Jerry Schatzberg

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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oddy
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Messagepar oddy » 27 mars 07, 21:07

est ce que par hasard quelqu'un sait où on peut trouver le dvd de "the day the ponies come back" ? je ne le trouve nulle part (sauf en version espagnole). Merci.

Alligator
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Re: Jerry Schatzberg

Messagepar Alligator » 16 juin 09, 08:10

Scarecrow (L'épouvantail) (Jerry Schatzberg, 1973) :

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http://alligatographe.blogspot.com/2009/06/scarecrow.html
_______________

Le premier plan du film est un plan fixe somptueux. D'entrée, Vilmos Zsigmond annonce la couleur, la sienne, sa patte, "je suis là et bien là". Les extérieurs vont être sublimés par le cinémascope. Il y aura alors un contraste saisissant entre la beauté sauvage des paysages naturels et la crudité réaliste des intérieurs. L'école ultra réaliste américaine rue dans les brancards : Hackman parle la bouche pleine, on comprend à peine ses mots, il éructe, il pisse sur le bas-côté de la route. On est loin des road-movies proprets des années 50. Le code Hays, on s'asseoit dessus depuis quelques temps, les personnages débitent du fuck à qui mieux mieux. La ceinture est débouclée, on est en 1973, en cela L'épouvantail appartient parfaitement à son époque.

Il est servi par des comédiens de qualité très supérieure au tout venant. Hackman et Pacino éclaboussent l'écran de leur talent. Leur couple m'a fait penser à celui de Milton et Small de Steinbeck. Les quelques seconds rôles qui trainent essaient d'exister comme Ann Wedgeworth en vieille chatte en rut, qui s'attache facilement, en manque d'affection, pas mal.

Du point de vue scénaristique, on pourrait trouver ici ou là quelques reproches à faire à une histoire qui prend des détours étonnants, un peu raccourcis, pour ne pas dire un peu grossiers et peu crédibles, sortant du réalisme jusque là affiché (la bouderie en prison, la haine sordide de l'ex., le coup de folie de Pacino, etc.)

En somme, L'épouvantail est un film intéressant à plus d'un titre, pour son traitement ancré dans son époque et des comédiens jeunes mais déjà très habiles.

mannhunter
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Re: Jerry Schatzberg

Messagepar mannhunter » 26 juil. 10, 11:24


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Re: Jerry Schatzberg

Messagepar G.T.O » 26 juil. 10, 11:58

Extraordinaire nouvelle ! 8)

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Re: Jerry Schatzberg

Messagepar 7swans » 26 juil. 10, 12:00

G.T.O a écrit :Extraordinaire nouvelle ! 8)

ça fait un moment qu'il est sorti ce DVD. Juste une VF par contre (ce qui plombe bien la news quand même)...
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Re: Jerry Schatzberg

Messagepar AtCloseRange » 26 juil. 10, 12:28

Comment est-ce qu'on peut sortir un film pareil uniquement en VF :(
Un de mes films préférés...
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Re:

Messagepar mannhunter » 11 déc. 10, 14:01

AtCloseRange a écrit :Par contre, L'Ami Retrouvé reste un de mes films préférés et est un film absolument bouleversant.

diffusion sur NT1 Lundi:

http://www.programme-tv.com/television/ ... rouve.html

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Re: Re:

Messagepar AtCloseRange » 11 déc. 10, 14:11

mannhunter a écrit :
AtCloseRange a écrit :Par contre, L'Ami Retrouvé reste un de mes films préférés et est un film absolument bouleversant.

diffusion sur NT1 Lundi:

http://www.programme-tv.com/television/ ... rouve.html

Même si c'est de la VF c'est une chouette nouvelle! :D
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Re: Jerry Schatzberg

Messagepar bronski » 11 déc. 10, 14:17

Attention, c'est dans la nuit de dimanche à lundi, à 00h15.

Bon je vais essayer de voir ça.

