Samuel Fuller (1912-1997)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980...

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Re: Samuel Fuller (1912-1997)

Messagepar André Jurieux » 25 Juil 11, 21:15

Les Bas-Fonds New Yorkais - Underworld U.S.A - 1960
Avec Cliff Robertson (Tolly Devlin), Dolores Dorn (Cuddles) et Beatrice Kay (Sandy)

Un des chefs d'oeuvre de Fuller. Absolument indispensable
Dernière édition par André Jurieux le 18 Oct 12, 08:46, édité 1 fois.
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Re: Samuel Fuller (1912-1997)

Messagepar André Jurieux » 25 Juil 11, 21:34

LE KIMONO ROUGE-THE CRIMSON KIMONO- 1959
Un film de Samuel Fuller avec Victoria Shaw, Glenn Corbett, James Shigeta et Anna Lee.


Dans un cabaret du quartier de "Little Tokyo" à Los Angeles, une strip-teaseuse est assassinée. Deux inspecteurs
de police, l'un d'origine japonaise, l'autre américain , liés par une profonde amitié, mènent l'enquête...


Dans ce film là, on sent que ce n'est pas la résolution du crime qui intéresse vraiment Fuller mais plutôt ce singulier
triangle amoureux...A partir du moment ou apparait le personnage de Christine Downs (Victoria Shaw), que les 2
détectives sont contraint de protéger en l'hébergeant dans l'appartement qu'il partage, il se penche plutôt sur les relations qui se nouent entre eux. Pour les besoins de l'enquête, chacun à leur tour, les 2 détectives vont "sur le terrain" et poursui-
vent leurs investigations, tandis que l'autre reste à l'appartement pour assurer la protection du témoin. Très rapidement Charlie, un célibataire endurci, tombe amoureux de la jeune femme et se déclare. Celle-ci, d'abord surprise, semble répondre à ses avances mais lorsqu'elle se retrouve longuement en présence du second détective, elle s'aperçoit que
c'est de celui là, japonais d'origine, dont elle est en train de tomber amoureuse. Il semble d'abord se dérober pour ne
pas trahir son ami qui lui avait révélé son attirance pour la jeune femme mais aussi par crainte des conséquences de
cette possible histoire d'amour avec une américaine. Irrésistiblement attiré par elle, Il cède néanmoins non sans éprouver
de la culpabilité vis à vis de son meilleur ami...

Toutes ces scènes sont traitées avec infiniment de délicatesse par Fuller qui avait, pour l'occasion, laisser ses armes au
vestiaire. La profonde amitié entre les 2 hommes est parfaitement "sensible". Toutes les scènes entre (la très belle)
Victoria Shaw et chacun des 2 hommes sont assez fascinantes comme souvent chez Fuller à chaque fois qu'il montre des couples amoureux mais ici aucune violence, contrairement aux relations entre Richard Widmark et Jane Peters dans "Pick
up on south street" ou entre Cliff Robertson et Dolores Dorn dans "Underworld USA" mais au contraire beaucoup de douceur. Tous les gestes sont mesurés et respectueux...

Quelques scènes d'action néanmoins...Une bagarre dans une salle de jeu (admirablement filmé) et surtout un combat
de Kendo qui tourne mal, exutoire à la violence du sentiment de culpabilité qu'éprouve le détective "japonais".

Un autre aspect du film est l'attention, la curiosité que montre Fuller pour la culture japonaise. L'action se déroule pour
une grande part dans le quartier japonais de Los Angeles et c'est plus qu'une toile de fond. Fuller nous montre certaines coutumes, certains aspects de cette culture comme par exemple lorsque le détective "japonais" qui vient prendre conseil auprès d'un "sage", nous montre celui ci se recueillant sur la tombe de son fils tué au combat en Corée puis la cérémonie
marquant l'anniversaire de sa mort...Tout ceci, gratuitement, car très en marge de l'intrigue...

Dans "Maison de Bambou" dont l'action se déroulait au Japon, on sentait déjà cette intérêt mais ici c'est plus abouti...
Tout comme le film lui même même si House of bamboo est un film intéressant, il est selon moi inférieur à celui là.

