Eyes Wide Shut (Stanley Kubrick - 1999)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Watkinssien
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Re: Eyes Wide Shut (Stanley Kubrick - 1999)

Messagepar Watkinssien » 9 juin 19, 00:03

Bon, je vais devoir revoir Eyes Wide Shut, bravo Major!
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Mother, I miss you :(

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Supfiction
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Re: Cate Blanchett dans Eyes Wide Shut

Messagepar Supfiction » 9 juin 19, 07:53

Major Tom a écrit :En revoyant Eyes Wide Shut, la voix de la mystérieuse femme du bal masqué me paraissait de plus en plus familière


J’ai cru un instant que tu allais dire que c'était une ex.

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Karras
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Re: Eyes Wide Shut (Stanley Kubrick - 1999)

Messagepar Karras » 14 sept. 19, 12:17

On fête les 20 ans de la sortie du film sur les écrans français. Une sélection de quelques critiques de l'époque parues dans la presse hexagonale.

Libération :
«Eyes Wide Shut», dernier film du réalisateur américain Stanley Kubrick, provoque l'envie et suscite la pitié.
Spoiler (cliquez pour afficher)
Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick avec Tom Cruise, Nicole Kidman, Sydney Pollack, Marie Richardson"" 2 h 39
Par Olivier Séguret — 15 septembre 1999 à 00:42

Ouvrez grand les yeux, voici Eyes Wide Shut. Il nous arrive après un océan de commentaires comme jamais aucun film n'en a suscité avant d'être visible, avant d'être fini, avant même d'être commencé. Tout ce qu'il est possible de savoir a été dit et répété, malgré le rideau de fumée du secret dans lequel le film aurait germiné. Et c'est d'abord ce précédent historique, cette attente aussi légitime que fabriquée, qui donne d'emblée à EWS son statut d'objet critique exceptionnel. Mais après?

Cette mythologisation a priori, évidemment excessive, a eu raison de tout recul. La mort du cinéaste à peine quitté sa salle de montage a bien entendu accentué le mouvement et propulsé le film très au-delà de son altitude naturelle, créant de toutes pièces un malentendu fondateur. Avec Eyes Wide Shut, a-t-on voulu nous faire croire, Stanley Kubrick allait frapper au coeur de la psyché américaine. Le cinéaste qui a bouleversé les codes de la reconstitution en costumes avec Barry Lyndon, réinventé le space opera avec 2001, signé l'arrêt de mort du film de guerre avec Full Metal Jacket et réglé son compte à l'épouvante avec Shining; celui-là, donc, allait enfin dire son fait au démon sexuel américain, en réalisant le film de couple terminal, le drame sexo-psychologique absolu, duquel montait dès avant les premières prises les fumets tentateurs de l'exhib'érotique telle que ne manquerait pas de la fournir le duo emblématique du firmament hollywoodien. Résultat: bernique! Bien sûr, il ne s'agit pas de déplorer qu'Eyes Wide Shut ne fût un porno, ce dont on se doutait, ni même un travail aux limites de la représentation des corps comme le cinéma moderne en fourmille, ce qu'on n'attend pas de Kubrick. Le profond retournement déceptif que produit le film vient d'ailleurs: de son fond, de son histoire, de son sujet.

De la matière inventée par Schnitzler dans son Traumnovelle, Kubrick rapporte un scénario en deux phases. Premièrement, le jeune William Hardford, un docteur new-yorkais, comprend un jour que sa femme Alice est susceptible d'avoir des fantasmes et c'est pour lui la fin du monde. Deuxièmement, dès l'instant où il laisse à son tour ouverte la porte de son imaginaire sexuel, il va être happé dans un engrenage hallucinant, manquer de peu d'attraper le sida, se retrouver dans une orgie de luxe, puis être humilié publiquement par les partouzeurs anonymes et enfin voir sa vie sérieusement menacée par des assassins de l'ombre.

Ainsi Eyes Wide Shut commence par nous faire tirer la langue d'envie, d'admiration, de jalousie peut-être et, après 40 minutes d'éblouissement ophulsien, de lumières saturées et dorées, de langueur juste, s'emploie méthodiquement à nous frustrer; en tout cas à nous faire mesurer le désert affectif partagé par ce couple, son impuissance littérale à baiser, la vacuité presque abstraite de ses rapports, la misère terrifiante de son imaginaire sexuel. Laissant ainsi un sentiment partagé: d'où vient tout ce vide, exactement? De la tête du docteur, du couple Cruise-Kidman ou du regard où les tient Kubrick?

Peut-être en effet qu'en élisant Tom Cruise, véritable premier rôle, Kubrick a fait un choix capital et terrible contre son propre film. Cruise, c'est peut-être là le drame, n'est même pas en cause. Il est bon, oui. Mais uniquement en façade. L'autre Cruise censé naître, le personnage dans le personnage que le film prétend dévoiler sous nos yeux, celui-là n'existe pas. Ainsi le film ne cesse de courir après son inévitable détumescence. D'où cette impression si fréquente donnée par Eyes Wide Shut qui, en lieu et place de l'étirement, de la dilatation que semble travailler obsessivement le cinéaste, devient une magnifique machine narrative totalement à sec, qui dévore du néant et s'enivre de vide.

