Les cinitinéraires de Wontolla

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés après 1980

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wontolla
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Re: Les cinitinéraires de Wontolla

Messagepar wontolla » 7 juin 11, 20:56

Big Trouble in Little China (Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin, John Carpenter, 1986)

Ce soir-là, en musardant devant la toile avec la télécommande, j'arrive sur TCM qui diffuse The thing (John Carpenter, 1982). Le film étant déjà en cours, je me suis souvenu que j'en possédais de ce réalisateur dans mes Blu-Ray. Je me suis dit: "pourquoi ne pas le regarder ?".

L'équivalent jubilatoire d'un Indiano Jones avec Kurt Russel en contre-héros de cette histoire qui se déroule dans le quartier chinois de Frisco. Il partage la vedette avec Kim Cattrall. Bien que Jack Burton aie deux mains gauche, le film se laisse regarder avec plaisir. Les aventures sont toutes plus loufoques les unes que les autres, les effets spéciaux et la bande son passent bien sur l'installation home cinéma et l'écran de 3 mètres compense les éventuelles faiblesses.

The Lincoln Lawyer (La défense Lincoln, Brad Furman, 2011). Je viens de prendre mon billet à la borne et je me rends compte que ce lundi 30 mai on joue Gianni e le donne de Gianni Di Gregorio (2011) en avant-première, en présence du réalisateur ! Le système est ainsi fait que l'on ne peut pas prendre un deuxième ticket... Tant pis.
J'ai bien aimé ce film de Brad Furman (connaissais pas ce réalisateur). Au moment où la France est secouée ou partagée par une affaire judiciaire qui concerne quelqu'un qui aurait pu prétendre à la présidence suprême, j'ai pu découvrir des facettes du système judiciaire américain (certes déjà connu via certaines séries télévisées) bien différent de ce que nous connaissons en Belgique mais aussi l'opposition entre Guilty / Not Guilty et surtout la différence avec le concept d'innocence. Et ce sujet est justement au coeur de l'intrigue que je ne dévoilerai pas mais qui m'a suffisamment conquis pour revoir le film la semaine suivante.

Le lendemain, ce sera une "troisième" pour le dernier Terrence Malick que je revois toujours avec la même fascination. Des réponses aux questions, de nouvelles questions qui arrivent. Je comprends la controverse, les doutes, l'inflation du fil consacré au film. Il faudra qu'un jour j'en rende compte comme "religieux" !

Le surlendemain, c'est :Get Low (Le grand jour, Aaron Schneider, 2010)!
Un tout autre genre avec ce film dont j'ai découvert l'existence au hasard d'une bande annonce au cinéma la semaine précédente. Celle-ci me faisait découvrir, outre Bill Murray, un extraordinaire Robert Duvall. Je décidai donc de voir le film le jour de sa sortie.
Aucun regret, que du contraire. Un moment d'émotion cinématographique. Bill Murray joue très sobrement mais surtout Robert Duvall donne du corps à ce personnage, énigmatique au départ et dont l'histoire se donne à connaître par bribes, évocation, mi-mots tout au long du déroulement du film. Celui-ci est une adaptation d'une histoire vraie. Celle d'un homme qui se retire pour vivre en ermite après une faille dans son passé qu'il ne peut gérer que par ce retrait qui sera source de rumeurs et de soupçons les plus odieux. Je ne dévoilerai pas ici le fin mot de l'histoire que l'on ne découvrira probablement en France qu'en DVD. J'ai très bien côté ce film, probablement surcoté en lui donnant je crois 9,5 alors que j'ai donné 10 à celui de Malick. Donc ma cote est plus élevée que ce que le film vaut réellement mais elle traduit ce qu'il m'a apporté au fond du coeur. Une belle histoire, émouvante, captivante. Un cinéma qui m'a touché au coeur. Et cela fait que je ne vais pas descendre sa cote.

Je quitte la salle pour passer dans une autre où l'on joue Gianni e le donne de Gianni Di Gregorio (2011). J'avais vu de lui Pranzo di ferragosto (Le déjeuner du 15 août, 2008). J'avais découvert un petit bijou, comme je l'écrivais à l'époque. C'est de nouveau un bijou, dans la même veine. Même s'il n'y a pas de continuité entre les deux, il est préférable d'avoir vu le premier pour découvrir la continuité du travail de ce réalisateur qui s'est découvert sur le tard, derrière et devant la caméra, avec un grande capacité d'autodérision. Pas un grand film mais un beau film, humain. Du premier j'écrivais "une ode à la nourriture" ; de celui-ci j'écrirais: "une ode de Gianni Di Gregorio... à la femme".