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Re: Jerry Schatzberg

Messagepar AtCloseRange » 11 déc. 10, 14:22

bronski a écrit :Attention, c'est dans la nuit de dimanche à lundi, à 00h15.

Bon je vais essayer de voir ça.

Merci pour la précision.
J'espère que le format sera respecté d'ailleurs par NT1 parce que son scope est superbe.
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Re: Jerry Schatzberg

Messagepar AtCloseRange » 13 déc. 10, 12:15

Scope respecté mais VF et image dégueulasse m'ont fait renoncer au bout d'une demie-heure...
Pas sûr qu'on puisse revoir un jour ce film dans de bonnes conditions à moins qu'un bon éditeur (Criterion?) décide de s'y intéresser.
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Re: Jerry Schatzberg

Messagepar mannhunter » 13 déc. 10, 16:04

AtCloseRange a écrit :Scope respecté mais VF et image dégueulasse m'ont fait renoncer au bout d'une demie-heure...
Pas sûr qu'on puisse revoir un jour ce film dans de bonnes conditions à moins qu'un bon éditeur (Criterion?) décide de s'y intéresser.

il y a des films maudits... :evil: :cry:

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Re: Jerry Schatzberg

Messagepar AtCloseRange » 13 déc. 10, 16:30

mannhunter a écrit :
AtCloseRange a écrit :Scope respecté mais VF et image dégueulasse m'ont fait renoncer au bout d'une demie-heure...
Pas sûr qu'on puisse revoir un jour ce film dans de bonnes conditions à moins qu'un bon éditeur (Criterion?) décide de s'y intéresser.

il y a des films maudits... :evil: :cry:

En plus, la photo de Bruno de Keyser est assez difficile à rendre avec une espèce de couleur monochrome pour les flashbacks et là, dès la première scène, c'était hideusement rendu.

Il y a une discussion intéressante sur le blog de Tavernier du DVD dans la partie commentaires.
http://www.tavernier.blog.sacd.fr/cinem ... -editions/
Il semblerait que la copie d'hier soit celle qui ait été utilisée pour le DVD puisqu'ils pensent comme moi que le film est quasi irregardable (et difficile à juger) dans ces conditions.
Bruno de Keyser a d'ailleurs été chef opérateur sur plusieurs films de Tavernier.
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Re: Jerry Schatzberg

Messagepar Jeremy Fox » 20 févr. 12, 07:15

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La Vie privée d’un sénateur (The Seduction of Joe Tynan)


Le respectable sénateur démocrate Joe Tynan (Alan Alda) est sollicité de toute part pour s’opposer à la nomination d’un homme politique raciste à la Cour Suprême. Ce qui reviendrait pour lui à trahir son mentor (Melvyn Douglas) et à risquer sa carrière si la réussite n’était pas au rendez-vous. Quoiqu’il en soit, afin d’être en phase avec ses opinions et principes et empêcher une honteuse investiture ségrégationniste, il décide de se lancer dans le combat, aidé par la fille d’un sénateur de la Louisiane, Karen Traynor (Meryl Streep) qui devient par la même occasion sa maitresse. Cette ‘mission’ va mettre à mal sa vie de famille : il ne rentre presque plus jamais à sa maison de New York et délaisse à la fois son épouse aimante (Barbara Harris) et ses deux enfants dont l’ainée (Blanche Baker) est en pleine crise d’adolescence…


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Avant d’entrer dans le monde du cinéma à l’âge de 43 ans, Jerry Schatzberg aura été l’un des plus célèbres photographes de mode new-yorkais durant les années 60, travaillant pour des magazines comme Vogue, Cosmopolitan ou Life. Sa filmographie sera finalement assez 'frugale', ne comptant en trente ans, entre 1970 et 2000, que dix films pour le cinéma. Hormis ses trois premiers qui scrutent la détresse humaine dans l’Amérique des seventies, Portrait d’une enfant déchue (Puzzle of a Dowfall Child) avec Faye Dunaway, Panic à Needle Park (The Panic in Needle Park) avec Al Pacino et enfin l’Epouvantail (Scarecrow) avec Gene Hackman -qui remporte d’ailleurs la Palme d’or à Cannes en 1973-, tous les suivants sont encore aujourd’hui quasiment inconnus dans l’Hexagone. Au vu de la grande réussite que s’avère être La Vie Privée d’un sénateur, cette méconnaissance est bien dommage ! Il serait donc temps de se pencher plus avant sur son cas !


