Ludwig, le crépuscule des Dieux (Luchino Visconti - 1973)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980...

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-Kaonashi Yupa-
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Re: Ludwig, le crépuscule des Dieux (Luchino Visconti - 1972

Messagepar -Kaonashi Yupa- » 3 mars 11, 14:19

Les images n'apparaissent pas ici non plus.
Ton message m'a donné envie de revoir ce film-somme, que j'avais aimé tout en m'étant beaucoup ennuyé, il y a bien 7 ans maintenant.
Image

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Strum
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Re: Ludwig, le crépuscule des Dieux (Luchino Visconti - 1972

Messagepar Strum » 3 mars 11, 14:41

-Kaonashi Yupa- a écrit :Les images n'apparaissent pas ici non plus. Ton message m'a donné envie de revoir ce film-somme, que j'avais aimé tout en m'étant beaucoup ennuyé, il y a bien 7 ans maintenant.


Merci. J'ai trouvé d'autres images (mais sans Neuschwanstein) et j'espère que cela marche maintenant.

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wontolla
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Re: Ludwig, le crépuscule des Dieux (Luchino Visconti - 1972

Messagepar wontolla » 3 mars 11, 15:02

J'ai acheté le DVD ce matin. Dès que j'ai 4 heures devant moi, je m'y mets.

Image

NB: le visuel est légèrement différent, ma version est en double DVD (remastérisé HD, © 2009).

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Re: Ludwig, le crépuscule des Dieux (Luchino Visconti - 1972

Messagepar someone1600 » 3 mars 11, 15:34

Vaut-il mieux regarder ce film en italien ou en allemand ?

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Re: Ludwig, le crépuscule des Dieux (Luchino Visconti - 1972

Messagepar Karras » 3 mars 11, 17:08

wontolla a écrit :J'ai acheté le DVD ce matin. Dès que j'ai 4 heures devant moi, je m'y mets.

A noter qu'il est éligible à l'offre 5 DVD pour 25 EUR sur Fnac.com
http://video.fnac.com/s200613/5-DVD-25

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wontolla
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Re: Ludwig, le crépuscule des Dieux (Luchino Visconti - 1972

Messagepar wontolla » 3 mars 11, 17:31

Karras a écrit :
wontolla a écrit :J'ai acheté le DVD ce matin. Dès que j'ai 4 heures devant moi, je m'y mets.

A noter qu'il est éligible à l'offre 5 DVD pour 25 EUR sur Fnac.com
http://video.fnac.com/s200613/5-DVD-25

Et dans les boutiques FNAC (du moins en Belgique), dans l'offre 1+1 gratuit (ils sont à 9,99 euros et reviennent donc à 5 euros).

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Re: Ludwig, le crépuscule des Dieux (Luchino Visconti - 1972

Messagepar Akrocine » 3 mars 11, 18:51

Il m'arrive souvent de repenser à des scènes de cette magnifique fresque découvert aux festival de Lyon l'année dernière :D

Je rêve d'une superbe édition Blu-Ray concocté par Criterion, MoC ou Carlotta...
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Re: Ludwig, le crépuscule des Dieux (Luchino Visconti - 1972

Messagepar odelay » 3 mars 11, 19:14

someone1600 a écrit :Vaut-il mieux regarder ce film en italien ou en allemand ?



En Allemand définitivement. Comme c'est un film d'un réalisateur Italien, ils n'ont mis que la VI en plus de la VF sur le DVD canal, ce qui est très regrettable car dans la VA, Berger et Schneider se doublent eux-même, et c'est quand même plus logique d'entendre un roi de Bavière s'exprimer en Allemand. Arte l'avait diffusé ainsi en l'appelant la VO. Sur le DVD, je préfère encore la VF à la VI.
Ce que j'aimerais c'est évidemment la version anglaise, version dans lequel le film a été tourné, mais apparemment, elle n'est plus dispo...

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Re: Ludwig, le crépuscule des Dieux (Luchino Visconti - 1972

Messagepar Watkinssien » 4 mars 11, 10:23

Personnellement, je regarde le film en italien, même si je sais que la version allemande est plus "cohérente" par rapport aux comédiens et aux personnages.
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Re: Ludwig, le crépuscule des Dieux (Luchino Visconti - 1972

Messagepar wontolla » 4 mars 11, 13:31

Watkinssien a écrit :Personnellement, je regarde le film en italien, même si je sais que la version allemande est plus "cohérente" par rapport aux comédiens et aux personnages.

La version que j'ai achetée ne propose que l'italien (et le français) en audio et les sous-titres en français. Donc, pas de choix, ce sera l'italien.