Pour finir, c'est un film un peu à part dans l'oeuvre de Fuller , bien que manifestement tourné avec peu de moyens et avec des interprètes quasi inconnus, un très grand film tout aussi singulier que ces autres grandes réussites.
Ma note : 9/10 (Je vénère le grand Sam...)
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Re: Samuel Fuller (1912-1997)

Messagepar Federico » 29 Juil 11, 19:59

Que j'ai envie de revoir Crimson kimono !! Il m'avait collé une bonne baffe il y a (trop) longtemps. Totalement d'accord pour la comparaison (trés favorable) avec La maison de bambou revu récemment avec beaucoup de déception malgré quelques bons moments. Ce qui ne m'empêchera jamais de rester un admirateur de Fuller (ayant eu également la chance de croiser ce sacré bonhomme dans une vie antérieure).
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Re: Samuel Fuller (1912-1997)

Messagepar André Jurieux » 29 Juil 11, 22:28

Federico a écrit:Que j'ai envie de revoir Crimson kimono !! Il m'avait collé une bonne baffe il y a (trop) longtemps. Totalement d'accord pour la comparaison (trés favorable) avec La maison de bambou revu récemment avec beaucoup de déception malgré quelques bons moments. Ce qui ne m'empêchera jamais de rester un admirateur de Fuller (ayant eu également la chance de croiser ce sacré bonhomme dans une vie antérieure).


Un gars qui a croisé Fuller çà éveille la curiosité...On peut te demander dans quel contexte ?

Je viens de lire ce que tu disais de MAISON DE BAMBOU sur la page précédente. Très intéressant et tout y est ou presque
mais je te trouve tout de même un peu sévère.
La comparaison du final avec ceux du "Nord express" et "comme un torrent" est pertinente...mais c'est la réflexion du
nantis qui ayant gouté au caviar une fois en réclame tous les jours...

Concernant Shirley Yamaguchi, qui effectivement faisait trop occidentale...Et bien justement j'étais persuadé
que c'était une Nisei ou une métisse...Tu m'apprends qu'elle est/était japonaise.

Concernant Robert Stack, on est d'accord...Un peu palot mais il s'anime un peu plus que d'habitude dans 2 ou 3 titres
en plus de ceux que tu cites, CAD le second Sirk, "La ronde de l''aube" et dans "La belle et le toréador" de Boetticher
mais il faut supporter le fait qu'il fait rien qu'à énerver des bovins qui ne lui ont rien fait armé d'une épée...

Pour ce qui est des sous-entendus homosexuels, c'est pas que je veux faire mon Jean Douchet ou le gars qui a lu tout
son Freud (en allemand)...mais alors que je ne suis pas un spécialiste de l'interprétationite...il est évident que
Robert Ryan est amoureux de Robert Stack. Fuller le dit d'ailleurs très clairement dans je ne sais plus quel entretien.
C'est même l'aspect du film qui l'intéressait le plus, l'homosexualité d'un des personnages principaux, un tough gay,
Heu ! Pardon, un Tough guy, amoureux d'un flic infiltré qui va le trahir. C'est aussi pourquoi il voulait d'emblée rendre
le personnage de Robert Stack le moins sympathique possible...et il y parvient.
Reste à savoir si Stack l'a fait exprès... :uhuh: ...Et bien je crois que oui. Je pense que Fuller l'a fait jouer "en dessous" volontairement.
Pour finir, je confirme que c'est tout de même le polar américain de Fuller que j'aime le moins
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Re: Samuel Fuller (1912-1997)

Messagepar Federico » 31 Juil 11, 14:00

André Jurieux a écrit:
Federico a écrit:Que j'ai envie de revoir Crimson kimono !! Il m'avait collé une bonne baffe il y a (trop) longtemps. Totalement d'accord pour la comparaison (trés favorable) avec La maison de bambou revu récemment avec beaucoup de déception malgré quelques bons moments. Ce qui ne m'empêchera jamais de rester un admirateur de Fuller (ayant eu également la chance de croiser ce sacré bonhomme dans une vie antérieure).

Un gars qui a croisé Fuller çà éveille la curiosité...On peut te demander dans quel contexte ?

