Notez les films mars 2011

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés après 1980

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Jericho
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Re: Notez les films mars 2011

Messagepar Jericho » 29 mars 11, 17:17

Les yeux de Julia

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Le cinéma de genre espagnol me plait de plus en plus. Et même si je n'ai pas l'impression de tomber uniquement sur des pépites, il arrive souvent que ce soient des oeuvres honnêtes et bien fichues.
Les yeux de Julia fait parti de cette catégorie de film, celle qui ne révolutionne rien, mais qui est très plaisante à voir. Déjà, il faut préciser une chose: même si le déroulement de l'histoire est plus ou moins prévisible, on a enfin une histoire plutôt originale et on échappe aux fameux gamins qui sont victimes de crimes atroces. Thématique chère au cinéma ibérique de ces dernières années. Ce n'est pas que ça m'embêtais, néanmoins cela commençait à faire beaucoup.
Pour en revenir au film, l'histoire commence à devenir vraiment passionnante à partir du moment où l’héroïne devient aveugle. Tout ce qui se passe avant, permet de poser les bases et puis il y a une enquête somme toute assez basique. Mais quand Julia a une cécité, c'est du tout bon, même sur le plan de la mise en scène. J'ai beaucoup apprécié le fait qu'on ne voit plus le visage des individus qui l'entourent, soit on les voient de dos, soit ils sont dans la pénombre, ou alors leur visage n'est carrément pas dans le champ de la caméra. Le fait qu'il y ait des sortes d'ombres autour d'elle, renforce la détresse et l'isolement que ressent le personnage. C'est très bien vu de la part du cinéaste, puisque sur ce plan là il en fait pas des caisses. Et vers la fin aussi, une séquence toute aussi grandiose: quand la baraque n'a plus d'électricité, l'affrontement est visible à partir des flashs successifs de l'appareil photo. Simple, mais brillant.
Malheureusement, le long métrage de Guillem Morales est parasité par des passages un peu trop téléphonés, des jumps scare parfois inutiles, et un épilogue assez niais en fin de compte.
C'est fâcheux, on n'était pas loin d'une tuerie.
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frédéric
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Re: Notez les films mars 2011

Messagepar frédéric » 29 mars 11, 18:58

Le Rite

Colin O'Donoghue est la véritable révélation de cet excellent film qui renouvelle plutôt bien les films sur l'exorcisme. J'ai passé un bon moment.

Rango

Verbinski se lâche complètement en nous offrant un film d'animation quasiment jamais vu,complètement hors norme et visuellement incroyable, tellement bien que l'on croirait que c'est filmé en réel. Il faut cependant adhérer au style du film et des personnages, les 10 premières minutes sont très étonnantes et gros clin d'oeil sympathique à Eastwood.
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Re: Notez les films mars 2011

Messagepar Demi-Lune » 29 mars 11, 19:00

frédéric a écrit :Rango

Verbinski se lâche complètement en nous offrant un film d'animation quasiment jamais vu,complètement hors norme et visuellement incroyable, tellement bien que l'on croirait que c'est filmé en réel. Il faut cependant adhérer au style du film et des personnages, les 10 premières minutes sont très étonnantes et gros clin d'oeil sympathique à Eastwood.

Pourquoi ne pas mettre ce commentaire directement dans le topic du film ?

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Anorya
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Re: Notez les films mars 2011

Messagepar Anorya » 29 mars 11, 19:10

Dark Country (Thomas Jane - 2010).


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J'étais curieux de voir ce que pouvait donner une réalisation de Thomas Jane, talentueux acteur dévoué au cinéma fantastique en grande partie (Dreamcatcher, The mist...), et qui, renoue ici aussi avec une histoire horrifique qu'on jurerait issue d'un sympathique croisement entre l'ambiance de The Twilight Zone ou d'un Au délà du réel. Encore aurait-il fallu que le film tienne et suive la route, ce qui n'est hélas pas le cas, le rendant à demi-bancal, malgré la sincérité évidente de son acteur/réalisateur.


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Sur le plan de la grammaire cinématographique, Thomas Jane prouve amplement qu'il sait tenir une caméra. Les cadrages et travellings, les gros plans comme plans d'ensembles sont d'une justesse étonnante, en cela aidé par un directeur de la photographie extrêmement talentueux (Geoff Boyle). Tellement, que l'on a envie de ne voir que le film pour les images produites, qui font autant appel au talent d'un Robby Müller de Paris Texas que d'une volonté jouissive de peindre l'écran. Tellement même que, parfois, ça en fait trop et risque de faire décrocher le spectateur. Mais le problème n'est pas là, je n'ai souligné ici que les bonheurs évidents du film (et au passage ses acteurs sont aussi très juste. Ron Perlman vient faire un petit coucou en passant).


