Cure (Kiyoshi Kurosawa - 1997)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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magobei
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Re: Cure (Kiyoshi Kurosawa, 1997)

Messagepar magobei » 23 juil. 11, 10:46

Revu hier soir, mais toujours pas emballé... :cry:

La première partie du film s'avère efficace, passionnante, dans une veine de polar paranormal (comme, plus tard, l'intéressant Sakebi). L'inspecteur Takebe (très bon Yakushi Koji) enquête sur une série de meurtres étranges. Tous les cadavres arborent la même signature - le poitrail des victimes est lacéré en forme de "X" - alors que c'est à chaque fois un autre meurtrier. Or, l'enquête étant soumise à un black-out total, cela exclut la piste du copycat...

Attention spoilers!

Pas de fantôme ici: il est question d'hypnose, et son enquête conduit Takebe à un jeune homme amnésique, ancien étudiant en psychologie, qui se passionnait pour les travaux de Mesmer, pionnier autrichien du magnétisme animal. S'ensuit un mano-a-mano, un jeu d'influences, entre les deux hommes. Et c'est là, en même temps que Takebe, que je commence à perdre pied: le film se fait beaucoup plus déstructuré (lynchien?), abstrait, pour ne pas dire abscons, le premier symptôme étant un effet de montage (les "visions" de Takebe, montrées via des flashs très cut) un peu cheap.

Pour moi, ce Kurosawa est encore loin de la maîtrise de films comme Kairo et Loft, à la structure certes plus conventionnelle et dans une veine plus ouvertement horrifique. Dans son Effroyable histoire du cinéma, le réalisateur évoque son goût des "fantômes palpables" (comme le revenant de Séance, que Koji frappe avec un bâton lors d'une scène): si on peut toucher un fantôme, c'est qu'il existe, indépendamment de la subjectivité du personnage; il n'est pas le produit d'une imagination, mais quelque chose d'objectif, de tangible; c'est là qu'est le ressort de l'horreur chez Kurosawa, dans cette espèce de "matérialisme fantastique" qui fait merveille dans ses films suivants.

Ici, dans cette construction très cérébrale, abstraite, je le trouve moins maître de son sujet, comme s'il n'était pas sur son terrain. Au niveau du fond aussi: les rapports de couple, esquissés dans Cure, seront beaucoup plus, et mieux, développés dans Séance. Bref, ce Cure me laisse le goût d'un film inabouti, trop allusif, malgré une évidente richesse thématique et d'indéniables qualités de mise en scène.
Ça sera la restauration antédiluvienne de 2017 sortie chez Olive et Koch, mais avec un bitrate à 26Hz et du DNR à 36Mb comme toujours chez l'éditeur. Autant dire que l'image sera merdique. Mais je vais l'acheter, même si ça fera doublon avec le Olive, le Koch et le Indicator parce qu'il y a des STF - je n'en ai pas besoin, mais c'est important si on veut partager - et surtout la VF d'origine avec Henri Chalant qui double Rex Edwards qui joue l'indien qui se fait tuer sur la gauche à 40:23.

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Demi-Lune
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Re: Cure (Kiyoshi Kurosawa - 1997)

Messagepar Demi-Lune » 10 août 11, 18:52

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SPOILERS. Dix ans avant Rétribution, Kiyoshi Kurosawa mêlait habilement le polar au film fantastique dans Cure, avec lequel les Occidentaux vont le découvrir. Dans mon cas, la découverte de Cure, qui intervient après celle de Kaïro, Séance et Rétribution, est moins un choc de surprise qu'une fascination envoûtée. Je suis effectivement en territoire connu dans Cure, dans la façon dont Kurosawa aborde ce qu'on pourrait vulgairement appeler la série B et la transcende totalement grâce à un style tout à fait reconnaissable, fondé sur le perfectionnisme de son cadre, la gestion millimétrée de l'espace, l'esthétique glaciale et agonisante, le travail remarquable effectué sur une bande sonore souvent essentielle. Comme je le disais dans le topic du cinéaste, il y a, dans cette approche cérébrale du fantastique ou de l'épouvante, dans le pointillisme extrême d'une mise en scène rigoureuse recourant beaucoup aux plans-séquences, quelque chose de diablement kubrickien et c'est d'ailleurs dans ce perfectionnisme désarmant que Kurosawa puise toute la force du malaise qu'il instaure, lequel surgit de manière tout à fait lancinante et voilée. Le spectateur n'y fait peut-être pas nécessairement attention dans l'immédiat, mais il est déjà happé, en quelques minutes, par la mécanique stylistique imparable du maître japonais. Comme ailleurs dans sa filmographie (dévitalisation de l'être humain condamné dans Kaïro, basculement imperceptible dans la damnation dans Séance), ses lenteurs sont réfléchies, appuient le propos pessimiste de Kurosawa, et promettent au spectateur l'expérience d'un envoûtement mémorable.

