Super 8 (J.J. Abrams - 2011)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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riqueuniee
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Re: Super 8 (J.J. Abrams - 2011)

Messagepar riqueuniee » 4 août 11, 16:53

En tout cas, j'y ai vu tout autant un hommage aux films de monstres (comme celui que les gamins tournent) qu'aux films de Spielberg.
Spoiler (cliquez pour afficher)
Dans le film des gamins, montré sur le générique de fin, il est d'ailleurs question d'une société "Romero"...

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hansolo
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Re: Super 8 (J.J. Abrams - 2011)

Messagepar hansolo » 4 août 11, 18:18

Mise en parallèle de 2 sorties concomitantes:
http://lecomptoirdelabd.blog.lemonde.fr ... troumpf-8/
Le problème c'est que si nombre d'entre nous ira (ou a déja été) voir Super 8; je suis persuadé que bien peu voudrons s'infliger les Smurfs version Raja Gosnell; réalisateur des inoubliables chefs d'oeuvre du 7eme art que sont Scooby-Doo et autres Chihuahua de Beverly Hills ... donc pour pouvoir reelement mettre les films en parallèle, ça va être compliqué ...
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Re: Super 8 (J.J. Abrams - 2011)

Messagepar Watkinssien » 4 août 11, 18:56

Le plus touchant finalement dans le film, c'est quand on est avec les enfants : le plaisir "naïf" de faire du cinéma, de construire quelque chose ensemble, sans prérogatives et le besoin de croire et de s'émerveiller. Il y a quelque chose d'émouvant dans cet aspect.

Malgré cela, je rejoins les avis précédents. Le film est un bel exercice de style, mais qui est limité par ce procédé (même si ce que j'ai écris ci-dessus sur les enfants émerge heureusement), on aurait voulu être plus immergé par ce "retour aux sources".

Reste que le film, empli de défauts sur l'implication émotionnelle, demeure une oeuvre toujours haletante et portée par des jeunes comédiens vraiment excellents. Et puis Abrams sait raconter et tenir son histoire, avec une efficacité certaine.
Super 8 est un film finalement fragile, mais honnête...
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Re: Super 8 (J.J. Abrams - 2011)

Messagepar Eusebio Cafarelli » 4 août 11, 20:30

Un article intéressant, avec de l'Histoire dedans, mais du cinéma, et favorable au film :wink:
http://owni.fr/2011/08/04/super8-aliens-ovnis-culture-populaire-soucoupe-ufo/
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Re: Super 8 (J.J. Abrams - 2011)

Messagepar G.T.O » 5 août 11, 13:12

Je rejoins le camp des déçus. Disons le sans ambages : Super 8 est un film de petit malin sans âme.

Pourtant, tout est là pour nous faire croire que le Spielby des 80's a, bel et bien, ressuscité. Histoire de kids ordinaires confronté au surnaturel où le véritable ennemi n'est pas la grosse bestiole arachnoïde mais le monstre, le coeur desséché des adultes, les figures de style typique ( halo, fumée, contre-plongée, panoramique verticale...etc), la musique, l'ambiance....mais, mais, l'essentiel manque. Je ne parlerai pas d'une absence de foi mais plutôt d'une mauvaise gestion entre l'intime ( les copains d'abord, le deuil de l'un d'entre eux ) et le spectaculaire ( le complot, les militaires et le monstre). Il n'est pas rare de trouver, au milieu d'une ribambelle de scènes intimistes méritant plus d'espace, des scènes supposées flippantes. Un peu comme si le film de monstre entrait en collision avec le film de passage à l'âge adulte mais sans produire d'étincelle, de mise en relation intéressante. Il faut alors se contenter d'une triste alternance, Kids/Monster, qu'Abrams tente d'évacuer avec des dialogues laissant entendre le contraire, c'est-à-dire une hypothétique intrication " Quand vous serez face à lui, c'est moi qui vous regarderai". Une jolie note d'intention que nous aurions aimé ressentir, Mr Abrams.
Dommage.

