Peter Weir

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés après 1980

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Jericho
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Re: Peter Weir

Messagepar Jericho » 21 janv. 11, 15:35

Un peu radin sur le coup, ils auraient pu prendre le temps de pondre une critique correcte.
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nobody smith
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Re: Peter Weir

Messagepar nobody smith » 22 janv. 11, 10:26

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Avant d’aller voir le si prometteur the way back, je me suis attardé sur ce Gallipoli qui trainait sur mes étagères. Une bonne mise en train puisque c’est une parfaite manière de se rappeler que, sous couvert d’un apparent académisme, les films de Peter Weir possède une tout autre profondeur.Gallipoli se rattacherait ainsi au genre du film de guerre à papa avec sa bataille décisive démontrant la stupidité des tueries humaines (l’origine de la 1er guerre mondiale sont expliquées de manière flou par les personnages, l’ennemi turque reste indistinct). Le tout se pare également de renflouer les conflits sociaux entre australiens et britanniques à travers cet événement historique qui fit disparaître en quelques minutes toute une génération de jeunes gens. Si une telle date trouve forcément une résonnance chez un australien comme Weir, il comprend comme il le dit dans la chiche interview en bonus qu’un évènement historique n’est pas suffisant pour créer un intérêt cinématographique. Le scénario voit ainsi plus large que la simple bataille. L’intrigue devient feuilletonesque entretenant histoire d’amitié, récit initiatique, comédie, drame, en plus du film de guerre et du discours social. Il y a bien sûr comme souvent chez Weir une très belle exploitation des paysages naturels de la terrifiante traversée d’un désert et à ce passage sous-marin où les personnages s’échappent du conflit guerrier. Ces moments comptent parmis les plus beaux passages du film, déjà pas avare en splendeurs avec sa sa magnifique mise en scène au scope somptueux. Comme si ça ne suffit pas, le script incorpore quelques références mythologiques que ce soit en référence à la bataille de Marathon ou par l’utilisation de la puissance écrasante des pyramides. Face à ces dernières, un des personnages dit : "c’est la première tentative humaine pour contrer la mort". Ce qui est annonciateur de la poignante conclusion et de son image final on ne peut plus marquante. Vraiment du beau travail même si il y a une faute de goût qui me reste en travers de la gorge : pour faire ressentir des explosions qu’il ne peut montrer, Weir fait trembler sa caméra. L’effet cheap est complètement ridicule et détonne sacrément avec la richesse visuelle de l’ensemble. C’est la mouche dans le bol de lait mais bon, le film reste quand même très bien.
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Cortez The Killer
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Re: Peter Weir

Messagepar Cortez The Killer » 24 janv. 11, 18:26

A l'occasion de son nouveau film, Weir a accordé une interview à l'Express, fort intéressante sur la nature des relations qu'il entretient avec ses collaborateurs et sur le cinéma en général.

http://www.lexpress.fr/culture/cinema/la-lecon-de-cinema-de-peter-weir_954828.html

Edit: Pour ceux que ça intéresse, la B.O est en écoute!

http://www.deezer.com/fr/music/burkhard-dallwitz/the-way-back-749394#music/burkhard-dallwitz/the-way-back-749394

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Demi-Lune
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Re: Peter Weir

Messagepar Demi-Lune » 14 juin 11, 16:41

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Mosquito Coast (1986)