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Bien avant l’inoubliable série créée par Aaron Sorkin, The West Wing (A la maison blanche), dans laquelle avec le personnage de Arnold Vinick Alan Alda réendossera avec autant de talent et de charisme l’habit de sénateur, Jerry Schatzberg et son scénariste -qui n’est autre que Alda himself- dépeignaient déjà avec acuité les coulisses de la politique américaine au travers les portraits de différents sénateurs démocrates et notamment celui de Joe Tynan, formidablement campé par un Alda séduisant à souhait. Pour une fois, que ce soit le titre original ou le titre français, ils sont tous deux aussi bien adaptés au film : Tynan réussit un parcours presque sans faute non seulement par ses idées et ses convictions mais aussi beaucoup grâce à son pouvoir de séduction ; et le film de Schatzberg arpente certes les arrières cour de la Maison Blanche, du Congrès ou du Sénat mais entre également à l’intérieur de la maison familiale de cet homme politique, nous faisant connaitre sa vie privée auprès de sa femme psychologue et de ses deux enfants dont la plus grande est en pleine crise d’adolescence.


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Avec une belle rigueur d’écriture le scénariste parvient en à peine cinq minutes à nous faire entrevoir quels seront tous les aspects de sa chronique. Sur un thème musical à la fois modeste et guilleret composé par Bill Conti qui nous livre à l’occasion peut-être sa plus jolie mélodie, le générique se déroule sur des images d’un car de jeunes élèves noirs se rendant probablement visiter les bâtiments importants à l’intérieur desquels se déroule la vie politique américaine, tel le Capitole. Puis l’on assiste à une séance au cours de laquelle le sénateur Tynan défend une loi destinée aux défavorisés et qui permettra de créer au moins un million d’emploi. La séquence suivante se déroule le soir dans le lit conjugal : le sénateur se félicite de sa réussite à avoir fait voter cette loi alors que son épouse tente d’attirer son attention, se plaignant avec humour d’être délaissée au profit de la politique ; tout ceci se terminera par un câlin sur la moquette. La complicité entre les deux comédiens est telle que nous avons l’impression qu’il s’agit d’une scène filmée à l’improviste chez un véritable couple ; un peu dans le style de la fameuse séquence du petit déjeuner entre Marilyn Monroe et Clark Gable dans le sublime The Misfits de John Huston. Puis, dans une scène réunissant Alan Alda et Melvyn Douglas, l'on apprend sans plus tarder les principaux enjeux de l'intrigue purement politique qui sera le fil conducteur de l'ensemble.


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L’on se déplacera ensuite sans cesse de la vie privée du sénateur aux affaires politiciennes sur un rythme parfaitement bien tenu et surtout sans dramatisme outrancier hormis une scène de ménage assez violente mais tout à fait plausible. Et le film de Schatzberg s'avère être une réussite à tous les niveaux, dans toutes ses ruptures de ton. L'oeuvre est modeste, à la fois pudique et grivoise (les superbes scènes de lit entre Meryl Streep et Alan Alda), douce et acerbe. Il faut avoir vu cette grinçante séquence de la soirée de réception qui ne donne pas vraiment une bonne image de ces hommes qui dans l’hémicycle tiennent de grands discours en totale opposition avec leurs comportements en ces moments de ‘détente’. A ce propos le personnage interprété par Rip Torn résume la l’obsession sexuelle et la beauferie de certains, Tynan lui-même, sous le regard désabusé de son mentor (excellent Melvyn Douglas -l’un des grands comédiens d’Ernst Lubitsch- dans l’une de ses dernières apparitions à l’écran) s’abaissant à un ‘concours’ d’engloutissement d’un ragout louisianais jusqu’à en vomir. On retrouve un peu ici le style de l’auteur de très nombreux épisodes de la série M.A.S.H qui y tenait d’ailleurs le rôle de Hawkeye, probablement son personnage le plus célèbre.