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Re: Les cinitinéraires de Wontolla

Messagepar Nestor Almendros » 8 juin 11, 09:27

wontolla a écrit :Le lendemain, ce sera une "troisième" pour le dernier Terrence Malick . Il faudra qu'un jour j'en rende compte comme "religieux" !

Je t'encourage sérieusement à y réfléchir: ce point de vue sera certainement très intéressant pour les fans comme pour les sceptiques (par contre poste-le dans le topic du film si possible :mrgreen: )

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Re: Les cinitinéraires de Wontolla

Messagepar wontolla » 8 juin 11, 09:42

Nestor Almendros a écrit :
wontolla a écrit :Le lendemain, ce sera une "troisième" pour le dernier Terrence Malick . Il faudra qu'un jour j'en rende compte comme "religieux" !

Je t'encourage sérieusement à y réfléchir: ce point de vue sera certainement très intéressant pour les fans comme pour les sceptiques (par contre poste-le dans le topic du film si possible :mrgreen: )

Oui, j'irai, comme je l'ai déjà fait, dans le topic adéquat. celui-ci est comme une sorte de journal, non pas intime mais "filmique". :wink:
ceci étant, je ne suis certainement pas représentatif de la cléricature ni des religieux 8) .

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Re: Les cinitinéraires de Wontolla

Messagepar Nestor Almendros » 8 juin 11, 10:08

wontolla a écrit :je ne suis certainement pas représentatif de la cléricature ni des religieux 8) .

Oui mais tu es le seul représentant sur le forum :mrgreen:

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Re: Les cinitinéraires de Wontolla

Messagepar wontolla » 9 juin 11, 15:02

Dans le fil consacré à The tree of Life...
Wagner a écrit :
wontolla a écrit :
Wagner a écrit :Pour le coup j'ai un peu l'impression de faire le boulot de notre ami Wontolla :mrgreen:

Wontolla ne se dérobe pas mais pour le moment c'est la gestion de la Pentecôte et de la fin de l'année pastorale (avec pour le moment une poussée de SEP qui rend la marche difficile et douloureuse); je ne remise pas l'échelle et m'attelle à la tâche dès que possible :wink: .


Je plaisantais, bien sûr, et n'insinuais pas que tu entendais te séparer de ta robe (te dé-rober) :oops: :mrgreen:

Comme c'est plus perso, je réponds ici, dans mon topic. Tu pourras me voir en robe ici (mon album photo sur un site de fitness que je pratique depuis 3 ans comme soutien dans la sclérose en plaques).

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Re: Les cinitinéraires de Wontolla

Messagepar Wagner » 9 juin 11, 15:49

Merci pour les photos de ta robe :mrgreen:
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Re: Les cinitinéraires de Wontolla

Messagepar Père Jules » 9 juin 11, 15:52

Moi j'adore celle où on te voit "au boulot".
On y pense pas souvent, mais le sacerdoce c'est effectivement un boulot, pas juste une vocation. :wink:

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Re: Les cinitinéraires de Wontolla

Messagepar wontolla » 14 juin 11, 23:40

Wagner a écrit :Merci pour les photos de ta robe :mrgreen:

De rien :wink:

Alors que je suis occupé à relire le livre de Job pour préparer un point de vue "religieux" sur The tree of life, Il me reste donc encore à recenser:

- Captain Blood (Capitaine Blood, Michael Curtiz, 1935)
- Bullitt (Peter Yates, 1968)
- Le gamin au vélo (frères Dardenne)
- The Lincoln Lawyer (La défense Lincoln, Brad Furman, 2011) et Source code (Ducan Jones, 2011) (en fait, ces deux-là ont déjà été commentés; le les ai revus une deuxième fois!).
- Mars Attacks (Tim Burton, 1996)

ainsi que Une séparation (Asghar Farhadi - 2011) et Badlands (La balade sauvage, Terrence Malick, 1973).

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Re: Les cinitinéraires de Wontolla

Messagepar wontolla » 17 juin 11, 22:48

Et la liste s'allonge avec Printemps, été, automne, hiver… et printemps ( 봄 여름 가을 겨울 그리고 봄, Kim Ki-Duk, 2003) hier et mon quatrième Malick ce soir avec Les moissons du ciel (Days of Heaven, Terrence Malick, 1978). Il ne me restera que Le Nouveau Monde (The New World, 2005) pour être complet.