Lors d'un hommage dans une salle d'art & essai dans les années 80 où il était hélas accompagné de son épouse qui servait à la fois de traductrice, d'attachée de presse et de garde-chiourme (le pauvre Sam n'avait même pas le droit d'allumer son barreau de chaise). :?
André Jurieux a écrit:Je viens de lire ce que tu disais de MAISON DE BAMBOU sur la page précédente. Très intéressant et tout y est ou presque
mais je te trouve tout de même un peu sévère.
La comparaison du final avec ceux du "Nord express" et "comme un torrent" est pertinente...mais c'est la réflexion du
nantis qui ayant gouté au caviar une fois en réclame tous les jours...

:wink: même si je n'ai jamais goûté qu'au caviar cinéphilique
André Jurieux a écrit:Concernant Robert Stack, on est d'accord...Un peu palot mais il s'anime un peu plus que d'habitude dans 2 ou 3 titres en plus de ceux que tu cites, CAD le second Sirk, "La ronde de l''aube" et dans "La belle et le toréador" de Boetticher, mais il faut supporter le fait qu'il fait rien qu'à énerver des bovins qui ne lui ont rien fait armé d'une épée...

Si j'ai oublié de citer le sublime film de Sirk où Stack est effectivement remarquable, c'est impardonnable. :oops:
André Jurieux a écrit:Pour finir, je confirme que c'est tout de même le polar américain de Fuller que j'aime le moins

Idem.
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Re: Samuel Fuller (1912-1997)

Messagepar Federico » 24 Sep 11, 22:24

Fuller au sommaire de l'émission "Mauvais Genres" en ce moment sur France Culture, à propos de la sortie récente de son autobiographie "Un troisème visage" publiée chez Allia pour un prix très attractif. Les intervenants ne tarissent pas d'éloges pour ce bouquin et ils ont certainement raison. Le seul bémol éventuel - car j'écris ça sans l'avoir lu - c'est que l'épouse de Fuller aurait participé à l'écriture (ré-écriture ?) de ces mémoires. Et si c'est le cas, je doute que ce ne soit pas largement. :roll:

http://www.franceculture.com/emission-mauvais-genres-eric-milles-williamson-samuel-fuller-2011-09-24.html

http://www.editions-allia.com/fr/livre/548/un-troisieme-visage
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Re: Samuel Fuller (1912-1997)

Messagepar bruce randylan » 24 Sep 11, 23:14

Pour l'avoir fini cette semaine (lecture indispensable surtout sur sa première partie - jusqu'à son retour à Hollywood après la guerre), je pense que Christa Fuller a aidé Samuel a se souvenir de certains événements dont il lui avait parlé dès années avant. Affaibli physiquement, il dictait, elle écrivait. Mais je pense que le gros du travail a surtout été de structuré tout ça car dans le livre Fuller fait beaucoup de digressions, de saut dans le temps, de parenthèses, d’aparté, de retour en arrière etc... Elle évoque ça dans la préface mais je sais plus trop précisément ce qu'elle dit.

En tout cas, je pense qu'on peut faire confiance à Christa pour respecter la mémoire de son mari avec une passion et une générosité qui ne se démentent pas malgré sa mort il y a presque 15 ans. Elle est très active sur facebook et on sent qu'elle a toujours la même admiration et le même amour.
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Re: Samuel Fuller (1912-1997)

Messagepar Julien Léonard » 6 Nov 11, 17:59

J'ai vécu l'enfer de Corée (The steel helmet) - Réalisé par Samuel Fuller / 1951 :

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Pour son premier film de guerre, Samuel Fuller frappe extrêmement fort et signe (en ce qui me concerne) son plus beau film du genre. Sur 80 minutes, Fuller ramasse une intrigue et des personnages riches, expose des situations tendues et accumule les scènes d'anthologies avec une finesse incroyable. Emmenée par un acteur fortement charismatique et fort en gueule (Gene Evans, fabuleux), la distribution est parfaite également. Je reste sidéré de voir à quel point Fuller connait son sujet, la façon dont il étudie les comportements face à la guerre... Le cinéaste a fait la guerre, de l'Afrique du nord à l'ouverture des camps d'extermination, en passant par la Sicile et la Normandie, et sa connaissance de la guerre est en ce sens stupéfiante. Il réalise des séquences sèches, parfois presque irréelles, mais avec un aplomb qui démontre à quel point il réalise quelque-chose de crédible. Après tout, certaines idées n'auraient jamais été imaginées par un homme n'ayant rien vécu de la guerre (les traquenards, la façon de repérer des cibles dans une jungle en pleine nuit, sans oublier quelques traits d'humour discrets, rares, mais inattendus...). Ici, le conflit en Corée est vu au travers d'un peloton infiltré en terrain ennemi, et rien de ce qu'ils font ne semble dicté par une fiction envahissante et rassurante. Tout en respectant un schéma de genre bien établi, Fuller s'en approprie les codes et règle même au passage quelques scènes de dialogues très originales : le prisonnier communiste et l'infirmier noir, le prisonnier communiste et le militaire américain d'origine asiatique... Les dialogues sont par ailleurs souvent superbement écrits.