Le fait le plus intéressant dans cette affaire, ce n'est pas que le film de Kubrick partage la critique, le public, la cinéphilie, choses banales et somme toute communes à tous ses films. Le point décisif, c'est qu'il partage chacun d'entre nous, nous oppose de l'intérieur, coule au centre de la schizophrénie propre à chacun" et nous fait autant envie que pitié.


L'express
Et la lumière fut...
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Par Jean-Pierre Dufreigne et , publié le 09/09/1999 à 00:00

Dernière oeuvre du cinéaste, Eyes Wide Shut est une odyssée des désirs. Un grand film où l'on se perd comme dans la contemplation d'un tableau.

En cinq secondes, tout est dit. Le premier plan du dernier film de Stanley Kubrick ouvre sur une chambre élégante éclairée comme Kubrick sait faire jaillir la lumière - rappelez-vous Barry Lyndon: une lumière de gaz d'or. Une femme mince, ravissante, semble essayer une robe du soir; sans doute ne lui plaît-elle pas, ou bien ne s'y sent-elle pas à l'aise ni en beauté. Elle laisse glisser la soie. Elle est nue. Ecran noir. Générique et musique. Frustration, immédiate, sans recours. Il faut attendre. Attendre que les noms défilent sur l'écran, blancs sur fond noir. Attendre ou espérer. Voilà comment l'homme qui était encore, au soir du 6 mars dernier, un des trois génies vivants du cinéma commence son film par un battement de paupières sur la beauté à peine entr'aperçue et plonge son public dans la cécité de celui qui aurait «les yeux grands fermés», ainsi que l'énonce le titre, Eyes Wide Shut.

Finissons-en tout de suite avec le boulet que traînera tout compte rendu de la dernière oeuvre de Stanley Kubrick. Ce n'est pas parce que l'auteur des Sentiers de la gloire est arrivé au bout de la route, brutalement, que l'on doit magnifier cette oeuvre, in memoriam. Mais ce n'est pas parce que Kubrick est mort qu'on doit hésiter à dire qu'Eyes Wide Shut est un très grand film, hésitation qui serait due à l'étrange perversion qu'est la peur stupide de paraître cirer les pompes d'un cadavre en son cercueil. Le film est vivant, il a ouvert la Mostra de Venise, il apparaît sur nos écrans et c'est cette oeuvre qu'il faut voir et admirer. En elle il faut se perdre, à l'image de ses héros, comme on se perd dans la contemplation d'un tableau. Les murs des appartements d'Eyes Wide Shut regorgent de peintures, gravures, photos. On marche, on bavarde, on flirte, on se chamaille, on fantasme, d'autres meurent, devant un congrès d'images. Et la seule scène de nu - scène de Cruise et Kidman (en lunettes coquines) qui fait la totalité de la bande-annonce déjà trop vue - est un reflet dans un miroir, une autre image accrochée à un mur.

Grand film ne signifie pas grand spectacle, du moins au sens de l'immensité de 2001: l'humanité tirée de son aube jusqu'au-delà de l'éternité... Il s'agit ici d'un couple de jeunes New-Yorkais beaux, assez aisés pour habiter Central Park Ouest. Mariés depuis neuf ans, une fillette de 7 ans. Un couple à l'écran que Kubrick voulut aussi dans la vie. D'où le choix de Tom Cruise et Nicole Kidman, mariés et papa maman. Egalement beaux et totalement lisses. En apparence.

Après l'éblouissement du prégénérique, on retrouve la beauté entr'aperçue au plus intime: sur un siège de W.-C., quand son mari s'inquiète de son noeud papillon, de son portefeuille et de son téléphone mobile. Il est médecin, il doit être joignable. Ils se préparent à une soirée de banale mondanité, la baby-sitter est là, ils sont en retard, la fillette dit au revoir. Ils partent en se tenant par la main. Aucun drame ne semble pouvoir éclore entre les quatre murs du domicile conjugal, alors que Noël approche. Mais ces murs, que Kubrick surcharge de tableaux, offrent tous les symptômes de l'enfermement. Les perspectives définies par son objectif coincent les personnages, comme on se dit «coincé» quand on ne trouve pas d'issue à une situation grave ou ridicule. Ou terrifiante: dans Shining, une femme, un homme, un enfant étaient coincés dans le vide immense d'un hôtel assiégé par la neige. Car c'est à Shining, autre conte d'hiver, que l'on pense en frémissant, à la vie d'un couple vampirisée par la symétrie maniaque du décor, par la folie, et par quelques fantômes aussi.