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Re: Les cinitinéraires de Wontolla

Messagepar wontolla » 18 juin 11, 16:36

Captain Blood (Capitaine Blood, Michael Curtiz, 1935)

J’avais depuis quelques mois déjà Captain Blood dans mes DVD... mais ce n’est que tout récemment que j’ai commandé le coffret métal Eroll Flynn. Plusieurs DVD étaient en double et partent dans une caisse avec les DVD en double dans les coffrets BR. Ils offerts aux amis au moment des fêtes ou seront revendus à la brocante.
C’était l’occasion de revoir Eroll Flynn dans un de ses premeiers grands rôles, ici en partenariat (le premier, d’autres suivront) avec Olivia de Havilland. Je n’avais plus vu le film depuis mon enfance (à la TV en version française) et peut-être même n’était-ce pas en entier mais un extrait dans la séquence du téléspectateur ?

Souvenez-vous:


Nostalgie, quand tu nous tiens ! Un bon moment de cinéma. Le(s) bon(s) gagne(nt), le mauvais perd... et n’est pas puni. De belles batailles marines. Petit bémol, dans la bataille finale, entre deux navires français, s’engageant dans la bataille en bâtant faux pavillon français, le Capitaine Blood et ses hommes attaquent un premier bateau et ensuite, après que celui-ci coule, ils s’en prennent au deuxième... qui avait attendu sagement jusque-là (ou alors j’ai mal vu ?). N’empêche, cela n’a rien ôté au plaisir de me (re)plonger dans ce film qui se termine comme un conte de fée.


Bullitt (Peter Yates, 1968)
Jamais vu ce film. Je l’ai regardé avec quelques amis début juin. Un grand acteur: Steve McQueen, âgé alors de 38 ans (il meurt à l’âge de 50 ans). Il est aussi pilote de moto et de voiture et justement Bullitt comprend une scène d’anthologie, une spectaculaire poursuite en voiture (et il n’y a pas de voitures démolies, d’acrobaties, etc.).

Non pas dans les effets sonores (le film est en mono) mais dans la présentation en vue subjective. Il s’agit d’une Dodge Charger R/T '68 et d’une Ford Mustang Fastback GT390 de 1968. Pour la petite histoire, aucune marque ni sigle sur la Ford, à la demande de Steve McQueen qui aurait souhaité que la firme participe financièrement au film. Elle ne le fera pas mais sortira en 2001 et en 2008 deux séries limitées de « Ford Bullitt » !

Peu de personnages, peu de paroles. L’histoire se déroule sur deux jours. Avant de la découvrir, une minute de nostalgie : nous avons regardé le générique de Au nom de la Loi).

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Re: Les cinitinéraires de Wontolla

Messagepar wontolla » 18 juin 11, 17:00

Le gamin au vélo (frères Dardenne)
A ma grande honte - nul n’est prophète en son pays - je n’avais jamais regardé un film des Dardenne et n’en avait eu écho que par bandes annonces ou extraits à la télévision. Mon abonnement unlimited faisant le larron, je me suis décidé à me rendre à l’UGC pour Le gamin au vélo. pas de regret mais pas d’enthousiasme débordant. La première partie m’a plus touché et ému que la seconde. La quête du père, l’attachement à une maman de substitution auraient pu être développés plutôt que cette mauvaise rencontre avec un dealer de rue. Une fin abrupte (mais on me dit que c’est typique des frères...).

The Lincoln Lawyer (La défense Lincoln, Brad Furman, 2011) et Source code (Ducan Jones, 2011)
J’ai pris beaucoup de plaisir à revoir ces deux films. La démarche était bien différente de celle qui m’a conduit à retourner vers The tree of live (et même les autres films de Terrence Malick). Dans le cas de ces deux films, je partais en connaissant l’histoire. Dans le premier cas je savais qui était qui, à qui il fallait se fier, ce qu’il en était de la vérité et de la culpabilité. Dans le second, je connaissais le trip temporel, la fin et le fin mot de l’histoire. Là où lors la première vision, je tentais de décoder le paradoxe temporel, ici, je me suis laissé prendre par le jeu de Michelle Monaghan et surtout de Jake Gyllenhaal qui tente du lieu paradoxal où il se trouve de changer le destin, de le sortir de ses rails ! pour construire une nouvelle histoire d’amour. Roméo et Juliette en dehors de la tombe, en quelque sorte. Les paradoxes temporels demeurent et titillent toujours le fan de SF que je suis... mais, in fine, c’est l’émotion que Duncan Jones a pu me procurer (comme il l’avait fait pour Moon) qui a prit le dessus.

