Mike Figgis

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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mannhunter
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Mike Figgis

Messagepar mannhunter » 19 janv. 09, 17:39

Topic Top consacré au réalisateur,producteur,scénariste et compositeur Mike Figgis! :)


Filmographie:


Love Live Long (2008)
"Canterbury's Law" (1 episode, 2008)
- Pilot (2008) TV episode
Co/Ma (2004)
"The Sopranos" (1 episode, 2004)
- Cold Cuts (2004) TV episode
"The Blues" (1 episode, 2003)
- Red, White and Blues (2003) TV episode
Cold Creek Manor (2003)
Ten Minutes Older: The Cello (2002) (segment "About Time 2")
The Battle of Orgreave (2001)
Hotel (2001)
Timecode (2000)
Miss Julie (1999)
The Loss of Sexual Innocence (1999)
One Night Stand/pour une nuit (1997)
Flamenco Women (1997)
Leaving Las Vegas (1995)
The Browning Version (1994)
Mr. Jones (1993)
Liebestraum (1991)
Women & Men 2: In Love There Are No Rules (1991) (TV)
Internal Affairs/Affaires privées (1990)
Stormy Monday (1988)
The House (1984) (TV)

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cinephage
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Re: Top à Mike Figgis

Messagepar cinephage » 19 janv. 09, 17:44

Je n'ai pas vu grand chose de Figgis, pour ma part : je n'ai pas aimé Leaving Las Vegas, mais j'ai été entousiasmé par Timecode. Ces deux films, quand on y réfléchit, révèlent chacun à sa façon les liens étroits qui unissent ce cinéaste au jazz...
Obviously the world is not a wish-granting factory (The fault in our stars, Josh Boone, 2014)
Pour caler mes bennos

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Boubakar
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Re: Top à Mike Figgis

Messagepar Boubakar » 19 janv. 09, 19:09

Le monsieur n'a quand même pas fait grand-chose d'enthousiasmant...

mannhunter
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Re: Top à Mike Figgis

Messagepar mannhunter » 19 janv. 09, 19:15

Pour ma part j'ai un bon souvenir de LEAVING LAS VEGAS,POUR UNE NUIT et AFFAIRES PRIVEES.
Figgis est un très bon directeur d'acteurs,Nicolas Cage et Elisabeth Shue sont très bons dans LEAVING LAS VEGAS,Wesley Snipes dans POUR UNE NUIT et Richard Gere convaincant à contre-emploi dans AFFAIRES PRIVEES.
TIME CODE est assez sympathique et ludique,par contre LIEBESTRAUM m'a ennuyé,malgré ses qualités visuelles..
J'aimerais bien voir HOTEL.

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Re: Top à Mike Figgis

Messagepar Watkinssien » 19 janv. 09, 19:18

Mik Figgis est indéniablement un auteur, mais passe-partout, suite à des échecs successifs.

Ses meilleurs films, selon moi, sont Leaving Las Vegas et sa contribution dans les films documentaires consacrés au jazz/blues produits par Scorsese intitulé Red, White and Blues.
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Re: Top à Mike Figgis

Messagepar 7swans » 19 janv. 09, 20:58

mannhunter a écrit :The Loss of Sexual Innocence (1999)

Confused, non-linear film tells the sexual story of a film director from his life at age 5, age 12, age 16...

ça fait pas mal de temps que j'ai envie de voir celui ci. Il est bien au chaud dans mon Post dans le Topic Pense-Bête. Le Z1 est sous titré Français, faudrait que je le trouve pour pas trop chère.

mannhunter a écrit :Hotel (2001)

Celui ci aussi m'intéressait pas mal. Il reprenait le concept de Time Code :

Mike Figgis nous fait suivre quatre histoires se déroulant dans un même grand hôtel vénitien : le tournage d'un film, une version de La Duchesse de Malfi, le reportage d'une équipe de journalistes sur ce même film, une mystérieuse opération chirurgicale et une séance de torture dans le sous-sol de l'établissement. Plusieurs personnages, plus ou moins paumés et excentriques, s'y croisent.
Comme pour Time code, l'écran est divisé en quatre parties afin que les différents récits soient diffusés simultanément.

Au final, un réalisateur qui m'intrigue beaucoup, dont certains titres de films ou synopsis raisonnent en moi sans en avoir vu une seule image. Je compte bien pouvoir m'y plonger très bientôt.
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Re: Top à Mike Figgis

Messagepar AtCloseRange » 19 janv. 09, 22:39

Boubakar a écrit :Le monsieur n'a quand même pas fait grand-chose d'enthousiasmant...

