Pour ma part je pense que le cinema c'est les deux, et que ça l'a toujours été... Malraux le disait en 46, et exemplairement, des cinéastes comme Hitchcock ou Lang n'ont eu de cesse de chercher à opérer la synthèse entre "film d'art" et oeuvre populaire.
Rien n'empêche en outre le spectateur lambda de regarder Un condamné à mort s'est échappé ou Vampyr comme de simples divertissements. Cette dimension purement spectaculaire est à mon avis essentielle au cinema comme art.
Je crois que la 3D d'Avatar est beaucoup plus qu'un gadget (chose qu'il est facile d'éprouver devant le film, comme devant Alice de Burton par exemple, quand il s'agit de texture, de mouvement, de profondeur, de surface, de cadre, etc.) mais dans le même temps, que ce n'est évidemment pas
juste pour sa 3D que c'est un bon film. Il l'est à mon avis, un bon film, dans sa façon d'articuler technique et mise en scène (et à ce titre on peut remplacer "3D" par "caméra" - d'ailleurs souvent les deux sont collés, "caméra 3D", c'est-à-dire qu'au fond c'est la même chose, qu'on a toujours eu d'un côté une machine x ou y, et de l'autre quelque chose à filmer).
En ça Avatar constitue la preuve que la technique du cinéma, telle qu'on l'a connue jusqu'ici, a les capacités de s'assimiler complètement la 3D avec tout le naturel, la légèreté et la finesse que cet art exige - autrement dit sans que le film "pèse" de sa troisième dimension comme élément effectivement gadget, corps étranger à ce que le film
est lui-même. (C'est d'ailleurs peut-être ça aussi que raconte Avatar

)
La 3D revient logiquement, je trouve, à un moment du cinéma de plus en plus gagné par la virtualité, qu'elle soit morale, thématique, esthétique.
C'est en cela à mon avis que cette 3D-ci diffère de l'ancienne, celle par exemple du Crime était presque parfait, et qu'elle peut marcher, qu'elle peut ouvrir sur quelque chose.
Encore une fois c'est vrai que jusqu'ici, peu de films m'ont convaincu, mais j'attends de voir...