Cela faisait longtemps que je voulais le découvrir ; peut-être en ai-je trop attendu. Voilà un film qui me laisse tout autant séduit que frustré. D'une part, Mosquito Coast me paraît être une nouvelle démonstration de la manière dont Peter Weir parvient à raconter des histoires puissantes et dépaysantes avec ce style de baroudeur ethnologue, non spectaculaire, sans fioritures ni virtuosité étalée, présentant les choses avec un regard d'observateur méticuleux et impassible. Le fond est passionnant. Cette famille américaine venue accompagner les visions idéalistes du patriarche et s'installer dans la jungle la plus profonde, c'est le refus de la société pervertie pour redécouvrir les choses les plus élémentaires, les valeurs immaculées de toute civilisation balbutiante. On n'est pas loin de l'idéalisation de la nature, paradisiaque et régénératrice, peuplée de "bons sauvages" à qui on tente d'offrir un impensable morceau de glace comme on présente des offrandes. Sauf que cette utopie est biaisée, rapidement corrompue elle-même, puisque le père, inventeur farfelu, irresponsable et un peu mégalo, ne cherche en fait pas tant à retrouver, dans ce microcosme de civilisation évoluée qu'il bâtit de ses mains avec quelques autochtones, une forme de pureté et d'harmonie primitives qu'un espace à sa (dé)mesure pour y développer inconsciemment ses tendances autoritaires et orgueilleuses. Mosquito Coast se lit comme une parabole sur les grands conquistadors, les missionnaires, les colonisateurs, venus en terre lointaine apporter leur éventuelle bonne volonté et leur savoir-faire supérieur mais surtout, jugulant les formes de société indigènes.

En froid profond avec la religion dont il trouve le message corrupteur et abrutissant, le personnage d'Harrison Ford se veut en fait être son propre Dieu, un Dieu capable par pure vanité de pointer le doigt dans l'endroit le plus reculé du monde et, par sa seule persévérance, d'y créer les bases d'un système civilisé et organisé ; un Dieu capable de faire cracher la glace là où il fait le plus chaud. Un Dieu qui ne souffre aucune contestation, aucune négociation sur l'accomplissement de son utopie. Avec ce personnage venu dans la jungle au cœur de ses propres ténèbres dévorantes, on pense très fortement au colonel Kurtz régnant en divinité despotique sur les vestiges d'une civilisation perdue. Comment Kurtz en était-il arrivé à ce point de folie ? Le scénario de Paul Schrader tente indirectement d'y répondre en dépeignant l'ambition incontrôlable d'un Occidental sur un bout de paradis équatorial, sa soif de puissance inextinguible, l'ascendant qu'il prend naturellement sur les autochtones, d'abord pour leur apporter savoirs-faire et principes de vie, ensuite pour les soumettre inconsciemment à sa supériorité technique, à sa faculté d'innovation. Ascendant qui va jusqu'à sa propre famille, qu'il traite de plus en plus égoïstement et tyranniquement à mesure que son utopie prend l'eau et qu'au portrait d'un génie altruiste et indomptable, succède celui d'un égoïste mauvais et fou. J'aime beaucoup à ce titre le plan de Ford lorsque sa tour (de Babel ?) explose : ses rétines deviennent rouges et il pousse un hurlement glaçant, quelque chose d'inhumain, de diabolique, qui exprime l'espace d'un bref instant tout le Mal qui a pris possession de lui. Avec ce personnage, un méconnaissable et enlaidi Harrison Ford, ayant alors le feu sacré, livre une prestation à contre-emploi qui demeure l'une des plus belles et intenses de sa carrière. Vraiment une très grande prestation, et une prise de risque qui mérite d'être saluée.

Là où je suis moins enthousiaste, c'est que Weir semble hésiter à plonger vraiment dans le malaise étouffant de cette jungle. Le spectateur n'est pas contaminé. J'aurais voulu être contaminé. Épouser émotionnellement le drame de cette famille échouée dans des contrées sauvages et emprisonnée dans les griffes d'un être qu'elle aime mais qui perd la raison à force de rêves de grandeur. M'intéresser plus à leur sort, comme à l'intrigue, lente, manquant d'éclats. Mosquito Coast, en tant que film, n'a pas la folie ni la fièvre de son protagoniste principal, contrairement à Apocalypse Now où tout cela transpirait dans chaque plan et faisait de l'expérience un long voyage vers le cauchemar le plus moite. Le film de Weir, tout intéressant soit-il, me laisse un goût d'inabouti en l'état ; j'ai l'impression que, tel qu'il existe, le film est ou trop court, ou trop long. Il lui manque une tension viscérale, une démesure jusqu’au-boutiste, un meilleur développement des personnages connexes à Harrison Ford, qui paraissent le plus souvent esquissés et insuffisamment utilisés (Helen Mirren, River Phœnix, jouent presque les remplissages). Je me demande si ce que je reproche le plus, finalement, ce ne serait pas ici les limites du regard de Weir, qui certes raconte et illustre avec la rigueur d'un anthropologue, mais qui à mon sens oublie souvent d'insuffler de l'émotion à son aventure et de lui donner une chair réellement désagréable.
Dernière édition par Demi-Lune le 14 juin 11, 17:10, édité 2 fois.

