Inferno (Dario Argento - 1980)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Jericho
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Re: Inferno (Dario Argento - 1980)

Messagepar Jericho » 7 mars 11, 13:41

Oui mais comme il l'explique bien la narration de Suspiria est bien plus maligne, mieux structurée et mieux rythmée, alors qu'au final c'est un scénario minimaliste comme dans Inferno.
Suspiria est plus accrocheur, de par le mystère qui plane constamment dans cette école de danse, et puis visuellement il y a un fossé...
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Colqhoun
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Re: Inferno (Dario Argento - 1980)

Messagepar Colqhoun » 8 mars 11, 15:48

jacques 2 a écrit : Cela se comprend mais le narratif n'a jamais été le point fort d'Argento et ce particulièrement dans "Inferno" qui est une sorte de trip esthétique et un enchaînement de scènes purement gratuites (la pièce sous eau est un grand moment, je trouve) et sans suite réellement logique ...

Je ne crois pas qu'il soit réellement question de faiblesse narrative avec INFERNO.
Le film fonctionne sur l'abstraction. Sur l'association d'idées visuelles conçues pour créer le malaise. Et à mon sens il n'est pas non plus question de gratuité, puisque l'idée matrice qui parcourt le film est de nous faire plonger (en partie littéralement) dans un univers régit par des règles qui ne sont plus celles de notre monde. Etat de fait que l'on pouvait déjà soupçonner avec SUSPIRIA et qui explose ici.

Dès lors il est effectivement moins aisé de s'identifier à un personnage (en particulier après celui, marquant, de Jessica Parker dans SUSPIRIA) puisque tout le monde, dans INFERNO, voit ses repères disparaître en se faisant engloutir par les maléfices que dégage cette vieille bâtisse.
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Re: Inferno (Dario Argento - 1980)

Messagepar Demi-Lune » 8 mars 11, 15:58

Colqhoun a écrit :Jessica Parker dans SUSPIRIA

Sarah Jessica Parker jouait dans Suspiria ? :o C'est Jessica Harper qui doit avoir les boules. :mrgreen:

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Colqhoun
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Re: Inferno (Dario Argento - 1980)

Messagepar Colqhoun » 9 mars 11, 09:43

Certes.
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Farnaby
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Re: Inferno (Dario Argento - 1980)

Messagepar Farnaby » 17 juil. 18, 10:30

Inferno découvert hier, mon quatrième Argento. Même sentiment que beaucoup ici : très belle ouverture du film, simple, mystérieuse puis merveilleuse (la séquence sous l'eau). Et puis... (presque) plus rien. A part Verdi, la bimbo et le chat, et quelques petites choses par ci, par là, la suite n'est qu'une morne plaine complaisante seulement égayée de temps en temps par un tour de force de nanaritude (les rats, le squelette...). Prochaine étape : Tenebrae.

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tenia
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Re: Inferno (Dario Argento - 1980)

Messagepar tenia » 17 juil. 18, 11:01

Tout pareil. La sensation d'un film qui démarre plutôt bien puis sombre dans tous les travers les plus involontairement hilarants possibles jusqu'à devenir imbuvable.
Ténèbres n'est finalement pas très éloigné pour moi de ce côté over-the-top nanardesque au possible, mais semble épouser cela de façon plus claire, comme volontairement parodique (même si dans les faits, j'en doute). Si tu as trouvé Inferno nanardeque, je pense que tu ne seras pas déçu de ce côté par Ténèbres. :lol:
Avec qui plus est dans Ténèbres un côté technique qui me parait en total décalage avec le film. Le fameux plan séquence à la Luma, je l'attendais, et quand je l'ai vu, je me suis demandé ce que ça venait foutre ici, un peu comme si soudainement, au beau milieu d'un nanar hilarant, un technicien hors pair était venu faire un plan de référence puis était reparti en laissant le film reprendre là où il s'était arrêté dans ses travers.
Cela étant, je préfère Ténèbres pour son final complètement hystérique qui part dans tous les sens mais se finit de façon super abrupte. Faut par contre se farcir tout ce qui précède...

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Re: Inferno (Dario Argento - 1980)

Messagepar Mama Grande! » 17 juil. 18, 12:10

Dans mon souvenir, TENEBRES donnait un ensemble plus cohérent et maîtrisé que INFERNO, où le côté too much reflétait la folie du personnage principal. Je me souviens de ce dernier comme une compilation de scènes horrifiques parfois réussies parfois non. Si l’ensemble était moins inégal j’aurais peut-être voulu trouver la cohérence, ne serait-ce que dans les motifs visuels. Mais l’ennui m’a rattrapé. Cela étant dit je n’exclus pas de lui redonner une chance un jour.

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Re: Inferno (Dario Argento - 1980)

Messagepar Watkinssien » 17 juil. 18, 13:24

Ah ça, Inferno, quand je l'avais vu, je me souviens avoir été assommé par tant... d'abstraction on va dire.

Mis à part quelques (tout petits) moments, ce film d'Argento fait partie à mes yeux de ses plus insupportables, un déchaînement totalement abscons de fulgurances visuelles ridicules le plus souvent.
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Re: Inferno (Dario Argento - 1980)

Messagepar Torrente » 17 juil. 18, 14:30

Watkinssien a écrit :un déchaînement totalement abscons de fulgurances visuelles ridicules

L'espace d'un instant, j'ai cru que c'était le topic de Inland Empire ou Mulholland Drive.