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Demi-Lune
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Re: Ludwig, le crépuscule des Dieux (Luchino Visconti - 1972

Messagepar Demi-Lune » 25 juil. 11, 12:45

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Une découverte qui s'imposait puisque j'ai visité le château de Neuschwanstein il y a deux semaines.

En brossant, près de 4 heures durant, l'histoire du roi Louis II de Bavière, personnage romantique par excellence et impénétrable par bien des aspects, Luchino Visconti fait plus que réaliser un grand film d'Histoire, plein de faste curial et de sentiments exacerbés, il réalise surtout un grand film psychologique. L'entrecoupement de l'intrigue par l'intervention fictive de témoins, auditionnés dans le but d'apporter des éclaircissements sur la prétendue folie du monarque, vient régulièrement rappeler que la dynamique qui meut le film est bien celle d'un questionnement permanent : qui était Ludwig et comment appréhender sa personnalité ? A cette question continuellement sous-tendue, le film apporte lui-même ses propres lumières, ses propres faisceaux de compréhension, tout en aboutissant à un portrait général qui conserve une certaine part de mystère ; preuve en est l'opacité de sa mort. Certains des hauts faits du souverain relatés ici sont ainsi toujours soumis à une perspective d'entendement, voire de contre-pied quant à l'image d'inapte mental que la postérité lui a greffé, sur un personnage qui se voulait lui-même être une énigme.

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Dans Ludwig ou le Crépuscule des dieux, il n'y a pas de folie si ce n'est celle du désir de vivre libre, au-delà du carcan des convenances aristocratiques, et de trouver dans cette libération, vue par son entourage comme un abandon égoïste et irresponsable, le champ d'une paix intérieure sans cesse dérobée. Une paix à laquelle le tourmenté Ludwig aspire tout du long, qu'il caresse du bout des doigts à l'écoute de la musique romantique et lyrique de Richard Wagner, et qu'il souhaite figer dans une immortalité artistique pour sceller sa propre sérénité. Au legs tangible qu'il peut laisser dans les livres dans le domaine politique, Ludwig préfère un testament artistique dont il espère vraisemblablement qu'il restera dans l'Histoire, mais aussi et surtout dans lequel il peut décemment exprimer toute sa sensibilité, permettre le témoignage du reflet de la personne qu'il a été. L'articulation du film autour d'une succession de frustrations vécues (sentimentales, politiques, guerrières, etc) par le monarque dessine en ce sens le portrait d'un homme sans cesse rabaissé face à son entourage le plus proche (Wagner, Sissi, Durkheim, son ministre von Holstein) qui, que ce soit par la force de la dignité, de la création artistique, ou de la lucidité politique ou sentimentale, affichent leur supériorité. Face à cela, face à ce cercle dans lequel son costume de souverain semble trop frêle pour ses épaules, dans ce cercle dans lequel il semble se débattre comme un poisson rouge dans un aquarium, Ludwig tente d'exister en promouvant la création d'une musique totale, une musique qui, comme il le dit dans le film, dit tout ce que son cœur ne sait pas dire. Son œuvre, ce sera celle, par procuration, de Wagner.

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Il y a quelque chose de profondément émouvant dans cette relation de mécénat et d'amitié où l'admirateur tente de se faire reconnaître par son rôle d'intercesseur, entre la musique et l'Histoire - un rôle relativement ingrat d'intercession qui ne peut que le condamner, lui, le roi empli de rêveries grandioses et légendaires bercées par les mythes de Lohengrin et des héros wagnériens, à la tristesse de son incapacité personnelle. Incapacité à éviter une guerre désastreuse, incapacité à éviter le rattachement du royaume de Bavière à la fédération allemande, sous domination prussienne, qui est en train de naître à Versailles ; incapacité à conquérir le cœur de la seule femme qu'il ait jamais aimée ; incapacité à s'apprécier pour ce qu'il est (une personne hautement sensible, émotive et timide), et à tolérer qu'on s'attache à lui, comme le fait sa promise Sophie. Chantant ce que le roi est, ou du moins, ce qu'il aimerait être - un de ces chevaliers mythiques qui triomphent des épreuves qui leur sont soumises -, la musique de Wagner devient l'unique refuge d'un Ludwig complaisant. Préférant à la triste réalité de son temps la beauté irréelle des légendes chevaleresques ou arthuriennes, il se bâtit des temples castraux démesurés mais témoignant paradoxalement de l'admiration, même dans ses legs architecturaux, d'un roi pour de plus grands que lui (Louis XIV pour Herrenchiemsee, Louis XV pour Linderhof, Lohengrin, Parzifal et Wagner pour Neuschwanstein). Et s'y enferme, dans cette quête éperdue d'une liberté, d'une acception de soi. Jusqu'à ce que ses contemporains viennent chèrement lui rappeler qu'un homme d’État ne peut décemment prétendre s'élever au milieu de chimères légendaires, et caresser le panthéon des dieux.