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Re: Peter Weir

Messagepar Akrocine » 14 juin 11, 16:52

Quand je suis tombé dessus hier soir, j'ai de suite pensé "Je suis sûr que Demi-Lune est entrain de le regarder!" :D
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Demi-Lune
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Re: Peter Weir

Messagepar Demi-Lune » 14 juin 11, 16:56

Akrocine a écrit :Quand je suis tombé dessus hier soir, j'ai de suite pensé "Je suis sûr que Demi-Lune est entrain de le regarder!" :D

Un Peter Weir et un Harrison Ford que je ne connaissais pas... je ne pouvais le rater ! :wink:

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Re: Peter Weir

Messagepar Demi-Lune » 1 nov. 12, 10:51

État second (1993)

Ce n'est pas le Weir le plus connu, mais je me demande si ce n'est pas le plus troublant qu'il ait fait durant sa période US. Attention, je n'ai pas dit que c'était son plus réussi... Mais on sent que Weir est bien plus concerné par le sujet (tellement rare, tellement hantant) que dans ses films précédents. Ce n'est pas tous les jours que Hollywood produit un film se voulant réaliste sur une expérience de mort imminente et lorsqu'un cinéaste au style si séraphique que Weir en assure la direction, on s'attend légitimement à une grande rencontre.

État second, au final, est un film très bizarre, plein de contradictions... Sur le papier on a une histoire et des personnages très convaincants et pourtant, il n'y a pas de véritable sublimation. Quelque chose ne prend pas, ne fonctionne pas. C'est vraiment frustrant parce qu'il y avait tous les ingrédients d'une grande œuvre. On pénètre magistralement dans le film, comme dans un mauvais rêve : le crash d'avion vient déjà d'avoir lieu et dès les premières secondes, Weir capte de manière très simple une incertitude, une déstabilisation, une ambiance étrange entre la sérénité et le cauchemar. Hélas la suite ne retrouvera que sporadiquement cette ambiance d'"état second". Dans un premier temps, le retour à la normalité de la vie de Jeff Bridges intéresse par sa tension sourde, l'acteur évoluant sur le fil du rasoir entre la douceur et l'imprévisibilité flippante (ses hurlements, ses pulsions soudaines, ses transes métaphysiques, son attitude trompe-la-mort...). Weir, avec cette façon très simple, très sensitive qu'il a d'illustrer ses histoires, touche alors quelque chose de très malaisant ; c'est comme si on était, comme le personnage principal, suspendu dans un entre-monde, où les choses, les gens, les détails, semblent étrangement flous, inadaptés, presque irréels. C'est très difficile à expliquer mais ceux qui ont vu Pique-nique à Hanging Rock comprendront ce que j'essaie de dire. Bref, l'introspection psychologique du miraculé, qui occupe le film au départ, est d'autant plus prometteuse que l'écriture cherche à éviter les poncifs : Jeff Bridges campe un personnage typiquement weirien, taciturne, qui ne se dévoile pas comme ça.