Mars Attacks (Tim Burton, 1996)
Là, c’est une toute autre histoire ! Pendant les vacances, j’ai le projet de regarder l’un ou l’autre nanar avec des amis. Notamment "Earth vs. the Flying Saucers" (Les soucoupes volantes attaquent), que Fred F. Sears réalisa en 1956 (j’avais acheté le coffret Ray Harryhausen qui est aux commandes des effets spéciaux). Comme Tim Burton s’inspire notamment de ce film pour son Mars Attack, j’ai souhaité le revoir pour rechercher quelques séquences en forme de clin d’oeil.
Je pense que ce film a dû être aussi jubilatoire pour Burton et les acteurs que pour moi. J’imagine Tim Burton s’amusant comme un gosse en réalisant ce film.
Et, pour le plaisir des oreilles et pour tuer les martiens qui me liraient:


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Re: Les cinitinéraires de Wontolla

Messagepar wontolla » 18 juin 11, 17:20

Une séparation (Jodaeiye Nader az Simin,Asghar Farhadi - 2011)(

Je reprends en gros ce que j’ai écrit ici dans le topic consacré à ce film. "Une séparation" est le premier film d'Asghar Farhadi que je vois. Certains acteurs ont déjà joué dans About Elly (que je dois encore visionner), pour d'autres, c'est le premier rôle.

Le « titre français "Une séparation" est bien le thème majeur du film. J'écrirais même "des séparations".

- celle d'un homme et d'une femme: Nader (Peyman Moadi) et Simin (Leila Hatami);
- celle d'un vieillard atteint de la maladie d'Alzheimer d'avec le monde extérieur (un excellent Ali-Asghar Shahbazi dont c'est le premier rôle);
- celle entre femmes et hommes
- entre classes sociales
- entre un monde qui s'ouvre à la modernité et un autre régit par les lois religieuses

S'y ajoutera une autre séparation, ultime
Spoiler (cliquez pour afficher)
lorsque, tout à la fin, lorsque Termeth (Sarina Farhadi !) la fille de Nader et Simin doit choisir entre son père et sa mère à la demande du juge et s'en ira, passant entre eux deux sans en choisir aucun pour une voie qui ne sera pas dévoilée par le réalisateur.


Toutes ces séparations, ces tensions entre des mondes différents sont très bien rendues par Farhadi (réalisateur, scénariste et producteur). Le film dure près de deux heures. C'est probablement un peu long mais nécessaire pour mener de front plusieurs thèmes: l'histoire d'un couple, le monde moderne et ancien, le système juridique,... J'y lis aussi une distinction entre "vérité" et "réalité".

Un thème également présent, celui de la (non) culpabilité [et de la (non) responsabilité]. S'y associe aussi celui de la réparation. La question du mensonge, autrement abordée par Abbas Kiarostami dans Nema-ye Nazdik (Close-up, 1990) est également présente dans le film.

Je compte aller revoir ce film dans quelques jours avec un ami qui rentre de l’étranger qui avait beaucoup apprécié About Elly et qui m’avait donc recommandé « Une séparation ».

Il est intéressant de lire le fil consacré à ce film tout en finesse et qui n’est pas d’abord un film de contestation du régime iranien. Le film pourrait être transposé dans d’autres cultures même si le réalisateur a dû tenir compte des contraintes de la sienne. Quoiqu’il en soit, évitant de passer sous les fourches caudines de la censure, le souhait du réalisateur de voir le film projeté dans son pays devrait se voir exaucer. Il est probable que là, « Une séparation » donnera matière à penser, à réfléchir ce ne peut qu’être profitable pour tout homme et toute femme.

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Re: Les cinitinéraires de Wontolla

Messagepar wontolla » 18 juin 11, 17:51

Badlands (La balade sauvage, Terrence Malick, 1973)
Quelle expérience que ce film !
On sait par quel itinéraire je suis passé pour avoir connaissance de l’existence de ce film et de son réalisateur.
J’ai été très rapidement pris par la beauté des images, par l’histoire de ce couple dont l’un des protagonistes, Martin Sheen - que j’apprécie énormément - ici six ans avant Apocalypse Now ! - a une ressemblance avec James Dean. L’histoire est passionnante. Kit disjoncte parfois alors qu’il est très lucide à d’autres moments.

Deux choses m’ont marqué durant ce road movie. La première, une étrange, très étrange sensation de déjà vu ! Or, je n’avais jamais vu ce film mais curieusement j’étais en « pays de connaissance ». C’est bien autre chose que les « marques de fabrique » de Malick. Elles sont certes présentes, en germe: la voix off, la lumière, les images ciselées,... non simplement cette étrange sensation d’avoir vécu cela dans une autre vie. Bizarre !

La deuxième, plus surprenante encore! Ma tête me criait constamment « Gus van Sant! Gus Van Sant ». Je me suis longtemps demandé après le film ce qui conduisait à une telle association. J’ai vu tous ses films mais aucun, même pas My Own Private Idaho (1991), ne semblait correspondre à l’intrigue.

