Top Robert Zemeckis

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés après 1980

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Major Tom
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Re: Top Robert Zemeckis

Messagepar Major Tom » 1 avr. 11, 19:00

Cortez The Killer a écrit :
Demi-Lune a écrit :A la poursuite du diamant vert (1984)
C'est une belle déception... je n'avais plus beaucoup de souvenirs du film, mais la découverte récente de La Guerre des Rose me laissait espérer une équivalente complicité entre Michael Douglas et Kathleen Turner ; sur ce point le film est réussi, car les deux acteurs dégagent une alchimie évidente et pimentent leur relation volcanique de quelques répliques et situations plaisantes. Mais A la poursuite du diamant vert ne décolle jamais, le scénario est bien trop convenu et rachitique pour convaincre. Il manque désespérément le génie et la folie des associations Zemeckis/Gale (seule la toute première scène évoque l'esprit du réalisateur) ou des films futurs de Zemeckis, dont on est loin de deviner l'étendue de son talent technique à travers cette gentillette comédie d'aventures aussi palpitante qu'une cascade de l'inspecteur Derrick. Sans le charme de son couple vedette, A la poursuite du diamant vert serait une série B quelconque et pataude. Je me demande même si Le Diamant du Nil, qui n'est franchement pas génial, ne lui est pas supérieur... Désolé, Cortez. :?

Cela doit bien faire quatre ans que je n'ai pas revu le film, pourtant, il m'en reste un très bon souvenir.
C'est pas Le film d'aventure ultime (contrairement aux Indy dont le diamant vert fait largement écho) mais un excellent B movie de la belle époque qui n'a pas d'autre prétention que d'offrir un divertissement de qualité sans compromettre les neurones de son public.

Après, je suis interloqué par le fait que tu trouves le film plat et sans envergure. Le comparer à un épisode de Derrick n'est pas très subtile et assez exessif (je sais c'est du millième degrés, enfin, j'espère :!: :?:)
J'ajoute que sa séquelle est nettement bien moins foutue et ce, même si le couple vedette séduit toujours autant.
Néanmoins, tu m'a furieusement donné envie de me le remater. Ce sera chose faite ce weekend :wink:

Moi c'est déjà chose faite il y a deux ou trois mois et pareil, j'ai passé un bon moment, loin de l'ennui d'un épisode de Derrick que Demi-Lune n'a jamais dû voir. Il y a quand même une bonne mise en scène, avec quelques subtilités amusantes, mais certes éloignée de la surenchère du futur réalisateur d'Apparences et de films insipides en 3D. À la poursuite du diamant vert est une comédie d'aventures certes moins trépidantes que dans les blockbusters ou les Indy (et encore, aujourd'hui on peut dire: ça dépend duquel), et il y a une grosse baisse de régime au milieu du film, mais avec un beau duo de stars, des gags qui font mouche, et qui fait en tout cas partie d'une époque où j'aimais Zemeckis. Et pour peu qu'on soit bien accompagné, ce qui était mon cas, on passe une très charmante soirée.
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Demi-Lune
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Re: Top Robert Zemeckis

Messagepar Demi-Lune » 1 avr. 11, 19:07

Cortez The Killer a écrit :Après, je suis interloqué par le fait que tu trouves le film plat et sans envergure. Le comparer à un épisode de Derrick n'est pas très subtile et assez exessif (je sais c'est du millième degrés, enfin, j'espère :!: :?:)

Désolé pour cette remarque excessive, je concède que je suis allé loin dans le second degré :mrgreen: Cela dit, j'ai vraiment trouvé le film assez plat. Ce n'est finalement pas tant une question de rythme que cette impression que le film ne se donne jamais les moyens d'une plus haute ambition. Si le scénario de Diane Thomas se montrait plus imaginatif et moins lourd par moments (le personnage de De Vito, qui plombe vraiment les scènes dans lesquelles il apparaît, et plus largement la galerie de personnages secondaires, assez mal écrits - l'inconsistance des méchants est révélatrice), si Zemeckis se laissait aller à plus de folie (on le sent presque bridé par ce matériau qui n'est pas de son cru), je pense que le résultat aurait été meilleur ; je ne peux d'ailleurs pas en douter quand on voit la tournure génialissime de la carrière du réalisateur dès son film suivant. Le film rassemble des talents confirmés ou en passe de l'être, mais ne se montre malheureusement que rarement à la hauteur des attentes (légitimes, non ?) qu'une telle somme pouvait inspirer. Douglas et Turner assurent le spectacle, et j'aurais vraiment aimé retrouver sur ce film le Zemeckis que j'aime, le virtuose du divertissement 80's carré et prodigieusement intelligent.

