de vendre la destruction de ses ennemis...
Obviously the world is not a wish-granting factory (The fault in our stars, Josh Boone, 2014)
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hellrick
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Re: Notez les films : Janvier 2013

Messagepar hellrick » 14 janv. 13, 20:01

cinephage a écrit :
El Dadal a écrit :
hellrick a écrit :World Invasion: Battle Los Angeles

C'est pas terrible du tout mais quelques scènes de destructions massives sont quand même relativement impressionnantes. Celà dit il n'y a aucun enjeu, le scénario est poussif et la mise en scène assez fatigante. Mais avec un peu de second degré le côté très américain militariste passe bien

3/6
(mais moins bien que Battleship :oops: )

Le pire film que j'ai vu en 2012, et sans conteste dans mon flop 10 des plus grosses bouses de la galaxie. Je déteste tout ce que ce film représente :mrgreen:

J'avoue que moi aussi, ce film me gêne, en ce que désormais, l'ennemi n'intéresse plus. Sa nature n'est pas importante.
Seule le déploiement de forces visant à sa destruction, quel qu'il soit, est intéressant pour le réalisateur de ce film. C'est quand même une position génante : il s'agit d'avoir des grosses armes, et de s'en servir... Au final, peu importe contre qui, ce sont des "hostiles", comme on dit, des cibles et des adversaires dangereux contre lesquels l'éradication est la seule issue.
Je préférais quand la propagande prétendait que les Etats-Unis sauvaient le monde, ça reste plus sympathique que de vendre la destruction de ses ennemis...

Les discours militaristes de ce film sont si énormes qu'ils frisent quand même la parodie, le gamin dont le père vient d'être tué et à qui le sergent dit "tu es un Marine, tu seras le plus brave de mes Marines"...c'est quand même énorme :shock:
Sinon j'aime bien par contre qu'on ne sache rien de l'ennemi, c'est une force hostile d'invasion, dont on ne sait rien et qui attaque on ne sait pas pourquoi...pour ma part je pense que c'est une des rares bonnes idées du film
Critiques ciné bis http://bis.cinemaland.net et asiatiques http://asia.cinemaland.net

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Re: Notez les films : Janvier 2013

Messagepar Colqhoun » 14 janv. 13, 22:30

J'ai aussi été un peu embêté par les idées du film (qui virent effectivement à la parodie involontaire à plusieurs reprises), mais je l'ai trouvé en revanche très efficace et assez prenant sur la durée. C'est très premier degré, toujours dans l'urgence et la dangerosité extrême de la situation et c'est une approche qui m'a plutôt convaincu. Le fait que l'on soit face à une menace inconnue pendant une bonne partie du film rajoute à l'expérience. Plutôt convaincu au final, malgré le discours qui sent du slip.
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Re: Notez les films : Janvier 2013

Messagepar monk » 15 janv. 13, 16:09

Old Joy de Kelly Reichardt
Deux amis assez différents partent passer le weekend en foret. Ça pourrait ressembler à Sideways, mais ce n'est pas le cas, loin s'en faut, même si ici aussi l'amitié est mise à l'épreuve. Mais il ne s'agit pas de raconter les péripéties du "gaffeur" que le "rigide" récupère. Ici Reichardt s’intéresse à l'intimité des deux hommes, aux doutes, les failles de chacun. C'est très fin, délicat; point de climax ultra tendu comme on l'habitude de le voir, mais plutôt un point d'orgue assez fort, toujours axé sur l'intimité entre ces deux hommes, qui ne tombe pas dans l'homo-érotisme.
Reichardt est aussi fascinée par cette forêt de l'Oregon et cet endroit assez extraordinaire où l'on peut prendre des bains chaud, à la source. Elle en tire de belles images qui évitent malgré tout le coté carte postal, mais qui touchent, elle aussi, à l'intimité de la forêt.
Un film assez contemplatif donc, qui peut s'avérer assez envoûtant (ou chiant, c'est selon) mais qui a besoin d'un peu de temps pour mûrir.
Je garde.

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Re: Notez les films : Janvier 2013

Messagepar Anorya » 16 janv. 13, 01:25

Pouf pouf hop, rattrapage de deux films de 2012 que j'avais loupé hélas lors de la sortie et que je m'en mords un peu les doigts mais tant pis.


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John Carter nous promet de l'Aventure avec un grand A et y réussit amplement. Le réalisateur de Wall-e et du monde de Nemo (dont il prépare la suite pour 2016 apparemment, tiens, tiens :D ) passe au film live en adaptant avec précision les écrits d'Edgar Rice Burroughs, rien moins qu'un des pères fondateur de la littérature de l'imaginaire moderne du XXème siècle. Une légende à la croisée des chemins au même titre alors que H.P.Lovecraft et un peu avant, Jules Verne, J.H.Rosny Aîné voire Edgar Allan Poe (même si ce dernier s'éteint bien avant l'année 1900 : en 1849 !). L'univers de Burroughs se prêtait bien au cinéma puisque dès le début on adapta son Tarzan. Le cycle de John Carter sur Mars s'avérait lui, nettement plus complexe. Sa saga épique, Burroughs la voyait en grand et seuls les moyens modernes auraient finalement pu. Après plusieurs essais durant différentes décennies, il faut attendre 2012 pour finalement sentir le souffle chaud de Mars, pardon Barsoom dans la langue des autochtones de l'endroit.