Avec ce remarquable scénario policier tournant justement autour de l'hypnose, l'art de Kurosawa réside dans son extraordinaire capacité à se "décramponner" subrepticement d'un contexte environnemental que l'on tient pour réaliste et, à la manière d'un Lynch, de rendre opaques et inquiétants ce qui nous semble familier, permettant par là l'entrée dans des terres oniriques dérangeantes, parce qu'elles nous laissent démunis, seul dans un noir profond avec nos peurs les plus viscérales. En ce sens, Kurosawa réussit cinématographiquement ce que son énigmatique criminel accomplit lui-même en force suggestive. Ses images, la lenteur calculée de ses mouvements d'appareil, sa bande sonore immersive, ont l'effet d'une berceuse. Oui, Cure est hypnotique. Mamiya, c'est presque le personnage qui cristallise toute la pensée de KK. C'est l'élément abstrait qui s'introduit dans notre monde et le contamine sans rémission possible, parce que les êtres humains, par faiblesse, sont naturellement réceptifs à son message néfaste. Comme plus tard dans Rétribution, les personnages de Cure, commandés par une force supérieure, assouvissent en fait par leurs gestes homicides leurs inclinations à la solution radicale. Il y a forcément quelqu'un qu'on voudrait effacer, dit en substance un des protagonistes de Rétribution. L'hypnotiseur de Cure ne fait qu'éveiller une part d'ombre chez l'homme, qui pré-existe à son influence psychique. Le génie du film est de s'élever au-dessus des codes classiques du film de serial-killer, qu'il reprend à compte pour mieux nous entraîner progressivement, tout en subtilité, dans le vertige d'un puits maléfique... avec pour aboutissement, comme dans Rétribution, l'achèvement d'une cellule conjugale en perdition.

Le style formellement austère de Kurosawa, ainsi que l'écriture qui ne livre que très parcimonieusement des informations sur les personnages, amènent chez le spectateur à ressentir le malaise pesant - en général annonciateur d'une inéluctabilité funeste chez le cinéaste - d'une histoire tendant plus vers l'abstraction cauchemardesque (cf. le dernier acte dans le bâtiment désaffecté, lynchéen, purement mental) que vers le thriller aux conventions hollywoodiennes. Ici, la déshumanisation chère à KK n'a pas le côté visuellement éloquent d'autres de ses films (comme les rues de Tokyo désertes, sans équivoque), elle reste circonscrite à l'irréparabilité des actes commis par les hypnotisés, et à la tempête sous le crâne tourmenté de l'inspecteur Katabe, cherchant désespérément des causes et des réponses à des phénomènes meurtriers qui n'en ont pas. Cure nous interroge ainsi sur notre propre fascination et propension pour le Mal, un Mal assez vide de substance dans le film, qui erre, se traîne sans patrimoine (identitaire, mémoriel), se contente de faire parler des gens, les fait doucement accoucher, à la manière d'un Socrate, d'une indicible vérité sur leur nature. Délivrés par cette maïeutique de l'Enfer, les hommes se trouvent être les maillons d'une contamination irrémédiable. Ce film est profondément apocalyptique dans le sens étymologique du mot, c'est-à-dire celui d'une Révélation, d'une mise à nu consubstantielle à la Fin des Temps.

La retenue clinique du réalisateur et la cérébralité de son histoire rendent ainsi, à mon sens, l'expérience incroyablement plus dérangeante que les face-à-face policiers qu'on peut trouver dans Se7en ou dans Le Silence des Agneaux. Cure est un film qui laisse totalement désespéré, vidé... qui colle comme une sangsue, pour toujours. Qui nous abandonne dans les ténèbres et qui jette la clé. C'est peut-être le plus grand thriller psychologique que j'aie jamais vu.