riqueuniee
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Re: Super 8 (J.J. Abrams - 2011)

Messagepar riqueuniee » 5 août 11, 13:28

C'est ce que j'ai ressenti, et que tu exprimes très bien : il n'y pas de réelle imbrication entre les scènes intimes et le reste, juste une alternance des deux. La partie fantastique lorgne fortement vers le film de monstres, quelque peu angoissant, ce qui est un peu contradictoire avec le projet (le film lorgne vers E.T, pas vers Duel, les dents de la mer ou la guerre des mondes).
Seule la dernière scène (le départ de la créature) est vraiment "spielbergienne").

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Re: Super 8 (J.J. Abrams - 2011)

Messagepar magobei » 5 août 11, 20:21

Bons persos, jolie mise en abyme du cinéaste... Pour le reste, j'ai trouvé ça rabâché et que ça manquait singulièrement d'ampleur, malgré la débauche de FX. Et franchement, les gosses qui "save the day", j'achète pas. Je dois avoir paumé mon âme d'enfant en route.

Bref, déçu.

6.5/10
Ça sera la restauration antédiluvienne de 2017 sortie chez Olive et Koch, mais avec un bitrate à 26Hz et du DNR à 36Mb comme toujours chez l'éditeur. Autant dire que l'image sera merdique. Mais je vais l'acheter, même si ça fera doublon avec le Olive, le Koch et le Indicator parce qu'il y a des STF - je n'en ai pas besoin, mais c'est important si on veut partager - et surtout la VF d'origine avec Henri Chalant qui double Rex Edwards qui joue l'indien qui se fait tuer sur la gauche à 40:23.

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Re: Super 8 (J.J. Abrams - 2011)

Messagepar 2501 » 5 août 11, 23:09

Cruelle ère pour le divertissement, où l’on attend avec une impatience irraisonnée un film qui joue le revival des meilleures œuvres des années 80. Super 8 se pose en effet comme un hommage direct aux productions Amblin de notre jeunesse, celle des trentenaires (celle qui avait encore une culture populaire acceptable). Au milieu d’un été ciné frileux, entre films d’animation, superhéros et superjouets, le film du wonderboy J.J. Abrams n’a pas de mal à s’imposer comme un antidote, un vent de fraîcheur, alors même qu’il ne fait qu’appliquer la fameuse formule « faire du neuf avec du vieux. » Le nouveau roi des geeks d’Hollywood prouve une fois encore avec sa dernière œuvre qu’il est autant un producteur avisé qu’un artisan efficace. Sans doute sa plus belle réalisation à ce jour - Lost mis à part - Super 8 parvient à trouver le juste équilibre entre nostalgie et incarnation, évitant de sombrer dans la naphtaline et l’illustration béate du fan de Spielberg.

Après les honnêtes commandes MI 3 et Star Trek, qu’attendre d’un Abrams réalisateur aussi efficace qu’impersonnel ? Comme toute une génération de fanboys qui arrive après la déferlante des Spielberg, Lucas and co, il n’a pas grand-chose à dire, seulement à réinventer, des références plein la tête. Sa patte de producteur est plus prégnante que celle de cinéaste, quand on voit la campagne marketing et le résultat de Cloverfield par exemple, réalisé par Matt Reeves. Après les résurrections de franchises, le bonhomme a su trouver la voie de productions à contre-courant, jouant le mystère par des teasers efficaces, les budgets réduits pour des films sans stars, mais des sujets toujours bien exploités même si au final pas bien nouveaux. De nos jours, il semble que la manière compte davantage, comme si le 21ème siècle envahi de moyens de communications n’avait plus rien à raconter, à part regarder dans le rétroviseur, et réinventer, sans cesse. Cloverfield était un Godzilla très habilement revisité à la sauce BlairWitch/youtube, Super 8 annonce clairement la couleur dès son titre : Abrams, passionné par les régimes d’images, nous joue cette fois la carte vintage.

Et c’est ce qui sauve son dernier film de l’hommage facile et figé : cette thématique de l’image révélatrice, cette croyance en sa puissance, dans le spectaculaire comme dans l’émotionnel. Le film est habilement structuré (dans le sens où on ne s’en rend compte qu’a posteriori) autour de ces tournages et surtout projections en super 8. Les pics narratifs sont des projections dans la projection, apportant une profondeur à un film qui par ailleurs assume le décalque complet des œuvres du maître Spielberg, ici même producteur. Boucle bouclée. Super 8 évite ainsi de justesse le simple exercice de style du remix des Goonies et d’E.T., de par une véritable déclaration d’amour au cinéma. L ‘équipe de pieds nickelés qui tourne des films de zombies avec l’aide inespérée de la plus jolie fille du quartier est le fil rouge idéal, tenu jusqu’au savoureux générique final, d’une histoire confortable mais sans surprises. Abrams compense par son sens du rythme, et la multiplication des pistes narratives, au point de s’y perdre un peu au milieu de l’intrigue. Là est la limite du concept : on ne peut imiter totalement des œuvres trop pures et naïves pour notre époque. Un autre E.T. aujourd’hui serait sans aucun doute jugé niais, pathétique et puéril. Pour autant, Super 8 n’a pas recours à l’ironie, encore moins au cynisme. Il prend le risque, joue la carte de cette innocence premier degré, de la sortie de l’enfance, de l’aventure et des premiers émois amoureux, mais en multipliant les arcs narratifs comme dans une série, en accélérant le rythme de la narration, et en intensifiant l’impact des scènes d’action. On en arrive parfois à des intrigues un peu sacrifiées, celle des adultes notamment, le pourtant excellent Kyle Chandler (Friday Night Lights !) n’a pas grand-chose à défendre et le rapport père-fils est le développement le plus faible du film. Et la deuxième moitié de s’avérer moins convaincante que le début, quand il s’agit de regrouper tous les fils narratifs éparpillés.

Si Super 8 vibre autant que la pellicule dans un projecteur old school c’est aussi grâce à l’indéniable talent de reconstitution et de direction d’acteurs d’Abrams, qui fait ressurgir des images iconiques comme si de rien n’était, et parvient à nous faire croire à un groupe de préados pas bien originaux mais touchants (Elle Fanning est incroyable, Joel Courtney le gentil gamin idéal). Encore une fois, tout est dans la manière, et si son style visuel est limité à une certaine élégance et une lisibilité de chaque instant, bien agréables de nos jours (à quelques lens flares près, mais il s’est calmé par rapport à Star Trek !), il sait être généreux à la fois dans l’émotion et dans l’action, quitte à être toujours un poil too much sur les grosses séquences (le crash du train, ou le final). A un dosage qui demeure réjouissant et reste le tribut à payer pour un film de 2011 : il faut de la « production value » comme le répète sans cesse le jeune réalisateur en herbe, et cela Abrams, artisan-producteur plus qu’auteur, l’a parfaitement compris et appliqué, pour nous offrir comme promis le plus réjouissant des divertissements à l’ancienne.

8/10
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Jericho
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Re: Super 8 (J.J. Abrams - 2011)

Messagepar Jericho » 6 août 11, 13:44

Super 8 rend un bel hommage à certains films de Spielberg et à certaines productions Amblin. En effet, le sentiment nostalgique prédomine durant tout le long du film.
Mais J.J Abrams garde néanmoins son style et n'est pas écrasé par le poids de sa marque de respect à l'égard de son producteur.
L'histoire est au final simple, mais ça fonctionne plutôt bien. Le réalisateur fait valoir son efficacité pour ce qui est d'entretenir le mystère. Plus le film avance, plus on a envie de savoir ce qui se passe vraiment. Puis c'est surtout un film de personnages après tout, ce qui se passe autour de la bestiole c'est plus ou moins secondaire.
Le casting est top, les gamins ont vraiment été bien choisi, ils collent très bien aux stéréotypes chers au divertissement d'époque. Mention spéciale à Joel Courtney et Elle Fanning, qui forment un duo touchant.
J'ai été ému à plusieurs reprises (le final est très beau d'ailleurs), grâce notamment à l'excellente composition musicale de Michael Giacchino. Alors lui il confirme de plus en plus, la relève est assurée.
Il y a peu d'action, mais le peu qu'il y a est enthousiasmant: le déraillement du train, les attaques du monstre, l'assaut de nuit dans la ville.
Dans les points négatifs, je dirai que j'ai mis un peu de temps à entrer dans le film; tout ce qui précède la fameuse scène du train en gros (heureusement qu'elle arrive très vite).
Ensuite, il y aussi quelques dialogues ou situations qui marchent moyennement, un problème d'écriture ou de mise en scène, ça dépend.
Rien de grave cependant, car j'ai trouvé le film très bon, faisant honneur à ses références, et divertissant.
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frédéric
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Re: Super 8 (J.J. Abrams - 2011)

Messagepar frédéric » 6 août 11, 18:06

Beaucoup aimé pour ma part, j'ai trouvé le film très émouvant surtout venant des jeunes acteurs, le final est spectaculaire mais aussi fait tirer la larme à l'oeil. Les effets spéciaux sont très réussis, Abrams ayant choisit volontairement de ne jamais montré la créature dans son intégralité. Super 8 est un très bel hommage à Spielberg frais et émouvant et la dernière scène renvoie directement à Rencontres du troisième type.
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Re: Super 8 (J.J. Abrams - 2011)

Messagepar Demi-Lune » 7 août 11, 13:39

Vous pouvez me compter dans le clan des déçus.

SPOILERS. Strum a parfaitement cerné la dimension problématique du sujet : Abrams essaie de monter sur les épaules d'une figure tutélaire bien trop grande pour lui. Et il n'y arrive tout simplement pas. Certes, sa démarche a quelque chose d'émouvant dans cette volonté de ressusciter le divertissement 80's spielbergien en des temps aussi moribonds et abrutissants en matière d'entertainment. C'est à mettre à son crédit. Mais une fois que l'on a dit ça, on a déjà fait le tour de la question Super 8... car ce film est totalement dépendant d'un patrimoine filmique, voire même appartenant à l'inconscient collectif: les banlieues, les gosses en bande, les vélos, les lumières étranges, la présence menaçante de l'adulte, etc. Le seul horizon de Super 8 est celui d'exhumer les figures visuelles de la génération Amblin', avec une affection sans doute sincère mais qui est constamment phagocytée par le poids de références (Rencontres du troisième type, E.T., Les Goonies, Poltergeist, pour les plus immédiates) dont Abrams ne se dépatouille pas. Le réalisateur a ici tout de l'élève appliqué. Il enclenche ses motifs référentiels avec la constance d'un métronome et la diligence du fan trop soigneux : hop, on ressort les caractérisations enfantines des Goonies, hop, on ressort la lumière bleue de Spielberg, sans en comprendre vraiment son pouvoir évocateur, etc. La mise en images d'Abrams apparaît alors relativement vide de substance : elle applique consciencieusement des canons formels qu'elle n'appréhende qu'en termes de patine historique (les fameux halos bleutés, qui accompagneront toute la S-F des 80's) et non en termes spirituels (en l'occurrence, outre d'apposer formellement un climat de mystère, de douceur et d'extraordinaire, la lumière bleue spielbergienne fait totalement partie prenante de la narration, en est une composante fondamentale, et renseigne sur la sensibilité du réalisateur en même temps que sur les émotions des personnages qu'il met en scène). En plus, les teintes de la photographie ramènent immanquablement au cinéma des années 2000 : malgré le bleu-repère, les images sont souvent enveloppées de ce voile griso-verdâtre la nuit et jaune le jour, caractéristique.