On a beaucoup glosé sur le récit et le film en lui reprochant de suivre une énième histoire basique de monde et princesse à sauver dans une esthétique virtuelle moche, bla bla bla. Comme pour Avatar, je me rappelle que côté reproches c'était assez similaire pour descendre l'objet. C'est oublier un peu vite que de nombreux films doivent beaucoup aux récits de Burroughs. Dire de John Carter qu'il manque d'originalité revient un peu dénier sa part de créativité qui a dû en marquer plus d'un lecteur lors de sa publication en épisodes dès 1912 (repris ensuite en volume en 1917, les deux premiers tomes de la saga martienne n'arriveront chez nous qu'en 1937 avant d'être redécouverts avec leurs suites dans les années 70). Sans doute trop en avance alors, aujourd'hui on trouve ça sans doute un peu dépassé. Mais on oublie alors tout le respect que l'on doit à ce récit matriciel et initiatique auquel on revient bien souvent s'abreuver sans même s'en apercevoir.

Et pour le visuel, personnellement non ce n'est pas moche. Il y a là tout le savoir faire de Disney aussi bien dans leurs films d'animation que leurs films live. Stanton a d'autant plus l'intelligence de ne pas se reposer sur des fonds verts ou des personnages virtuels mais laisse une grande place aux protagonistes humains, aux décors qui font aussi bien penser à la Tatooine de Star Wars (qui doit pas mal à Burroughs aussi rien que pour cette histoire de princesse à sauver qui fait écho à A princess of Mars, premier volume de la saga de John Carter) qu'aux plaines du western. Et le tout est très bien écrit, toujours avec finesse, laissant une respiration constante des enjeux, de l'humour et de la psychologie. J'ai pris mon pied. :D
6/6.



Quand à The Raid, c'est un concentré d'action pure avec peu de moyens qui impressionne fortement durant les 3/4 du film. Gareth Evans l'indique lui-même dans les bonus en citant John Carpenter quand il explique avoir retenu les leçons de la série B : c'est péchu et visible à l'écran où le manque de budget n'empêche pas de resserrer le cadre et le film dans un travail de précision aussi diabolique que les combats à main nues ou à la machette qui parsèment le film.


Bon, après, Le réalisateur se plante juste un peu en essayant de jouer une séquence émotion qui curieusement tombe à plat.
Et le film s'essoufle un peu de lui-même dans sa dernière partie après un combat bigger-than-life qui en fait limite un peu trop (on a compris que le héros, son frangin et le bras droit de la mafia étaient des surhommes mais... ça dure... ça dure... ça dure... Et personne n'a de coude ou de bras pété ou l'os qui ressort façon choc brutal Delivrance... et ça dure... Et que j'essaye de te tuer avec un néon dans le cou. Mais même en pissant le sang, il combat encore pendant dix bonnes minutes. J'aurais bien vu l'un des deux personnages lui déclarer alors "eh mec, c'est fini, tu es déjà mort, tu peux arrêter hein" façon Ken le survivant mais non... :mrgreen: les temps morts et pauses, connaissent pas) et finit presque par briser un peu la crédibilité de ce qu'on aura vu plus tôt (puisque le héros était sonné et presque K.O d'une chute de plusieurs étages et que là, ça marchait du tonnerre).

Mais qu'importe, presque entièrement réussi dans son entier, The Raid envoie la sauce avec une bonne humeur et un dynamisme qui se font un peu rares de nos jours.

4/6.
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Re: Notez les films : Janvier 2013

Messagepar monk » 16 janv. 13, 19:46

Wendy & Lucy de Kelly Reichardt

Le film accroche immédiatement. C'est un vrai bon en avant pour Reichardt: la mise en scène, l'histoire, les acteurs, tout est largement upgradé par rapport à Old Joy (tout comme il y a encore un bon en avant avec Meek's cutoff). Michelle Williams est vraiment...parfaite, elle habite son personnage, elle est son personnage. Touchante, sincère et même...belle. L'histoire ne lui fait pas de cadeaux, mais on ne tombe pas ni dans le sentimentalisme, ni dans la condescendance arty. C'est la vie, avec ses bons cotés et dans ce cas, pas mal de cotés moins bons. La mise en scène, absolument pas dans la pose, est dynamique tout en conservant ce coté contemplatif cher à Reichardt. Il n'y a pas de temps mort, mais des plans de respiration, d'ambiance, d'observation. C'est dépouillé mais très maîtrisé.
Un personnage fort, dans un environnement réel et crédible, magnifiquement mis en image, sans abus et avec humilité. Une bien belle découverte donc, honnête et sensible. Je garde !

