Albert Finney

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Supfiction
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Albert Finney

Messagepar Supfiction » 18 oct. 13, 13:35

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J'ouvre ce topic Albert Finney à la va vite, quitte à y revenir plus tard..
Bio
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Né en 1936 en Angleterre, à Salford, Albert Finney entre à 17 ans à la Royal Academy of Dramatic Arts et fait ses premiers pas sur scène à 20 ans dans une production de " Jules César " par la Birmingham Repertory Company. Il joue " Macbeth ", puis " Henry V ", avant de se produire avec la Royal Shakespeare Company pour le centenaire de la troupe en 1959. Il joue ensuite avec le Royal Court Theatre puis la National Theatre Company à l’Old Vic, notamment dans " Beaucoup de bruit pour rien ", " The Country Wife " et " La Cerisaie ". Il se produit aussi dans des comédies musicales comme " Des garçons blancs comme neige ", mise en scène par Lindsay Anderson en 1960.

Il remporte un Olivier Award du meilleur comédien pour " Orphans " et " A Flea in Her Ear ", et est cité au Tony pour " A Day in the Death of Joe Egg " et " Luther ", pièce pour laquelle il reçoit l’Evening Standard Theatre Award.

Albert Finney débute au cinéma dans Samedi Soir Et Dimanche Matin de Karel Reisz. Il a depuis alterné cinéma et théâtre, campant pour le grand écran des personnages éclectiques dans des films comme Annie de John Huston, Miller’s Crossing de Joel et Ethan Coen, The Playboys de Gillies McKinnon, L’amour En Trop de Bruce Beresford, Un Homme Sans Importance de Suri Krishnamma. Il a réalisé Charlie Bubbles en 1967, dont il tient le rôle principal aux côtés de Billie Whitelaw, Liza Minnelli et Colin Blakely.

A sa filmographie figurent aussi Washington Square d’Agnieszka Holland, The Run Of The Country de Peter Yates, Les LeÇons De La Vie de Mike Figgis, Les Enfants De L’impasse d’Alan J. Pakula, Wolfen de Michael Wadleigh, et Voyage À Deux de Stanley Donen.

On l’a vu également face à Bruce Willis et Nick Nolte dans l’adaptation du roman de Kurt Vonnegut, Breakfast Of Champions d’Alan Rudolph et dans l’adaptation par Sam Shepard de sa pièce, Simpatico, avec Jeff Bridges, Nick Nolte, Sharon Stone et Catherine Keener.

Très actif à la télévision, Albert Finney a remporté l’Emmy et le Golden Globe pour le téléfilm " The Gathering Storm ", dans lequel il incarnait Winston Churchill. Il a été cité à l’Emmy pour le téléfilm " The Image ". A travers Memorial Films, la société qu’il a créée avec Michael Medwin, il a produit des films comme If... et Le Meilleur Des Mondes Possibles de Lindsay Anderson ou Gumshoe de Stephen Frears.

En plus de quarante ans de carrière au cinéma, Albert Finney a été cité à quatre reprises à l’Oscar du meilleur acteur, pour Tom Jones/entre L’alcÔve Et La Potence de Tony Richardson, Le Crime De L'Orient-express de Sidney Lumet, L’habilleur de Peter Yates et Au-dessous Du Volcan de John Huston, et une fois à celui du meilleur second rôle, pour Erin Brockovich de Steven Soderbergh.

Albert Finney a obtenu le Golden Globe du meilleur acteur pour Scrooge, le Prix d’interprétation au Festival de Berlin pour L’habilleur et le Prix d’interprétation au Festival de Venise pour Tom Jones/entre L’alcÔve Et La Potence. Il a été cité au Golden Globe pour Au-dessous Du Volcan, L’habilleur, et L’usure Du Temps D’alan Parker.

Albert Finney a ensuite travaillé deux fois avec Tim Burton. Dans Big Fish (2004) où il interprète Edward Bloom, un homme à la vie magique et aux aventures extraordinaires. Puis il a prêté sa voix au personnage de Finis Everglot dans Les Noces Funèbres (2005).

