Anthony Mann (1906-1967)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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jacques 2
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Re: Anthony Mann (1906-1967)

Messagepar jacques 2 » 29 août 12, 18:49

Un peu de pub pour Wildside en rappelant que plusieurs films de Mann sont concernés par les 40% de remise sur leur catalogue Introuvables : en ai profité pour me prendre "marché de brutes" et "la brigade du suicide" ... :)

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semmelweis
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Re: Anthony Mann (1906-1967)

Messagepar semmelweis » 1 sept. 12, 19:01

T-Men

Un nouveau film noir ou plutot de gangsters de Mann qui m'a paru encore supérieur à Side Street dans sa mise en scène. C'est un film assez atypique qui joue sur une fibre documentaire sur le travail des agents du Tresor à la recherche de faux-monayeurs. Comme cela le film pourrait paraître propagandiste sur la grande police américaine. Mais Mann gangrène cela de l'intérieur. Il transcende son sujet avec une réalisation sèche , brute sans fioritures. Lors des séquences de violence , le cinéaste nous la fait ressenti avec des plans, des cadres plaqués sur le visage des personnages. Mann me parait etre un excellent metteur en scène de la violence avec très peu de choses, avec une sobriété brillante. On suit donc des agents du Tresor qui vont s'infiltrer dans le milieu du banditisme avec une demonstration pedagogique des méthodes policières par une voix off. Mais comme je le disais, Mann pourrit tout cela de l'intérieur. La photographie joue sur des contrastes saisissants avec des ombres portées nous menant dans un monde cauchemardesque. Il suffit de voir le meurtre du combinard dans un bain turc (peut etre le premier du genre) pour baigner dans un monde mortifère et sans pitié. Mann n'hésite pas à s'arrêter sur les visages grimaçants ,apeurés de ces personnages comme en témoigne la plus belle séquence du film avec le meutre de l'acolyte de l'agent du tresor. Un superbe film où Mann fait preuve, à l'aide de Anton , d'une maitrise totale et sans emphase de son sujet. Le film reste tendu jusqu'au bout en faisant un film noir à mes yeux plus qu'un film de gangsters. On retiendra le film dans le bateau, moment de crispation et de dureté dans son dénouement . Passionnant en tout cas. Par contre, la restauration de Wild Side laisse à désirer

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Cathy
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Re: Anthony Mann (1906-1967)

Messagepar Cathy » 1 sept. 12, 23:45

Two'o clock courage (1945)

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Un homme amnésique est "recueilli" par une femme chauffeur de taxi. Naturellement, un crime est commis et l'homme semble pouvoir être un coupable idéal.

Voici le type même de petit film qui de par son titre semble être une série B sans autre intérêt que divertir, mais quand Anthony Mann est aux manettes, le film prend une autre tournure. Un an plus tard, Mankiewicz reprendra le même thème pour Quelque part dans la nuit. L'amnésie au cinéma est un thème porteur car il permet toutes les supputations. Naturellement on connaît d'avance la fin, mais n'empêche que nous sommes là dans un film noir prenant, une histoire d'amour qui nait initiée par la jeune femme. Les couples de "détectives" cela fonctionne aussi très bien à Hollywood, avec la femme qui suggère et l'homme qui agit. Bref le sujet n'est pas forcément très original sauf qu'ici l'amnésique prend énormément de risques dans sa recherche d'identité et s'affiche devant policiers et autres personnes pouvant l'identifier comme coupable. Le film tient sacrément bien la route, et même si nous ne sommes pas dans un grand Anthony Mann, le rythme est effréné, le film dure à peine plus d'une heure, avec l'enquête conjointe menée par le couple qui ne cherche pas le coupable à premier abord, mais l'identité de cet homme et des policiers accompagné d'un journaliste qui cherche son scoop et passe son temps au téléphone avec son rédacteur en chef. Tom Conway endosse fort bien la panoplie de l'amnésique élégant qui retrouvera la mémoire comme il l'a perdue, et puis il y a Ann Rutherford, piquante et attachante conductrice de taxi. Une série B certes, mais diantrement séduisante. Une jolie découverte

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Re: Anthony Mann (1906-1967)

Messagepar monk » 15 oct. 12, 18:03

J'ai découvert deux Mann hier: ce Two O'clock courage et Desperate.

Rapidement sur Two o'clock courage: je rejoins l'avis de Cathy ci-dessus. Très bonne série B, très prenante de par son rythme trépident et son coté enlevé de comédie policière à la fois astucieuse et très fun (le coté comédie est très présent sans être de trop). Jolie découverte, je garde.