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Si Alan Alda est plus que crédible dans la peau de ce charismatique sénateur d’une grande noblesse de cœur mais qui doit cependant pour arriver à ses fins faire parfois des choix pas toujours ni honnêtes ni agréables comme celui de trahir son ami et mentor en train de devenir sénile, Meryl Streep -qui aura rarement été aussi séduisante- ne démérite pas dans celui de la femme forte qui va l’aider à destituer le sénateur ségrégationniste et qui par la même occasion va devenir sa maîtresse. Entre Voyage au bout de l’enfer et Kramer contre Kramer, l’actrice trouvait encore un rôle à la hauteur de son talent même si le tournage fut pour elle très difficile, encore submergée par le chagrin causé par la perte de son grand amour de l’époque et partenaire dans le film de Michael Cimino, John Cazale. Mais celle dont on se souviendra le plus est sans conteste Barbara Harris, grande actrice de théâtre mésestimée qui trouve peut-être ici son plus beau rôle au cinéma, les autres films les plus célèbres auxquels elle avait auparavant participé étant Complot de famille de Alfred Hitchcock et Nashville de Robert Altman. En femme qui rêve juste de vivre dans la quiétude malgré les responsabilités de son époux, elle est ici époustouflante, sachant aussi bien jouer de la voix que des regards : la dernière image sur son visage est bouleversante, cette femme admirable décidant in fine de rester loyale à son époux adultérin afin de favoriser la carrière de ce dernier qui reste, malgré le fait qu'il l'ait déçu, le père de ses enfants et l’amour de sa vie .


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Pour résumer, un film subtil, tout en demi-teinte et parfaitement bien rythmé sur les mécanismes de la politique menée à Washington, ses répercussions sur la vie familiale, son opportunisme, ses compromissions, la fragilité de ses alliances pas toujours glorieuses, la corruption, l’importance du sexe et du pouvoir, la cruauté de certaines décisions prises derrière des sourires de façade, le questionnement sur les barrières à franchir ou non pour gagner la faveur des électeurs... Tour à tour feutrée et culottée (pour l'époque), une œuvre certes modeste et sans grandes montées dramatiques mais pas moins captivante pour autant, superbement dialoguée et surtout formidablement attachante lorsqu’elle aborde les thèmes de l’adultère ou de la difficulté à être heureuse pour la femme d’un politicien qui doit faire attention à tout ce qu’elle dit et fait. A ce propos la séquence où le sénateur reproche à son épouse de s'être trop dévoilée à un journaliste est passionnante, l'épouse s'amusant à compter le nombre d'électeurs perdus à chacun de ses 'aveux' privés.


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Même si la réalisation n’a pas à rougir non plus (le film est truffé de très belles séquences qui malgré la faiblesse du budget n’en sont pas moins amples comme celle du voyage en avion de tourisme), le succès escompté ne fut pas au rendez-vous et le film tomba vite dans l’oubli ; il est toujours le temps de corriger cette injustice en découvrant cette œuvre juste, cruelle et touchante ! Son faux Happy End précédé d’un stressant suspense amoureux lors du discours à la Democratic National Convention devrait longtemps vous hanter ! Tout comme The West Wing, le travail d’écriture est tel que le film de Schatzberg devrait plaire même à ceux que la politique américaine indiffère !

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Colqhoun
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Re: Jerry Schatzberg

Messagepar Colqhoun » 20 févr. 12, 18:04

Ça donne effectivement terriblement envie.
Et une sortie blu ray pour un film de photographe, c'est toujours une excellente nouvelle.
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