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Re: Notez les films : Janvier 2013

Messagepar monfilm » 16 janv. 13, 23:54

Paradise Lost 1-2-3

Doc puissant au point d'en devenir une cause nationale bien réelle qui changera des vies.
Proche de la perfection donc.

09/10

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Tout le reste est dérisoire.

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Re: Notez les films : Janvier 2013

Messagepar Flol » 17 janv. 13, 13:39

Il faut absolument que je découvre ça un jour.
Sans sous-titres, c'est chaud à comprendre d'après vous, ou ça va ?

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Re: Notez les films : Janvier 2013

Messagepar monfilm » 19 janv. 13, 03:55

Cogan: Killing them softly

Quelques originalités techniques sympas, quelques répliques qui claquent, tout le reste c'est du vu, revu et déjà-vu. Marre.

04/10
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Tout le reste est dérisoire.

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Re: Notez les films : Janvier 2013

Messagepar nobody smith » 19 janv. 13, 18:14

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Trois ans après l’expérience Judge Dredd, Danny Cannon tentait de se refaire une santé avec la sortie simultanément de deux productions aux ambitions bien distinctes. La première est purement commerciale puisqu’il s’agit de Souviens Toi L’Eté Dernier 2 (une seule tentative de visionnage il y a des années et j’ai abandonné au bout d’une demi-heure). La seconde nommée Phoenix est un film noir par lequel il essaie de renouer avec l’ambiance de son premier long-métrage The Young Americans. Une démarche louable mais vu la médiocrité du film en question (ses recherches visuelles ont pu faire leurs effets mais ça a atrocement vieillit depuis), ça n’augurait rien de bon. La scène d’ouverture de Phoenix met pourtant en confiance. Film noir oblige, on commence par la fin avec un Ray Liotta au bout du rouleau. C’est classique, cliché et tout ce qu'on veut mais plutôt bien foutu. Puis le film prend son départ et là ça se gâte. Faut voir Liotta et ses collègues policiers se comporter comme des ados attardés pour le croire. Du coup, le discours sur la descente aux enfers du personnage et son désir de préserver ses convictions y perd de son sérieux. On a même droit à l’effet post-Tarantino avec des digressions culturelles sur les cartoons, King Kong et Dostoïevski sans que ça ne favorise l’ambiance et l’histoire. Le second degré qui s'invite dans certaines scènes est même carrément déplacé. On peut se demander alors pourquoi je m’attarde à évoquer ce film, surtout que Cannon reste considéré comme un médiocre. Et ben parce que je lui trouve un semblant de talent d’illustrateur. Loin d'avoir pris un coup de vieux aussi radical que The Young Americans, Phoenix contient quelques petites choses sympas. Le maniement des outils cinématographiques reste plus que sommaire (pour être gentil) mais avec son directeur de la photographie, Cannon arrive à composer des images plutôt flatteuses pour la rétine. Dans ses meilleurs moments (assez rares), ça débouche même sur un côté emphatique des plus agréables. Je pense à l'ouverture et aussi à la fin dont le caractère abrupt est accompagné par un sentiment d’apaisement étonnant et appréciable vu tout ce qui a précédé. Ça ne rachète pas à Phoenix toutes ses erreurs mais ça favorise mon indulgence.
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Re: Notez les films : Janvier 2013

Messagepar Demi-Lune » 20 janv. 13, 14:09

Invisible (Michal Aviad, 2011)

Inspiré de faits réels, ce film israélien associe le destin de deux femmes, Nira et Lily, qui se retrouvent par hasard et qui partagent ceci de commun qu'elles ont été violées 20 ans auparavant par le même criminel. Ces retrouvailles réactivent chez chacune un processus de rumination mémorielle : elles avaient intériorisé cette marque indélébile, et n'avaient pas eu la possibilité d'exorciser réellement cette souillure. Bien qu'ayant témoigné toutes deux à l'époque, elles s'étaient ensuite réfugié dans un silence quasi honteux. Le film se fait donc le récit de la libération de leur parole, de leur esprit : les deux femmes vont réactiver les braises de leur passé et solder les comptes une bonne fois pour toutes, en entamant des investigations auprès des archives, des autres victimes, pour mieux se souvenir, mieux faire le deuil de leur dégradation, mieux identifier le Mal, le regarder sans fléchir. Digne, Invisible réussit à croquer de beaux portraits féminins en quête de reconstruction, et ne cherche aucun sensationnalisme, mais manque hélas d'émotion ; le film donne le sentiment d'évoluer en pointillés, de ne pas creuser complètement son thème. Il manque quelque chose. J'en suis sorti à la fois intéressé et frustré. Dommage.