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Re: Cure (Kiyoshi Kurosawa - 1997)

Messagepar Demi-Lune » 15 août 11, 18:06

J'ai vu Cure il y a une semaine et j'ai déjà eu envie de le revoir (c'est rare !). Cette révision confirme mon jugement totalement enthousiaste et assoit dans le même temps Cure dans mon panthéon personnel. Vraiment immense. Revoir le film fait prendre conscience à quel point Kurosawa ne laisse rien au hasard, maîtrise toute sa technique et son intrigue ; rien, absolument rien, n'est laissé au hasard, même les choses les moins évidentes. La partie "lynchienne" du film en est encore plus fascinante à analyser car sans livrer tous ses mystères, un décorticage plus minutieux de la mise en images du réalisateur permet la mise en évidence de pistes de réflexions passionnantes.
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Le plan sur la main de Katabe s'apprêtant à saisir un couteau, comment n'ai-je pas pu y prêter plus attention que cela ? Par exemple, aviez-vous remarqué que dans la toute dernière scène, c'est la seule fois de tout le film que l'on voit l'inspecteur allumer un briquet pour fumer ? De la même façon, je n'avais pas vraiment tilté, lors de la découverte, que la date en dessous du visage sans nom est 1898, c'est-à-dire celle de la vidéo de l'envoûtement ; j'avais lu le face-à-face final comme une pure séquence abstraite et mentale, mais la bâtisse semble quand même être un ancien hôpital où l'homme sans visage (que l'on voit ensuite en photo et derrière la fenêtre lors du rêve du psychiatre) a vraisemblablement officié. Un gramophone est d'ailleurs toujours là, semblant témoigner d'expériences hypnotiques qui permettraient la cure de l'âme - et cela nous ramène sur le volet spirituel voire religieux de l'hypnose évoqué par le personnage du psychiatre. Malgré tout, l'ambiguïté demeure puisque, dans la scène rêvée du psychiatre, on voit qu'il marche dans un couloir de cet ancien hôpital, avant que le montage nous montre qu'il avance en fait dans le couloir vers la cellule de Mamiya. Je crois que cette bâtisse désaffectée vaut bien en force métaphorique et évocatrice l'antichambre rouge de Twin Peaks ou la maison en feu de Lost Highway, dans cette façon qu'elle a de représenter, fondamentalement, une sorte de zone perdue où les personnages viennent chercher des réponses sur eux-mêmes.

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Re: Cure (Kiyoshi Kurosawa - 1997)

Messagepar Anorya » 15 août 11, 18:35

C'est pour ça que je place Cure un poil au dessus de Rétribution. J'adore les deux mais je trouve Cure un peu plus important et riche encore que l'autre. J'ai déjà vu Cure plusieurs fois et à chaque visionnage, j'ai compris quelque chose tant le film est incroyable. :D

Demi-Lune a écrit :
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(...) Par exemple, aviez-vous remarqué que dans la toute dernière scène, c'est la seule fois de tout le film que l'on voit l'inspecteur allumer un briquet pour fumer ?


Spoiler (cliquez pour afficher)
Oui. Et ça participe à l'ambiguïté de la fin où la caméra de Kurosawa filme les serveuses et que l'une d'elle prend un couteau (il faut vraiment faire très attention) pour suivre son supérieur... La question que je me pose dorénavant c'est, "est-ce que l'inspecteur a t'il conscience qu'il est devenu dépositaire de la puissance de Mamiya ?" J'en doute, je ne sais pas, la fin reste abstraite pour laisser le spectateur se faire son avis par lui-même.
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Re: Cure (Kiyoshi Kurosawa - 1997)