Une obsession aussi. Un des thèmes du film me troublait dès les premières notes, toutes simples, enfantines:



Mes recherches, une quête au fond de la mémoire, de mes sentiments, trouvèrent leur aboutissement. Je savais pourquoi mes neurones criaient « Gus Van Sant ». C’était parce que le même morceau était joué dans Finding Forrester (À la rencontre de Forrester, 2000), lorsque William Forrester part sur son vélo, si j’ai bonne mémoire, vers la fin du film.

Je suis surpris que cette musique, toute simple, une pièce pour enfant, Gassenhauer de Carl Orff ait pu me toucher à ce point, qu’elle puisse m’émouvoir de manière aussi forte. Depuis, je passe ce morceau régulièrement en boucle, de même que celui-ci (là, parce qu’il est joué dans The tree of life):



Depuis j’ai lu le dernier numéro des cahiers de Cinéma où une interview de Félix Guattari m’a apporté des éclairages supplémentaires sur ce premier Malick.


Edit: J'ai oublié de préciser que Malick lui-même joue dans ce film. On le découvre donc âgé de trente ans. Il joue à son corps défendant, une scène avec Martin Sheen et une autre comme figurant. Selon l'interview de Sheen, Malick aurait voulu que l'on retourne la scène - il l'avait jouée pour la répéter car l'acteur prévu était absent - mais Sheen s'y est opposé au grand dam de Malick qui en aurait gardé un ressentiment vis-à-vis de Martin Sheen.
Dernière édition par wontolla le 18 juin 11, 18:13, édité 1 fois.

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Re: Les cinitinéraires de Wontolla

Messagepar wontolla » 18 juin 11, 18:04

Pour comprendre le message suivant, je copie ici un message que j'ai posté dans le topic consacré à The tree of Life. Il s'agit d'une lecture que je fais à partir du livre de Job. Mais j'y exprime aussi les sentiments personnels que le film a ramené à ma mémoire et notamment le souvenir d'actes cruels sur mon petit frère et sur des animaux.

NB: J'utilise les spoilers pour des éléments théologiques ou bibliques supplémentaires afin de ne pas surcharger le message.

Prologue

Lorsque je suis allé voir The tree of life en avant-première le 17 mai dernier, je n'avais aucune idée de ce à quoi j'allais être confronté.
De Terrence Malick, je ne connaissais rien si ce n'est que j'avais commandé sur Amazon The thin red line dans le cadre d'une promotion à l'achat de la version BR d'Apocalypse Now.
Je ne suis cinéphile que de passions et d’émotions; je connais certaines choses mais j’en ignore beaucoup plus.
Y compris donc la rare filmographie de Malick et son absence dans les médias.

Comme je l'ai écrit le 18 mai, c'est une bande annonce la semaine précédente qui avait attiré mon attention. Je suis incapable de me souvenir de cette BA. N'empêche, elle était suffisamment interpellante pour que je m'interroge sur la question de savoir s'il y avait une parenté entre ce Malick et celui du BR acheté. C'et assez dire l'abime de mon ignorance; S'agissant du même et me souvenant de l'engouement autour de La ligne rouge, je me suis rendu à l'avant-première.

J'ai raconté plus haut les premières minutes, celles d'avant le film. Je n'y reviens pas.

Une fausse piste

Dès la première seconde, une citation du livre de Job! Celle-ci ne pouvait manquer de titiller le 'bibliste' que je suis (à tel point que certains catholiques traditionalistes m'accusent d'être trop protestant). Où étais-tu ? J'étais immédiatement renvoyé à un ordre cosmique où les uns et les autres, les choses et les humains, les passions, les pulsions, le bien et le mal sont mis à l'aune d'un ordre qui transcende l’être humain. Où ils sont quasi incommensurables, à savoir qu'ils n'ont pas de commune mesure, si ce n'est qu'ils seraient de la main de "Dieu".

Il y avait déjà le titre "L'arbre de vie" qui (m')interrogeait. Je ne pouvais manquer de faire le lien avec les deux arbres du jardin d'Eden. Mes cours m'avaient appris que l'exégèse fine du texte peut monter qu'il n'y avait, à l'origine du récit qu'un seul arbre et que c'est au cours de l'évolution rédactionnelle que les arbres se sont doublés: arbre de la connaissance du bien et du mal et arbre de la vie (entendu ici: qui rend comme des "dieux" et fait que l'on ne mourra pas). Etait-ce de cet arbre dont voulait parler Malick ?

J’ai eu, au début des mots assez forts, critiques même par rapport au caractère « religieux » du film. Ce qui m’irritait était d’avoir compris la fin du film comme une affirmation en réponse à l’angoisse de nous savoir mortels: « ben, ne nous inquiétons pas, il y a une vie après la mort », symbolisée ici par les images sur la plage, au fil des vagues.