Un fou rire qui la tord comme un serpent. Le Dr Bill Harford et son épouse, Alice, sont invités chez le riche Ziegler (Sydney Polack, auteur de Jeremiah Johnson et acteur dans Maris et femmes, d'Allen), amical et un brin vulgaire. Chez lui, les murs, en cette période de l'avent, sont de vraies cascades de lumière. Mais, dans l'immense hall de réception où se déroule sa fête, ils enferment les personnages dans une autre prison, celle des pulsions. Flirt entre Alice et un gentleman hongrois, caricature du charme fin de siècle Mitteleuropa - le film est adapté d'une nouvelle de Schnitzler (voir l'encadré). Flirt entre Bill et deux top models, égéries obligées de notre fin de siècle. Et quand, sur un battement de cils, tout peut basculer, un homme en noir apparaît. Le docteur est demandé à l'étage. Une femme nue gît sur un canapé bleu dans une salle de bains luxueuse et tapageuse, pendant que Ziegler remonte son pantalon, enfile ses bretelles et tente de reboutonner sa chemise. Overdose. Le Dr Harford sauve la jeune femme. Puis retrouve la sienne, émoustillée de champagne et de séduction. Bill et Alice, dans l'intimité de leur chambre, plaisantent sur ces flirts d'une soirée. Or, les mots ne plaisantent pas, ils entraînent, tout couple sait que des mots naissent les pires scènes. Là, Kubrick atteint un nouveau sommet. Bill assure Alice de sa fidélité et croit dur comme fer en celle de son épouse. Bill est en caleçon, tout fiérot, ce pourrait être un vaudeville (ou du Woody Allen), Alice sombre dans un fou rire qui la tord, l'écroule par terre et, mince, souple, filmée comme un serpent, elle redresse la tête pour cracher le venin d'une vérité à son mari, charmant ahuri. L'été dernier, à Cape Cod, un officier de marine l'avait regardée. Elle était prête alors, pour une nuit ou pour la vie, à abandonner son existence tranquille qui lui sembla tout à coup «de merde». Il ne s'est rien passé. Kubrick filme Nicole Kidman et son visage troublé par un souvenir inassouvi, comme, dans Shining, le faciès terrifiant de Nicholson après son intrusion dans l'antre de la folie. Téléphone. Un patient du Dr Harford a trépassé.

La mort frôlée dans une fête a ouvert la porte aux fantasmes, et la mort réelle vient de claquer celle du jardin secret de la belle Alice. Bill et Alice ne se tiendront plus par la main. Le film, par son montage, va les séparer. On ne les verra que dans des univers parallèles, Alice à la maison, Bill errant dans la nuit. Accompagné, le visage défiguré de lumières bleues ou blafardes, dans les taxis, sur les trottoirs, à la morgue, dans une orgie, par les images au gris fantomatique de l'étreinte d'Alice et du bel officier, qui n'eut jamais lieu mais que le serpent du fantasme (ce corps souple d'Alice pendant son aveu) a introduite à jamais dans sa vie. Dans Greenwich Village désert sous une nuit de suie, plus de murs de lumière, plus de gaz d'or, mais, pour seul repère, le clignotement des arbres de Noël sur les trottoirs, dans le studio minable d'une jolie putain, Domino (Vinessa Shaw), dans un bar où l'on entend le Requiem de Mozart. Et des taches de rouge. Rouge des cent litres de sang déversés par un ascenseur de Shining, rouge de l'intérieur du cerveau de l'ordinateur déjanté de 2001; et, ici, rouge de la porte écarlate de la putain dans une rue sans joie, rouge du tapis de la table de billard de Ziegler. Rouge incongru, donc. Comme celui de la soutane du maître de cérémonie de l'orgie, arraché à un tableau de Francis Bacon. Cette orgie pour laquelle déjà beaucoup d'encre a noirci du papier blanc, souvent en le maculant afin d'en fustiger le «mauvais goût», est le pendant obscur de la réception Ziegler (les deux séquences font dix-huit minutes). Là, Bill était dragué; ici, il est menacé comme dans un mauvais rêve et expulsé sans pour autant s'en éveiller. Orgie, ont donc dit les censeurs qui voilèrent des rares nudités s'activant en des simagrées d'étreintes mécaniques (les Européens ont droit aux vrais plans). Edulcoration que cet emploi du terme «orgie», au parfum antique vaguement romain. Car le vrai mot est partouze: il est vulgaire, mais parfait pour décrire les occupations de gens de mauvais goût, dans une mascarade de vaine sexualité. Mauvais goût voulu par Kubrick, puisque annoncé par l'ironie sourde du mot de passe: Fidelio, titre d'un opéra de Beethoven chantant le pur amour conjugal. Le mauvais goût a toujours été le plus juste reflet d'une époque. Kubrick ne s'est jamais privé de le montrer: l'appartement des parents d'Alex, dans Orange mécanique, la grossièreté de Barry Lyndon dès qu'il a épousé lady Lyndon, les maquillages de Lolita lorsqu'elle joue au théâtre, chaque fois - futur proche, siècle des Lumières, années 50 - Kubrick le méticuleux révèle l'empreinte du mauvais goût. Comme un cachet officialisant une signature.

Dans ce monde d'ombre où erre Bill, des néons mortels s'allument. Quand il veut revoir Domino, il apprend qu'elle est hospitalisée, séropositive. La jeune femme qu'il a sauvée chez Ziegler, et qui l'a peut-être sauvé, lui, pendant l'orgie, est étendue à la morgue. Scène frissonnante où il se penche sur ce visage de cadavre comme pour un baiser qu'il n'arrivera plus à donner. L'accumulation de tous ces désirs inaboutis tourne parfois au burlesque, dont Kubrick est un maître féroce. Dans l'antre d'un loueur de costumes (Bill est en quête d'un déguisement pour s'incruster au château de l'orgie), le burlesque camoufle l'infamie. Derrière un canapé, deux Japonais en string à dentelle s'amusent avec une gamine en très légère tenue (Leelee Sobieski), petite soeur années 90 de Lolita années 50. La nymphette ne minaude plus, elle embarque pour l'abattage. Son père, aussi faux que ses déguisements, vend son corps d'un blanc irréel. Le magasin se nomme L'Arc-en-ciel. Perversion de toutes les couleurs.