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Re: Inferno (Dario Argento - 1980)

Messagepar Watkinssien » 17 juil. 18, 14:44

Torrente a écrit :
Watkinssien a écrit :un déchaînement totalement abscons de fulgurances visuelles ridicules

L'espace d'un instant, j'ai cru que c'était le topic de Inland Empire ou Mulholland Drive.

:mrgreen:

C'est bien, ça n'a duré qu'un instant. Tu es donc redevenu sain d'esprit. 8)
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Re: Inferno (Dario Argento - 1980)

Messagepar Torrente » 17 juil. 18, 14:47

Bin du coup, je suis perdu, surtout :mrgreen: :wink:

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Re: Inferno (Dario Argento - 1980)

Messagepar mannhunter » 17 juil. 18, 14:49

Torrente a écrit :
Watkinssien a écrit :un déchaînement totalement abscons de fulgurances visuelles ridicules

L'espace d'un instant, j'ai cru que c'était le topic de Inland Empire ou Mulholland Drive.

Il y a peut-être un lien... :) :

http://www.allocine.fr/article/ficheart ... 73856.html


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Re: Inferno (Dario Argento - 1980)

Messagepar Torrente » 17 juil. 18, 14:53

Ah ça c'est sûr que De Palma, Lynch et Refn ont vu les Argento.

Mais ça me fait mal de lire Neon Demon (cette purgeasse) et Inferno ou Phenomena dans la même phrase. C'est la vie... :(

Cela dit j'ai toujours adoré Saada, ses films, ses avis, son discours. J'adore ce monsieur. Si j'étais producteur, je lui donnerais tout mon argent (à lui, à Gans et à Boukhrief aussi :D )

mannhunter
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Re: Inferno (Dario Argento - 1980)

Messagepar mannhunter » 17 juil. 18, 15:00

Torrente a écrit :Cela dit j'ai toujours adoré Saada, ses films, ses avis, son discours. J'adore ce monsieur.

Idem. J'aimais bien sa plume dans les Cahiers 90's et début 2000 sur Argento, Craven, Carpenter, Woo, son film "Taj Mahal" m'a assez plu aussi...je l'ai croisé au Max Linder récemment avant qu'il présente "Suspiria" mais je n'ai pas osé l'aborder. :oops:

Torrente a écrit :Mais ça me fait mal de lire Neon Demon (cette purgeasse) et Inferno ou Phenomena dans la même phrase. C'est la vie... :(

Ce n'est pas parce que Refn s'en inspire qu'il retrouve forcément l'essence de ces films... :wink:

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Re: Inferno (Dario Argento - 1980)

Messagepar Manolito » 17 juil. 18, 17:09

Argento a déclaré que le film qui a déclenché et inspiré l'écriture d'"Inferno" était un visionnage de "L'année dernière à Marienbad" - d'où Sacha Vierny d'ailleurs.

Onirisme, jeu insolite sur la temporalité... Des éléments qu'on retrouve dans les Lynch cités, et que ce dernier n'a donc pas inventé.

Argento parle d'ailleurs d'"Inferno" comme de son film le "plus pur", un de ses plus personnels (tout le contraire d'un Refn qui fonctionne beaucoup plus sur des références qu'un Argento).

C'est en tous cas l'Argento qui a le plus d'inventions cinématographiques à la minute, plus qu'un "Suspira" ou un "Frissons de l'angoisse". On sent un fou de cinéma aux manettes, qui certes perd un peu son scénario et ses acteurs de vue par moment, mais qui délivre une quantité de plans incroyables et d'idées de cinéma totalement folle ici.

"Inferno" n'est pas un film abscons, c'est un film qui fonctionne comme un parcours initiatique alchimique et cabalistique, avec des énigmes à résoudre, des éléments à affronter (terre, feu, eau), des grimoires, des secrets et des trompe-l'oeil. Un parcours initiatique maçonnique dans l'ésotérisme en quelque sorte...

C'est aussi un film Langien par sa passion pour l'architecture, comme beaucoup des films d'Argento de cette période, sa passion de faire interagir cet art avec celui du cinéma dans des combinaisons inédites. "Inferno" et "Ténèbres" sont les deux qui vont le plus loin en la matière - et cela justifie totalement le plan-séquence de "Ténèbres" d'ailleurs.

"Inferno", un film qui ne se livre pas facilement, qui ne tire pas les mêmes leviers qu'un film classique, qui exige beaucoup d'attention visuelle et sensitive.

C'est aussi le coup de chapeau le plus manifeste d'Argento à Bava père (les éclairages bien sûr, mais aussi les jeux de miroirs et de transparences dans le final) - c'est d'ailleurs le seul film sur lequel ils ont travaillé ensemble. J'ai toujours vu "Inferno" comme un prolongement de "Lisa et le Diable", le chef d'oeuvre maudit de Bava, autre film "pré-lynchien", si il faut utiliser cette expression pour faire comprendre ces métrages.

Saluer Bava et Resnais dans un même film, Argento était trop en avance sur son temps, c'est sûr...

Et enfin, la musique hallucinante de Keith Emerson : oserai-je blasphémer en affirmant que c'est celle que je préfère des films d'Argento, en tous cas celles qui support le mieux de multiples réécoutes. "Inferno Finale" , "Cigarettes, Ices, Etc."... par exemple : incroyables ! :shock:

Je pense sincèrement que pour les fans d'Argento purs et durs, "Inferno" est une sorte de Graal, dont les imperfections sont rachetés par une créativité à son maximum et, surtout, surtout, une sensibilité au fantastique et à l'étrange totale, sans concession, qui est la signature d'un grand maître du cinéma fantastique.