Par contre, et tu as raison de le dire, cela reste un divertissement des plus honnêtes et emballé avec un charme inimitable. :wink:

Edit : et des épisodes de Derrick, j'en ai suffisamment vus chez mes grands-parents. :mrgreen:

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Re: Top Robert Zemeckis

Messagepar Major Tom » 1 avr. 11, 19:21

Demi-Lune a écrit :Edit : et des épisodes de Derrick, j'en ai suffisamment vus chez mes grands-parents. :mrgreen:

Alors comment as-tu pu passer à côté des scènes d'action? ça dépote pourtant...

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Demi-Lune
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Re: Top Robert Zemeckis

Messagepar Demi-Lune » 1 avr. 11, 19:26

Quel sens du rythme, quelle tension... une leçon de mise en scène.
Bon je rassure ceux que mon commentaire sur le Zemeckis auraient pu refroidir, A la poursuite du diamant vert est nettement au-dessus de... ça. :lol:
Et encore, là ça doit être un épisode des années 1980... moi, je te parle de trucs plus récents (fin 90's), avec un Horst Tappert tellement âgé et fatigué que s'il faisait un léger bond de côté, cela relevait déjà du prodige.

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Re: Top Robert Zemeckis

Messagepar styx » 1 avr. 11, 19:33

Moi j'ai vu un "Derrick" où il mettait la moitié de l'épisode à sortir de sa voiture. :mrgreen:

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Cortez The Killer
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Re: Top Robert Zemeckis

Messagepar Cortez The Killer » 3 avr. 11, 10:59

Romancing the Stone (1984)

Suite à la chronique de Demi-Lune, je me suis dit que cela serait une bonne occasion de revoir cette exquise comédie d'aventure faisant partie des fleurons du genre.

Je ne vous cache pas l'admiration que je porte à l'égard de ce bon vieux Zemeckis, cinéaste de génie, véritable faiseur et auteur à part entière. Il représente mes premiers amours pour le septième art avec son comparse et précepteur le "maître" Steven Spielberg. De fait, j'avoue que certains de leurs films m'empêche d'être suffisamment objectif tellement ils m'ont accompagné lors de mon enfance.
Ce qui n'est pas vraiment le cas de à la poursuite du diamant vert que j'ai découvert assez tardivement. Ce qui me permet (m'autorise? :D ) d'avoir un esprit plus critique et plus impartial.
Romancing the Stone est une oeuvre à part dans la carrière du cinéaste car elle ne fait écho à aucuns des thèmes chers au cinéaste. Ce qui en fait un film assez impersonnel. Toutefois, après ses 27 printemps au compteur, il tient toujours autant la route et nous prouve le talent d'un réal en devenir qui atteindra des sommets par la suite.

Partant de l'initiative d'un Michael Douglas désireux de jouer dans une comédie d'aventure grand public, il décide de donner sa chance au réalisateur venant de l'écurie Spielbergienne alors très prolifique à cette époque.
Le métrage commence par une séquence qui rend un hommage parodique au genre du western avec tous les poncifs qui s'y accompagne. Cette scène constitue la quintessence du cinéma de son auteur à la fois barré et inventif.
La présentation des personnages est étonnamment bien traitée car Zemeckis nous assène des clichés pour mieux nous les faire avaler. En l'occurrence, une jeune romancière spécialisée dans les romans à l'eau de rose cherchant désespérément son cavalier solitaire qui le sortira de sa torpeur amoureuse.
Le personnage de Michael Douglas, l'aventurier scinique et froussard est lui aussi très bien écrit et constitue un très bon contrepoids avec le protagoniste féminin.

Il est vrai que certains personnages auraient pu être plus consistant. Je pense au bad guy qui a juste une fonction de remplissage et pas assez charismatique à mon goût. De plus, j'aurais aimé voir plus souvent Danny de Vito qui à chacunes de ses apparitions m'a fait hurler de rire.
Après, le film a quelques soucis au niveau du rythme. En effet, je trouve que c'est une constance dans le cinéma Zemeckis du début des années 80 d'avoir un gros coup de mou dans leur seconde partie.
L'exemple le plus représentatif est son film précédent, Used Cars (la grosse magouille en français). La première moitier du métrage est vraiment hilarante à tous les instants mais sombre malheureusement, par la suite dans une sorte d'apathie qui m'empêche de le considérer comme une excellente comédie. Son troisième film possède cette faiblesse mais à moindre niveau.