Quand Bill rentre enfin au bercail, un rayon de lune pâle comme la mort éclaire, sur les draps violets (chez les Harford tout était blanc) du lit conjugal, le visage d'Alice ricanant au côté du masque loué pour l'orgie, devenu substitut du mari. Il l'éveille, et Alice lui conte ce qu'elle vient d'éprouver dans son sommeil. Kubrick filme les mots qu'elle dit, sa bouche qui parle, son visage qui s'apeure, non les images que ces mots, d'une sexualité cruelle, évoquent. Un rêve n'existe que par les mots employés pour le décrire. Bill contera, lui, ce qu'il vient de vivre, et on n'en verra que les résultats sur leurs visages sans plus aucune grâce au petit matin.

Une journée recommence où il faut choisir les cadeaux. Un couple de parents avec leur enfant, un homme et une femme avec leurs ressentiments de désirs brisés. Deux mondes étrangers filmés en un même plan, entre les murs soudain inquiétants d'un magasin de jouets. Comment les ressouder? Alice, entourée de nounours, propose la solution: «Baiser» (fuck). Ce sera le dernier mot du film et il clôt pour Kubrick, sa mort venue, l'histoire de son cinéma par un point d'ultime ironie.


Le Monde : Stanley Kubrick, un démiurge au milieu des hommes

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Le Monde, samedi 17 juillet de notre envoyé spécial Jean-Michel Frodon

Eyes Wide Shut, le treizième et ultime film du réalisateur américain Stanley Kubrick, mort le 7 mars, est sorti aux Etats-Unis le 16 juillet. Les spectateurs français devront attendre le 15 septembre pour le découvrir. ADAPTATION de « Rien qu'un rêve » (1926), la nouvelle de l'écrivain autrichien Arthur Schnitzler, Eyes Wide Shut a été précédé d'un parfum de scandale, dû à la présence en haut de son affiche du couple Nicole Kidman-Tom Cruise et à des scènes annoncées comme érotiques. DANS CETTE OEUVRE étrange, qui s'interroge sur les fantasmes de riches New-Yorkais, Kubrick insuffle un mélange d'humour, de sagesse et de désespoir, et signe un grand film relativiste. DEPUIS près de quatre ans, le film aura alimenté d'autres fantasmes, mais sur Internet cette fois, des rumeurs qui, pour la plupart, se sont révélées sans fondement.

Le treizième film de Stanley Kubrick, sorti le 16 juillet aux Etats-Unis, est un événement. En raison de la personnalité de son réalisateur d'abord. Le talent de Stanley Kubrick, son intransigeance frisant la paranoïa, sa rareté – il n'est parvenu à tourner qu'un nombre réduit de films en trente- cinq ans de carrière, lui valent la reconnaissance due aux grands artistes du cinéma, le seul qui ait pu s'imposer au coeur même du système hollywoodien. Parce qu'il s'agit aussi du dernier film d'un metteur en scène brutalement disparu le 7 mars. Douze ans après son précédent film, Full Metal Jacket, on annonçait enfin l'achèvement d'un des projets les plus longs et les plus mystérieux de l'histoire du cinéma.

Un parfum de scandale entourait le film depuis plusieurs mois et surtout les scènes érotiques du couple vedette formé par Tom Cruise et Nicole Kidman devant la caméra d'un cinéaste connu pour repousser les limites de tous les genres. Enfin, les révélations d'un ami du défunt sur cet ultime opus ont été relayées dans le monde entier par Internet (lire l'article ci-dessous) tandis que l'état – mondialisé – du monde achevait de rendre dérisoire la prétention très « kubrickienne » d'interdire tout regard européen sur ce film dès lors qu'il était officiellement présenté sur les écrans des Etats-Unis.

« Le film que vous allez voir est exactement celui que Stanley a tourné et monté », a répété le représentant de Warner devant les journalistes britanniques, allemands, italiens, espagnols et français conviés à assister à une projection organisée à Londres « pour couper court à toutes les rumeurs ». Il voulait dire qu'il ne s'agissait pas de la version « amendée digitalement » pour préserver les spectateurs américains des scènes scandaleuses qu'évidemment on guettait – en quoi on fut déçu. Le message, par son insistance, suscitait pourtant un doute – que la projection a renforcé – sur l'état d'achèvement de l'oeuvre au moment de la mort de son créateur.

Eyes Wide Shut (littéralement : « les yeux grands fermés ») est un film étrange, jouant sur la transgression des bonnes moeurs, la ligne de partage entre fiction et réalité et le grotesque. Toute la tension dramatique émane de cette étrangeté, réseau arachnéen de poussées et de contrepoids dont, par instants, il semble que le cinéaste n'ait pu achever de maîtriser le dosage exact. C'est particulièrement vrai du jeu des comédiens, surtout de celui des deux vedettes. L'une des raisons de leur présence est naturellement que cette histoire de couple bien établi qui va se laisser perturber par les imaginations de l'un et l'autre est interprétée par un véritable couple. Une autre raison pourrait bien être qu'avec des stars aussi cotées au box-office, Kubrick ait assuré le financement de son projet. Il se pourrait encore que le cinéaste, qui, depuis l'amère expérience de Spartacus, a appris à se méfier des stars, n'aurait pas détesté ridiculiser deux spécimens particulièrement recherchés. Il reste que Cruise et Kidman, qui sont de très bons acteurs, n'ont jamais été aussi mauvais. Passe l'hypothèse que ce serait exprès, mais jusqu'à quel point ?