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Et hop, comme au début du Mépris de Godard, on filme une séquence amoureuse en changeant de couleur.




Non, le problème, ou plutôt les problèmes tiennent en l'histoire et la citation référentielle. On pourrait même dire qu'ils se sont légués ensemble en une même chose. Une histoire désespérément banale d'un jeune couple qui va se retrouver au mauvais endroit, au mauvais moment (quitte à y associer une faille temporelle et prendre le spectateur pour un gland. Ceux qui ont vus le film seront d'accord avec moi pour dire qu'a la fin --rassurez-vous je ne vais pas vraiment spoiler-- il pourrait changer justement l'histoire vu qu'il y a participé. Pourtant non, contrairement à Un jour sans fin et son jour de la marmotte, il n'y aura pas de variation et jusqu'aux dernières minutes on attend une once de créativité qui ne viendra pas. Et les incohérences liées au film achèvent le spectateur de s'énerver --entres autres, comment peut-on retrouver l'endroit où est enterré un cadavre en pleine nuit noire et en pleine campagne, sérieusement ? :x ) avec un soupçon de fantastique, mais juste un peu. Et c'est sans doute ce qui dans mon cas m'a énervé. Au vu de la très belle photographie et des moyens mis en oeuvre, je m'attendais à passer un très bon moment de pur série B. Nada, histoire banale, pas de créativité, trop de mou, de dialogues, de scènes qui n'apportent rien, et puis du déjà vu en puissance mille.


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Et là on entre dans le second grand problème du film qui achève de le faire couler à mes yeux, les références, nombreuses et parfois un peu inutiles. Au lieu de se chercher une identité qui lui est propre, le film choisit de jouer la carte de la citation cinéphile. Je ne sais pas si cela vient du scénariste ou du cinéaste mais ce qui pouvait être à première vue une bonne idée se transforme en trop plein d'ennui. On sent plus que l'admiration cinéphile (Godard, Tarantino et surtout Lynch), une volonté de trop bien faire. Un fanatisme aigü envers l'étrangeté Lynchienne. Les exemples ne manquent pas malheureusement. Plan de route à la Lost Highway (cf capture tiens) avec Thomas Jane lui-même filmé comme Bill Pullman, rose rouge qu'on jurerait issue du Lumberton de Blue Velvet, héroïne mangeant une pomme en gros plan juste après avoir fait l'amour (bonjour la symbolique pataude inversée au passage) comme le plan de Pullman et sa cigarette dans le noir dans Lost Highway ou l'oreille coupée Bunuellienne de Blue Velvet, plan sur une main à la bague comme dans le film de Twin Peaks, héroïne blonde aux cheveux mi-courts, mi-longs entre la Teresa Banks de Twin Peaks fire walk with me et la Perdita Durango de Sailor et Lula, scène de masturbation féminine presque comme dans Muholland drive mais en moins impressionnant, vivant, humain (et surtout très gratuit). Le tout enrobé d'une voix-off (au début) et d'une musique jazzy-film noir qu'on dirait reprise du Sin City de Miller et Rodriguez qui jaillit aux moments les plus incongrus, achevant de faire basculer le film entre farce tragique chiante et film d'horreur peu terrifiant. Le film aurait duré 3h que j'aurais largement pété un cable, envoyant valser le dvd par la fenêtre.

Au final, un film ennuyeux qui se laisse regarder plus ou moins si l'énervement du cinéphile ne vous étouffe pas en premier. Dommage parce qu'avec un chef-op' comme ça, avec une bonne histoire et de l'originalité, on aurait pu avoir un petit bijoux. Frustration, frustration...

1,5/6 et je suis gentil, le directeur photo fait des miracles et les acteurs sont convaincants. Mais bon...

Le film sort en dvd le 1er avril chez Metropolitain et c'est pas une blague. :|
Dernière édition par Anorya le 29 mars 11, 20:20, édité 1 fois.
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Re: Notez les films mars 2011

Messagepar frédéric » 29 mars 11, 19:41

Demi-Lune a écrit :
frédéric a écrit :Rango

Verbinski se lâche complètement en nous offrant un film d'animation quasiment jamais vu,complètement hors norme et visuellement incroyable, tellement bien que l'on croirait que c'est filmé en réel. Il faut cependant adhérer au style du film et des personnages, les 10 premières minutes sont très étonnantes et gros clin d'oeil sympathique à Eastwood.

