Cours Lola, cours (Tom Tykwer - 1998)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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harry callahan
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Cours Lola, cours (Tom Tykwer - 1998)

Messagepar harry callahan » 23 sept. 03, 20:48

Cours, Lola, cours : Joli exercice de style basé sur le "et si". Interprétation sans failles, on est toujours sur les talons de de ptit bout de femme qui cavale, dur de ne pas s'intéresser à ce qui va lui arriver. Très bonne idée de départ, simple, exploitée jusqu'au bout, grâce à quoi on n'a pas un film répétitif mais assez haletant et bien fichu. J'adhère.

8/10
[...]But being this a .44 magnum, the most powerful handgun in the world, and would blow your head clean off, you have to ask yourself one question : "Do I feel lucky ?". Well, do you, punk ?

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Messagepar Johnny Doe » 23 sept. 03, 21:43

harry callahan a écrit :Cours, Lola, cours : Joli exercice de style basé sur le "et si". Interprétation sans failles, on est toujours sur les talons de de ptit bout de femme qui cavale, dur de ne pas s'intéresser à ce qui va lui arriver. Très bonne idée de départ, simple, exploitée jusqu'au bout, grâce à quoi on n'a pas un film répétitif mais assez haletant et bien fichu. J'adhère.

8/10


Moi je trouve que le procedé simplissime fanctionne plutôt bien, ça se laisse regarder, mais bon sang ce sentiment de sortir de "rien" c'est assez agaçant. Sinon c'est vrai qu'on s'ennui pas et la mise en scène ne manque pas de dynamisme...
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nobody smith
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Re: Notez les films de mars 2009

Messagepar nobody smith » 30 mars 09, 19:05

COURS LOLA COURS de Tom Tykwer
De Tykwer, je ne connaissais que ses deux derniers films. Ceux-ci m’avaient donné envi de me pencher sur ses autres opus et tout particulièrement celui-ci, tant je me demandais ce qu’il allait faire avec un pitch pareil. Le résultant est fichtrement étonnant tant il n’a rien mais alors strictement rien à voir avec ses films récents. à la vision de ce cours Lola cours, on a plus l'impression d'être face au Danny Boyle teuton qu'au cinéaste raffiné du parfum et de l'enquête. Rythme ultrasoutenu, frénésie de la mise en scène, BO jubiltoire et quasi-omniprésente, frivolité noyée sous un marasme de complexité... Je m’attendais vraiment pas à ça. En l’état, c’est toutefois rudement sympathique et ça met de bonne humeur pendant 1H15.
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Boubakar
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Cours Lola, cours (Tom Tykwer, 1998)

Messagepar Boubakar » 27 mai 10, 00:21

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Manni est un petit malfrat qui accepte de se mouiller pour un gros coup : en revendant des diamants volés, il obtient cent mille marks, qu'il doit remettre à midi à un trafiquant. Mais il perd le sac contenant l'argent dans le métro berlinois.
En dernier recours, il appelle sa copine, Lola, vingt ans, les cheveux rouges, fragile mais déterminée. Manni lui résume la situation. Il est onze heures quarante. Si dans vingt minutes, Manni ne récupère pas l'argent, c'est un homme mort. Désespérée, la jeune femme s'élance dans la capitale. Elle a vingt minutes pour trouver cent mille marks, rejoindre Manni et ainsi sauver l'homme de sa vie...