EXCÈS D'ÉVÉNEMENTS

Lui est donc Bill Harford, jeune et riche médecin new-yorkais ; elle est Alice, son épouse bien-aimée et mère de leur petite fille. Après une soirée très arrosée chez un ami, où l'un et l'autre ont failli se laisser tenter par l'adultère, après un petit joint très conjugal, elle avoue à son mari un rêve de tentation érotique avec un autre homme. On retrouve le début de la nouvelle d'Arthur Schnitzler, « Rien qu'un rêve », dont le scénario suit assez fidèlement les péripéties. Celles-ci s'abattent uniquement sur le pauvre Bill, et Kubrick les filme comme les rebondissements d'une comédie burlesque dont le héros, joué par un Tom Cruise emprunté et grimaçant, serait un franc crétin, qui prend systématiquement sur le coin de la figure toutes les avanies imaginables dans les environs.

Le mignon docteur reçoit donc, impuissant, les propositions d'un couple de donzelles entreprenantes, les confidences dangereuses de son ami Victor, les avances d'une orpheline échauffée, les fantasmes de sa femme, les coups et les injures d'une bande de loubards, les offres d'une prostituée avenante, les interventions de son portable, les insultes d'un marchand de déguisements serbe qui maquereaute sa fille mineure, etc.

On est clairement dans un cauchemar, mais un cauchemar carnavalesque, où la mort rôde, affublée du masque de la farce. Jusqu'à ce que, chaviré par cet excès d'événements qui le dépassent, Bill décide d'agir, au risque de transformer la comédie en tragédie.

Il faudra arriver au terme du film pour comprendre qu' Eyes Wide Shut est construit autour de deux séquences principales, disposées en miroir. L'une vient de Schnitzler : il s'agit de la soirée secrète élevée par la mise en scène – quand Kubrick connaît les registres du grandiose – au rang de cérémonial. Entre orgie sadienne et partouze costumée, on est toujours à la frontière du ridicule. Le hiératisme des corps nus et des visages de cartons, de perles ou d'or, l'imitation des grands tableaux de l'histoire de l'art, mènent le film dans un lieu que le cinéaste de 2001 se plaît à fréquenter : le voisinage des dieux. Un ange, celui du sexe et de la mort, passe.

HUMOUR ET DÉSESPOIR

La seconde scène, symétrique, est une invention de Stanley Kubrick. Il s'agit de la virulente dénégation de la « magie » de ce cérémonial sensuel et cruel dans lequel le docteur Cruise s'est introduit abusivement, plaidoirie que le cinéaste a tenu à faire dire par un cinéaste (Sydney Pollack) interprétant un rôle créé de toutes pièces.

Alors que le texte (qui date de 1926) est hanté par le freudisme et par un mystère devant lequel les personnages finissent par s'incliner, reculant devant l'incompréhensible de la mort, du désir et de la psyché, le film choisit une version totalement désacralisée : tout ce que vous avez vu était de la mise en scène, dit Victor à Bill ; la mort ni le sexe ne sont des territoires du sublime, seulement des champs de pouvoir et de hasard.

Dès lors, les époux décident que leurs rêves valent moins que leur confort et l'accomplissement des rituels familiaux et consuméristes. Il y a un étrange mélange d'humour, de sagesse et de désespoir dans la conclusion laissée à Nicole Kidman et qu'on résumera par une phrase : « Arrêtons de nous prendre la tête, achetons les cadeaux de Noël de la gamine et allons tirer un coup, chéri. »

Eyes Wide Shut est un grand film relativiste, qui réfute l'absolu de l'amour comme les fascinations de l'abîme (et les séductions du star-system). C'est peut-être pour préférer les hommes aux dieux qu'il laisse un parfum de déception. Là est sans doute son courage, et son honneur.


Les Inrockuptibles : "Eyes wide shut", l'odyssée du sexe et de l'angoisse
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"Eyes wide shut", l'odyssée du sexe et de l'angoisse
01/09/99 01h01
Par
Serge Kaganski

L’attente n’était pas vaine : le dernier Stanley Kubrick est à voir et à revoir. Pour sa beauté plastique, son jeu entre normalité et transgression, réalité et simulacre, ses questions grandes ouvertes.

Eyes wide shut, l'oeuvre kubrickienne la plus humaine et d'apparence la plus simple, se révèle être un film plus obsédé par l'angoisse que par le sexe, servi par la dévotion de tout son entourage : Nicole Kidman et Tom Cruise bien sûr, mais aussi ces discrets personnages qui activent le mystérieux système Kubrick. Tous racontent ici comment celui-ci a fonctionné une dernière fois.

