Retribution (Kiyoshi Kurosawa - 2007)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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rotko
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Retribution (Kiyoshi Kurosawa - 2007)

Messagepar rotko » 5 déc. 07, 21:24

« La rétribution peut prendre deux formes principales: la récompense des justes et la sanction des pécheurs. »

Bible, livre de Job.

c'est ici le 2e cas.

Le film débute sur le meurtre d’une femme en rouge, noyée dans une flaque d’eau salée. Suivent d’autres crimes, analogues.

« On tue pour effacer » dira un des suspects.

Des tremblements de terre fréquents secouent décor et personnages, tels des ondes de choc qui reviennent aux vivants. Un fantôme matérialise les souvenirs personnels et l’existence du crime, et l’ inspecteur pris dans l’étau professionnel et personnel. ne peut y échapper.

Dans le reflet de l’eau et dans l’eau du miroir, à chacun de se regarder en face.

La réalisation est remarquable, jouant sur le fantastique et le délire du personnage principal.

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Anorya
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Re: Retribution (Kiyoshi Kurosawa)

Messagepar Anorya » 24 juin 08, 16:12

Captures d'écran par moua. Mode happy ON. :lol:


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Le détective Yoshioka enquête sur plusieurs meurtres qui semblent liés entre eux. Chaque victime est découverte noyée, le corps rempli d’eau salée, cette même eau qui menace d’engloutir des quartiers désaffectés des alentours de Tokyo au prochain tremblement de terre. Tourmenté par le stress et par la crise que traverse son couple, Yoshioka découvre sur les lieux des crimes des objets familiers qui le poussent à s’interroger sur sa propre culpabilité : se pourrait-il qu’il soit le meurtrier ?…


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Ghost (in red) in the shells...


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Le nouveau Kiyoshi Kurosawa est de mon point de vue une totale réussite qui vient se placer ni plus ni moins à côté de son brillant chef d'oeuvre Kaïro. Comme dans ce dernier, la thématique de la culpabilité, de la perte des repères humains, la solitude et l'oubli, la dégénerescence de la ville qui mène à son apocalypse ainsi que les fantômes se retrouvent encore une fois de plus liés. Dans Kaïro, l'ordinateur était la porte qui permettait à ces terrifiants revenants de venir dans le monde des vivants, ici la jonction est effectuée par le biais des miroirs...

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(un des protagonnistes affirme avoir remarqué l'inquiétante "femme en rouge" au moment où celle-ci la remarquait aussi)


...mais aussi par ces séïsmes annonciateurs de la fin qui se mêlent toujours aux meurtres, agissants comme des détonnateurs chez les futurs assassins. Le miroir a aussi son importance en ce sens qu'il ne fait que révéler la culpabilité des "assassins" où leur meurtre renvoie au sort de cette inquiétante femme en rouge, fantôme des plus inquiétants (son cri :shock: ), voire dangereuse...

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(la fin avec l'adjoint de Yoshioka :shock: )


...mais finalement aussi personnage des plus mélancoliques et humains. On pourra repprocher à Kurosawa d'avoir humanisé un peu trop sa revenante mais comme le réalisateur le souligne lui-même à la première japonaise du film (cf bonus dvd 2 de l'HK vidéo), un fantôme a été un être humain aussi auparavant.


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Dans Kaïro, les fantômes empruntaient à la peinture de Bacon en plus d'avoir une démarche saccadée/décentrée qui les éloignaient sensiblement du monde réel. De la lenteur de leur démarche et de leur aspect flouté naissait l'irréalité de la situation, en faisant des calques superposés au monde réel (expression que je reprend du calque papier comme de celui apposé sur photoshop en plusieurs couches). Rétribution suit un chemin similaire et parallèle en ce sens que la démarche est conservée : même sensation de ralenti, d'effacement devant un monde moderne qui va trop vite mais, la fantôme n'est plus floue et son apparition se joue par le miroir et la lumière (et ce n'est pas un simple gadjet téléphoné quand on sait le rôle de la lumière chez Kurosawa : Lumière hypnotique du briquet du tueur de Cure, lumière éclairante, semi-espoir --car elles restent venimeuses et dangereuses-- des méduses de Jellyfish/Bright future tout comme les lieux sombres et sans lumière et cerclés de scotch rouge de Kaïro...) sans oublier un effet de vent faisant lentement voler les cheveux de celle-ci. Et la démarche qui peut être tout aussi lente que rapide, le fantôme ne se déplaçant pas toujours comme un humain, flottant littéralement, volant même à chaque tremblement de terre vers sa prochaine victime à hanter (captures suivantes).