Sensation du cinéma allemand lors de sa sortie, le film a révélé au grand public Franka Potente et Tom Tywker, ceux-ci ayant fait une carrière hollywoodienne plus ou moins réussie. Mais en voyant Cours Lola, cours, on croirait presque voir un film américain de par son rythme, sa réalisation très "clipée" (et usant du split-screen, il y a même des scènes en dessin animé :shock: ), et la nature-même de l'histoire. Mais il garde quand même un ton très allemand grâce à "l'utilisation" de Berlin comme ville de la Techno, musique qu'on entend sans arrêt dans le film.
Le pitch étant très court, la grande particularité du film est que les mêmes scènes seront reprises trois fois, chacune apportant un angle de vue différent, apportant une autre influence, plus manifeste qu'un Rashomon : celle des jeux vidéo. En effet, à chaque fin de l'histoire, on repart à zéro comme si Lola recommencerait un niveau au début après s'être trompé dans le choix de la direction à prendre. L'accoutrement de l'héroïne est aussi très typée "jeu vidéo", et son parcours l'est aussi ; elle récupère l'argent, qui serait le bonus, pour rejoindre à la fin du temps imparti son petit ami, qui serait la fin du niveau.

Globalement, par cette approche, le film m'a plutôt plu et réussissant à faire fi d'une histoire à priori très simple. Cependant, on ne peut pas nier que la réalisation très speedée peut être lassante au bout d'un moment, sans compter la fin très assimilable également à celle d'un jeu vidéo, mais ici utilisée de moins bonne façon que le reste du film.
Je serais intéressé de voir d'autres avis (voire négatifs) de forumeurs pour savoir ce qu'ils pensent de ce film. :)

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Re: Cours Lola, cours (Tom Tykwer, 1998)

Messagepar Jericho » 27 mai 10, 15:18

Moyennement aimé !
Comme tu l'as dit, la réalisation est trop clipesque pour moi, c'est redondant et j'ajouterai que la musique techno est insupportable.
Heureusement, Tom Tykwer a fait bien mieux plus tard.
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Re: Cours Lola, cours (Tom Tykwer, 1998)

Messagepar Outerlimits » 27 mai 10, 15:34

Découvert sur Arte il y a plusieurs années. Moyennement aimé aussi : original dans la forme, cela tourne tout de même au procédé et c'est ce qui m'ennuie un peu (un peu comme le "A la folie...pas du tout", avec Audrey Tautou)

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Re: Cours Lola, cours (Tom Tykwer, 1998)

Messagepar Nicolas Mag » 28 mai 10, 11:03

ben moi j'ai adoré et c'est après ça que je suis devenu fan des films de Tykwer (hormis the international qui est nul)
certes on sent sur ce film comme une sorte de 1er essai ou d'idée excellent pour un court ou moyen metrage
je conseille aussi Princess and Warrior que j'avais fait decouvrir içi même

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Re: Cours Lola, cours (Tom Tykwer, 1998)

Messagepar Nestor Almendros » 11 août 11, 12:11

Mon intérêt pour Tom Tykwer s'est manifesté au moment de la découverte du PARFUM. Je connaissais pourtant sa filmographie mais elle ne m'avait pas spécialement intéressé jusque-là. Profitant d'un blu-ray US all zone avec stf, je me suis donc revu le premier opus d'une carrière jusque-là prometteuse. Si je suis heureux que le talent de Tykwer ait été découvert internationalement grâce à COURS LOLA COURS, je trouve quand même le succès du film un peu exagéré.
COURS LOLA COURS est une oeuvre certes originale mais qui trouve aussi rapidement ses limites: l'énergie de la première demi-heure s'évapore assez rapidement une fois la mise en place établie. On appréciera bien sûr l'aspect ludique de la mise en scène, les efforts formels, le rythme qui fait avancer l'histoire, bref: le style. Curieusement, cette voie formelle "fun" et ultra découpée s'est depuis popularisée avec des réalisateurs comme Danny Boyle. Je trouve que ce premier film a la même fougue qu'un PETIT MEURTRE ENTRE AMIS, par exemple.
On regrettera par contre un scénario qui ne compense pas suffisamment l’immédiateté de la forme, qui ne propose pas assez de développements face à la simplicité d’un concept trop envahissant. Reste un moment assez agréable, une Franka Potente charmante et un auteur en devenir…

Master blu-ray honnête mais sans plus. Le piqué est assez doux (de rares gros plans donnent enfin une réelle impression de haute définition), le grain trop absent. La copie n’est pas exempte de salissures. Bonus non sous-titrés.