Pépite non négligeable : les rapports infiniment humains et simples qu'entretiennent le sergent Zack et le petit garçon qui l'a libéré de ses liens au début du film. Nommé Short round par le sergent (on sait où Spielberg est allé cherché le nom du gamin dans Indiana Jones et le temple maudit), celui-ci le suit, s'accrochant à lui comme à un ami, presque un parent. Le sergent, homme cynique et brutal (avec son casque orné d'un impact de balle), tient l'enfant et ses croyances à bonne distance, se protégeant de ses propres sentiments. Fuller met déjà ici un point d'honneur à mettre l'enfant en scène vis-à-vis d'un militaire solitaire qui le prend en sympathie, à la façon de certains de ses futurs films les plus célèbres (Au-delà de la gloire par exemple). On y trouve également déjà cette façon si unique de rapprocher la vie et la mort... Finalement, la seule différence entre l'une et l'autre tient à un souffle. J'ai vécu l'enfer de Corée, par son aboutissement technique impeccable (un film à moyen budget considérablement travaillé au niveau décors et script), est un film de guerre de la trempe des meilleurs de l'époque. A mon sens, il peut sans problème rejoindre Les sacrifiés de John Ford, Aventures en Birmanie de Raoul Walsh, Bastogne de William Wellman, L'ange des ténèbres de Lewis Milestone... Sans en avoir le sens épique (quoique la séquence d'action finale soit très impressionnante et d'une rigueur remarquable), il en reproduit en tout cas la faculté de son auteur à réinventer la guerre au cinéma, avec sa tragédie et son quotidien, ses personnalités et son absurdité, son foisonnement des idées et sa précision dans la démonstration. Un authentique chef-d'oeuvre.

----------

Baïonette au canon (Fixed bayonets !) - Réalisé par Samuel Fuller / 1951 :

Image

Deuxième film de guerre, toujours dans l'actualité du moment (la guerre de Corée fait alors rage), Baïonette au canon ne possède pas la pureté de J'ai vécu l'enfer de Corée, mais se présente tout de même comme un film puissant, parfois dur, et d'une perfection formelle incontestable. A la chaleur verdoyante de son film précédent, Fuller oppose le froid d'un hiver neigeux et blanc (d'un blanc de mort). Tourné dans la foulée en 1951, Baïonette au canon délaisse un peu plus les rapports entre les personnages pour mieux les confronter au danger extérieur. On retrouve la localisation précise du groupe (il s'agit presque d'un huis-clos à ciel ouvert, comme pour l'autre film), les caractères bien définis (et l'on note encore un superbe rôle pour ce décidément excellent Gene Evans) et le sens du devoir. Fuller y adjoint toutefois un élément encore bien plus appuyé qu'auparavant, la notion de responsabilité devant ses hommes. Ainsi un caporal préfèrera marcher dans un champ de mines pour aller chercher son supérieur plutôt que d'avoir tôt ou tard à prendre la direction du groupe... Dans Baïonnette au canon, ce qui nous est tout de suite expliqué, c'est que pour un gradé, le plus difficile est de survivre. Car il en faut, du courage, pour assumer la vie des autres placés sous son commandement, qu'ils soient 15 000 ou bien une petite cinquantaine...