Spoiler (cliquez pour afficher)
On pourra me rétorquer, probablement à juste titre, que c’est le discours de l’Eglise à laquelle j’appartiens. Certes mais je dois avouer que je suis en porte à faux par rapport à certains discours. Une certaine lecture de l’évangile attribué à Jean montre que la « vie éternelle » c’est ici et maintenant (ou en langage biblico-théologique: « la vie éternelle est de connaître le Christ »). Si je veux bien croire en la résurrection, ce n’est qu’en tant qu’objective et pas subjective (autrement dit: mon « moi » n’en sera pas conscient, même s’il est « vivant » dans le coeur de Dieu. J’ai bien conscience que tout cela est du charabia et je pense que c’est une des raisons qui me faisait sans cesse postposer une intervention « religieuse »).


Cette lecture était due en grande partie au fait que je n’avait pas perçu toute la structure du film, la façon dont il était construit. Après tout, je suis né avant le « nouveau roman » et formé à une lecture narrative « traditionnelle ». De même, en musique, il me faut faire un effort supplémentaire pour entrer dans la musique du trio de Vienne (Berg, Webern, Schoenberg); plus en tout cas que pour Bach, Beethoven ou Mozart!

Pour le moment je fais « comme si » Jack, se remémorant la mort de son frère avait des « flashes » qui lui permettent d’explorer son passé, d’une part, et d’intégrer sa réflexion dans une dynamique divine et cosmique en lien avec la Nature et les questions du bien ou du mal. Un peu « comme si » dans les dernières images, avant celles du pont, Jack, sortant d’une tour émergeait d’un rêve semi-éveillé.

C’est donc à nouveaux frais que j’ai revu, reçu et perçu le film: comme un discours fondamentalement « religieux ».

Relire le livre de Job !

Il y a probablement plusieurs pistes dans le film, la question des échelles, par exemple. Evoque-t-elle comme on l’a écrit ici l’échelle de Jacob ? peut-être! Ici, je reçois le film en tant qu’il échappe (comme toute création - je découvre un double-sens en l’écrivant!) à son auteur. Peu importe - même si c’est important ! - donc ce que Malick a voulu faire, partager, y mettre. Je reçois le film et j’y lis une « topologie classique » : « tu vois, c’est là que Dieu habite ». Je prends donc l’exergue comme fondamental: Job 38, 4.7

Il s’agit là du premier « plan » du film, comme sa clé de voute. Or le chapitre 38 est le premier et seul débat de YHWH avec Job [Job dont le signifie probablement « où est père » (*ayya-abum)].

Spoiler (cliquez pour afficher)
Les exégètes sont en débat par rapport à la composition du livre. Celui-ci n’a probablement pas un auteur unique et l’histoire de sa composition est complexe. Il daterait du 5e ou 6e siècle avant l’ère courante. On s’accorde à y reconnaître qu’il pose la question du mal comme enjeu fondamental. Il le fait dans un texte en vers encadré par un prologue et un épilogue en prose. Dans le prologue, « le satan » (il ne s’agit pas d’une personnification
du mal qui ne se fera qu’ultérieurement) demande à YHWH l’autorisation de tourmenter Job (cf. aussi le Faust de Goethe ou Méphistophélès rencontre Dieu et lui demande la permission de tenter Faust).

La structure de Job est la suivante:

* Prologue en prose: 1-2
** Complainte de Job 3
*** Débat entre Job et ses amis 4-27
**** débat 1: 3-11: ]Maudit soit le jour de ma naissance
**** débat 2: 12-20: Je ne suis pas moins sage que vous. Dieu fait et défait à sa guise
**** débat 3: 21-27: Les scélérats prospèrent et meurent heureux
*** Eloge de la sagesse: 28
** Complainte de Job 29-31
* Discours d’Elihou : 32-37
** Dialogue entre YHWH et Job 38-42, 6
* Epilogue en prose: 42, 7-17
Voir aussi comment 38,2 « quel est celui qui obscurcit mes plans par des propos dénués de sens ? » (avant la citation que fait Malick)
trouve son écho en 42, 2-3: « Je sais que tu es tout-puissant, ce que tu conçois, tu peux le réaliser.
J’étais celui qui voile tes plans par des propos dénués de sens ».


Le chapitre 38 est très intéressant.
En 38, 1 − 40, 2 YHWH dit qu’il est compétent pour créer ce qui est bon et ce qui échappe à la compréhension et à la mainmise de l’homme
En 40, 6-41 YHWH dit qu’il est compétent pour défendre sa création contre le chaos qui la menace
En 40, 1-6, Job renonce à la « théologie » tout en étant « consolé » (il y a un jeu de mots en hébreu).

A la fin du récit, Job devient plus riche et plus fécond qu’il ne l’était auparavant.