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Re: Cours Lola, cours (Tom Tykwer - 1998)

Messagepar Cortez The Killer » 11 août 11, 13:21

Cela fait un bail que j'ai envie de le voir. J'ai aussi découvert Tykwer grâce au Parfum, et je suis très intéressé par ses premiers films. Par chance, Cours Lola passe sur ARTE le mardi 16 août à 20:40 sur ARTE :)

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Demi-Lune
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Re: Cours Lola, cours (Tom Tykwer - 1998)

Messagepar Demi-Lune » 17 août 11, 11:03

Ça faisait longtemps que je n'avais pas vu autant d'esbroufe technique dans un film.
Spoiler (cliquez pour afficher)

"Le sac. LE SAC. Leee saaac. Le sac ! Le sac. (6'40) :mrgreen: :roll: J'aime bien le téléphone qui vole sous toutes les coutures, aussi.

Et paradoxalement, c'est ce qui, je trouve, en fait son charme. D'un format très court, sur la base d'un postulat ludique et malin, et habité d'une énergie visuelle ininterrompue, Cours Lola cours a les allures de grand clip croisé avec les possibilités narratives du jeu vidéo (recommencer différemment le niveau quand on a échoué) sur un soupçon de bande dessinée. Je ne saurais dire si Twyker a ici l'audace du jeune réalisateur qui expérimente les formes pour un résultat volontairement chaotique (en accord avec le rythme survolté induit par son histoire), ou s'il a l'attitude prétentieuse de quelqu'un qui veut épater son monde avec ses effets de mise en scène qui d'abord déstabilisent, puis ensuite amusent voire étonnent, et enfin lassent. En effet, la répétitivité de la structure de l'histoire, avec la mécanique de réalisation qui l'accompagne, trouve vite ses limites. C'est un film qui se repose complètement sur son concept, mais les évolutions/modulations de ce concept sont trop minimes pour que le spectateur soit autant scotché dans le dernier tiers que dans le premier. Il y a des idées particulièrement intéressantes dans ce film (exemple : le destin photographique clipesque et évolutif des gens que Lola croise dans sa course) mais dramatiquement, elles ne servent à rien ! Il se trouve que je suis toujours fasciné par les moyens offerts par le cinéma pour raconter visuellement une histoire, aussi ces idées, toutes inutiles qu'elles soient dans le film, n'en demeurent pas moins fort bien trouvées à mon sens. Mais elles ne compensent pas tout à fait le sentiment que Cours Lola cours est un pur exercice de style superficiel, certes agréable à regarder grâce à sa fraîcheur et son inventivité, mais totalement creux et un peu con-con (bonjour les dialogues... et mention spéciale à la scène dans l'ambulance. Et puis, à la scène d'ouverture avec sa voix-off d'un sérieux pontifiant).

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Cortez The Killer
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Re: Cours Lola, cours (Tom Tykwer - 1998)

Messagepar Cortez The Killer » 17 août 11, 14:10

Demi-Lune a écrit :Ça faisait longtemps que je n'avais pas vu autant d'esbroufe technique dans un film.
Spoiler (cliquez pour afficher)

"Le sac. LE SAC. Leee saaac. Le sac ! Le sac. (6'40) :mrgreen: :roll: J'aime bien le téléphone qui vole sous toutes les coutures, aussi.