Je pense pareil :?
Il y a quelques horreurs. J'avoue que son Pour Une Nuit m'est particulièrement détestable.
Pas tellement apprécié son Leaving Las Vegas mais je lui suis reconnaissant d'avoir relancé la carrière d'Elizabeth Shue.
Mr Jones, c'est amusant pour le cabotinage hallucinant de Richard Gere.
Sa version de The Browning Version est assez loin du magnifique film d'Asquith.

Finalement, de ce que je connais, je n'aime vraiment beaucoup qu'un très bon polar, Internal Affairs et Stormy Monday est plutôt un souvenir pas désagréable.

Donc il me manque pas mal de ses oeuvres récentes mais tout ça ne donne pas très envie. Je crois que son Cold Creek Manor est un bien beau navet.
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Boubakar
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Re: Top à Mike Figgis

Messagepar Boubakar » 20 janv. 09, 07:49

AtCloseRange a écrit :Je crois que son Cold Creek Manor est un bien beau navet.

ça, tu peux le dire ! :mrgreen:

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Demi-Lune
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Re: Notez les films de Novembre 2010

Messagepar Demi-Lune » 16 nov. 10, 19:47

Affaires privées (Mike Figgis, 1990)
J'ai un peu regardé ça au hasard, hier soir, pour tout dire... et j'ai été complètement happé par le film. Je n'avais jamais entendu parler de ce polar californien, et la surprise n'en fut que plus bonne. C'est l'histoire d'un affrontement violent entre la police des polices et quelques flics véreux de Los Angeles qui n'hésitent pas à trafiquer des preuves, à recevoir des contrats meurtriers, à croquer des pots-de-vin sous la table. Rien de bien original, se dit-on. Pourtant, le film devient peu à peu très prenant, jouant habilement avec des ressorts narratifs attendus et d'autres nettement plus inattendus. Figgis se balance de filmer des scènes d'action : ce qui l'intéresse, c'est de filmer au plus près l'envers familial des flics pourris, qui passent du côté obscur pour nourrir femmes, maîtresses et gosses, et l'envers conjugal à l'opposé de la réussite professionnelle de Raymond Avilla (Andy Garcia), le jeune boeuf-carottes frais émoulu de son académie, qui par ambition et sans doute prétention, décide de s'intéresser de plus près aux activités peu reluisantes des forces de l'ordre, sur lesquelles la hiérarchie ferme les yeux. Les deux dimensions - enfer policier et décrépitude conjugale - sont inextricablement et fort bien liés dans l'histoire. Parce qu'il est flic et parce que son métier lui bouffe tout son temps, il suffit d'une étincelle de suspicion chez le flic pour que se déclenche un enfer paranoïaque dans lequel la conjointe devient une obsession destructrice. C'est vrai pour le flic véreux et violent, comme pour le boeuf-carotte stable et zélé. Le face-à-face entre le pourri Dennis Peck (Richard Gere) et Avilla, ne pouvant avoir lieu dans des critères légaux, empruntera ainsi progressivement des voies psychologiques particulièrement intenses.

Un peu l'instar de Police fédérale Los Angeles auquel j'ai pensé, le "gentil" flic devient complètement obsédé par la figure du Mal qu'il traque et est dévoré, progressivement, par contamination de ce Mal qui s'insinue en lui sans qu'il ne s'en rende compte : il fout sa vie privée en l'air parce qu'il veut à tout prix coincer les ripoux, et perd peu à peu les pédales quand s'installe en lui le doute quant à la fidélité de sa femme, fidélité remise en question précisément à cause de son obsession professionnelle. Comme dans le Friedkin, cette fascination pour le côté obscur imprègne le film d'une fièvre sourde qui rend l'atmosphère vite irrespirable et malaisante, comme lors de l'engueulade violente entre Avilla et sa compagne (la petite culotte... ceux qui ont vu comprendront). Alors que le scénario semblait attendu, la mécanique se révèle en fait parfaitement huilée, et il me prend de rêver à ce qu'un cinéaste comme Sidney Lumet aurait fait avec ce film bien écrit, privilégiant les relations humaines et le développement précis des personnages, ce film très sexuel, inexorable et implacable, jusque dans son finale terrible et sec, m'ayant laissé pantois, tant ce qu'il implique pour le personnage de Garcia est dévastateur. Il faut mentionner la bonne prestation de Richard Gere (j'aurais jamais pensé écrire ça un jour) en enfoiré intégral, pourri jusqu'à la moëlle, fumier qu'on déteste comme rarement et dont la folie sourde contamine peu à peu l'atmosphère caniculaire qui émane du film. Face à lui, en boeuf-carottes ambitieux et droit dans ses bottes, Andy Garcia montre qu'il avait tout pour être un grand. Donc, très bonne impression générale.