Messagepar semmelweis » 30 oct. 11, 00:04

Sur conseil bien avisé de Demi Lune, je me suis donc lancé dans Cure. Je souscris totalement à ce qui a été écrit par Anorya et Demi Lune. Je vais donc essayé de donner mon ressenti devant ce film. Kurosawa ne fait pas le choix de styliser son thriller. La photographie très terne nous plonge dans un quotidienne le plus banal d'une mégalopole japonaise. On y trouve un flic Takabe qui m'apparait comme une très grande figure du policier rongé par son métier. Le thriller n'est là que pour prétexte à faire une réflexion sur l'humanité. En effet, le cinéaste signe ici un film complètement désespéré ou chaque homme est coupable de sa haine de l'autre, de son envie au fond de supprimer quelqu'un. La scène de l'hypnotiseur avec le médecin m'a particulièrement parlé. On pourrait croire que le médecin est une figure de l'humanisme mais on découvre que celle ci est tout aussi dérangé que les autres. Mamiya n'est que le catalyseur de chacun , le miroir ou se cache l'amertume, les traumatismes du passé. Si je puis me permettre une métaphore médical, Mamiya ne fait que reveiller l'infection qu'est la violence en chacun des etres. En ce sens , Cure consiste une étude clinique, froide, sans emphase de la réalité psychologique des etres et de la société.
Kurosawa résiste à un certain stylisme inhérent au genre en témoigne la scène dans la cellule avec Maniya où Takabe craque littéralement. Il se montre comme les autres. Le jeune amnésique n'est donc qu'un mur qui fait écho. Le cinéaste arrive à nous montrer une vraie cure de psychothérapie qui menera le flic à devenir à son tour le porteur du mal de chacun. Au fond, le personnage le plus sensible devient à son tour le révélateur.
Cure est donc sans issue meme les meilleurs hommes en apparence sont comme les autres. Ils se retrouvent tous le couteau à la main dans les rues vides de Tokyo. J'ai beaucoup pensé à Cronenberg avec la violence, le ressentiment envers l'autre vu comme une maladie, une contagion. Là ou Cronenberg utilisait l'organique pour parler du psychologique, Kurosawa utilise l'abstraction jusqu'au bout à la fin du film (cf scène de l'hopital) pour nous livrer un vrai traité de psychologie et de cinéma.

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Re: Cure (Kiyoshi Kurosawa - 1997)

Messagepar semmelweis » 30 oct. 11, 12:05

Petite question: Quel film de Kurosawa après Cure dois je voir d'après vous?

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Re: Cure (Kiyoshi Kurosawa - 1997)

Messagepar Demi-Lune » 30 oct. 11, 12:11

semmelweis a écrit :Petite question: Quel film de Kurosawa après Cure dois je voir d'après vous?

Si tu as aimé Cure, je pense que tu aimeras Rétribution, qui est également un croisement entre le polar et le fantastique. Là encore, film excellent.
Le classique Kaïro me paraît incontournable : de la grande épouvante. Ce film est généralement considéré comme le chef-d’œuvre de KK ; pour ma part, je le trouve parfois un peu lent et ma préférence va plus spontanément aux polars géniaux que sont Cure et Rétribution. Mais cela reste grand, attention.
Et si tu aimes toujours, dans la même veine épouvante/fantastique, alors précipite-toi vers le très efficace et habile Séance. Qui fout bien les jetons.
Paraît que Loft est également bien flippant, mais je ne l'ai pas vu... et je crois que sa réputation met généralement plus l'accent sur son imperméabilité.

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Re: Cure (Kiyoshi Kurosawa - 1997)

Messagepar Anorya » 30 oct. 11, 12:18

semmelweis a écrit :Petite question: Quel film de Kurosawa après Cure dois je voir d'après vous?


Hmm, ça dépend mais je rejoins Demi-Lune dans l'ensemble. Tu ne seras pas déçu de Kaïro, Retribution et Séance.
Après j'ai un faible pour Jellyfish par exemple mais je conseille d'avoir vus les grands films de Kiyoshi Kurosawa (ceux cités par exemple une ligne plus haut) d'abord. C'est un petit film mineur tourné avec ses étudiants où il s'amuse plus à expérimenter avec une caméra numérique et son groupe que fournir un film qui puisse effrayer ou inquiéter. Bon, ça vole pas bien haut mais une étrange poésie se dégage de plusieurs moments. Tokyo sonata est une incursion de l'ami Kiyoshi vers la chronique sociale du Japon moderne. Parfois satyrique, parfois dramatique, une vraie émotion émerge lentement de ce film pourtant. On retrouve là aussi la patte du cinéaste dans ses courts plan-séquences dont on peut parfois chercher le raccord (il y en a un de Kaïro qui annonce celui de Rétribution, c'est la même technique qui est utilisée ici pour la chute d'un enfant dans Tokyo Sonata. Moins impressionnant que pour Kaïro et Rétribution, plus intime, toujours aussi intéressant). :)
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Re: Cure (Kiyoshi Kurosawa - 1997)

Messagepar semmelweis » 30 oct. 11, 12:32

Merci de ces conseils :D

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Re: Cure (Kiyoshi Kurosawa - 1997)