Pourquoi ne pas mettre ce commentaire directement dans le topic du film ?



J'ai zappé le topic.
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Re: Notez les films mars 2011

Messagepar Demi-Lune » 29 mars 11, 20:16

Anorya a écrit :Dark Country (Thomas Jane - 2010).

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Et hop, comme au début du Mépris de Godard, on filme une séquence amoureuse en changeant de couleur.


Au final, un film ennuyeux qui se laisse regarder plus ou moins si l'énervement du cinéphile ne vous étouffe pas en premier. Dommage parce qu'avec un chef-op' comme ça, avec une bonne histoire et de l'originalité, on aurait pu avoir un petit bijoux. Frustration, frustration...

2/6 et je suis gentil, le directeur photo fait des miracles et les acteurs sont convaincants. Mais bon...

Dommage que tu dises que le film soit loin d'être à la hauteur car les captures que tu as postées laissent effectivement entrevoir un film formellement intéressant.

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Re: Notez les films mars 2011

Messagepar Anorya » 29 mars 11, 20:22

Demi-Lune a écrit :Dommage que tu dises que le film soit loin d'être à la hauteur car les captures que tu as postées laissent effectivement entrevoir un film formellement intéressant.


Ben oui. Mais ça pompe à beaucoup sans pouvoir choisir de prendre sa propre voie et finalement on s'ennuie beaucoup. :|
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Re: Notez les films mars 2011

Messagepar Rockatansky » 29 mars 11, 21:57

Demi-Lune a écrit :
Anorya a écrit :Dark Country (Thomas Jane - 2010).

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Et hop, comme au début du Mépris de Godard, on filme une séquence amoureuse en changeant de couleur.


Au final, un film ennuyeux qui se laisse regarder plus ou moins si l'énervement du cinéphile ne vous étouffe pas en premier. Dommage parce qu'avec un chef-op' comme ça, avec une bonne histoire et de l'originalité, on aurait pu avoir un petit bijoux. Frustration, frustration...

2/6 et je suis gentil, le directeur photo fait des miracles et les acteurs sont convaincants. Mais bon...

Dommage que tu dises que le film soit loin d'être à la hauteur car les captures que tu as postées laissent effectivement entrevoir un film formellement intéressant.


Et à lui tu lui dis pas qu'il aurait pu poster dans un topic dédié surtout vu la taille de son message ?
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Re: Notez les films mars 2011

Messagepar Anorya » 29 mars 11, 22:22

Rockatansky a écrit :Et à lui tu lui dis pas qu'il aurait pu poster dans un topic dédié surtout vu la taille de son message ?


C'est les captures qui prennent de la place. :idea: :mrgreen:
Et non je ne ferais pas de topic pour ce film néanmoins. Et c'est même pas un film d'horreur, ni même un nanar. :|
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Re: Notez les films mars 2011

Messagepar Demi-Lune » 30 mars 11, 11:17

Rockatansky a écrit :Et à lui tu lui dis pas qu'il aurait pu poster dans un topic dédié surtout vu la taille de son message ?

Anorya a déjà répondu, mais je rajouterai qu'il n'y a effectivement pas de topic dédié qui convienne à ce film.
Du coup, qu'Anorya mette son commentaire ici me paraît logique.
Je le répète (je l'ai dit dans le topic sur les améliorations du forum), mais pour moi le topic "Notez les films de [tel mois]" me semble avoir pour intérêt de réunir des avis sur des films qui ne possèdent pas (ou pas encore) d'espace dédié (topic "film", topic "réalisateur", etc).

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Re: Notez les films mars 2011