Suspense, scènes d'action rodées au mouvements les plus maîtrises (les panoramiques afin de suivre l'itinéraire d'un homme sont désormais légion), plans rapprochés sur les visages ou sur les groupes de militaires (avec cette capacité formidable à capter les sentiments des uns et des autres), non sans y voir glisser un humour parfois totalement inattendu... Fuller ne néglige rien et raconte encore une fois brillamment la guerre. Il ne manque pas grand-chose à ce film pour être un grand film de guerre, si ce n'est peut-être l'épaisseur dramatique dont était nantie avec équilibre J'ai vécu l'enfer de Corée. Néanmoins, le film qui nous intéresse ici demeure une sacrée leçon de savoir-faire, et cela jusque dans son plan final, magnifique et sobre. De tous les films réalisés sur le conflit en Corée, les deux confectionnés par Fuller restent assurément les meilleurs qu'il m'ait été donnés de voir, avec également l'essentiel La gloire et la peur de Lewis Milestone. En deux mots, voici un film largement méconnu, mais brillant, tendu et chargé lui aussi de séquences d'anthologies (la mort du sergent Rock est assez incroyable...).
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Re: Samuel Fuller (1912-1997)

Messagepar tenia » 6 Nov 11, 20:26

The Naked Kiss :

Je lisais le livret inclus dans l'édition Criterion qui explique que The Naked Kiss est l'histoire d'une femme qui pense avoir trouvé le bonheur ultime, le paradis. Et à la fin, elle se rend compte que ce n'est qu'un tissu de mensonges.

Cela résume parfaitement le film, mais aussi l'atmosphère globale qui s'en dégage, notamment des personnages secondaires gravitant autour de Kelly.
Pendant 1h, j'ai cru voir un film de Douglas Sirk, avec une certaine crudité supplémentaire de la part de Fuller.
Tous ses personnages ne sont certes pas des ordures : Miss Joséphine notamment (même si, aux 1ers abords, on aurait pu croire débarquer un personnage assez conservateur, il n'en est rien du tout), et aussi Mac.

Mais il y a Candy, il y a Griff, et puis il y aura même Buff qui ne réussira pas à honorer du 1er coup l'altruisme dont aura fait preuve Kelly.

Et puis, il y a ce retournement lors de la dernière 1/2 h qui m'a laissé sur le cul. Fuller va au bout de son propos, et condamne son héroïne, mais aussi une communauté incapable d'accepter la rédemption d'un personnage, condamné à fuir malgré son geste final. C'est d'autant plus injuste que Kelly fait preuve d'altruisme tout au long du film.

Vraiment impressionné.

Et une grande hâte de me choper Shock Corridor.


Par contre, je me poserai longtemps la légitimité du format 1.75 proposé sur le BR Criterion.
D'un autre côté, la copie est splendide, et il est clair que le DVD Wild Side est bon pour la poubelle (avec son doc' tronqué, accessoirement), mais tout de même.
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Re: Samuel Fuller (1912-1997)

Messagepar Nestor Almendros » 19 Déc 11, 20:40

LES BAS FONDS NEW YORKAIS (UNDERWORLD, USA) - 1961 - TCM

Enfin vu ce classique peu visible en France. Je continue de découvrir tranquillement Fuller, un cinéma avec ses qualités et ses défauts. On reconnait un style assez marqué, ici plutôt élaboré, avec quelques regards caméras insistants ou des répliques intriguantes ("je meurs sous tes baisers"). Je suis resté un peu en retrait à cause d'un aspect artificiel et "studio" parfois très marqué. J'avais déjà eu cette mauvaise impression avec PUSHOVER de Richard Quine, un autre film Columbia, où la musique était aussi très envahissante (dans le Fuller elle est parfois efficace mais la gradiloquence des mélodies et la "simplicité" visuelle forment un curieux croisement). A croire que le studio avait un style très marqué à cette époque, auquel je ne suis vraiment pas sensible.
Reste que le scénario est plutôt intéressant, entre une histoire de vengeance (souvent inspirée qui propose quelques développement assez bien vus, notamment la manipulation des policiers par le héros , uniquement motivé par son propre but) et un tableau assez désespéré d'une Amérique corrompue jusqu'à l'os. Le trait est plutôt cinglant et compense souvent un casting en demi-teinte.
Content de l'avoir découvert.
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Re: Samuel Fuller (1912-1997)