La vision d'Eyes wide shut rend rétrospectivement ridicule toute l'attente montée en mayonnaise qui précédait, jetant un grand voile de relativité sur certaines agitations bien vaines. On sait que tout ce mystère savamment entretenu était d'abord le fait de Stanley Kubrick lui-même, puis de ses ayants droit, des collaborateurs du film (Cruise et Kidman en tête), du grand studio qui le distribue, certainement pas fâché de détenir un si intense objet de curiosité et de faire monter cette intensité jusqu'à la cruciale mise à feu du 16 juillet ­ date de la sortie américaine.

Cette stratégie du secret attisant l'attente, habituelle dans le cas d'un film de Kubrick, a évidemment été décuplée par le décès du cinéaste au printemps dernier. Depuis, que de rumeurs et d'échos, que de vrais secrets de polichinelle et de faux scoops relayés par le médiavillage global, des plus bas étages d'Internet aux organes de presse les plus prestigieux. De quoi sérieusement agacer ou simplement laisser de marbre ceux qui pensent qu'un film n'est qu'un film, fût-il de Stanley Kubrick.

Certes, pour un amateur de cinéma admirateur de Kubrick, l'ultime création de l'auteur d'Orange mécanique est affaire d'importance, mais ce n'est pas non plus le saint Graal, la découverte de l'Atlantide ou un secret d'Etat mettant en jeu l'avenir de la planète. A force de placer la barre de l'attente aussi haut, de s'exciter sur le moindre éternuement en provenance du tournage, de jouer l'événement contre le film, ce dernier ne risquait-il pas de passer pour la dernière roue du carrosse médiatique et de susciter, forcément, de la déception ?

Ceux qui ne prêtaient qu'une oreille très distraite au brouhaha Eyes wide shut et attendaient sereinement le film, juste le film, sont enfin servis. Eyes wide shut n'est sans doute pas le méga-chef-d'oeuvre indiscutable du siècle, sans doute pas non plus le chef-d'oeuvre de Kubrick (sur le coup d'une seule vision, à chaud, je lui préfère 2001, Barry Lyndon et aussi Shining, auquel il ressemble le plus), peut-être même pas un chef-d'oeuvre tout court ­ mais pour être en mesure d'avoir plus de certitudes sur ce plan, il faudra le revoir.

En fait, la légère pointe de déception ressentie est un phénomène kubrickien dûment répertorié, déjà manifesté à l'occasion des premières visions à chaud de Barry Lyndon, Shining et Full metal jacket : et l'on sait ce qu'il est advenu de ces trois opus, de leur bonification exponentielle au fil des années et des visions successives.

Ainsi, de façon concomitante et simultanée à la déception (comment, le Kubrick ne m'a pas transformé en statue de sel ?! Il ne révolutionne pas d'un coup toute l'histoire du cinéma ?!), on éprouve aussi le sentiment d'avoir vu en Eyes wide shut un film passionnant, riche en divers niveaux de lecture, se refermant avec sa part de mystère non élucidé ­ et qu'une seule projection ne saurait épuiser.

La première couche du film qu'on a envie de peler concerne son aspect testamentaire, presque compilatoire. Stanley Kubrick avait-il pleinement conscience de réaliser là son ultime opus ? Toujours est-il qu'Eyes wide shut abonde en citations plus ou moins volontaires des précédents films de Kubrick, en références structurelles, plastiques, situationnelles, secrètes, anecdotiques, humoristiques, renvoyant à l'oeuvre entière. A charge pour chaque spectateur de jouer au jeu plaisant de la reconnaissance et du recoupement, de pointer le lit de mort de la fin de 2001, la nouvelle lolita, les mannequins du Baiser du tueur, les masques d'Ultime razzia ou d'Orange mécanique, les costumes de Barry Lyndon, la structure temporelle de Docteur Folamour, l'assemblée de personnes disposées en cercle, les travellings avant ou arrière dans un couloir, un New York aussi mental, recréé et réduit à quelques lieux symboliques que le Vietnam de Full metal jacket, etc., ad nauseam. Au-delà de l'anecdote, on a l'étrange sensation que Kubrick a aussi conçu son dernier film comme un passage en revue final et rétrospectif, préparant sa sortie un peu comme Mitterrand avait organisé la sienne : avec toute la fierté, la grandeur, l'ambition, la folie de la mise en scène comme moyen de contrôle, avec la mégalomanie que suggère un tel geste.

Autre niveau du film, plus immédiat, plus important et plus central car lié au sujet principal et aux motivations originelles de Kubrick : le lien entre conjugalité et fidélité, sexe et sentiment, vécu et fantasme, vie réelle et vie rêvée. Eyes wide shut est très fidèlement adapté de Rhapsody, une nouvelle de Rien qu'un rêve d'Arthur Schnitzler, dans laquelle l'auteur autrichien évoquait les aventures sexuelles fantasmées par les deux membres d'un couple. Celui-ci est constitué dans le film de Bill et Alice Harford (Tom Cruise et Nicole Kidman), grands bourgeois new-yorkais quadragénaires (il est médecin, elle tient une galerie d'art), qui ont une fille de 7 ans et dix années de mariage derrière eux. Deux nuits (ou une ? ou trois ? on ne sait plus trop, l'écoulement du temps étant l'un des principaux sortilèges du film) vont sérieusement ébranler leurs certitudes conjugales, sentimentales et sexuelles.