Et paradoxalement, c'est ce qui, je trouve, en fait son charme. D'un format très court, sur la base d'un postulat ludique et malin, et habité d'une énergie visuelle ininterrompue, Cours Lola cours a les allures de grand clip croisé avec les possibilités narratives du jeu vidéo (recommencer différemment le niveau quand on a échoué) sur un soupçon de bande dessinée. Je ne saurais dire si Twyker a ici l'audace du jeune réalisateur qui expérimente les formes pour un résultat volontairement chaotique en accord avec le rythme survolté induit par son histoire, ou s'il a l'attitude prétentieuse de quelqu'un qui veut épater son monde avec ses effets de mise en scène qui d'abord déstabilisent, puis ensuite amusent voire étonnent, et enfin lassent. En effet, la répétitivité de la structure de l'histoire, avec la mécanique de réalisation qui l'accompagne, trouve vite ses limites. C'est un film qui se repose complètement sur son concept, mais les évolutions/modulations de ce concept sont trop minimes pour que le spectateur soit autant scotché dans le dernier tiers que dans le premier. Il y a des idées particulièrement intéressantes dans ce film (exemple : le destin photographique clipesque et évolutif des gens que Lola croise dans sa course) mais dramatiquement, elles ne servent à rien ! Il se trouve que je suis toujours fasciné par les moyens offerts par le cinéma pour raconter visuellement une histoire, aussi ces idées, toutes inutiles qu'elles soient dans le film, n'en demeurent pas moins fort bien trouvées à mon sens. Mais elles ne compensent pas tout à fait le sentiment que Cours Lola cours est un pur exercice de style superficiel, certes agréable à regarder grâce à sa fraîcheur et son inventivité, mais totalement creux et un peu con-con (bonjour les dialogues... et mention spéciale à la scène dans l'ambulance. Et puis, à la scène d'ouverture avec sa voix-off d'un sérieux pontifiant).


Je ne partage pas tellement ton point de vue sur la mise en scène. Certes, je comprends que cela puisse rebuter, split screen à tire-larigot, rythme frénétique pas toujours maitrisé, une surenchère de ralenti et un esthétisme lorgnant sur le vidéo clip. A ma grande surprise, ce sont ces petits défauts (imperfections?) qui participent à mon attachement pour ce film. Cela fait énormément de bien de voir un cinéma qui se permet d'innover et d'offrir quelque chose de singulier.

Je suis également avide de nouvelles expériences, et je dois dire que ce Lola rennt est jubilatoire tout le long sans jamais être prétentieux sur le fond. C'est une simple histoire d'amour, celle de Lola qui veut coûte que coûte, sauver son ami d'une mort inéluctable. Cela m'a parut très sincère et jamais artificiel. Il y a longtemps que je ne m'étais pas autant amusé devant une œuvre de fiction.

En plus de présenter un concept récréatif, le réal propose un cinéma des origines qui repose principalement sur deux protagonistes en mouvement. Difficile de faire plus simple comme intrigue. Mais Tykwer s'en sort avec les honneurs, sans jamais recourir à des sous intrigues inutiles, il offre, comme tu l'a dit, un cinéma ludique qui arrive avec un sujet très casse-gueule, à nous émerveiller pendant 1h15.
De plus, j'aime beaucoup le postulat de base, qu'est-ce qui arriverait si...? Jamais redondant et toujours fascinant, l'œuvre du cinéaste allemand est une réussite et son succès, amplement mérité.

Un mot aussi sur la musique, qui sans être vraiment originale, accompagne parfaitement le film et rajoute une folie qui sied complètement à la réalisation. D'habitude accoutumé à un rejet de la musique techno, cela m'a surpris que je puisse l'apprécier dans ce long métrage.

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Demi-Lune
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Re: Cours Lola, cours (Tom Tykwer - 1998)

Messagepar Demi-Lune » 17 août 11, 15:20

Cortez The Killer a écrit :Je ne partage pas tellement ton point de vue sur la mise en scène. Certes, je comprends que cela puisse rebuter, split screen à tire-larigot, rythme frénétique pas toujours maitrisé, une surenchère de ralenti et un esthétisme lorgnant sur le vidéo clip. A ma grande surprise, ce sont ces petits défauts (imperfections?) qui participent à mon attachement pour ce film. Cela fait énormément de bien de voir un cinéma qui se permet d'innover et d'offrir quelque chose de singulier.