Mais État second commence à s'enliser sec à partir du moment où Bridges s'investit d'une mission salvatrice auprès d'une autre rescapée du crash, qui a perdu son bébé. L'alchimie ne prend pas (des baffes pour Rosie Perez), les dialogues ne suivent pas, les acteurs ont l'air de surjouer le trauma. Les deux, hors de la vie, s'accrochent l'un à l'autre et entraînent dans leur cure le rythme et l'intérêt du récit. Weir, en effet, ne parvient pas à insuffler le même malaise s'agissant du trauma du personnage de Carla. C'était intéressant, de la part du scénario, de montrer que le "retour à la vie" de Carla se fait au détriment de la guérison de Max, mais Weir malheureusement n'illustre que platement, laborieusement cette résurrection (c'est d'autant plus sensible que toute cette partie est entrecoupée de flash-back dans l'avion avant le crash, scènes bien plus inspirées où règne une atmosphère indescriptible). Quant à la fin, elle me paraît parfaitement logique compte tenu du sens du film et n'y vois donc aucune renonciation de la part de Weir ; mais elle fait preuve, formellement et musicalement, d'une lourdeur dommageable lorsqu'on espère justement du réalisateur qu'il illustre avec son style particulier cet instant, si complexe en termes cinématographiques, d'expérience de mort imminente.

État second reste tout de même une curiosité dans le cinéma US tant il creuse sans vergogne dans le dépressif et le spirituel... Il y a une scène dans le film où Isabella Rossellini, comme Shelley Duvall dans Shining, découvre ce à quoi s'adonne son mari dans son isolement : des papiers, des dizaines et des dizaines, couverts de gribouillis. Chez Kubrick, une seule phrase répétée jusqu'à l'aliénation ; chez Weir, une même forme peinte : une spirale, une abysse, une voie sphérique. La dernière illustration du tas est une reproduction de La montée vers l'Empyrée de Bosch. Weir a voulu doter son film de la même plénitude métaphysique que cette peinture mais n'y est, hélas, que partiellement parvenu. Reste le spectre d'un grand film inabouti.

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Re: Peter Weir

Messagepar cinephage » 1 nov. 12, 16:56

Il faudrait que je le revoie pour avoir des arguments solides, mais je garde Etat second pour un des meilleurs films américains de Weir, et, pour le coup, un très grand film.
Jeff Bridges, en particulier, était particulièrement marquant.
Obviously the world is not a wish-granting factory (The fault in our stars, Josh Boone, 2014)
Pour caler mes bennos

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Re: Peter Weir

Messagepar monfilm » 1 nov. 12, 17:07

cinephage a écrit :Il faudrait que je le revoie pour avoir des arguments solides, mais je garde Etat second pour un des meilleurs films américains de Weir, et, pour le coup, un très grand film.
Jeff Bridges, en particulier, était particulièrement marquant.

Oui. Merci Arte pour la diffusion HD de bonne qualité de cette merveille que je ne désespère pas de voir sortir un jour en BR.

Rediffusions :
07.11.2012 à 00:55
12.11.2012 à 14:30
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Tout le reste est dérisoire.

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Nicolas Mag
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Re: Peter Weir

Messagepar Nicolas Mag » 1 nov. 12, 21:41

Effectivement dommage qu'il n'existe pas en dvd
C'est mon film préféré de Weir, peut être pas le meilleur mais un gros coup de coeur pour ce film
Jeff Bridges y est extraordinaire.

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Re: Peter Weir

Messagepar tindersticks » 2 nov. 12, 08:29

Nicolas Mag a écrit :Effectivement dommage qu'il n'existe pas en dvd
C'est mon film préféré de Weir, peut être pas le meilleur mais un gros coup de coeur pour ce film
Jeff Bridges y est extraordinaire.

Je l'ai en Dvd Zone 1, il y a l'anglais et le français niveau langue, mais pas de sous-titres.
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Re: Peter Weir

Messagepar Grimmy » 2 nov. 12, 09:03

Moi aussi, j'ai beaucoup aimé. Merci à Arte d' avoir proposé une splendide copie hd qui participe pleinement au plaisir que j'ai pris devant le film. Je me souviens m'être bien ennuyé la première fois que je l'ai vu à la tv (je ne sais plus quand, mais ce devait être sur Canal) et là, paf, l'ensemble du film m'a particulièrement touché. Ce doit être l'âge....