On le retrouve en 2006 aux côtés de Russell Crowe et Marion Cotillard dans Une Grande Année, réalisé par Ridley Scott. Depusi, Albert Finney s'est fait plutôt discret sur grand écran, et est apparu dans Amazing Grace et 7h58 Ce Samedi-là.

En 2012, l'acteur figure au casting de deux super productions avec Jason Bourne : L'Héritage et Skyfall, 23e opus des aventures de James Bond par Sam Mendes.


Voyage à deux bien sûr (son plus grand film?), Miller’s Crossing, Les duellistes, Au-dessous du volcan, Erin Brockovich, Big Fish, 7h58 ce samedi-là .. je connaissais ce formidable comédien dans ces films célèbres mais je dois dire qu'il m'a totalement épaté hier soir en le découvrant en vieux professeur extrêmement émouvant dans le peu connu Les Leçons de la vie (1994, remake de "The Browning Version").

Un acteur qui se bonifie avec l'âge (ce qui n'est pas si courant!) je trouve.

On a pu le voir également ces dernières années en Winston Chuchill plus vrai que nature dans The Gathering Storm (2002) .

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Big Fish

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Erin Brockovich

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Génial aussi dans ce petit rôle dans Skyfall.

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Miller's Crossing (Joel et Ethan Coen - 1990)

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Re: Albert Finney

Messagepar shubby » 18 oct. 13, 15:54

A en croire le dernier Bat... James Bond, il se récupère les rôles refusés par Michael Caine ^^
Miller's Crossing, of course pour moi.
Wolfen aussi.

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Re: Albert Finney

Messagepar Supfiction » 18 oct. 13, 17:04

shubby a écrit :A en croire le dernier Bat... James Bond, il se récupère les rôles refusés par Michael Caine ^^
Miller's Crossing, of course pour moi.
Wolfen aussi.


Michael Caine et Albert Finney, c'est un peu l'équivalent anglais de notre bande du conservatoire.. des mythes vivants.

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Re: Albert Finney

Messagepar Supfiction » 18 oct. 13, 18:08

shubby a écrit :Miller's Crossing, of course pour moi.
Wolfen aussi.


Je ne connais pas du tout. ça m'a l'air violent et glauque, non ?

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Re: Albert Finney

Messagepar Lord Jim » 18 oct. 13, 18:39

Je ne connais pas du tout. ça m'a l'air violent et glauque, non ?

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J'ai vu WOLFEN il y a des années de ça, j'étais gamine, plus trop de souvenirs, juste les images d'une ville (New York?) avec des quartiers entiers à l'abandon, c'était en effet glauque...ce film m'avait foutu les jetons!
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Re: Albert Finney

Messagepar Federico » 18 oct. 13, 19:21

Excellente initiative que ce topic sur un immense acteur à mon avis (je me trompe peut-être) trop méconnu chez nous.
Franchement, j'ai vu un bon nombre de ses films, anciens à récents et je n'ai pas le souvenir de l'avoir vu ne serait-ce que moyen, juste parfois en aura-t-il fait un peu trop (ressemblant en cela à Gabin dont il a le coffre, la stature et un certain penchant pour l'exubérance).

Il est épatant dès ses débuts avec Samedi soir, dimanche matin, le film-manifeste des angry young men, bondissant de dynamisme et de malice en Tom Jones (film picaresque très recommandable), évidemment extra dans le magnifique Voyage à deux...

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...très chouette en détective d'occasion dans Gumshoe (premier film d'un déjà prometteur Stephen Frears), amusant en Hercule Poirot ronchonnant dans ses moustaches dans le pas génial mais (surtout grâce à lui) sympathique Crime de l'Orient-Express, impressionnant en directeur de troupe shakespearienne tyrannique de L'habilleur et plus encore dans le rôle casse-gueule du vice-consul alcoolique d'Au-dessous du volcan, hénaurme en maître de la ville (aussi indestructible qu'un personnage de dessin animé) dans Miller's Crossing...
Spoiler (cliquez pour afficher)
...où il s'offrit aussi un p'tit caméo pour le fun :lol:



...et une fois de plus assez monstrueux et bouleversant dans l'ultime film de Lumet, le très beau et très dur 7h 58 ce samedi-là en père mal-aimant fermé à double-tour (ses scènes avec Philip Seymour-Hoffman, c'est quelque chose). :oops:

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Je regrette de ne plus me souvenir du Charlie Bubbles qu'il réalisa en 1967, sinon que je l'avais bien aimé. :?
The difference between life and the movies is that a script has to make sense, and life doesn't.
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Re: Albert Finney

Messagepar Supfiction » 18 oct. 13, 19:29

Federico a écrit :Je regrette de ne plus me souvenir du Charlie Bubbles qu'il réalisa en 1967, sinon que je l'avais bien aimé. :?



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Re: Albert Finney

Messagepar Supfiction » 18 oct. 13, 19:43

Il existe un beau BR de Saturday Night and Sunday Morning "Samedi soir, dimanche matin" (1960) malheureusement sans stf.

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Re: Albert Finney

Messagepar manuma » 18 oct. 13, 19:56

Sa seconde collaboration avec Karel Reisz, Night must fall, vaut également le détour, en grande partie pour sa prestation. J'avais également beaucoup aimé Shoot the moon, mais là c'est un vieux souvenir, datant de l'époque lointaine où je considérais Alan Parker comme un grand réalisateur.

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Re: Albert Finney

Messagepar Lord Jim » 19 oct. 13, 00:02

Albert Finney avait été casté pour tenir le rôle de T.E Lawrence dans le film de David Lean; il avait même fait des essais (très couteux) en costumes et décors. Mais il a finalement renoncé au rôle et de toutes façons, Lean avait senti que ça ne collerait pas avec lui...très bel aperçu pourtant:

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Re: Albert Finney

Messagepar manuma » 19 oct. 13, 21:03

Concernant Wolfen, j'avais été étonné d'apprendre que Dustin Hoffman s'était manifesté pour en obtenir le rôle principal. Apparemment, Michael Wadleigh avait décliné l'offre, voulant absolument travailler avec Albert Finney.

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Re: Albert Finney

Messagepar The Uncool » 21 oct. 13, 14:13

Acteur toujours excellent. Ses scènes avec Julia Roberts dans Erin Brockovich par exemple, sont de loin les plus intéressantes du film.

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Re: Albert Finney

Messagepar shubby » 21 oct. 13, 18:06

Federico a écrit :Excellente initiative que ce topic sur un immense acteur à mon avis (je me trompe peut-être) trop méconnu chez nous.
Franchement, j'ai vu un bon nombre de ses films, anciens à récents et je n'ai pas le souvenir de l'avoir vu ne serait-ce que moyen, juste parfois en aura-t-il fait un peu trop (ressemblant en cela à Gabin dont il a le coffre, la stature et un certain penchant pour l'exubérance).

Il est épatant dès ses débuts avec Samedi soir, dimanche matin, le film-manifeste des angry young men, bondissant de dynamisme et de malice en Tom Jones (film picaresque très recommandable), évidemment extra dans le magnifique Voyage à deux...

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...très chouette en détective d'occasion dans Gumshoe (premier film d'un déjà prometteur Stephen Frears), amusant en Hercule Poirot ronchonnant dans ses moustaches dans le pas génial mais (surtout grâce à lui) sympathique Crime de l'Orient-Express, impressionnant en directeur de troupe shakespearienne tyrannique de L'habilleur et plus encore dans le rôle casse-gueule du vice-consul alcoolique d'Au-dessous du volcan, hénaurme en maître de la ville (aussi indestructible qu'un personnage de dessin animé) dans Miller's Crossing...
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...où il s'offrit aussi un p'tit caméo pour le fun :lol:



...et une fois de plus assez monstrueux et bouleversant dans l'ultime film de Lumet, le très beau et très dur 7h 58 ce samedi-là en père mal-aimant fermé à double-tour (ses scènes avec Philip Seymour-Hoffman, c'est quelque chose). :oops:

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Je regrette de ne plus me souvenir du Charlie Bubbles qu'il réalisa en 1967, sinon que je l'avais bien aimé. :?