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Nestor Almendros
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Re: Notez les films de Novembre 2010

Messagepar Nestor Almendros » 16 nov. 10, 20:30

AFFAIRES PRIVEES est rediffusé samedi soir à 3h. J'espère pouvoir l'enregistrer à ce moment-là...

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Demi-Lune
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Re: Notez les films de Novembre 2010

Messagepar Demi-Lune » 16 nov. 10, 20:35

Nestor Almendros a écrit :AFFAIRES PRIVEES est rediffusé samedi soir à 3h. J'espère pouvoir l'enregistrer à ce moment-là...

Oui, n'hésite pas : le film est vraiment bien, je trouve. Pas un grand film, mais un polar solide et intéressant. La fin est extra, dans la droite lignée du Friedkin.

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Re: Notez les films de Novembre 2010

Messagepar Momo la crevette » 17 nov. 10, 07:55

Demi-Lune a écrit :Affaires privées (Mike Figgis, 1990)
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Oui, figure-toi que j'ai l'âge pour l'avoir vu en salle à sa sortie.
styx a écrit :Je comprends pas grand chose à vos salades, mais vous avez l'air bien sur de vous, donc zetes plus à même hein de parler, de sacrés rigolos que vous faites en fait, merde ça rime lourd là, je vais éditer. mdr
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Re: Notez les films de Novembre 2010

Messagepar AtCloseRange » 17 nov. 10, 09:39

Demi-Lune a écrit :Affaires privées (Mike Figgis, 1990)
J'ai un peu regardé ça au hasard, hier soir, pour tout dire... et j'ai été complètement happé par le film. Je n'avais jamais entendu parler de ce polar californien, et la surprise n'en fut que plus bonne. C'est l'histoire d'un affrontement violent entre la police des polices et quelques flics véreux de Los Angeles qui n'hésitent pas à trafiquer des preuves, à recevoir des contrats meurtriers, à croquer des pots-de-vin sous la table. Rien de bien original, se dit-on. Pourtant, le film devient peu à peu très prenant, jouant habilement avec des ressorts narratifs attendus et d'autres nettement plus inattendus. Figgis se balance de filmer des scènes d'action : ce qui l'intéresse, c'est de filmer au plus près l'envers familial des flics pourris, qui passent du côté obscur pour nourrir femmes, maîtresses et gosses, et l'envers conjugal à l'opposé de la réussite professionnelle de Raymond Avilla (Andy Garcia), le jeune boeuf-carottes frais émoulu de son académie, qui par ambition et sans doute prétention, décide de s'intéresser de plus près aux activités peu reluisantes des forces de l'ordre, sur lesquelles la hiérarchie ferme les yeux. Les deux dimensions - enfer policier et décrépitude conjugale - sont inextricablement et fort bien liés dans l'histoire. Parce qu'il est flic et parce que son métier lui bouffe tout son temps, il suffit d'une étincelle de suspicion chez le flic pour que se déclenche un enfer paranoïaque dans lequel la conjointe devient une obsession destructrice. C'est vrai pour le flic véreux et violent, comme pour le boeuf-carotte stable et zélé. Le face-à-face entre le pourri Dennis Peck (Richard Gere) et Avilla, ne pouvant avoir lieu dans des critères légaux, empruntera ainsi progressivement des voies psychologiques particulièrement intenses.

Un peu l'instar de Police fédérale Los Angeles auquel j'ai pensé, le "gentil" flic devient complètement obsédé par la figure du Mal qu'il traque et est dévoré, progressivement, par contamination de ce Mal qui s'insinue en lui sans qu'il ne s'en rende compte : il fout sa vie privée en l'air parce qu'il veut à tout prix coincer les ripoux, et perd peu à peu les pédales quand s'installe en lui le doute quant à la fidélité de sa femme, fidélité remise en question précisément à cause de son obsession professionnelle. Comme dans le Friedkin, cette fascination pour le côté obscur imprègne le film d'une fièvre sourde qui rend l'atmosphère vite irrespirable et malaisante, comme lors de l'engueulade violente entre Avilla et sa compagne (la petite culotte... ceux qui ont vu comprendront). Alors que le scénario semblait attendu, la mécanique se révèle en fait parfaitement huilée, et il me prend de rêver à ce qu'un cinéaste comme Sidney Lumet aurait fait avec ce film bien écrit, privilégiant les relations humaines et le développement précis des personnages, ce film très sexuel, inexorable et implacable, jusque dans son finale terrible et sec, m'ayant laissé pantois, tant ce qu'il implique pour le personnage de Garcia est dévastateur. Il faut mentionner la bonne prestation de Richard Gere (j'aurais jamais pensé écrire ça un jour) en enfoiré intégral, pourri jusqu'à la moëlle, fumier qu'on déteste comme rarement et dont la folie sourde contamine peu à peu l'atmosphère caniculaire qui émane du film. Face à lui, en boeuf-carottes ambitieux et droit dans ses bottes, Andy Garcia montre qu'il avait tout pour être un grand. Donc, très bonne impression générale.