Mais en fait, nous sommes parfaitement d'accord. :P Comme je l'ai dit, cette ostentation technique fait partie du charme du film, parce que prétention ou pas, on sent que Tykwer est habité, là, d'une soif de cinéma. Il pousse le langage visuel dans des retranchements, il malmène les formes, tente des choses. Il y a des tas d'idées dans ce film. Personnellement, je ne suis pas du tout rebuté par les audaces visuelles ou les innovations permettant de raconter, le plus efficacement possible, une histoire, transmettre des informations au spectateur en faisant confiance à sa capacité de compréhension. Au contraire, ça me passionne. C'est d'ailleurs ce sur quoi j'ai le plus naturellement tendance à me focaliser quand je regarde un film : sa mise en scène. L'idée des polaroids qui montrent de manière syncopée le futur, je la trouve par exemple géniale ! En dix secondes chrono, le réalisateur te balance un concentré d'art visuel qui en dit bien plus que deux heures de discours. C'est franchement brillant.

Le problème à mon sens (et c'est une des grandes limites du film), c'est que les idées du réalisateur, toutes stimulantes visuellement soient-elles, ne sont souvent d'aucune utilité à des fins dramatiques. Le plan est percutant, mais c'est sa seule ambition ! L'idée des polaroids présente un langage purement visuel et concentré très intéressant, mais ne sert en rien l'intrigue. Et c'est pour ça que parler de clip pour Cours Lola cours est vraiment tentant car la plupart du temps, la composition du plan ne vise que de la spectacularité immédiate, un étalage d'outils complexifiant la forme (le split-screen, le montage qui fait des jump-cut, etc) pour la seule satisfaction d'en foutre plein la vue. Ce n'est pas ce côté ostentatoire que je critique, c'est le fait qu'il ne soit pas au service de l'histoire - dans Cours Lola cours, c'est pour moi l'histoire qui est au service des effets techniques. Là est selon moi le fond du sujet. C'est la raison pour laquelle je trouve le film très superficiel malgré son expérimentation et sa fraîcheur. En cela, cette démarche filmique m'évoque beaucoup le Tueurs-nés d'Oliver Stone (film que, là, je déteste copieusement) qui mêlait aussi dessin animé, plans ne se refusant aucune extravagance visuelle, montage clipesque, jeu sur les textures photographiques... un vrai magma formel qui, qu'on y adhère ou pas, avait de l'intérêt dans sa tentative de capter tout le chaos de la société américaine et la violence des protagonistes. Je ne crois pas qu'il y ait de telles prétentions chez Tykwer : Cours Lola cours est une course effrénée et ludique, avec la forme ultra speedée qui suit. C'est ce qui en fait sa singularité et sa sympathie mais en constitue aussi pour moi sa limite, puisque les effets de style du réalisateur ne sont voués qu'à rester des effets de style légèrement narcissiques.

Exemple. Quand Lola et son nigaud de truand répètent mutuellement au moins dix fois "le sac" au téléphone, l'effet est marrant sur l'écran, mais cela ne reste jamais qu'un effet de style (bien appuyé de surcroît). Et l'essence de plusieurs scènes du film est justement de permettre l'affichage de ces effets de style. Le film ne fonctionnerait plus du tout sans eux, car c'est ce qui fait sa substance. Quand Lola beugle pour que la bille de la roulette s'arrête sur le 20 et que la caméra en macro suit la bille faire ses tours de piste, c'est percutant visuellement, mais on voit bien à cet instant que l'histoire que Tykwer raconte n'est qu'un pur prétexte à ce genre d'exploit de réalisation.

Je suis également avide de nouvelles expériences, et je dois dire que ce Lola rennt est jubilatoire tout le long sans jamais être prétentieux sur le fond.

Oui, c'est un film qui est plaisant parce qu'il fait preuve d'un souci de concision et d'efficacité rythmique à toute épreuve. Pas une once de gras, on va droit à l'essentiel. On ne s'emmerde pas avec des sous-intrigues bidons, et assez remarquablement, la caractérisation des personnages s'impose quand même malgré cette urgence absolue.

C'est une simple histoire d'amour, celle de Lola qui veut coûte que coûte, sauver son ami d'une mort inéluctable. Cela m'a parut très sincère et jamais artificiel.