Maîtrise et richesse de la rétribution...


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Ce qui me surprend dorénavant c'est l'aspect "peintre" du réalisateur. Comme ce ciel qui se charge brusquement, à la frontière de la réalité et d'un autre monde et amplifiant non seulement le versant fantastique comme celui du réalisme.

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(il faut faire attention à la mise en scène de maître Kiyoshi notamment dans la fin où le réalisateur par quelques plans autour de Yoshioka --quand il serre dans ses bras sa petite amie-- arive à nous faire douter : Et si l'inspecteur n'était il pas tout simplement en plein délire schizophrène ?)


La scène est superbe et permet sans trop l'appuyer de comprendre le sort du pauvre Yoshioka : empêché par des barreaux qui le retiennent de tomber de l'immeuble, on peut aussi y voir l'image d'un homme bloqué (le champ de vision est littéralement barré par ces barres de fer semblablent à celles d'une prison) en proie à sa culpabilité (d'où la peur de la prison par les barreaux mais aussi le rôle des miroirs avec cette image finale de lui-même brisée en capture 2 à la fin du film quand il retrouve la lucidité par le pardon du fantôme mais n'est pas pour autant tiré d'affaire) comme sa peur de quelque chose que finalement il cherche à comprendre.

Il sera bien le seul d'ailleurs mais celà aura des conséquences encore plus grandes sur la fin ...

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...où Kurosawa avec une justesse de moyen ne montre finalement qu'un homme abandonné qui s'est finalement auto-détruit lui-même (pas envie de trop spoiler) depuis un bon moment et est condamné à chercher la repentance ailleurs (beaux plans où celui-ci erre dans des rues vides qui pourraient faire penser à celles de Kaïro --en moins chaotique-- mais aussi nous donner à penser que ce fantôme de femme en rouge à largement contaminé une bonne partie de la population. Après tout, le psychiatre l'avouait lui-même, il était dépassé par les fantômes que voyaient ses patients de plus en plus et perdait pied...), d'où le plan final désabusé de sa petite amie hurlant de douleur (plan que Kurosawa explique un peu dans la fin alternative commentée dans les bonus), très beau.


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Les rares choses que Kurosawa révèle en bonus ou interview ne sont d'ailleurs pas de trop pour comprendre encore mieux ce puzzle où tout est finalement lié (le motif de l'eau salée, l'oubli, les séïsmes, les bâtiments désaffectés...) et sujet à de nombreuses explications et points de vues subjectifs. Mais l'on peut aussi apprécier le film et se faire son avis par soi-même tout seul, on y trouvera forcément à redire tellement le film est complexe et fascinant.

Pour moi c'est un chef d'oeuvre au même titre que Kaïro. 8)

6/6.
Dernière édition par Anorya le 25 juin 08, 22:22, édité 2 fois.
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Demi-Lune
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Re: Retribution (Kiyoshi Kurosawa, 2007)

Messagepar Demi-Lune » 7 août 11, 22:12

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Troisième film de Kurosawa découvert, et troisième très forte impression. L'ami Kiyoshi est décidément l'un des cinéastes contemporains les plus doués qui soient. Au bout d'une heure quarante de génie, je me demande si je ne tiens pas là le chef-d'oeuvre de son auteur. Certes, trois films, c'est un peu court pour tirer des constats pareils. Mais je remarque cependant que Rétribution constitue visiblement une forme de synthèse formelle et thématique, l’œuvre de la récapitulation et du surpassement, en ce sens où le cinéaste y trouve l'équilibre narratif et rythmique idéal dans le même temps qu'il affine les caractéristiques stylistiques de son cinéma. L'usage des couleurs occupe une place plus importante ; son style paraît moins ascétique, même s'il a toujours recours à de soigneux plans-séquences. Formellement, même si ça transparaît peu sur ces captures, il y a un peu plus de chaleur dans ce film - on va voir que c'est en adéquation avec son propos. Kurosawa appose à Rétribution ses thèmes de prédilection - le poids de la fatalité, l'isolement de l'individu au sein d'une société urbaine déshumanisante et elle-même, littéralement, en voie de déshumanisation, la frontière poreuse entre le réel et le surnaturel, etc - et délivre, avec ce polar mâtiné d'épouvante fantastique, une œuvre absolument inclassable, sans doute moins immédiatement effrayante que Kaïro, moins angoissante que Séance, mais à mon sens plus ensorcelante et mémorable encore.