Messagepar Demi-Lune » 30 mars 11, 12:27

La Guerre des Rose (Danny De Vito, 1989)
Un produit assez fascinant qui mérite assurément sa solide réputation... à la manière du générique concocté par Elaine et Saul Bass (des plis sinueux dans une sorte de velours blanc qui évoque une imagerie nuptiale, et qui se révèle en fait, dans un travelling arrière, être un mouchoir dans lequel De Vito se mouche), le film évolue dans un décalage général et diffus qui rend plutôt malaisée une identification précise : La Guerre des Rose est-elle une comédie, une étude de mœurs, un drame pathétique, un thriller ? Ce brassage parfaitement huilé fait toute sa force au film. Ce qu'il y a de remarquable, c'est que De Vito a l'intelligence de ne pas brusquer les situations, de ne pas immédiatement donner au spectateur des clés lui permettant de prévoir jusqu'où son histoire va aller... ainsi, s'il y a des répliques bien senties dans la première demi-heure, je ne dirais pas que nous sommes alors tout à fait dans une comédie, nous sommes même plutôt dans un portrait étonnamment pertinent et incisif sur la vie conjugale, des joies des premiers temps à la décrépitude progressive, à partir de petits riens qui, le temps passant, deviennent de plus en plus insupportables et conduisent au désamour (le personnage de Kathleen Turner est vraiment très bien écrit). De Vito prend son temps pour opérer ce glissement imperceptible qui, en un sens, nous rendra d'autant mieux "dociles" quant à la tournure vacharde en crescendo. Et question vacheries, on sera servi... ça va très très loin. A chaque fois, on croit que les Rose ont atteint les limites de ce que l'un peut faire comme saloperie à l'autre, mais non, le scénario ménage constamment des idées de cruauté jouissives. Tournure en crescendo, qui, encore plus remarquable, ne semble jamais caricaturale même si elle est outrée - justement parce que le film se construit dès le départ en forme pyramidale, montant inexorablement, et avec beaucoup de subtilité, vers un "pic" inéluctable... et De Vito va jusqu'au bout ! Le film est incroyablement noir et méchant. A-t-on vu pires vacheries au cinéma ? Mention spéciale au gag sur le pâté, je crois qu'on tient là le summum de l'abjection. On suit cette guerre avec énormément de jubilation mais en même temps un certain malaise, tant cette déchirure, aux accents absurdes, renvoie vers une question existentielle lancinante : vivre à deux est-il seulement possible ?
Michael Douglas et Kathleen Turner sont grandioses et la mise en scène de De Vito est inspirée, presque cartoonesque. Très bon film.

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Re: Notez les films mars 2011

Messagepar Cortez The Killer » 30 mars 11, 19:24

Demi-Lune a écrit :La Guerre des Rose (Danny De Vito, 1989)
Un produit assez fascinant qui mérite assurément sa solide réputation... à la manière du générique concocté par Elaine et Saul Bass (des plis sinueux dans une sorte de velours blanc qui évoque une imagerie nuptiale, et qui se révèle en fait, dans un travelling arrière, être un mouchoir dans lequel De Vito se mouche), le film évolue dans un décalage général et diffus qui rend plutôt malaisée une identification précise : La Guerre des Rose est-elle une comédie, une étude de mœurs, un drame pathétique, un thriller ? Ce brassage parfaitement huilé fait toute sa force au film. Ce qu'il y a de remarquable, c'est que De Vito a l'intelligence de ne pas brusquer les situations, de ne pas immédiatement donner au spectateur des clés lui permettant de prévoir jusqu'où son histoire va aller... ainsi, s'il y a des répliques bien senties dans la première demi-heure, je ne dirais pas que nous sommes alors tout à fait dans une comédie, nous sommes même plutôt dans un portrait étonnamment pertinent et incisif sur la vie conjugale, des joies des premiers temps à la décrépitude progressive, à partir de petits riens qui, le temps passant, deviennent de plus en plus insupportables et conduisent au désamour (le personnage de Kathleen Turner est vraiment très bien écrit). De Vito prend son temps pour opérer ce glissement imperceptible qui, en un sens, nous rendra d'autant mieux "dociles" quant à la tournure vacharde en crescendo. Et question vacheries, on sera servi... ça va très très loin. A chaque fois, on croit que les Rose ont atteint les limites de ce que l'un peut faire comme saloperie à l'autre, mais non, le scénario ménage constamment des idées de cruauté jouissives. Tournure en crescendo, qui, encore plus remarquable, ne semble jamais caricaturale même si elle est outrée - justement parce que le film se construit dès le départ en forme pyramidale, montant inexorablement, et avec beaucoup de subtilité, vers un "pic" inéluctable... et De Vito va jusqu'au bout ! Le film est incroyablement noir et méchant. A-t-on vu pires vacheries au cinéma ? Mention spéciale au gag sur le pâté, je crois qu'on tient là le summum de l'abjection. On suit cette guerre avec énormément de jubilation mais en même temps un certain malaise, tant cette déchirure, aux accents absurdes, renvoie vers une question existentielle lancinante : vivre à deux est-il seulement possible ?
Michael Douglas et Kathleen Turner sont grandioses et la mise en scène de De Vito est inspirée, presque cartoonesque. Très bon film.