Desperate est d'une toute autre trempe, et se place directement à coté du quatuor de films Noirs qui ont fait la renommée de Mann. Sec, tendu et brutal, intense et désespéré, le film prend au corps immédiatement. Il offre de très belles scènes: le passage à tabac de Steve, le compte à rebours, le gunfight dans les escaliers, de beaux plans de fuite, et j'en passe (je suis au boulot, il m'est parfois difficile d'être exhaustif avec ma pensée). Superbe photo, qui rallie le travaille de John Alton sur les films suivants. Et le duo d'acteur fonctionne parfaitement.
Excellente surprise, Desperate est loin d'être un parent pauvre de la filmo de Mann. Super recommandé. Je garde.
Dernière édition par monk le 15 oct. 12, 19:08, édité 1 fois.

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Re: Anthony Mann (1906-1967)

Messagepar Lord Henry » 15 oct. 12, 18:25

A Dandy in Aspic tourne en ce moment sur la grille de TCM:

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Re: Anthony Mann (1906-1967)

Messagepar monk » 18 oct. 12, 09:26

Le grand attentat

Le film fait immédiatement référence à une situation politique avec laquelle je ne suis pas vraiment familier, il m' a donc fallu un peu de temps pour être vraiment dans la bain, mais une fois le train pris ( :oops: ) ça roule tout seul ( :oops: :oops: ). Mann livre une fois de plus un film sec et tendu, maîtrisé malgré l'espace restrain où se situe l'action, et vraiment intéressant de par sa description de la situation et de la période. Une fois de plus - encore - la photo est superbe et correspond à ce qu'on peut attendre d'un Mann de cette période (N&B), même s'il ne s'agit pas d'un travail de John Alton ici.
Une belle surprise, une belle découverte. Je garde !

Point positif supplémentaire: la copie Tresor Warner est très belle ! Il reste des taches et les brulures de cigarettes mais le DVD propose une très belle définition et de beaux contrastes.

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Re: Anthony Mann (1906-1967)

Messagepar Rick Blaine » 18 oct. 12, 18:56

En plus du côté suspens très réussis , je trouve qu'on a une vrai sensation d'immersion dans l'époque, dans le tumulte de l'histoire à ce moment précis , tout cela est très bien rendu par la caractérisation des personnages et des dialogues. En ce sens, ça me fait un peu penser à Black Book. Et effectivement la photo est superbe. c'est un Mann très intéressant.

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Re: Anthony Mann (1906-1967)

Messagepar monk » 18 oct. 12, 19:07

Les décors sont très bien rendus et les costumes sont au diapason. La traversée de Baltimore est exceptionnellement bien rendue aussi. Un vrai bon film, qui mérite d'être découvert. (D'autant que l'édition est tout à fait correcte)

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Re: Anthony Mann (1906-1967)

Messagepar someone1600 » 23 oct. 12, 20:17

ImageImageImageImageImage

(DSL, j'ai la flemme aujourd'hui de redimensionner les images, je le ferai un autre jour...)

Avec un visionnement rapproché et dans l'ordre de ce magnifique cycle westernien de Mann / Stewart, il est vraiment difficile de faire un choix duquel est supérieur aux autres, mais The far country reste toujours mon préféré. L'ambiguité des personnages de Stewart est sans ancun doute la raison qui fait que ces films sont si intéressant. Aucun des personnages n'est fondamentalement bon, celui de Bend of the river s'avérant probablement le plus pres d'un héro typique du western, malgré qu'avant cette histoire il etait un bandit. Tous les autres personnages sont soit égoiste ou vengeur. Sinon du coté des décorts, Bend of the river et The far country dispose d'une photographie magnifique, particulierement le deuxieme, le Yukon s'averant splendide. Une série de chef d'oeuvre qu'il ne sert a rien de présenter encore une fois. :wink:

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Re: Anthony Mann (1906-1967)

Messagepar monk » 24 oct. 12, 10:45

someone1600 a écrit : Une série de chef d'oeuvre qu'il ne sert a rien de présenter encore une fois. :wink:


Sans doute, mais c'est toujours simpa de voir quelqun accrocher de la sorte ! :wink:
(et - à un niveau plus personnel - de constater avec soulagement que je n'étais pas le dernier à les découvrir :mrgreen: )

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Re: Anthony Mann (1906-1967)

Messagepar Jeremy Fox » 24 oct. 12, 10:56

monk a écrit :
someone1600 a écrit : Une série de chef d'oeuvre qu'il ne sert a rien de présenter encore une fois. :wink:


Sans doute, mais c'est toujours simpa de voir quelqun accrocher de la sorte ! :wink:
(et - à un niveau plus personnel - de constater avec soulagement que je n'étais pas le dernier à les découvrir :mrgreen: )



Il ne les a pas découvert à cette occasion ; il a voulu les revoir à nouveau :wink:

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Re: Anthony Mann (1906-1967)

Messagepar monk » 24 oct. 12, 11:17

Jeremy Fox a écrit :
monk a écrit :
someone1600 a écrit : Une série de chef d'oeuvre qu'il ne sert a rien de présenter encore une fois. :wink:


Sans doute, mais c'est toujours simpa de voir quelqun accrocher de la sorte ! :wink:
(et - à un niveau plus personnel - de constater avec soulagement que je n'étais pas le dernier à les découvrir :mrgreen: )



Il ne les a pas découvert à cette occasion ; il a voulu les revoir à nouveau :wink:


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Re: Anthony Mann (1906-1967)

Messagepar blaisdell » 24 oct. 12, 21:43

Lord Henry a écrit :A Dandy in Aspic tourne en ce moment sur la grille de TCM:



Film très intéressant mais très imparfait, terminé par Laurence Harvey après le décès de Mann.