Tout commence par une gigantesque fête chez leur ami Victor Ziegler (Sydney Pollack). Les deux Harford y ont chacun une occasion de commettre l'adultère, mais résistent au passage à l'acte. De retour de la party, autour d'un joint censé être réparateur, ils se disputent. Alice avoue à Bill que jadis, lors d'un voyage du couple, elle a fantasmé très fort sur un bel officier de marine de passage. Bill encaisse mal : pour lui, le fantasme vaut tromperie et il part remâcher son amertume dans la nuit new-yorkaise. Le film de couple se transforme alors en film de Bill Harford/Tom Cruise. Ce qui commençait un peu comme Shining (un virus s'introduit au sein de la cellule humaine la plus petite et la plus intime, celle du couple et de la famille, et la dérègle) devient 1999, l'odyssée du sexe.

Tel l'astronaute Bowman traversant un véritable parcours initiatique dans l'espace, le docteur Harford va être confronté à l'épreuve de la tentation sexuelle sous toutes ses formes : déclaration d'amour impromptue d'une patiente, sollicitation d'une prostituée, oeillades insistantes d'une lolita, le tout culminant dans une gigantesque partouze masquée, aux confins de la cérémonie sectaire, miroir ritualisé et mis en scène de la fête inaugurale, bacchanale sadienne qui ira jusqu'au "sacrifice" d'une des participantes. C'est la fameuse séquence orgiaque qui a valu au film d'être retouché digitalement par les censeurs américains. Décidément, les censeurs ne comprennent rien à rien, et surtout pas les modes de représentation, car chez Kubrick, nulle pornographie, nulle intention graveleuse (ce dont certains se plaindront) : le sexe, cette grande affaire sur laquelle on a fait mousser le film, est ici mis à distance, stylisé, chorégraphié et, au final, éminemment kubrickien. C'est-à-dire aussi bandant qu'un concept, aussi érotique qu'une cérémonie maçonnique : purement plastique et cérébral. Harford est complètement perdu dans ce labyrinthe nocturne et s'en tient à une constante : il ne baise pas.

Les deux grandes scènes de fête sont bien sûr les deux clés du système interne du film, nous amènent à son troisième niveau, à sa dialectique fondamentale : s'y affrontent et s'y miroitent la normalité et la transgression, la réalité et le simulacre, le réel et la mise en scène, le visible et l'invisible, la lumière aveuglante chez Ziegler et les ténèbres fauvistes chez la secte touzarde. Film sur le simulacre et le rêve, Eyes wide shut est aussi, bien sûr, un film sur le cinéma et une réflexion sur la mise en scène. Pourtant, ces deux grosses clés n'ouvrent pas toutes les portes. Plus tard dans le film, Ziegler/Pollack explique tout au pauvre Harford/Cruise (et au spectateur) : dans la partouze masquée, tout n'était que mise en scène et jeu de rôles, personne n'a été "sacrifié", la jeune femme morte n'était qu'une banale junkie overdosée. On pourrait croire Ziegler sur parole et tout serait très simple ; on peut aussi être comme Harford, très dubitatif devant les explications embarrassées et hésitantes du maître de cérémonie.

En fait, dans Eyes wide shut, tout est montré mais rien n'est bouclé, rien n'est explicité et tout reste ouvert. Alice a-t-elle seulement fantasmé sur le marin ? Les images d'Alice copulant sont-elles juste une pensée jalouse de Bill ou bien un réel flash-back ? Bill a-t-il vécu ou cauchemardé la cérémonie partouzarde (ce n'était donc rien qu'un rêve ?) ? A-t-il été le témoin d'un meurtre ou de simples circonstances ? Et comment le masque de Bill oublié à l'orgie réapparaît-il plus tard dans son lit conjugal ? Alice était-elle l'une des beautés masquées présentes au bal sadien ? Qui est le vrai Bill ? Celui qui porte le masque ou celui qui brandit à tout bout de film sa carte de visite ? Le film se refermera avec tous ses points d'interrogation.

Entre cauchemar et réalité, entre les différentes zones de l'identité, Kubrick se garde bien de trancher. Son film préfère arpenter dans tous les sens la ligne de partage entre vécu et fantasme, action et pensée, se demandant jusqu'où peut aller l'abolition de l'écart entre réel et mise en scène ­ question contemporaine s'il en est, traversant aussi bien la pratique des snuff-movies que les guerres chirurgicales, le porno que le body-art. Tout ce que vit Harford/Cruise, tout ce que nous voyons dans le film, ce Romance XY (point de vue d'un homme qui, lui, bute sur le passage à l'acte), n'est peut-être qu'un leurre, le cauchemar haschischien d'un homme en crise, une projection mentale à l'image de ce New York de studio dont nous apercevons toujours les mêmes carrefours par des plans anonymes évoquant les transitions des sitcoms.