Messagepar Dr David Menard » 30 oct. 11, 13:56

Si je devais résumer les deux grandes tendances de ma cinéphilie, ça serait d'une part le film de "genre", la série B, l'horreur etc. et d'autre part, le film d'auteur, cérébral, "intello" Antonioni, Tarkovski, Sokourov, Angelopoulos etc. Et j'ai toujours eu une espèce de "fantasme" de film "d'auteur/d'horreur" qui serait le chainon manquant entre ces deux tendances (d'autant plus que les "auteurs" sont assez doués pour réussir des séquences franchement flippantes quand ils veulent... Fellini, Bergman l'ont souvent prouvé). Lynch s'en approche parfois. Et bien, quand j'ai vu Kairo et surtout Cure, j'ai bien cru trouver la perle rare. Ce n'est pas Eric "Rhomer-o", comme l'avait écrit un journaliste des Cahiers, je crois, qui rêvait à une rencontre improbable entre le film d'auteur français et le film d'horreur :mrgreen: , mais bien une sorte de "Tarkogento" ou "Fulcovski"... (j'avais eu aussi cette impression devant The Abandoned de Cerda, moins réussi, mais que j'aime beaucoup et même le méconnu Seventh Moon, d'un des deux auteurs de Blair Witch qui ressemble presque à du... Grandrieux :shock: !!!)
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Re: Cure (Kiyoshi Kurosawa - 1997)

Messagepar bogardofan » 20 déc. 11, 14:37

Mais que veut dire le titre Cure ?
Et le réalisateur a t'il un lien de parenté avec Kurosawa, ?
Moi, j'ai aimé, car la violence est oppressante et on ne trouve pas les horreurs des films gore, souvent révulsives...
En tout cas, j'ai vraiment envie de le revoir, et tous les autres films de ce réalisateur et de ce courant de l'horreur made in Japan

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Re: Cure (Kiyoshi Kurosawa - 1997)

Messagepar monk » 20 déc. 11, 14:47

bogardofan a écrit : Mais que veut dire le titre Cure ?


Les victimes directes sont libérées, déhinibées, comme guéries des freins de la société.

bogardofan a écrit : Et le réalisateur a t'il un lien de parenté avec Kurosawa, ?


Aucun. C'est en fait un nom assez commun.

bogardofan a écrit :En tout cas, j'ai vraiment envie de le revoir, et tous les autres films de ce réalisateur et de ce courant de l'horreur made in Japan


Il est inégal, mais a de nombreux autres excellents films ! Enjoy :wink:

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Re: Cure (Kiyoshi Kurosawa - 1997)

Messagepar Amarcord » 20 déc. 11, 16:05

Je garde un bon souvenir de ce Cure (à revoir, cependant). Je lui préfère néanmoins Kaïro. J'ai eu plus de mal avec Charisma (malgré un pouvoir d'envoutement bien réel) et, surtout, Jellyfish, que j'ai trouvé finalement assez anecdotique, passé les premières minutes intrigantes (comme bien souvent chez ce Kurosawa).
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Re: Cure (Kiyoshi Kurosawa - 1997)

Messagepar AtCloseRange » 17 janv. 12, 18:43

Premier contact avec Kurosawa et je suis un peu circonspect.
Une certaine originalté dans le traitement du sujet (aujourd'hui faisandé) du serial killer mais je suis loin d'avoir été captivé par les développement de l'histoire trouvant tout cela abstrait et relativement abscons.
Le lien avec Lynch me semble très ténu et le cinéaste se trouve d'ailleurs un peu trop le cul entre 2 chaises ni assez mental, ni assez incarné. Les personnages me semblent n'être que de archétypes et les affres du policier (dans son métier et sa vie privée) très théoriques.
Je reconnais qu'il y a quelques scènes qui font mouche comme la découverte déstabilisante du personnage de Mamiya sur la plage ou la dernière scène au restaurant mais malheureusement, c'est alors terminé.

Questions au spécialiste du réalisateur: est-ce qu'il y a des chances que j'apprécie davantage Kairo?
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Re: Cure (Kiyoshi Kurosawa - 1997)

Messagepar Demi-Lune » 17 janv. 12, 18:48

AtCloseRange a écrit :est-ce qu'il y a des chances que j'apprécie davantage Kairo?

Vu les reproches que tu formules contre Cure, ça m'étonnerait fort. Mais qui sait...