Job reprend une question assez universelle. Pourquoi la souffrance, le mal, la mort ? Pourquoi les salauds vivent dans le bonheur et les justes dans le malheur ? La mort/ne pas mourir est bien une (LA ?) question qui taraude l'être humain.

« Pourquoi ? Qu'ai-je fais à Dieu ? » sont des questions posées dans le film où Malick répond à sa manière (c’est-à-dire avec sa foi, ses codes, ses tics, ses clichés, sa fragilité et aussi son génie). Que l’on soit croyant ou pas importe peu. Il fait appel à un des trésors de notre littérature: le livre de Job. Poser la question à « Dieu » (peu importe qu’il ou que « cela » existe; c’est un autre débat) est déjà signe de démesure: « mais pour qui l’être humain se prend-il pour croire que l’un quelconque de ses actes entraîne le courroux de celui qu’il pense et place comme "fondateur" ou créateur de l’univers ».

La réponse ne peut donc être que cosmique, comme dans le livre de Job. C’est aussi en ce sens que la liturgie pascale (la plus grande fête des chrétiens) débute - au moins dans la liturgie catholique - par le récit de la Création (le premier... mais le plus récent... qui est avant tout ‘cosmique’). Mais, dans la foulée, le récit, la narration doit aussi s’incarner et renvoyer au plus quotidien, à ce qui semble apparemment le plus futile.

Il m’arrive dans des prédications de funérailles de dire que lorsque l’on regarde sa vie on peu se demander « Qu’ai-je fait durant celle-ci? Que puis-je en retenir ? » Et la majorité du temps, ce sera « pas grand chose », la banalité des jours qui passent et qui se terminent sans que rien de transcendant ne soit à retenir.

C’est ce « quotidien », ces jours et ce temps qui passent que j’ai découvert dans The tree of life.

Le film aborde à plusieurs reprises la question de l’espoir et la dernière vision de Jack traduit probablement quelque chose de la foi et de l’espérance de Malick. C’était ce qui me dérangeait à première vision mais je suis aujourd’hui serein avec cela. Malick l’exprime si bien.



Un film qui ravive des souvenirs en moi

J’avais écrit ci-dessus « triple écho ».
Quelques mots donc de ce qu’en ont pensé un confrère et une religieuse camerounaise.
Il y a eu un petit problème. Nous nous étions donné rendez-vous pour être largement à temps à la séance mais des travaux dans le métro bruxellois le lundi de Pentecôte les ont retardé. J’étais dans la salle en réservant les places... mais ils sont arrivés alors que le film était commencé depuis 3 minutes trente. Autant dire que c’est perdre une des clés du film.

Cependant, mon confrère, comme théologien a été sensible à l’aspect « religieux » et biblique du film et découvrant une thématique propre au protestantisme (historique, pas le courant évangélique): la question du mal, de la culpabilité... tandis que la religieuse a plutôt été sensible à la beauté des images.

Quant à moi, outre l’aspect religieux que j’ai évoqué ci-avant, c’est à titre personnel que j’ai été touché, troublé. Me suis souvenu de certaines choses (mes parents ont été déchus de leurs droits et j’ai fait l’objet d’une mesure de placement comme mineur en danger): par exemple que je me promenais dans les rues en regardant l’intérieur des maisons et me disant que j’aurais souhaité avoir de telles familles se réunissant autour de la table. Une fugue lorsque j’avais cassé une pièce du tracteur de mes parents. Ce chat que j’avais enfermé dans une cruche (il en est mort) lorsque j’étais enfant; un autre chat que j’avais ébouillanté avec l’eau de cuisson des oeufs à la coque (et j’ai fait un virage à 80 degrés en étant aujourd’hui très sensible à la question du respect des animaux et de la nature; raison de plus d’être sensible aux films de Malick)... Mais aussi et surtout le jour où étant dans la cour de la ferme, près de la meule qui servait à aiguiser les faux, où j’avais demandé à mon frère (un an et demi de moins que moi qui en avait onze) de mettre son doigt entre les engrenages (complètement noyé dans de l’huile usagée noire pour le graissage). Je lui ai demandé « Je peux tourner? » Lui: « Je te fais confiance! ». Et j’ai tourné!
On a dû l’hospitaliser. Au moment de sa mort prématurée en 2001, il avait toujours la dernière phalange de l’index deux fois plus large !

Je rapporte cela parce qu’il y a un lien avec un des plans du film de Malick et que je me ronge encore aujorud'hui d’avoir fait cela à mon petit frère.

Et donc pour cela et pour pas mal d’autres choses, on comprendra peut-être qu’il y avait une sorte d’exorcisme et de catharsis voire d'identification à Jack, en allant voir cinq fois le film en vingt jours !
Dernière édition par wontolla le 20 août 11, 12:51, édité 1 fois.