Que l'on se rassure : on retrouve bien le brio de Kurosawa pour la vraie épouvante, celle qui dérange, celle qui met profondément mal à l'aise par la seule force d'une mise en scène d'un perfectionnisme total et d'une bande sonore inquiétante, celle joue sur les peurs les plus viscérales sans sonner les trompettes à son arrivée, mais avec un naturel confondant. Eau qui se trouble silencieusement, vibrations sismiques qui se trouvent être des phénomènes annonciateurs des pénétrations surnaturelles dans le monde des vivants, surgissement sourd et lent du spectral dans les recoins, chocs sonores (le cri du fantôme) et visuels (l'hallucinante scène avec le collègue inspecteur et la bassine), sont chez Kiyoshi Kurosawa quelques maillons d'une chaîne lancinante de l'épouvante sans équivalent, en termes qualitatifs, dans le cinéma actuel.

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Mais ce n'est pas que ça.

En son genre, la perfection qui marque à mes yeux Rétribution provient de ce soupçon de chaleur humaine que Kurosawa insuffle dans sa mécanique de l'effroi parfaitement rodée. Même s'il se situe dans la prolongation thématique directe de Kaïro (sous ses allures d'enquête policière, le film ne nous parle ni plus ni moins de l'extinction progressive de l'Humanité du fait de la vengeance de forces spectrales), Rétribution n'adopte pas le regard d'entomologiste glacé de ce dernier ; il répond au style pessimiste et cérébral de son auteur mais l'élément humain demeure au centre de son propos, grâce au parcours de l'inspecteur Yoshioka. Comme dans les autres films fantastiques de Kurosawa, l'intrusion des fantômes dans le quotidien permet un questionnement sur la nature des hommes qu'ils viennent hanter. C'est une démarche de compensation : l'abstraction de ces entités aux motivations obscures conduit à un dévoilement, psychologique et intime, chez le personnage hanté. Rétribution se montre à ce niveau plus "humaniste" que Kaïro car si Yoshioka est hanté par une femme toute de rouge vêtue (motif visuel déjà présent mais qui trouve spécialement dans ce film une forme de fétichisme inédite, qui se double par ailleurs d'une intéressante tentative d'humanisation de l'entité) sans qu'il ne comprenne pourquoi, il persiste à vouloir percer le mystère, à comprendre ce que le spectre veut de lui. Le personnage n'est, momentanément du moins, plus isolé (paradoxe ô combien ironique que la résorption de la solitude humaine se fasse grâce au monde des morts).

En s'évertuant à vouloir percer l'énigme, l'enquêteur est en fait en quête de retrouvailles avec sa propre humanité, avec les failles et les faiblesses qu'elle implique. Le fantastique et l'épouvante sont là pour faire avancer cette trajectoire intimiste et la conduire à sa résolution, cette fameuse rétribution qui se soldera par un constat de profonde détresse... une issue aussi désespérée que celle de Kaïro, mais nantie d'une poésie malheureuse qui trahit la sensibilité d'un réalisateur qui quitte à l'occasion son poste de scrutateur scientifique pour celui d'un humaniste inquiet. Car au final, au-delà de ses incroyables qualités de terreur, les films fantastiques de Kurosawa sont avant tout des écrins à des interrogations angoissées, sur le souvenir du passé et son effacement ainsi que celui de l'être humain, sur la "désaffection des sentiments, la nécrose des relations humaines" (J-F Rauger), sur la perte et la damnation de l'individu : l'issue finale de ce remarquable scénario, ne vient que douloureusement et magnifiquement le rappeler.

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Polar à fausses pistes haletant (un des meilleurs scénarios policiers de ces dernières années), film d'épouvante glaçant et original, film fantastique baignant dans une inquiétante étrangeté, Rétribution plonge le spectateur dans les spires d'un mystère tenace et hypnotique. En ce qui me concerne, c'est un film remarquable, génial... disons-le carrément : inoubliable.

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Re: Retribution (Kiyoshi Kurosawa, 2007)

Messagepar Jericho » 8 août 11, 08:43

Faut vraiment que je me lance dans son cinéma. Allez je vais commencer par Retribution.
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Re: Retribution (Kiyoshi Kurosawa, 2007)

Messagepar magobei » 8 août 11, 09:19

Jericho a écrit :Faut vraiment que je me lance dans son cinéma. Allez je vais commencer par Retribution.


Pas sûr que ça soit la meilleure entame: le film est bon, mais je te conseille plutôt Kaïro, plus percutant, pour commencer.
Ça sera la restauration antédiluvienne de 2017 sortie chez Olive et Koch, mais avec un bitrate à 26Hz et du DNR à 36Mb comme toujours chez l'éditeur. Autant dire que l'image sera merdique. Mais je vais l'acheter, même si ça fera doublon avec le Olive, le Koch et le Indicator parce qu'il y a des STF - je n'en ai pas besoin, mais c'est important si on veut partager - et surtout la VF d'origine avec Henri Chalant qui double Rex Edwards qui joue l'indien qui se fait tuer sur la gauche à 40:23.

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Re: Retribution (Kiyoshi Kurosawa, 2007)

Messagepar monk » 8 août 11, 09:21

Je me referais bien la filmo que j'ai concervée, juste pour voir ce qu'il en reste après toutes ces années...Ha si j'avais ce temps...
Il me faut ce Retribution aussi !

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Re: Retribution (Kiyoshi Kurosawa, 2007)

Messagepar magobei » 8 août 11, 10:13

monk a écrit :Je me referais bien la filmo que j'ai concervée, juste pour voir ce qu'il en reste après toutes ces années...Ha si j'avais ce temps...
Il me faut ce Retribution aussi !


Tout à fait recommandable, énéfé. Je serai curieux d'avoir ton avis, avec le recul, sur Cure. Revu récemment et je n'ai pas trouvé ça très bon, beaucoup moins abouti que des trucs comme Kairo, Séance, voire ce Sakebi.
Ça sera la restauration antédiluvienne de 2017 sortie chez Olive et Koch, mais avec un bitrate à 26Hz et du DNR à 36Mb comme toujours chez l'éditeur. Autant dire que l'image sera merdique. Mais je vais l'acheter, même si ça fera doublon avec le Olive, le Koch et le Indicator parce qu'il y a des STF - je n'en ai pas besoin, mais c'est important si on veut partager - et surtout la VF d'origine avec Henri Chalant qui double Rex Edwards qui joue l'indien qui se fait tuer sur la gauche à 40:23.

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Re: Retribution (Kiyoshi Kurosawa, 2007)

Messagepar monk » 8 août 11, 10:17

Cure, c'est le premier que j'ai vu, et ça a été un petit choc quand même. Kairo était d'office au dessus, mais il y a une paire de films en dessous aussi !
J'ai commandé Retribution, et je vais essayer de revoir Cure, Loft et Kairo, bien que je ne sois pas trop dans le mood pour ce genre de trucs en ce moment...

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Re: Retribution (Kiyoshi Kurosawa, 2007)

Messagepar Count Dooku » 9 août 11, 15:53

Perso de Kiyoshi Kurosawa c'est Cure que j'ai préféré, et de loin. Je trouve que c'est le plus flippant de tous (alors que, paradoxalement, c'est plus un polar qu'un film d'horreur) et, surtout, le plus abouti au niveau de la narration. J'ai justement trouvé Kairo trop alambiqué et confus sur ce point, ce qui lui faisait perdre en efficacité. Il faut dire que je l'ai maté en m'attendant à un yurei-eiga alors que le film n'est pas "que" ça.
Concernant Retribution, je me souviens avoir bien aimé mais j'avoue ne pas en avoir gardé beaucoup de souvenirs, à part ce fantôme en robe rouge et le mélange fantastique/polar (un peu comme dans Cure, justement). Quand je lis les avis dithyrambiques ci-dessus, j'ai l'impression d'avoir loupé quelque chose, il faudra que je me le revisionne à l'occasion (d'autant que je possède l'excellente édition dvd d'HK Video, c'est d'ailleurs le meilleur film de cette collection J-Horror).

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Re: Retribution (Kiyoshi Kurosawa, 2007)

Messagepar magobei » 9 août 11, 16:01

Count Dooku a écrit :Perso de Kiyoshi Kurosawa c'est Cure que j'ai préféré, et de loin. Je trouve que c'est le plus flippant de tous (alors que, paradoxalement, c'est plus un polar qu'un film d'horreur) et, surtout, le plus abouti au niveau de la narration. J'ai justement trouvé Kairo trop alambiqué et confus sur ce point


C'est marrant, j'ai pensé exactement l'inverse! Comme quoi...
Et sans parler des apparitions (Kurosawa joue vraiment sur la texture de l'image, poussant encore plus loin la logique des fantômes technologiques de Ring), j'ai trouvé que les plans des rues vides de Tokyo étaient parmi les visions plus flippantes, angoissantes que j'aie jamais vues
Ça sera la restauration antédiluvienne de 2017 sortie chez Olive et Koch, mais avec un bitrate à 26Hz et du DNR à 36Mb comme toujours chez l'éditeur. Autant dire que l'image sera merdique. Mais je vais l'acheter, même si ça fera doublon avec le Olive, le Koch et le Indicator parce qu'il y a des STF - je n'en ai pas besoin, mais c'est important si on veut partager - et surtout la VF d'origine avec Henri Chalant qui double Rex Edwards qui joue l'indien qui se fait tuer sur la gauche à 40:23.

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Re: Retribution (Kiyoshi Kurosawa, 2007)

Messagepar Count Dooku » 9 août 11, 16:26

magobei a écrit :C'est marrant, j'ai pensé exactement l'inverse! Comme quoi...
Et sans parler des apparitions (Kurosawa joue vraiment sur la texture de l'image, poussant encore plus loin la logique des fantômes technologiques de Ring), j'ai trouvé que les plans des rues vides de Tokyo étaient parmi les visions plus flippantes, angoissantes que j'aie jamais vues

Cure est quand même très linéaire dans sa narration, toute intrigue tourne autour de l'amnésique et, même si de nombreuses questions restent sans réponses, on n'est jamais perdu dans le film. Alors que Kairo, la dernière demi-heure, c'est quand même très spécial, on sort du schéma traditionnel des yurei-eiga, avec son Tokyo désertique.
Pour l'aspect horrifique, je crois que c'est justement cette complexité qui a désamorcé le caractère effrayant de nombreuses scènes du film, vu que j'avais un peu décroché. Un peu comme dans Ju-On : le film se disperse tellement qu'il perd en efficacité. Je préfère l'approche d'un Ring ou d'un Dark Water, voire (découvert la semaine dernière et il m'a laissé une très forte impression) d'un Shutter, où l'on se concentre sur une poignée de personnages.
Concernant l'aspect effrayant de Cure, ce n'est pas tant de l'horreur pure que de l'angoisse que j'ai ressenti dans ce film. Angoisse devant le personnage de l'amnésique, vraiment dérangeant, et du personnage principal qui sombre progressivement dans la folie.

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Re: Retribution (Kiyoshi Kurosawa, 2007)

Messagepar magobei » 9 août 11, 16:52

Count Dooku a écrit :Cure est quand même très linéaire dans sa narration, toute intrigue tourne autour de l'amnésique et, même si de nombreuses questions restent sans réponses, on n'est jamais perdu dans le film. Alors que Kairo, la dernière demi-heure, c'est quand même très spécial, on sort du schéma traditionnel des yurei-eiga, avec son Tokyo désertique.


ça ne m'a pas frappé dans Kairo. En revanche, dans Cure, il se produit quand même un basculement quasi lynchien au milieu du film (au moment où Takebe commence à avoir ses "visions"); ça devient très déstructuré, voire abscons, difficile à suivre. Donc oui, c'est linéaire, mais disons que c'est loin d'être une ligne droite...

Count Dooku a écrit :Pour l'aspect horrifique, je crois que c'est justement cette complexité qui a désamorcé le caractère effrayant de nombreuses scènes du film, vu que j'avais un peu décroché. Un peu comme dans Ju-On : le film se disperse tellement qu'il perd en efficacité.


Comme tu le soulignais, Kairo (comme d'ailleurs l'ensemble de la filmo de Kurosawa) n'est pas un film purement horrifique. C'est plus du cinéma fantastique, mais qui porte un regard vraiment aigu sur le Japon contemporain: par moments, c'est presque du cinéma social (ça l'est dans Tokyo Sonata). A cet égard, on ne peut pas juger Kairo (ni Cure d'ailleurs) à l'aune de l'horreur: Ring, Dark Water, voire même The Eye, Shutter ou Loft (à mon avis, le film le plus effrayant de Kurosawa) m'ont fait beaucoup plus peur. Surtout, je ne le comparerai pas avec Ju-on, qui contrairement à des films comme Ring ou Kairo, est un film de fantômes très traditionnel. Donc pas très intéressant.
Ça sera la restauration antédiluvienne de 2017 sortie chez Olive et Koch, mais avec un bitrate à 26Hz et du DNR à 36Mb comme toujours chez l'éditeur. Autant dire que l'image sera merdique. Mais je vais l'acheter, même si ça fera doublon avec le Olive, le Koch et le Indicator parce qu'il y a des STF - je n'en ai pas besoin, mais c'est important si on veut partager - et surtout la VF d'origine avec Henri Chalant qui double Rex Edwards qui joue l'indien qui se fait tuer sur la gauche à 40:23.