Quoi qu'il en soit, le film a fait un tabac au box office et engendra une séquelle n'ayant pas du tout la même saveur et la fraîcheur revigorante. Mais il permit à Zemeckis de se diriger vers des projets plus personnels et plus ambitieux.

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Demi-Lune
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Re: Top Robert Zemeckis

Messagepar Demi-Lune » 5 mars 12, 11:55

Demi-Lune a écrit :Je me demande même si Le Diamant du Nil, qui n'est franchement pas génial, ne lui est pas supérieur...

Un an plus tard, je reviens sur cette affirmation parce que j'ai eu l'occasion de revoir Le diamant du Nil, et c'est franchement naze. Déjà quand j'étais gosse, je ne trouvais pas cette suite terrible, mais alors là... je le rangerais quasiment au niveau des Allan Quatermain de Chamberlain. On sent que le scénario a été bricolé à la va-vite pour surfer sur le succès du premier opus et de son duo de charme. Hop hop, on reprend la même recette pratiquement à l'ingrédient près. Seulement, si je ne suis pas démesurément enthousiaste au sujet de Romancing the stone, il y avait quand même à la barre un cinéaste plus doué que Lewis Teague, qui se montre incapable d'injecter dans ces aventures orientales le moindre rythme et le moindre intérêt. Les péripéties sans inspiration s'enchaînent laborieusement, à peine relevées par l'alchimie Douglas/Turner (quand je la revois dans ses films 80's j'éprouve toujours un coup de blues... quel gâchis). Les punchlines sont casse-couille, Danny De Vito est casse-couille, la B.O. au Bontempi est casse-couille, les pseudos gags sont casse-couille. Par contre le spectacle son et lumière simili-nazi me fait toujours "marrer" et j'aime bien cette scène où Douglas comprend à quel point il aime Turner en la voyant se déhancher avec les Nubiennes. Et la photo de Jan de Bont est quand même pas mal du tout.

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Re: Top Robert Zemeckis

Messagepar Flol » 5 mars 12, 19:09

Quelle vulgarité.
Quant à Kathleen Turner, certes c'est du gâchis, mais c'est surtout une maladie :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Polyarthrite_rhumatoïde

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Re: Top Robert Zemeckis

Messagepar Outerlimits » 15 mars 12, 02:38

Pas un grand inconditionnel de Zemeckis néanmoins :

BIEN :

Apparences : son film le plus abouti selon moi, j'aime beaucoup cette manière de mélanger les genres à-priori antinomiques, les références détournées à Hitchcock, et la façon dont le réal se les "approprie" en les étirant jusqu'à plus soif, décuplant la tension (la fameuse séquence interminable de la douche). Ce film est qui plus est d'une beauté plastique renversante (photographie magnifique, superbe gestion du scope), et une leçon de mise-en-scène, où certaines séquences ont fait depuis école (l'incroyable plan traversant le plancher sans que le public n'y comprenne rien). Michelle Pfeifer n'a jamais été aussi belle et Harrisson Ford est machiavélique à souhait. Certains passages sont bien flippants et l'atmosphère est là.
En détournant les codes du film d'angoisse, Zemeckis nous pond le film "anti-clichés" par excellence !
Le dernier plan subliminal achève d'en faire l'oeuvre la plus définitive de son auteur.

Retour vers le futur : pur produit entertainment certes, mais scénario calibré au millimètre pour un ensemble trés divertissant. En revanche les 2 et 3 sont assez nazes.

Seul au monde : toute la partie sur l'île est un incroyable morceau de bravoure, dommage que le film pêche par une fin étirée et appuyée, et trop gnangnan.

La mort vous va si bien
: petite comédie fantastique des plus plaisantes, pleine de quiproquo et de moments réjouissants. Un film mineur néanmoins.

Forrest Gump Belle histoire et aspect technique du film incroyable. Quelques longueurs néanmoins, notamment sur la dernière partie, qui s'étire.

MOYEN :

Retour vers le futur 2 et 3 (plus ça avance, moins c'est bon)
Qui veut le peau de Rabbi Jacob : Trop de "tout" vous tue un film et le rend indigeste !!