Pas revu depuis de nombreuses années mais je me souviens qu'il m'avait laissé une très grande impression.
Il y a une scène si mes souvenirs sont exacts,
Spoiler (cliquez pour afficher)
où Douglas pisse sur le dîner que sa compagne avait préparé! c'était a hurler de rire :lol:

Le duo Douglas-Turner faisait vraiment des étincelles dans les années 80 avec notamment le délicieux Romancing the Stone et sa suite.
Merci pour cette critique qui me donne sincèrement très envie de revisionner ce petit bijou des 80's. :wink:

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Demi-Lune
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Re: Notez les films mars 2011

Messagepar Demi-Lune » 30 mars 11, 20:06

Cortez The Killer a écrit :Pas revu depuis de nombreuses années mais je me souviens qu'il m'avait laissé une très grande impression.
Il y a une scène si mes souvenirs sont exacts,
Spoiler (cliquez pour afficher)
où Douglas pisse sur le dîner que sa compagne avait préparé! c'était a hurler de rire :lol:

Oui, oui. :mrgreen: Elle est bien gratinée, cette scène-là, aussi. :lol:
Il y a aussi cette scène cauchemardesque où
Spoiler (cliquez pour afficher)
Douglas croit que Turner veut lui faire un turlute et en fait... crounch ! :mrgreen: :shock: :?

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Re: Notez les films mars 2011

Messagepar johell » 31 mars 11, 00:40

SUCKER PUNCH de Zack Snyder (2011)

J'étais bien motivé, il faut dire... Si, si!

N'empêche, j'ai trouvé cela complètement naze. Le style, s'il faut l'appeler comme ça, de son metteur en scène n'est curieusement pas son défaut principal. L'abus de ralenti et d'effets qui ne servent à rien est une chose mais ce qui plombe SUCKER PUNCH c'est avant tout l'absence totale d'implication de la part du spectateur dans son histoire. On a beau être bon public, il ne faut pas nier qu'on se contrefiche totalement de ce qui se passe à l'écran. Au-delà d'une palette (info)graphique surusée, il n'y rien de bien intéressant à suivre, les personnages et les enjeux sont absolument creux, cela en est même abyssal. Du coup, comment vraiment apprécier les quelques "morceaux de bravoure" qui parsèment le long-métrage?

C'est à prendre comme une sorte de vidéoclip géant, agrémenté d'une bande sonore envahissante qui appuie avec lourdeur leurs contextes. Ces moments pourraient être sympathiques s'ils n'étaientt pas aussi peu spectaculaires et imaginatifs. Ok, on mélange divers univers et des éléments anachroniques, y'a des robots et des samouraïs géants, un dragon cracheur de feu et des avions de la Seconde Guerre Mondiale. So? Rien de bien novateur là-dedans... Sous influences mais sans véritable énergie galvanisante et aussi un sens du montage catastrophique,Snyder reste très conventionnel dans ses scènes d'actions qui sont, Ô grand comble! très rapidement bâclées, n'arrivant jamais à leur insuffler un soupçon d'originalité ni ne sachant comment les rendre excitantes... Une fois encore, de l'abus dans l'usage de ralentis pour combler les manquements d'un film qui donne surtout envie de baîller . Les images léchées et les effets spéciaux peinent à réellement convaincre par leur vacuité tandis que la distribution n'est rien d'autre qu'abominable et ridicule avec des comédiens surmaquillés qui se prennent bien trop au sérieux alors que son histoire se prête davantage à la mauvaise blague qu'aux louages d'une finesse dramatique incontestable.

Bien dommage, SUCKER PUNCH aurait pu être fun à voir. En l'état, on reste avec quelques idées amusantes pour les plus téméraires qui cherchent à lui trouver de faibles qualités; bien rapidement balayé par une non mise en scène qui stagne affreusement au milieu de belles nanas qui seraient bien plus jolies à voir sans la tonne de rimmel qu'elles ont sur la tronche ainsi que leur look de pouffes factices, au-delà du fantasme sur pattes pour gamins de 15 ans (et encore!) pas de quoi baver...

Rigolo, lors de la séance ciné, j'étais assis aux côtés d'une bande de geeks (dont je connais légèrement quelques personnages) qui étaient absolument surexcités à l'idée de prendre un pied monumental devant ce film. Froncements de sourcils dès le générique de fin, mauvaises tronches et commentaires incendiaires, qu'est-ce qu'ils étaient déçus."Quelle purge! Grosse merde! Qu'est-ce que c'était chiant! Mieux vaut se contenter de la bande annonce! "... Les pseudo-fans ont parlé... :P

C'était nul!!

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Colqhoun
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Re: Notez les films mars 2011

Messagepar Colqhoun » 31 mars 11, 09:06

Vous voulez pas créer un topic dédié au film ?
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