Alors là, franchement, merci pour l'anecdote sur Miller's Crossing :)

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Samedi soir et dimanche matin (1960, de Karel Reisz)

Messagepar Supfiction » 8 mars 14, 15:41

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Samedi soir, dimanche matin.. No Future

"Il me reste un peu d'agressivité, pas comme certains"

Avant les punks et avant les Beatles, il y eu donc en Grande-Bretagne les « Jeunes gens en colère ».
Pas un groupe de rock mais une expression de l'époque pour désigner l'état d'esprit de certains jeunes britanniques (auteurs, romanciers ou même acteurs tels que Harold Pinter, Alan Bates ou Peter Shaffer, et par extrapolation des individus dont ils faisaient échos).
Le terme de "jeunes gens en colère" provient de la pièce de John Osborne, La Paix du dimanche "Look Back In Anger" (fan d'Oasis, si tu m'entends), qui connut un gros succès en 1956 et dont le personnage principal est un déclassé social "volontaire". Un film du même titre (Les corps sauvages en français) avec Richard Burton fut réalisé en 1959.

Plus globalement le mot évoque surtout le désenchantement de la Grande-Bretagne d'après-guerre. Comme un écho à la beat generation américaine (elle-même influencé par l'Europe, en particulier Céline).

Albert Finney (dont c'est pratiquement le premier film) incarne ici Arthur, un jeune ouvrier trop conscient de sa condition social et de ses maigres perspectives d'avenir. Pas vraiment communiste (même s'il vote communiste), un peu anarchiste et petit con immoral, mais surtout plein de colère. Pour oublier sa frustration, il se pinte jusqu'à plus soif le samedi soir, taquine les mégères (à l'usine avec un rat crevé ou dans son quartier en tirant à la carabine à plomb sur sa voisine un peu trop commère à son goût) ou s'envoie en l'air avec la femme d'un collègue..

"On se marie et avant qu'on ait réalisé, on crève".

Un (tout) petit air de Rebel without a cause (mais Finney ne fait jamais dans les envolées colériques ou pleurnichardes de James Dean) donc, excepté que l'anti-héros est ici un jeune adulte issu de la classe prolétaire qui a déjà gouté suffisamment à l'avenir qui l'attendait (usine toute la semaine, pub le samedi et le dimanche). Un personnage plutôt antipathique mais le talent d'Albert Finney aidant, on finit tout de même par s'y attacher.
La figure du père est tout autant égratignée. Ici, celui-ci passe ses soirées devant la télévision et n'écoute même pas les sarcasmes de son fils travaillant à la même usine, tant il est hypnotisé par la télévision.

La dernière image est laissé à l'appréciation de chacun : renoncement ou maturité..

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Don't Look Back in Anger!

Ce film constitue l'un des porte-drapeaux du "Free Cinema" anglais qui précéda (ou coïncida) avec les débuts de la nouvelle vague française. Il y a d'ailleurs ici un petit côté Chabrol des débuts il me semble (je pense au beau serge notamment), à la croisée d'un cinéma réaliste ou abrupt et du mélodrame (je pense aussi à Une place au soleil). On se situe de fait dans un entre-deux nostalgique et désabusé loin de l'idéalisme de la période précédente.

L'occasion aussi de découvrir ou se remémorer l'Angleterre d'avant celle que tout le monde connaît (le swinging London, les beatles , deep end, etc). Un monde entre deux époques fortement représentées : la guerre et les sixties. On peut se dire aussi que c'est la vie dont se sont échappés John Lennon et Paul McCartney, pour ne citer qu'eux.

Samedi soir, dimanche matin était d'abord le premier roman d'Alan Sillitoe (La Solitude du coureur de fond ), dont le père était lui-même ouvrier. Pour ceux que ça intéresse (et bilingue), voici un article paru à sa mort.

Karel Reisz, réalisateur britannique d'origine tchécoslovaque, fit également Le Flambeur (1974) avec James Caan, et La Maîtresse du lieutenant français (1981).
La belle Shirley Anne Field qui incarne la petite amie d'Arthur joua dans de nombreux films (dont My Beautiful Laundrette, The Damned et Alfie) ainsi que dans.. Santa Barbara!

Quant à Albert Finney...