Super 8 carbure sur une fibre nostalgique qui, personnellement, avait tout pour me cueillir étant donné que je suis un adorateur de cette période, mais ne propose rien d'autre qu'un voyage mécanique et laborieux dans les souvenirs cinématographiques de mon enfance. A force de vouloir susciter la nostalgie, le film provoque plus l'ennui et le désintérêt. Molle, désincarnée, sans surprises, sans émotion... la tentative d'Abrams ne reste jamais que platement appliquée, un Guide du Routard Amblin' sans saveur, sans magie, sans âme. Les jeunes acteurs ont beau s'acquitter plus qu'honorablement de leur tâche (c'est quand l'intrigue se focalise exclusivement sur eux et leurs relations que le film est convaincant), ils ne peuvent jamais complètement apporter du corps à cette histoire qui, si l'on met de côté le sympathique fil rouge qu'est le tournage artisanal, demeure très prévisible, voire s'enfonçant peu à peu dans la misère. Incapable de donner de l'émotion et de la personnalité dans ce qu'il raconte, Abrams accouche d'une fin minable, avec sa bestiole hideuse et son décollage dont on se fout complètement. On passera d'ailleurs pudiquement sur quelques énormités (le prof qui est encore vivant après le déraillement du train - séquence d'ailleurs outrancière) ou facilités (les réconciliations paternelles expédiées à la va-vite) qui fragilisent encore l'efficacité de l'intrigue. De la même manière, quelques trouvailles comiques ne compenseront jamais les perles de dialogues (avec la VF mitonnée aux petits oignons qui va avec) que comptent Les Goonies ou E.T. Le film en Super 8, dévoilé dans le générique final, est presque à mes yeux la meilleure idée du film, qui d'ailleurs ne vise pas à mon avis une intellectualisation : c'est en effet dans son spontanéité bricolée, dans cette fraîcheur artisanale, dans ce plaisir de filmer, que le film devient enfin personnel et authentique, libéré d'un carcan référentiel assez insurmontable au vu du résultat.

Bref, à l'image de cette autre revisitation se voulant respectueuse qu'est le récent TRON Legacy, Super 8 montre surtout que ces hommages sont sclérosés et futiles. Dans ces conditions... laissez les glorieuses 80's tranquilles, messieurs les producteurs !

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Re: Super 8 (J.J. Abrams - 2011)

Messagepar Jericho » 7 août 11, 15:22

Fallait en faire un film suédé, ils auraient gagné encore plus d'argent ces vils producteurs !
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Joe Wilson
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Re: Super 8 (J.J. Abrams - 2011)

Messagepar Joe Wilson » 9 août 11, 23:02

Un film qui me laisse un sentiment de frustration, et ce malgré la conviction dans l'interprétation (notamment Elle Fanning et Joel Courtney, qui offrent une belle intensité à la scène attendue de l'accident ferroviaire). Comme Strum ou Demi-Lune, j'ai trouvé que J.J. Abrams peinait à s'affranchir de sa référence et ne parvenait pas à livrer un film cohérent.
Super 8 exprime un enthousiasme, une simplicité touchante lorsqu'il évoque des inquiétudes adolescentes, les états d'âme d'un groupe. Malheureusement, Abrams semble hésiter entre plusieurs ambitions, se dispersant inutilement...et rate sa cible dès qu'il se concentre sur sa créature (sans consistance) ou l'univers des adultes. L'intrigue, bien trop légère, est précipitée, fragilisant tout l'édifice en empêchant l'épanouissement psychologique des personnages. Ainsi, Abrams ne peut qu'effleurer des sensations de tristesse ou de regret, sans qu'elles puissent s'incarner à l'écran. Le spectacle reste toujours plaisant à suivre mais cela ne suffit pas.
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Colqhoun
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Re: Super 8 (J.J. Abrams - 2011)

Messagepar Colqhoun » 10 août 11, 08:58

Joe Wilson a exprimé parfaitement mon ressenti devant ce film.
Je ne vois rien de plus à ajouter.
"Give me all the bacon and eggs you have."

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Gounou
au poil !
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Re: Super 8 (J.J. Abrams - 2011)

Messagepar Gounou » 10 août 11, 16:01

Il nous enterrera tous...
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