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Fresque imposante et d'une grande puissance dramatique, Ludwig ou le Crépuscule des dieux est porté par une interprétation fort convaincante et par une mise en scène sobre, pas trop polluée par les zooms viscontiens des derniers films (bon, il y en a quand même, hein). Ce film est une remarquable réflexion sur la difficulté de l'exercice d'un pouvoir suprême potentiellement isolateur, et comment ce dernier affecte le comportement de celui qui l'incarne. Visconti y retrouve son goût pour la représentation d'un monde aristocratique pesant, et pour la tentation de l'homosexualité. Personnage tragique et romantique, Louis II de Bavière nous apparaît dans toute sa complexité, formidablement campé par un Helmut Berger qui ose l'exacerbation sans que cela fasse basculer le film du mauvais côté. L'utilisation de quelques grands airs orchestraux de Wagner conforte la force émotionnelle de ce chef-d'oeuvre habité, certes pas exempt de quelques longueurs (surtout dans la dernière partie), mais qui proposera au spectateur la beauté d'un portrait psychologique fouillé et fascinant, et de dialogues d'une grâce souvent exceptionnelle.

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Re: Ludwig, le crépuscule des Dieux (Luchino Visconti - 1972

Messagepar Akrocine » 25 juil. 11, 15:22

Formidable, tu la vu! J'ai eu la chance de le découvrir l'année dernière au Festival Lumière de Lyon, une expérience incroyable et des images qui restent profondément imprégné dans ma mémoire. Une oeuvre somme dans la carrière de Visconti, peut-être sont 2001 à lui!

Quelle version as-tu vu ? Et quel DvD?
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Re: Ludwig, le crépuscule des Dieux (Luchino Visconti - 1972

Messagepar Demi-Lune » 25 juil. 11, 15:38

Akrocine a écrit :Quelle version as-tu vu ? Et quel DvD?

Le dvd, c'est très exactement celui que wontolla a posté en image, plus haut. Sorti en 2009 et présenté comme ayant été remasterisé en HD. A noter, les captures ne le montrent pas, que l'image souffre de fines striures continues assez incroyables dès que quelque chose est en mouvement dans le plan. Comment on appelle ça, du ghosting ? Je ne me souviens plus. Sur mon écran télé, ça passe, mais sur mon PC, ça devient flagrant. En tout cas, en audio, il ne propose que la version italienne sous-titrée ou la version française. Je me suis rabattu sur la VF qui est d'assez bonne qualité dans l'ensemble, même si le mixage sonore laisse parfois à désirer (les morceaux de piano de Schumann sont assez envahissants, ils couvrent trop les voix). Quant à la version du film lui-même, il s'agit de celle durant 3h47.
C'est un casse-tête ce film, de toute façon, aussi bien dans les montages que dans les versions audio. Alors c'est difficile de faire la fine bouche. Et puis le film n'en demeure pas moins exceptionnel.

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feb
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Re: Ludwig, le crépuscule des Dieux (Luchino Visconti - 1972

Messagepar feb » 25 juil. 11, 15:50

Demi-Lune a écrit :A noter, les captures ne le montrent pas, que l'image souffre de fines striures continues assez incroyables dès que quelque chose est en mouvement dans le plan. Comment on appelle ça, du ghosting ? Je ne me souviens plus. Sur mon écran télé, ça passe, mais sur mon PC, ça devient flagrant.

C'est du combing je crois
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http://fr.wikipedia.org/wiki/Entrelacement_(vid%C3%A9o)
ed a écrit :Portrait de la jeune fille en feu
L'un des films les plus rigoureux, scénaristiquement et formellement, qu'il m'ait été donné de voir depuis longtemps (...)

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Re: Ludwig, le crépuscule des Dieux (Luchino Visconti - 1972

Messagepar Père Jules » 25 juil. 11, 15:56

Bel exemple avec la capture #39 du quizz
viewtopic.php?p=2032008#p2032008

;)

C'est vrai que ça saute aux yeux dès qu'on passe sur ordinateur. Je ne sais pas si c'est dû à la proximité d'avec l'écran mais sur un plasma, on ne voit rien.