Quelqu'un connaît ?

Un de mes polars préférés des années 90 et c'est vrai qu'il est plutôt méconnu. Peut-être le meilleur rôle de toute la carrière de Richard Gere et de Mike Figgis, cinéaste un peu surestimé à mon goût.
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Nestor Almendros
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Re: Notez les films de Novembre 2010

Messagepar Nestor Almendros » 23 nov. 10, 14:52

Demi-Lune a écrit :Affaires privées (Mike Figgis, 1990)
Quelqu'un connaît ?

Maintenant oui :mrgreen:
J'y reviendrai peut-être car je le reverrai si j'ai le temps: l'impression d'être un peu passé à côté. Car je m'y suis un peu ennuyé (pendant la première moitié), voyant principalement un combat de coqs sans surprises. Puis arrive la descente aux enfers d'Andy Garcia, son basculement vers le côté sombre, effectivement. Là, le film commence enfin à prendre une voie plus intéressante où les repères commencent à devenir plus flous. Le dernier tiers est plutôt prenant.
J'ai moi aussi pensé à POLICE FEDERALE LOS ANGELES, mais davantage par le look très proche, j'avoue. J'ai aussi pensé à Michael Mann, pas seulement à cause des villas géométriques ou le Los Angeles estival, mais aussi par une mise en scène presque décalée qui évite l'action, en effet, pour aller davantage vers une sorte de stylisation (avec musique atmosphérique qui va avec).
Et encore une fois: pas d'accord sur Richard Gere. Son rôle est effectivement très intéressant, le contraste avec sa belle gueule est pertinent, mais son jeu reste lamentablement toujours le même. Il n'a pas de variantes c'est incroyable. J'ai retrouvé ses tics ressassés des yeux fermés, pensif bouleversé... :roll: :uhuh:

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Re: Mike Figgis

Messagepar StateOfGrace » 17 janv. 11, 13:27

Bonjour, je suis tombé par hasard sur le topic de ce film que j'adore, je recopie donc la critique que j'ai écrite sur un autre site:

Affaires privées est un film incroyablement sous-estimé et qui jouit d'une réputation largement inférieure à ses qualités intrinsèques.... Pourtant l'argument de base est simple, pour ne pas dire simpliste : l'inspecteur Avilla (Andy Garcia) des Affaires Internes enquête sur le sergent Peck (Richard Gere) et découvre, les preuves s'accumulant, que ce dernier est corrompu jusqu'à l'os. Dès lors il n'a plus qu'un objecif : faire tomber le ripou. Ce canevas usé est un prétexte à une course-poursuite à travers une vile pourrie et à un jeu de cache-cache entre l'amour et la mort. Les deux protagonistes s'estiment, se jaugent et finissent par s'affronter violemment.

Dans une Californie à feu et à sang, le film refuse les conventions du polar. Audacieux, Figgis change la donne et confie le rôle du ripou à Gere, jusque là confiné dans les rôles de play-boys à minettes. Véreux jusqu'à la moelle (et fier de l'être), il a depuis longtemps franchi la ligne fragile séparant le Bien du Mal et s'enfonçe inexorablement dans un monde interlope fait de trafic de drogue, de sexualité débridée et de corruption généralisée. Gere confère au sergent Peck une remarquable ambiguîté, malsaine et délétère.

Face à lui, intègre et d'une rectitude inébranlable, Andy Garcia incarne une sorte d'ange masochiste qui devra se faire exterminateur pour terrasser le démon charismatique. Car en effet, sous les cocotiers d'Hollywood Boulevard, dans les boîtes où circule la coke et dans les rues arpentées par des prostituées en manque, la perversion régente un Paradis artificiel où l'Argent a submergé la Morale.

Entre polar tendu comme un arc et étude de moeurs (douteuses), doté d'un tempo idéal entre séquences exposant les enjeux de manière remarquablement limpide et brusques flambées de violence, Affaires privées est un écrin de luxe pour les deux comédiens, littéralement transfigurés. Car Figgis, également musicien, livre avec ce film une partition sans faille, coulante comme un morceau de jazz distillée par des musiciens en état de grâce.....

Rythmé par une bande-son atmosphérique ou au contraire berçé par des accents cubains, le second polar du réalisateur (après le très réussi Stormy Monday) est une fable tortueuse sur un monde en pleine déreliction dans laquelle , parfaitement coulé dans le moule hollywoodien,il réussit un exploit : réaliser un authentique film d'auteur, sans sacrifier ses ambitions au pur spectacle....

Pierre-emmanuel

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