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Re: Anthony Mann (1906-1967)

Messagepar someone1600 » 24 oct. 12, 23:52

monk a écrit :
Jeremy Fox a écrit :
monk a écrit :
someone1600 a écrit : Une série de chef d'oeuvre qu'il ne sert a rien de présenter encore une fois. :wink:


Sans doute, mais c'est toujours simpa de voir quelqun accrocher de la sorte ! :wink:
(et - à un niveau plus personnel - de constater avec soulagement que je n'étais pas le dernier à les découvrir :mrgreen: )



Il ne les a pas découvert à cette occasion ; il a voulu les revoir à nouveau :wink:


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3e visionnement en effet. première fois dans l ordre et c est justement toi Monk qui m en a donner le gout. ;)

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Re: Anthony Mann (1906-1967)

Messagepar Cathy » 7 nov. 12, 17:31

Romance inachevée, Glenn Miller Story (1953)

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Evocation de la vie du célèbre chef d'orchestre, compositeur et arrangeur Glenn Miller.

En voyant le titre Glenn Miller Story, on se dit qu'on va avoir le droit à un nième biopic où les numéros vont s'enchainer et qui va être un hommage au compositeur, au musicien etc. comme c'était la grande mode à l'époque. Finalement le biopic a toujours été un sujet porteur aux USA ! Mais ici sans doute est-ce du au fait que c'est Anthony Mann qui est derrière la caméra nous n'avons pas ce catalogue (c'est même frustrant d'entendre si peu de Glenn Miller) de titres. Le film ne fut tourné que neuf ans après sa mort en avion quelque part au-dessus de la Manche.

Le film est plus axé sur l'homme, sa vie personnelle, son souhait d'atteindre son fameux son reconnaissable entre tous (avec tous ces cuivres), son épouse. Tout de suite le ton est donné, avec ce prêteur sur gages et ce Glenn Miller qui vient acheter un collier de perles pour celle qu'il aime depuis des années mais qui ne le sait pas. Il y a toutes ces scènes qui sont suggérées et qu'on ne voit pas et qui ramène à ce fameux prêteur sur gages. Puis il y a ce mariage avec cette demande au fameux "Pennsylvania 6 5 000". Le film suit ce couple avec cette épouse dévouée corps et âme à ce mari qu'elle encourage et qu'elle porte. La patte du réalisateur se remarque dans l'admirable scène qui conduit à la création de l'orchestration de "Moonlight Serenade" ou encore dans cette scène de boite de nuit avec les lumières lenticulaires de plusieurs couleurs qui passent sur les différents visages notamment celui de Louis Armstrong. On pourra toute fois reprocher à cette scène d'avoir un son trop proche des années 50 que des années 30, mais bon c'est du détail. Les trois quart du film sont consacrés à la montée en puissance du musicien, la deuxième partie du film qui voit son succès est plus expéditive et fait toujours la part belle aux sentiments familiaux, la fête pour les dix ans de mariage, l'arrivée d'un second bébé adopté, l'offre de la fameuse petite cruche brune... ou encore l'accompagnement d'une scène de film.
Il y a aussi l'évocation sans doute romancée de la création d'American Patrol et son effet sur l'armée, In the Mood donné pendant le Blitz et cette fameuse pause musicale de l'air qui donne lieu à l'angoisse des militaires venus applaudir le chanteur devant le largage d'une bombe et le fameux fortissimo qui suit l'explosion... Et puis, il y a surtout cette scène finale avec cette jeune veuve qui entend Little Brown Jug réorchestré et se met à pleurer, et le spectateur d'en faire autant, emporté par l'émotion de June Allyson.

Le film est admirable en tout point et repose essentiellement sur le couple James Stewart/June Allyson. Le premier sans doute le plus grand acteur Hollywoodien incarne un Glenn Miller plus vrai que nature et June Allyson est absolument parfaite en épouse américaine type. Il y a sans doute aussi une complicité entre le réalisateur Anthony Mann et l'acteur qui donne toute cette humanité à cette histoire. Le film n'est sans doute pas exempt de défaut, et il y a un petit passage à vide au moment de l'engagement dans l'armée du chef d'orchestre, mais le tout forme quand même un ensemble admirable, encore un grand film à mettre au compte du réalisateur.
Dernière édition par Cathy le 7 nov. 12, 20:19, édité 2 fois.