Stalingrad (Jean-Jacques Annaud - 2001)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés après 1980

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Claude Couillec
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Messagepar Claude Couillec » 14 avr. 06, 00:21

Jordan White a écrit :Je déteste.
Tant sur le plan du scénario qu'au niveau de la réalisation avec ses attaques aériennes d'une laideur visuelle peu commune, enfin, c'est ce qui m'avait choqué à la première vision en salles ( dire que je m'étais déplacé pour ça).
Le film est long, bavard, mal joué, je n'avais pas l'impression, que Jude Law y croit des masses. On y voit aussi un des pires clichés de film de guerre, celui du gosse avec la morve au nez.
Il y aussi la scène d'amour que j'avais trouvé très mal filmée en plus de tomber comme un cheveux sur la soupe.
J'avais été surpris de l'accueil du film à sa sortie,
tant les avis élogieux ou du moins très positfs l'avait accompagné.
Ce n'est qu'un avis perso bien sûr.


J'ai aussi trouvé ce film assez catastrophique avec des dialogues d'une stupidité ... et puisqu'il en est question dans le fil consacré au Nom de la rose, cette déco omniprésente. Les ruines sont parfaites, le cambouis impeccable.

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John Anderton
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Messagepar John Anderton » 14 avr. 06, 00:30

Claude Couillec a écrit :
Jordan White a écrit :Je déteste.
Tant sur le plan du scénario qu'au niveau de la réalisation avec ses attaques aériennes d'une laideur visuelle peu commune, enfin, c'est ce qui m'avait choqué à la première vision en salles ( dire que je m'étais déplacé pour ça).
Le film est long, bavard, mal joué, je n'avais pas l'impression, que Jude Law y croit des masses. On y voit aussi un des pires clichés de film de guerre, celui du gosse avec la morve au nez.
Il y aussi la scène d'amour que j'avais trouvé très mal filmée en plus de tomber comme un cheveux sur la soupe.
J'avais été surpris de l'accueil du film à sa sortie,
tant les avis élogieux ou du moins très positfs l'avait accompagné.
Ce n'est qu'un avis perso bien sûr.


J'ai aussi trouvé ce film assez catastrophique avec des dialogues d'une stupidité ... et puisqu'il en est question dans le fil consacré au Nom de la rose, cette déco omniprésente. Les ruines sont parfaites, le cambouis impeccable.


Tu parles de STALINGRAD ? Dans ce cas, on n'a pas vu le même film, parce que pour les dialogues stupides... :shock:
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Nestor Almendros
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Re: STALINGRAD (J-J Annaud, 2001)

Messagepar Nestor Almendros » 19 mai 10, 20:48

Je trouve les critiques un peu expéditives. J'ai revu le film cet après-midi (pour la première fois depuis la sortie salles) et, bien qu'il soit loin d'être parfait, je ne le trouve ni déshonorant ou mauvais.
Fidèle à sa réputation, Annaud offre une oeuvre très documentée, à la reconstitution soignée assez bien utilisée pour immerger le spectateur dans l'ambiance et l'action de l'époque. Avec en prime, un regard politique pertinent (mais peu novateur, il est vrai) sur les guerres qui transforment le simple soldat en chair à canon et la propagande des médias.
Comme Max, et certainement comme beaucoup d'autres puisque c'est peut-être la plus grande réussite du film, je suis très client de la façon dont on passe de la Grande à la Petite Histoire, comment le contexte de la guerre avec force moyens techniques et humains se réduit à un enjeu presque intimiste entre deux snipers. Ces deux personnages m'ont d'ailleurs un peu rappelé ceux de HEAT de Michael Mann, que j'ai revu hier: ils impressionnent par leur professionalisme. Ce ne sont pas des fous de la gachette mais des hommes qui s'appliquent consciencieusement à réussir leur mission. L'aspect précis et millimétré de leur "art" confère à ces scènes une remarquable tension, ce qu'Annaud ne loupe pas, en bon professionnel qu'il est: on se souviendra des regards des snipers cherchant leur victime à la lunette, la scène du miroir (maline sans jouer sur l'esbrouffe), etc.
La romance n'est finalement pas si opportuniste que cela, comme je le craignais. Elle est, comme le duel des snipers, plutôt bien amenée. Le casting, excellent, fait le reste. Au passage, je fais partie de ceux qui trouvent la scène d'amour relativement réussie, rendant assez palpable le sentiment passionnel et les contraintes de l'environnement (la "chambrée" de soldats). J'ai l'impression qu'Annaud est un peu un spécialiste du genre (LE NOM DE LA ROSE, L'AMANT) :uhuh:

En sortant du film, je reste pourtant un peu sur ma faim, ayant l'impression qu'il manque quelque chose. Un souffle plus ample, peut-être? Un manque d'émotion? Un personnage (celui de Joseph Fiennes) moins bien développé que les autres? Je ne saurais dire. En tout cas, ça donne envie de revoir Annaud dans des projets ambitieux...

Dispo en blu-ray Paramount "region free" avec vf (peut-être québécoise) et stf sur film + bonus! Très bon master, propre et bien granuleux.

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Demi-Lune
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Re: Stalingrad (Jean-Jacques Annaud, 2001)

Messagepar Demi-Lune » 24 juin 11, 17:17

Cela faisait quelques temps que je ne l'avais pas revu et j'ai profité de sa rediffusion à la télé hier soir. Je reste client de ce film de Jean-Jacques Annaud même si certaines faiblesses se sont montrées plus évidentes. Notamment le personnage du salaud Joseph Fiennes qui n'est pas très bien écrit (globalement les personnages soviétiques manquent de développement, d'une caractérisation mieux travaillée), une musique de James Horner un peu pompière ou grandiloquente, ou certains "trucs" de scénario pas forcément très convaincants (par exemple, le fait qu'Ed Harris ne soit pas tout de suite interpelé par le fait que son jeune informateur s'émeuve du sort de Zaïtsev, ou le triangle amoureux qui est plus lourd qu'autre chose). Il manque au film quelque chose qui en ferait une grande réussite. Malgré tout, je reste admiratif de la capacité qu'a Annaud pour le grand spectacle (la percée inaugurale dans Stalingrad l'atteste), et plus particulièrement, pour la recréation artistique extrêmement fouillée et crédible d'univers historiques denses. Les décors de Stalingrad impressionnent par leur démesure et deviennent même, par la force des choses, le personnage central du film puisque chaque recoin, chaque ruine, chaque cathédrale d'acier ou canalisation de pierre devient un enjeu géographique vital du face-à-face qui oppose les deux tireurs d'élite.

Ce duel se révèle être une vraie bonne idée scénaristique dans la mesure où elle implique évidemment un fort suspense ainsi qu'une utilisation privilégiée du décorum, dans le même temps qu'elle rétrécit intelligemment le large spectre de cette bataille à un affrontement limité mais puissant par sa quasi abstraction. Zaïtsev et Koening sont en effet deux fantômes, qui paraissent presque déconnectés des dangers quotidiens de la guerre, plongés qu'ils sont dans leur lente danse macabre addictive où, de proie au chasseur, ils se jaugent, s'observent, s'évitent, se tendent des pièges, se respectent. La bataille fait rage autour d'eux mais la focalisation d'Annaud sur leur duel, qui cristallise toute l'absurdité de la guerre, les isole dans une inquiétante solitude, avec une économie en action plutôt étonnante pour un film à gros budget. Il faut tout le talent technique d'Annaud ainsi que le charisme de Jude Law et plus encore Ed Harris (impérial et enrichissant considérablement par son visage buriné son personnage plutôt énigmatique), pour rendre captivante cette chasse, qui fait parfois montre d'une dureté ou d'une sécheresse là encore étonnantes (la pendaison de l'enfant, la scène d'amour qui captive par son intensité désespérée et son caractère interdit).