The Social Network (David Fincher - 2010)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés après 1980

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Boubakar
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Re: The Social Network (David Fincher - 2010)

Messagepar Boubakar » 16 oct. 10, 21:57

Gounou a écrit :Un sacré tour de force ! Ou comment traîter formellement et littéralement de la fulgurance et de la contraction du temps à l'ère d'internet, en partant du modèle classique de la fresque ample, théoriquement impossible à faire tenir dans un film de 2h... Sorkin et Fincher s'en acquittent admirablement et ce qui, dans d'autres cas, pourrait passer pour une carence (manque d'aspérités dans le récit, froideur et distanciation générale par rapport aux évènements) devient ici l'essence même du film. La fascination le dispute alors à une forme d'effroi face à un monde moderne où la rapidité même d'évolution du concept menace d'ensevelir - en le rendant obsolète - son penseur humain. Noirceur du point de vue que le seul final ne suffit pas à tempérer... on est déjà au générique !

Pareil que Gounou, c'est un film absolument grandiose qui arrive à accrocher dès les premières secondes, avec un dialogue superbe.
Mais plus que la scène d'aviron que tout le monde loue, à juste titre, c'est le moment en boite de nuit qui m'a impressionné : outre un mixage sonore irréprochable (ça doit être la première fois que je me sens en boite de nuit dans une scène comme ça, avec sa musique très forte et les dialogues assez faibles où les interprètes doivent hurler pour se faire entendre), elle résume au fond l'esprit de Zuckerberg, à savoir un esprit très "bordélique", où le moindre individu n'existe pas.
L'année n'est pas terminée, mais c'est déjà un sérieux candidat au titre, car, excepté sa durée trop courte et le fait qu'on aperçoit très brièvement une xbox360, ce qui ne coïncide pas avec l'époque du film, je ne vois pas quoi lui reprocher tellement j'ai été emporté de bout en bout.

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Re: The Social Network (David Fincher - 2010)

Messagepar Alphonse Tram » 17 oct. 10, 10:45

Que pensez vous de la VF ? Comme je ne serai pas seul, j'envisage de le voir en français car il semble que "ça discute beaucoup, et très vite". Pas envie de couler les amis...
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Re: The Social Network (David Fincher - 2010)

Messagepar Flol » 17 oct. 10, 14:25

Un film dont les dialogues ont une telle importance...je n'ose même pas imaginer la catastrophe en VF...:-|

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Re: The Social Network (David Fincher - 2010)

Messagepar Boubakar » 17 oct. 10, 20:28

Au Masque et la Plume, les avis sont unanimes (excepté Xavier Leherpeur) sur la qualité du film, Michel Ciment le comparant même à Citizen Kane (pour le côté solitaire du héros) et La dame du vendredi (pour la rapidité des dialogues).

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Re: The Social Network (David Fincher - 2010)

Messagepar boulgakov » 18 oct. 10, 11:15

C'est pas si mal, pas l'extase mais pas si mal... Dialogues brillants, tout est contenu dans le premier échange avec la fille de la Boston University (tellement contenu que le dernier plan du film en devient balourd), de belles scènes de boîte de nuit...
En fait toute l'ouverture est excellente... les 30 premières minutes... après on a rapidement compris comment les choses vont se dérouler, et on s'en lasse... même si c'est rythmé (la scène de course d'aviron est symptomatique, un clip médiocre dans le film)... il n'empêche, c'est un des meilleurs films de Fincher avec Alien 3 et Fight club.
Par contre, autant Zuckerberg que Parker, que Cameron, que Saverin sont d'une insondable laideur... c'est un peu comme pour Scarface, si tu les trouves beaux c'est que t'as rien compris, même si, comme tout le monde, ils ont leurs failles.
Et je dis ça en ayant bien conscience que, si je ne profite absolument pas de la révolution Zuckerberg, celle lancée par Parker m'est, elle, très chère.

C'est vrai que les américains ont une capacité admirable à se saisir des sujets de l'époque, mais ici, à part, encore une fois, le brillant travail d'écriture et de montage des premières scènes, il n'y a pas grand chose à se mettre sous la dent... vraiment, cette première demi-heure, jusqu'à la découverte du génie Zuckerberg par les frères Cameron, aurait fait un excellent moyen métrage sur le sujet, on y trouve vraiment ce que Gounou décrit plus haut dans sa critique.
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Re: The Social Network (David Fincher - 2010)

Messagepar Alcade » 18 oct. 10, 22:35

Un peu comme boulgakov, j'ai vraiment été scotché par la première partie avec la découverte du milieu estudiantin de Harvard et la création du réseau social (je devais être le seul à comprendre son langage informatique dans la salle :uhuh: )

Ensuite, l'histoire tournant vers un côté juridique et le délitement des rapports entre les différents créateurs, j'ai quand même été accroché malgré une histoire assez simple et classique. Très bon travail de Sorkin !

Les acteurs sont bons, la scène de la boîte de nuit est très réussie (surtout vue du premier rang dans la salle)... Très bon film.

Mais j'ai encore moins envie de m'inscrire à Facebook, désormais. :fiou:
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Re: The Social Network (David Fincher - 2010)

Messagepar Demi-Lune » 20 oct. 10, 20:14

Je ne me joindrai malheureusement pas au camp des admirateurs de ce film. Je n'attendais pas grand-chose de The Social Network eu égard à son objet, phénomène auquel je ne peux me prévaloir d'avoir échappé (je fais partie des 500 millions de personnes tombés dans l'escarcelle de Zuckerberg) mais qui m'indiffère tout de même assez, lorsqu'il ne m'inquiète pas. Malgré tout, la présence au siège de metteur en scène de David Fincher, un des tous meilleurs cinéastes américains de ces vingt dernières années, avait de quoi aiguiser la curiosité. Pour beaucoup, le nom d'Aaron Sorkin est tout aussi aguichant mais j'avoue piteusement ne pas connaître son travail pour A la Maison Blanche. Résultat des courses : est-on en face du "meilleur film de l'année" comme on en voit fleurir l'éloge un peu partout ? En ce qui me concerne, non, pas vraiment.

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The Social Network présente des qualités certaines. Durant le film, je n'arrêtais pas de me dire que, ne serait-ce qu'en ce qu'il constitue un pied-de-nez aux conventions hollywoodiennes actuelles d'autant plus jubilatoire que le sujet du film devrait majoritairement attirer un public jeune (donc pour la grande part friand de recettes blockbusterisées), ce nouveau Fincher mérite qu'on s'y arrête. Le scène d'introduction, brillante, donne le la quant à la nature de ce film : un maelström de deux heures de dialogues, dont on s'accordera tous à dire qu'ils sont fantastiques, mais qu'il est parfois difficile de suivre sur toute la durée. Il y a à mon sens un manque de pédagogie scénaristique : Fincher et Sorkin fusionnent tous deux pour délivrer un produit effréné (le montage ne laisse jamais le temps de souffler mais demeure pourtant tout à fait clair : un travail d'orfèvre) mais qui laisse sur le carreau. Le tempo est admirable mais, en ce qui me concerne, cet aveu passe par un renoncement à la compréhension de nombreux ressorts narratifs ayant trait, justement, à la naissance et à la gestion de Facebook. Ce qui est problématique quand cela constitue (pas exclusivement, bien sûr) l'un des centres du film. J'ai trouvé, à ce titre, évidemment bien plus intéressante la réflexion sous-tendue sur les dangers et les perversions d'un étalage public de vies privées (là, le scénario me cueille, j'y trouve des résonances avec mon expérience personnelle), ainsi que la représentation pour le moins ambiguë de Mark Zuckerberg, génie à la fois détestable et fascinant. Au milieu d'un casting prometteur au diapason, Jesse Eisenberg est la grande révélation du film, et j'espère que l'Académie lui décernera une récompense bien méritée. Terrifiant masque monolithique, incapable du moindre sourire mais capable de réparties les plus cinglantes, il y a dans son personnage un peu de la tragédie de notre société moderne, noyée dans des potentialités infinies de communications et pourtant souvent incapable de communiquer véritablement avec son prochain. Facebooke-moi, et je t'apporterai (peut-être) un peu de réconfort ! Je lisais dans une critique sur le film que le rictus étrange d'Eisenberg tout le long du film pouvait aussi bien être la lippe méprisante d'un génie qui se sait, comme la moue pincée d'un solitaire déçu par ses contemporains. Cette critique a su mieux que moi mettre des mots sur mon ressenti au sujet de cette figure insaisissable et paradoxalement extrêmement charismatique. Au vu des scènes avec son ami Eduardo Saverin, j'en viens d'ailleurs à regretter que Sorkin ne s'attarde pas plus longtemps sur cette trahison annoncée, vrai cœur de The Social Network, hélas trop souvent noyé dans un défilé de personnages secondaires pour le moins dispensables et de dialogues assénés sans vergogne.

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Je disais qu'il y avait quelque chose de l'ordre du paradoxe chez Zuckerberg. Je l'ai définitivement constaté au moment du générique final, alors que le public de la salle, massivement composé de jeunes entre 16 et 18 ans, échangeait des "'tain, le mec il vaut 25 milliards de dollars !" et autres commentaires manifestement plus fascinés par l'aspect toc et bling-bling de cet univers (incarné par le personnage de Justin Timberlake) que par l'amertume du constat final : Facebook, le repaire des amis, rend plus seul que jamais. A l'image de la fascination/répulsion que provoque Zuckerberg, j'ai été assez attristé de constater que le public adolescent était plus que jamais, au sortir du film, hypnotisé par la "révolution" Facebook. Preuve, peut-être, que le message de Sorkin n'était pas suffisamment explicite. Fincher, quant à lui, délivre une mise en scène précise, sage. C'est à ce jour son travail le plus classique. Il a le bon goût de s'effacer derrière les dialogues. Quand il ne le fait pas, cela donne cette scène (que je trouve personnellement grotesque) de course d'aviron où l'on massacre autant Edvard Grieg que l'on multiplie les gros plans sur des visages tordus d'effort. Les trucages, comme toujours chez lui, sont bluffants au point qu'on apprend leur existence après avoir vu le film (le coup des jumeaux, époustouflant !). Reste tout de même que ce travail reste à mes yeux son moins bon. Si son précédent film versait parfois un peu trop dans la sensiblerie à Oscars, il y avait tout de même une noirceur sous-jacente relativement atroce. Avec The Social Network, c'est un peu l'inverse : Fincher gère bien son film mais en oublie de lui donner du coffre, de lui donner ce quelque chose qui fait que l'on s'en souviendra longtemps. Attention, je ne dis pas que c'est raté. Mais l'ensemble peine à me convaincre du fait des défauts que j'ai expliqués ci-dessus, et aussi parce qu'au regard de l'introduction et de la conclusion, particulièrement réussies, car condensant parfaitement les enjeux à la fois humains et virtuels de l'œuvre, il y a comme une promesse pas entièrement tenue - celle d'une aventure humaine, avec des personnages qui ne se contentent pas d'être des mecs puants qui jouent aux petits coqs avec leurs idées géniales.

L'histoire jugera de la véritable valeur de la "révolution" Facebook... en l'état, j'ai l'impression que le film de Fincher est autant un phénomène que ce qu'il décrit. Il sera intéressant de voir comment le film vieillira, maturera, en parallèle du réseau social dont il a dépeint tous les vices.
Dernière édition par Demi-Lune le 30 mars 11, 18:05, édité 3 fois.

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Re: The Social Network (David Fincher - 2010)

Messagepar Aragorn Elessar » 20 oct. 10, 21:03

Le créateur de facebook parle du film : http://www.cinemateaser.com/?p=19577
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Ôtez le mensonge vital à un homme moyen, vous lui ôtez le bonheur, du même élan.

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Damdam
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Re: The Social Network (David Fincher - 2010)

Messagepar Damdam » 22 oct. 10, 21:14

En regardant, The Social Network, j'ai eu l'impression de regarder un film de Aaron Sorkin. On retrouve pas mal de qualités et points communs de West Wing : l'intelligence des dialogues, la nervosité de l'intrigue, des personnages intelligents et cultivés provenant des grandes universités, les thèmes liés au pouvoir et ses conséquences (trahison, compromis etc.). De plus, même si la réalisation et le montage sont excellents, on est loin d'autres films de Fincher (excepté la fameuse scène en aviron, métaphore, peut-être, de la perte d'une partie du pouvoir des "élites" de la côte Est). La réalisation étant plus discrète, on se penche forcément plus sur le scénario d'où l'impression de voir un film de Sorkin et non de Fincher. Je me demande si ce film n'est pas une commande, même si la discrétion de la réalisation sied parfaitement à l'oeuvre (je précise que je n'ai pas vu ses 2 films précédents). Tout ça pour dire, que l'on ressent plus la paternité de Sorkin.
D'ailleurs, à l'inverse de sa série, Sorkin donne peu d'excuses à ses personnages. L'antipathie des personnages principaux m'a fait un peu décrocher. J'ai du mal quand je n'arrive pas à m'identifier à au moins un personnage. A mon humble avis, le problème vient de leurs absences nuances... mais peut être sont-ils comme cela dans la réalité. On est loin des nuances et de la complexité de West Wing (en même temps 154 épisodes X 40 mn face à 120 mn, ceci explique cela). Bref, il me semble que l'écriture de Sorkin s'épanouit plus sur la durée d'une série que pour un film.

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frédéric
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Re: The Social Network (David Fincher - 2010)

Messagepar frédéric » 23 oct. 10, 18:58

Vu la semaine dernière beaucoup aimé. C'est certes bardés de dialogues mais jamais ennuyeux, intelligent et bien joué. Je suis complètement néophyte car j'avais jamais entendu parler de Napster avant ce film. Andrew Garfield est très prometteur pour le prochain Spider-Man.
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Re: The Social Network (David Fincher - 2010)

Messagepar Aska » 24 oct. 10, 18:53

Damdam a écrit :D'ailleurs, à l'inverse de sa série, Sorkin donne peu d'excuses à ses personnages. L'antipathie des personnages principaux m'a fait un peu décrocher. J'ai du mal quand je n'arrive pas à m'identifier à au moins un personnage.

Ma sympathie va généralement aux "gentils perdants" ainsi un des jumeaux, le plus sage, celui qui se considère comme un "gentleman de Harvard" (parfaitement poli face au directeur de l'université qui l'envoie sur les roses) et qui, sans doute, découvre le monde tel qu'il est et finit par s'y perdre (en acceptant finalement le procès). Il semble être l'image d'un monde perdu, celui où le rang était clairement défini.
Et évidemment, il y a Eduardo Saverin, l'ami fidèle mais qui pêche par un certain manque d'ambition/arrogance, comparé à celui démesuré de Mark Zuckerberg chaperonné par Sean Parker.

Spoiler (cliquez pour afficher)
Pour moi, la scène la plus émouvante est celle où Saverin, qui vient de comprendre qu'il a été arnaqué par Zuckerberg et Parker, fait mine de frapper Parker. Celui-ci recule pour éviter le coup et Saverin lui sort quelque chose comme :"je parais tellement bien/fort à côté de toi" et part. Victorieux malgré tout.

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Re: The Social Network (David Fincher - 2010)

Messagepar Damdam » 29 oct. 10, 17:41

Ma sympathie va généralement aux "gentils perdants"

Je comprend ton point de vue. Il est vrai que le jumeau, le moins agressif, et Saverin sont les personnages principaux les moins antipathiques. Après avoir dit ça, il n'en reste pas moins que je les trouve assez détestable. Pour le jumeau, je déteste ce qu'il représente (une aristocratie artificielle sûr de son droit). Quant à Saverin, il est juste complètement à côté de la plaque, incapable de comprendre ce qui se joue. En fait, je crois que je préfère un personnage comme Zuckerberg, un sale con qui s'assume comme tel ! :twisted:

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Re: The Social Network (David Fincher - 2010)

Messagepar Joe Wilson » 30 oct. 10, 23:58

Un film qui m'a laissé sur ma faim (comme souvent avec Fincher), malgré des qualités évidentes...
Le scénario est brillant, mais atteint ses limites dans la recherche d'une efficacité et d'une concision. Il dévoile un contexte, s'attache à cerner dans la création de Facebook des luttes d'influence...et en mettant l'application elle-même en toile de fond, comme un vertige presque immatériel, il provoque un trouble souvent fascinant. Par contre, en cherchant à développer un rythme effréné, il met de côté une densité psychologique qu'il aurait pu atteindre.
La mise en scène est convaincante dans une sobriété, une sécheresse...dommage que Fincher alourdisse ses effets (la course d'aviron tombe à plat...), et insiste sur une froideur assez clinquante et répétitive dans les scènes de groupe (soirées estudiantines, boîtes de nuit). L'arrivée de Justin Timberlake, qui cabotine à outrance, aggrave ce déséquilibre.
Le regard porté sur Zuckerberg reste ambigu : en accentuant la perception d'une rancoeur, chez les Winklevoss (par une conscience de classe méprisante et médiocre), chez Saverin (dont l'arrivisme maladroit agace bien avant la "trahison" annoncée), en appuyant la condescendance des juges et avocats...Zuckerberg devient le seul à ne pas se "servir" de Facebook, à ne rien en attendre. Il reste figé dans sa solitude transparente (la dernière séquence est révélatrice).
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Re: The Social Network (David Fincher - 2010)

Messagepar tenia » 31 oct. 10, 17:25

J'épiloguerai plus tard, mais ça vole très très haut. En particulier au vu du peu de films de cette trempe que j'ai vu cette année.

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Re: The Social Network (David Fincher - 2010)

Messagepar AtCloseRange » 2 nov. 10, 17:08

Grosse déception. Confirmant mes craintes, c'était une fausse bonne idée ou plus précisément une vraie mauvaise.
Je n'ai pas compris une seconde l'intérêt du film d'un point de vue cinématographique. Pas eu la moindre empathie avec tous ces personnages plus déplaisants les uns que les autres.
Vu le traitement plutôt neutre de Fincher, j'aurais à la rigueur préféré un documentaire sur le sujet mais là, en tant que fiction, l'intérêt est pour moi quasi nul.
La froideur de l'ensemble a beau être voulue, ça n'en fait pas un critère de réussite pour autant.
On a parlé de mysoginie dans la presse américaine, je parlerais plutôt de misanthropie globale et ça rejoint finalement un certaine vision entomolgiste très noire (voire nihiliste) présente dès les premiers Fincher.
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