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Père Jules
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Re: Peter Weir

Messagepar Père Jules » 21 nov. 12, 08:31

Les chemins de la liberté (2010)

The Way Back, ce sont d'abord des images à couper le souffle, une réalisation et une mise en scène tout à fait remarquables, le tout au service d'une histoire extraordinaire au sens premier du terme. Cependant, le film pèche un peu par certains aspects. Bien que Weir s'en défende, le début dans le goulag me parait un poil trop long et beaucoup trop explicatif. On aurait gagné je pense à couper une bonne dizaine de minutes, quitte à ne démarrer le film que peu avant l'évasion. Pas terribles non plus les quelques plans de fin aussi convenus qu'inutilement larmoyants. Pas indispensable enfin la présence du personnage féminin, concession bien trop hollywoodienne au public.

Pour le reste c'est un film très réussi, magnifiant des valeurs proprement humanistes comme l'entraide et le dépassement de soi. Beaucoup aimé par ailleurs le personnage incarné par Colin Farrell, que certains trouveront probablement caricatural alors qu'il incarne brillamment ce qu'est l'âme russe, à savoir un attachement quasi charnel à la terre, au pays, quitte à y abandonner sa liberté (en ce sens, la scène du passage en Mongolie est d'une très grande justesse). Avec ce film, Peter Weir lorgne du côté de David Lean, pour notre plus grand plaisir.

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Re: Peter Weir

Messagepar Demi-Lune » 17 mars 13, 18:26

Ai revu État second... même si tout ne m'avait pas convaincu la première fois, il m'avait laissé une trace obsédante et gagne à la révision.
Je ne peux toujours pas piffer Rosie Perez mais le scénario très adulte (même si imparfait), la prestation habitée de Bridges et la réalisation discrète mais intense de Weir en font un de ses meilleurs films.
Quant à la fin, elle est magistrale et je récuse donc mes propos précédents sur sa lourdeur formelle et musicale. J'ai fondu en larmes, probablement parce que je maîtrisais mieux les enjeux. L'utilisation de la symphonie n°3 de Gorecki vaut bien celle chez Malick en termes d'émotions.


(spoilers, bien entendu)

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AtCloseRange
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Re: Peter Weir

Messagepar AtCloseRange » 19 mars 13, 13:40

Demi-Lune a écrit :Ai revu État second... même si tout ne m'avait pas convaincu la première fois, il m'avait laissé une trace obsédante et gagne à la révision.
Je ne peux toujours pas piffer Rosie Perez mais le scénario très adulte (même si imparfait), la prestation habitée de Bridges et la réalisation discrète mais intense de Weir en font un de ses meilleurs films.
Quant à la fin, elle est magistrale et je récuse donc mes propos précédents sur sa lourdeur formelle et musicale. J'ai fondu en larmes, probablement parce que je maîtrisais mieux les enjeux. L'utilisation de la symphonie n°3 de Gorecki vaut bien celle chez Malick en termes d'émotions.


(spoilers, bien entendu)

Je l'ai aussi revu (mais 20 ans après en ce qui me concerne). J'en gardais le souvenir d'un film intéressant mais imparfait. Je reste sur cette impression.
ça commence pourtant très bien (Bridges émergeant du champ de maïs, le périple de Jeff Bridges avant qu'on le retrouve) mais, même en tant que grand admirateur de Jeff Bridges (c'était un de mes comédiens préférés dans les années 80), je le trouve ici un peu trop en mode automatique dans la folie (dans la lignée de Fisher King) et que l'ensemble est un peu forcé virant parfois à la caricature (l'avocat joué par Tom Hulce). Globalement, j'ai trouvé Weir souvent plus inspiré dans la direction d'acteur qu'ici (Rosselini, bof, j'ai moins de mal que Demi-Lune avec Rosie Perez mais la scène de la voiture est un peu too much dans son côté cathartique).
ça reste toujours 10 coudées au-dessus de Flight mais par rapport à ses réussites des années 70 et 80, ça reste un peu en-dessous.
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