A la fin du film, les Harford décident de tirer un trait sur l'épreuve qu'ils viennent de vivre, de repartir du bon pied en commençant, par exemple, par tirer un bon coup. Mais de quoi doivent-ils se remettre ? D'un adultère qu'aucun des deux n'a commis ? Ou simplement d'y avoir pensé, d'en avoir caressé l'idée, d'être momentanément sorti des rails convenables et convenus de la vie de famille normée pour partir à la recherche de soi-même ? Entre fantasme et vécu, idée et passage à l'acte, existe-t-il une si grande différence ? La frontière entre réalité et simulacre est-elle aujourd'hui si nette et si profonde ? Ne sommes-nous pas aussi marqués par le réel que par son spectacle ? Voilà quelques questions abordées ici par Kubrick.

Un jour, Serge Daney remarquait que le dernier mot du dernier film de Ford était "So long bastard !" ("A la revoyure, enfoiré !") : une réplique qui sonnait comme une épitaphe appropriée. Le dernier mot du dernier Kubrick sera donc "fuck". Fuck comme "Allez tous vous faire foutre !", comme "Je tire ma révérence en pointant le majeur".

Fuck comme ce que n'a pas fait Harford/Cruise tout au long d'Eyes wide shut, mais comme l'essentiel de ce qui occupe l'homme, en acte ou en pensée. Ultime paradoxe d'un film paradoxal (comme un sommeil), point final d'un cinéaste qui est parti les yeux grands ouverts. Quant à nous, par plaisir et pour mieux le comprendre, nous retournerons voir Eyes wide shut les yeux fermés.

Serge Kaganski

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Re: Eyes Wide Shut (Stanley Kubrick - 1999)

Messagepar Supfiction » 14 sept. 19, 12:30

Serge Kaganski a écrit :Alice était-elle l'une des beautés masquées présentes au bal sadien ?


Première fois que je lis ça. Quelque chose permet de l’envisager une seconde ?

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Re: Eyes Wide Shut (Stanley Kubrick - 1999)

Messagepar Major Tom » 14 sept. 19, 14:00

C'est une théorie qui va et vient, mais rien ne le démontre. Ça n'aurait surtout pas beaucoup de sens.
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Re: Eyes Wide Shut (Stanley Kubrick - 1999)

Messagepar Alexandre Angel » 14 sept. 19, 14:03

Le Top 10 des Cahiers du Cinéma cette année-là

1. Eyes Wide Shut Stanley Kubrick
2. Le vent nous emportera Abbas Kiarostami
3. Sicilia ! Jean-Marie Straub & Danièle Huillet
4. eXistenZ David Cronenberg
5. Le Vent de la nuit Philippe Garrel
6. Jugé coupable Clint Eastwood
7. La Lettre Manoel de Oliveira
8. Une histoire vraie David Lynch
9. Ghost Dog Jim Jarmusch
10. Les Noces de Dieu João César Monteiro

Personnellement, plutôt bien en phase.

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Re: Eyes Wide Shut (Stanley Kubrick - 1999)

Messagepar Thaddeus » 14 sept. 19, 16:29


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Re: Eyes Wide Shut (Stanley Kubrick - 1999)

Messagepar Watkinssien » 14 sept. 19, 17:23



C'est moi ou il y a une grosse faute d'orthographe dès le titre de l'article?
Je ne suis pas sûr, en y réfléchissant...
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Re: Eyes Wide Shut (Stanley Kubrick - 1999)

Messagepar Alexandre Angel » 14 sept. 19, 18:13

Watkinssien a écrit :Je ne suis pas sûr, en y réfléchissant..

Oh bah si, il n'y a pas de doute!

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Re: Eyes Wide Shut (Stanley Kubrick - 1999)

Messagepar Rick Deckard » 14 sept. 19, 18:20

EWS est arrivé à 20 ans ?
Il ne faut pas confondre des mecs qui s’excusent et dégât des eaux

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Re: Eyes Wide Shut (Stanley Kubrick - 1999)

Messagepar Alexandre Angel » 15 sept. 19, 09:47

Quelqu'un pourrait-il avoir la gentillesse de m'indiquer LA référence blu-ray en zone 2 pour Eyes Wide Shut (j'en suis toujours à mon vieux dvd en 4/3)?

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Re: Eyes Wide Shut (Stanley Kubrick - 1999)

Messagepar Supfiction » 15 sept. 19, 09:48

Alexandre Angel a écrit :Quelqu'un pourrait-il avoir la gentillesse de m'indiquer LA référence blu-ray en zone 2 pour Eyes Wide Shut (j'en suis toujours à mon vieux dvd en 4/3)?


Y en a pas je crois. En France en tous cas.
Il est urgent d’attendre encore un peu à mon avis.

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Re: Eyes Wide Shut (Stanley Kubrick - 1999)

Messagepar Alexandre Angel » 15 sept. 19, 09:51

Quelle promptitude Sup', merci!!

Supfiction a écrit :Il est urgent d’attendre encore un peu à mon avis.

:lol: joliment formulé mais frustrant car j'étais sûr qu'il existait quelque chose

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Re: Eyes Wide Shut (Stanley Kubrick - 1999)

Messagepar Karras » 15 sept. 19, 10:15


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Re: Eyes Wide Shut (Stanley Kubrick - 1999)

Messagepar Alexandre Angel » 15 sept. 19, 10:36

Karras a écrit :https://www.amazon.fr/Eyes-Wide-Shut-Blu-ray-Cruise/dp/B000XIABSK/

Tout simplement, merci!
C'est commandé pour fêter l'anniversaire :wink: