Max Schreck a écrit:Reflections in a golden eye (Reflets dans un oeil d'or), John Huston, 1967
Film que j'ai envie de qualifier de courageux, à la fois par le choix du sujet, l'implication de ses interprètes et par la cohérence de sa mise en scène. Liz Taylor et Marlon Brando ont accepté d'incarner des personnages qui n'ont rien de sympathique. Taylor est une femme superficielle, bavarde et finalement égoïste. Brando un homme mutique, hypocrite et lâche. Julie Harris est également formidable, et il est plaisant de voir à l'oeuvre un tout jeune Robert Forster. Quant à la mise en scène de Huston elle emballe cet étrange objet filmique sans concession, implacable, toute en distance mesurée mais sans fausse pudeur, sans jamais surligner quoi que ce soit, et qui semble devoir davantage au cinéma européen qu'au cinéma hollywoodien. On entre ainsi dans un monde intriguant, pesant dès l'ouverture, avec ce carton introductif qui laisse déjà planer l'ombre de la mort. Et le final parvient encore à surprendre ; je crois que je n'oublierai pas de sitôt l'incroyable mouvement de caméra sur lequel se clôt ce film, véritablement unique.
J'adore ce film. Vu deux fois au ciné (dans la magnifique copie dorée ressortie il y a peu), à chaque fois j'ai été pris et surpris par la mise en scène, les acteurs, l'originalité du film dans son ensemble.
Comme tu le dis le dernier plan et son mouvement implacable reste très très longtemps en mémoire. Je retiens aussi, parmi énormément de choses marquantes dans ce film, Brando fouettant le cheval, avec son geste accompagné par des mouvements brusques de caméra et le soleil qui apparait par intermittence entre les branches, puis les gifles de Taylor à Brando, qui en sont un peu la réponse.
Pour ma part, seulement deux films naphta cette semaines, mais pas des moindre.
Scaramouche (George Sidney)
Quel pied !!!

J'étais vraiment comme un gosse pendant toute la séance. Le film était en VF (et donc avec les défauts de bande-son vide que ça implique à pas mal de moments), mais c'est pas grave, ça me donnera une excuse pour le revoir rapidement en VO.
Stewart Granger est
Tous les acteurs sont splendides, Eleanor Parker d'une beauté sauvage terriblement excitante, Janet Leigh d'une beauté plus douce et rayonnante totalement irresistible. Comme un gosse, je me suis identifié à Stewart Granger/André Moreau, ses aventures sont pasionnantes, les couleurs eclatent de toute part.
Vraiment un régal (ce plan sur l'épée plantée sur la scène de théâtre avec Moreau derrière, splendide !!!)
Hop ! Film du mois !
Shock Corridor (Samuel Fuller)
Séance de ciné catastrophie (le projectionniste nous a gratifié d'un défaut de son pendant toute la première bobine et un peu plus tard aussi, d'un rallumage des lampes en plein milieu du film, et il y avait un problème de format lors des plans en couleur (ou alors est-ce voulu ?)).
Mais film très très marquant. Le pitch de départ autour du meurtre à résoudre me semble plus un prétexte (je n'ai d'ailleurs pas bien compris de quoi il s'agissait au juste, au départ). L'intérêt du film est dans le cheminement psychologique de Johnny Barrett, et les trois internés qu'il veut interroger.
C'est très très sombre, beaucoup d'originalité dans le montage (un jeu parfois rapide sur les champ contre-champ), la folie monte peu à peu chez Barret et dans le film même (jusqu'à cette pluie torrentielle dans "la Rue").
Je n'arrive pas trop à mettre des mots sur mes impressions pour le moments (j'en sors juste). Le film m'a d'ors et déjà beaucoup marqué, et donné envie de voir de toute urgence d'autres films de Fuller.