Là par contre, nous divergeons. :mrgreen: Parce que perso, honnêtement, j'ai trouvé cet aspect vraiment faiblard. Mon Dieu, ces "entractes" rouges avec le couple dans le lit, avant chaque recommencement de niveau, sont écrits avec les pieds. Je dois dire que je n'ai pas supporté le personnage de son copain, donc évidemment, pour l'implication émotionnelle, on repassera... Quant à la quasi sanctification de Lola en fin de parcours (cf. son pouvoir guérisseur et sa dimension miraculeuse), je la trouve trop mal illustrée pour être convaincante : en l'état, je trouve ça plus ridicule qu'autre chose. C'est dommage parce que Lola a, en tant que personnage, quelque chose d'assez fascinant. A la fois dans son apparence et dans son dévouement buté. Il y a presque quelque chose de métaphysique dans sa course contre le temps. :mrgreen: Le parallèle que crée la traduction du titre avec Forrest Gump est d'ailleurs assez marrante, à ce titre.

Major Tom
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Re: Cours Lola, cours (Tom Tykwer - 1998)

Messagepar Major Tom » 17 août 11, 15:34

Le film préféré de Brian De Palma à sa sortie. Ça peut se comprendre, c'est un peu une version exacerbée de tous les moyens possibles et imaginables pour mettre en scène un film et le rendre réellement survolté, moyens que cherchait De Palma lui-même à mettre plus ou moins (de façon moins excessive) à travers ses films.

Je l'ai vu il y a longtemps ce film (ben dix ans plus ou moins en fait). Je l'aimais bien, sans plus. Sinon, j'aime beaucoup l'acteur principal. Moritz Bleibtreu était déjà une star en Allemagne à l'époque et je le connaissais bien avant qu'il fasse sa carrière internationale. Ce qui est dommage avec le cinéma allemand, c'est qu'on ne connaît pas leurs films en France. Pourtant ils essaient énormément de nouvelles choses, produisant des films très intéressants du point de vue artistique, et un film comme Cours, Lola, Cours faisait partie d'un paysage cinématographique allemand déjà riche en expérimentations. Mais il faut vraiment qu'un film casse la baraque au box-office pour qu'il ait une chance d'être vu chez nous. La Chute d'Oliver Hirschbiegel, et Cours, Lola, Cours, représentent des exceptions en raison de leur succès international (sorti en France presque un an "seulement" après la sortie en Allemagne pour le Tykwer :fiou: ). En général, pour les gros succès donc, c'est plutôt deux à trois ans après la sortie en Allemagne. L'Expérience est sorti en mars 2001 en Allemagne, soit en mars 2003 chez nous. Le reste passe à la trappe...

bonjour les dialogues... et mention spéciale à la scène dans l'ambulance. Et puis, à la scène d'ouverture avec sa voix-off d'un sérieux pontifiant

Ai-je besoin de te demander si tu l'as regardé via la VM d'Arte, ou si tu l'as vu en VF? ... Mmmmmh :mrgreen:
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Re: Cours Lola, cours (Tom Tykwer - 1998)

Messagepar Demi-Lune » 17 août 11, 15:39

Major Tom a écrit :Ai-je besoin de te demander si tu l'as regardé via la VM d'Arte, ou si tu l'as vu en VF? ... Mmmmmh :mrgreen:

Hier soir j'ai pas eu le choix. Ça a été la VF. :oops:

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Re: Cours Lola, cours (Tom Tykwer - 1998)

Messagepar Major Tom » 17 août 11, 15:43

Demi-Lune a écrit :
Major Tom a écrit :Ai-je besoin de te demander si tu l'as regardé via la VM d'Arte, ou si tu l'as vu en VF? ... Mmmmmh :mrgreen:

Hier soir j'ai pas eu le choix. Ça a été la VF. :oops:

:wink:
Fut un temps où Arte diffusait des films en version originale exclusivement... :(
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