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Messagepar wontolla » 18 juin 11, 18:38

Printemps, été, automne, hiver… et printemps (Kim Ki-Duk, 2003)
Je prévoyais de regarder Les moissons du ciel de Malick mais un échange en MP avec un classikien à propos de Pourquoi Bodhi-Dharma est-il parti vers l’orient? (달마가 동쪽으로 간 까닭은 / Dharmaga tongjoguro kan kkadalgun, Yong-Kyun Bae, 1989).

Le film étant introuvable, il me conseillait Printemps, été, automne, hiver… et printemps (Bom yeoreum gaeul gyeoul geurigo bom, Kim Ki-Duk, 2003).

De Kim Ki-Duk, je n’avais vu que Locataires (Bin jip, 2004) sur Arte. J’ai acheté ensuite le DVD... puis d’autres. J’hésitais cependant à regarder les autres, certains amis m’avaient dit que Kim Ki-Duk faisait preuve de cruauté envers les animaux. On parlait même d’une boucherie canine. On comprendra à lire la fin du message juste au-dessus de celui-ci que j’atteins là des zones totalement irrationnelles en moi, tant ces actes de cruauté enfantine taraudent aujourd’hui encore l’adulte que je suis !

Et me voilà donc parti pour Printemps...
Un film avec une économie de paroles. Les paysages sont autant de personnages du film au cours des saisons évoquées. Le pluriel n’est peut-être pas de mise. C’est le paysage, avec un lac au centre et, sur le lac, un temple bouddhiste. Splendide ! Les bonus - tout aussi diserts que le film ! - m’ont appris que le temple avait été construit pour la circonstance.

L’histoire. Un enfant, futur moine bouddhiste est avec son maître. On verra l’évolution de cet enfant (printemps). Un autre acteur le jouera adolescent (été). Un troisième comme jeune adulte (automne). Et Kim Ki-Duk lui-même prendra la suite pour l’hiver et le printemps suivant.

La cruauté est présente dans le film. Elle me gênait d’autant plus qu’elle renvoyait à la mienne, enfant. Elle me dérangeait d’autant plus que je pense que les animaux ont vraiment souffert dans le film (alors on dira: un poisson, une grenouille, un serpent, une tortue... sont bien peu de choses, mais c’est totalement affectif et irrationnel chez moi).

Mais surtout, ma totale méconnaissance du bouddhisme (je n’en connais quelque bribes que pour avoir suivi une conférence à ce sujet !) m’a empêché d’avoir toutes les clés du film. Certes Google est mon ami; j’y ai bien sûr trouvé quelques réponses aux énigmes de ce très beau film mais peu concernant le bouddhisme.

NB:
L’arrivée de policiers est surprenante dans le film, un peu comme une fêlure dans une belle porcelaine.
Aussi: Kim Ki-Duk semble en pleine forme physique!

Me restent quelques questions:
- Quels sont les caractères que le moine écrit sur le sol du temple ? Le texte a-t-il une signification?
- Ensuite certains sont colorés. Cela met-il en exergue certains éléments du texte (si la réponse est positive à la première question).
- Le maître a peint les caractères en noir durant la journée avec le bout de la queue du chat qui est noire à ce moment-là. Or le matin, la queue du chat est blanche !
- Le moine est arrêté. Le maître s’immole par le feu après un rituel de fermeture (tenté auparavant par le moine adolescent). Je n’ai rien trouvé sur ce rituel. Passons. Mais lorsque plusieurs années plus tard le moine revient après avoir purgé sa peine, c’est l’hiver et la barque n’a pas bougé, immuable. Admettons. Mais l’on voit les poissons dans la petite vasque - avec très peu d’eau - dans le temple. L’eau est gelée. Qui a nourri les poissons pendant toutes ces années?
On dira que je cherche la petite bête (sic) mais dans la mesure où l’on fait un plan sur la vasque et les poissons pour nous dire quelque chose (dire, façon de parler à propos d’un film aussi peu bavard) après qu’une assez grande période de temps soit passée me rend curieux.

Le film se termine avec un boucle. Certes le moine a appris. Il a tenté une rédemption en portant un Bouddha et une pierre sur le dos en haut de la montagne. Le Bouddha surplombe la vallée et le temple. Mais le cycle de la cruauté recommence. L’enfant amené par sa mère durant l’hiver sera l’élève, au printemps, comme le premier printemps du film.

Tout est à reprendre. L’élève est tout aussi cruel que le nouveau maître ne l’était lui-même enfant.
Et pour qui regarde la finale coréenne proposée dans les bonus, il découvrira que cet enfant est encore plus inventif que son maître. :?