Messagepar AtCloseRange » 26 Mar 12, 15:42

Diffusion ce soir Ciné Classic de l'Homme du Clan de Terence Young (scénario de Fuller).
Une vraie curiosité.
Je me quote
AtCloseRange a écrit:Je ne sais pas s'il passe encore mais je conseille, pour ne pas mourir idiot, de regarder L'Homme du Clan (The Klansman) de Terence Young, un film sur le Ku Klux Klan qui devait être réalisé au départ par Samuel Fuller (il est co-crédité au scénario). C'est avec Lee Marvin (plutôt bon) et Richard Burton (ce dernier imitant l'accent du sud est paraît-il très drôle en VO). C'est un film vraiment too much sur le sujet avec des bons bouts de film d''exploitation dedans. A côté le Mississipi Burning d'Alan Parker, c'est du Bresson mais c'est aussi ce qui fait (un peu) le charme de ce tout petit film. Comme je suis particulièrement sensible aux film sur la ségrégation dans le Sud, je suis indulgent.
Petites curiosités du casting: une Linda Evans pré-Dynasty et le premier rôle d'OJ Simpson.
Et la musique est des Staple Singers.
ça passe (passait?) en VF sur Ciné Polar. La version diffusée fait moins d'1h30 alors que sur Imdb, on parle de 1h52. Le film a donc été bien charcuté et ça se sent parfois avec des enchaînements assez abrupts et j'imagine bien un moment coupé
Spoiler: open/close
lorsque l'adjoint du shérif joué par Cameron Mitchell viole une jeune fille noire et découvre après coup qu'elle était vierge, chose qu'il n'aurait jamais imaginé puisque que selon ses "connaissances" de membre du Klan, aucune fille noire n'est encore vierge après l'âge de 13 ans et tout le film est du même tonneau
Junior: Well America, there you have it, Frankenstein has just been attacked by the French Air Force and he's whipped their derrieres!

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Re: Samuel Fuller (1912-1997)

Messagepar Bcar » 8 Mai 12, 13:12

Image
Formidable film !
Faussement propagandiste, jamais le personnage de Widmark ne fais une action en pensant au bien de son pays.
Jean Peters y sensuel, charnel, objet de tout les désir.
Fuller va tout le temps à l'essentiel, pas de fioriture, ça permet aux films d'être d'une intensité impressionnante, toujours sur le fil, la tension est partout, dans chaque recoin. L'un des fleuron du genre.

Image

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Quelle merveille.
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Re: Samuel Fuller (1912-1997)

Messagepar Jeremy Fox » 8 Mai 12, 14:43

Bcar a écrit:Image
Formidable film !
L'un des fleuron du genre.



LE (mon) fleuron du genre :wink:
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Re: Samuel Fuller (1912-1997)

Messagepar Bcar » 8 Mai 12, 17:53

J'en ai pas encore vu assez pour pouvoir affirmer cela, mais en tout il est dans mon top 5 pour l'instant.
Surtout que c'était mon premier Fuller, d'un coup je meurs d'envie de découvrir la filmo du bonhomme.
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Re: Samuel Fuller (1912-1997)

Messagepar cinephage » 8 Mai 12, 18:05

Bcar a écrit:J'en ai pas encore vu assez pour pouvoir affirmer cela, mais en tout il est dans mon top 5 pour l'instant.
Surtout que c'était mon premier Fuller, d'un coup je meurs d'envie de découvrir la filmo du bonhomme.


Voila qui est réjouissant, parce que le cinéaste a une sacrée carrière, bourrée de films formidables.
Voici sa philosophie résumée dans Pierrot le fou


Je te recommande fortement de continuer avec Quarante tueurs, un western ébouriffant, Au delà de la gloire, un film de guerre d'une ampleur assez extraordinaire, nourri de souvenirs personnels, Shock Corridor, un film extraordinaire dans lequel le microcosme d'un asile de fous devient une allégorie de l'Amérique des années 60, et le jugement des flèches, un western pro-indien qui m'avait pas mal touché.

Mais l'ensemble de ce que j'ai vu de ce cinéaste reste d'un très haut niveau, on sait quand on voit un Fuller qu'on va se régaler... :D
That sister of yours, Stribling, was just a free drink on the house and nobody went home thirsty. I mean nobody! (The last sunset, Robert Aldrich)
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