10/10
Il s’agit avant tout d’un film de propagande, d’une œuvre de circonstance en faveur de l’interventionnisme militaire et politique des Etats-Unis dans le conflit mondial. Mais, s’il n’avait été que ça, pensez vous sérieusement qu’il aurait pu traverser toutes ces années sans prendre la moindre ride et sans entamer le potentiel d’amour et de fascination qu’il véhicule avec toujours autant de ferveur qu’il y a 60 ans chez toutes les générations confondues ? Casablanca, c’est un tournage chaotique qui a donné naissance à une œuvre attachante, entêtante, romantique et passionnée, défiant toute analyse, Curtiz fonçant tête baissée à travers les clichés et trouvant encore le moyen d’en ressortir grandi. En effet, même si le temps n’a pas eu de prise sur ce mélodrame (tiré d’une obscure pièce de théâtre qui n’a jamais été représentée mais seulement rachetée pour son exotisme), si on essaye de l'étudier plus en profondeur, on se rend vite compte qu’il comporte pourtant son lot de lieux communs les plus éculés aussi bien dans les situations que dans la caractérisation des personnages. C’est donc bien une sorte de miracle qui a eu lieu, le résultat d’une alchimie parfaite entre l’élégance d’une mise en scène, la perfection technique du studio Warner de l’époque, et une interprétation prodigieuse de tous les acteurs, seconds rôles compris, les furtives apparitions de Sidney Greenstreet et Peter Lorre étant par exemple inoubliables. Curtiz, par sa mise en scène fluide, feutrée, concise, élégante, sa parfaite direction d’acteurs, passe au travers des ficelles grossières avec un détachement serein et une conviction certaine qui transforment ce qui aurait pu être un mauvais mélo en une sublime histoire d’amour en même temps que la célébration des sentiments nobles et de valeurs patriotiques nécessaires pour remonter le moral du public alors que les USA étaient entrés jusqu’au cou dans la Seconde Guerre mondiale depuis une année.
Mais le topic est un doublon
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