MAUVAIS :

A la poursuite du diamant vert : je n'ai jamais aimé ce sous-Indiana Jones au rythme défaillant et à la réalisation molle.


Pas vu le reste (si, "Contact" mais juste une partie et souvenirs flou).

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Re: Top Robert Zemeckis

Messagepar Watkinssien » 15 mars 12, 08:30

Outerlimits a écrit :Pas un grand inconditionnel de Zemeckis néanmoins :

Qui veut le peau de Rabbi Jacob


:fiou: :fiou:
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Mother, I miss you :(

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Re: Top Robert Zemeckis

Messagepar Jeremy Fox » 15 mars 12, 09:01

Watkinssien a écrit :
Outerlimits a écrit :Pas un grand inconditionnel de Zemeckis néanmoins :

Qui veut le peau de Rabbi Jacob


:fiou: :fiou:

:lol:

Quant à moi J'adore Seul au monde et j'apprécie de plus en plus Le Pôle Express qui possède un côté magique non négligeable.

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Demi-Lune
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Re: Top Robert Zemeckis

Messagepar Demi-Lune » 15 mars 12, 09:09

Jeremy Fox a écrit :Quant à moi J'adore Seul au monde

Idem, d'ailleurs je trouve parfaitement bouleversant le dernier acte, avec Hanks et Hunt qui ne peuvent partir sous la pluie, le monologue de Hanks qui raconte comment il voulait se suicider, et cette "croisée des chemins" délicatement optimiste. Je dirais même que c'est encore plus beau et plus fort que toute la partie sur l'île. C'est marrant, je ne pense pas systématiquement à Seul au monde quand on s'amuse à faire des tops des plus grands films des années 2000, et pourtant j'y vois personnellement un chef-d’œuvre. Probablement le plus beau Zemeckis - d'ailleurs comme un signe, ce dernier ne s'est plus tourné que vers des films d'animation, ensuite.

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Thaddeus
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Re: Top Robert Zemeckis

Messagepar Thaddeus » 15 mars 12, 09:21

Totalement d'accord avec vous seur Seul au monde, un film d'une belle audace, passionnant d'un bout à l'autre, et complètement à contre-courant des modes.

D'ailleurs hop, ma rétro commentée.


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(en italiques : films découverts en salle à leur sortie)


Retour ver le futur
Assister aux aventures temporelles de Marty, propulsé dans le passé et assistant, après l’avoir provoquée, à la rencontre de ses parents, demeure l’un de mes plaisirs cinéphiles les plus intimes, les plus inaltérables. Avec une inventivité, une fraicheur absolument exquises, Zemeckis bâtit sur de fructueux arguments de science-fiction conjoncturelle de purs délices de comédie sentimentale, creuse les question de l’initiation, de l’amitié et de la fidélité, du dépassement des peurs, et s’amuse au travers d’un jeu savant et malicieux avec les références populaires à dresser les portraits de deux générations, de deux époques qui se rencontrent, s’opposent, s’apprivoisent – tout le sel d’une comédie dopée à l’humour débridé et à la tendresse piquante. Un merveilleux divertissement, dans le cercle fermé de mes œuvres-madeleine. 6/6

Qui veut la peau de Roger Rabbit ?
Rebelote. Le film commence par un cartoon ahurissant, enchaîne en pastiche de film noir avec Bob Hoskins en émule poivrot de Bogart, un lapin déjanté en témoin gênant et une somptueuse bombe anatomique (dessinée) en vamp fatale. A l’époque où son mentor Spielberg patine quelque peu dans le semoule de ses premiers projets dits sérieux, Zemeckis s’impose comme l’un des entertainers les plus doués d’Hollywood. D’une virtuosité technique confondante (même aujourd’hui), le film invente à un délire ébouriffant qui ne laisse pas un instant de répit, déclenche le fou rire toutes les trente secondes, nous fait sauter dans notre fauteuil, envoie notre regard valdinguer dans dix directions à la fois. C’est une sarabande euphorisante, un pur prodige d’imagination, de dinguerie, de drôlerie, voire de poésie, et l’un des spectacles les plus drôles, intelligents et achevés du cinéma américain des années 80. 6/6

Retour vers le futur 2
Suite des pérégrinations de Marty et Doc, propulsés cette fois dans un avenir joyeusement futuriste. Mené tambour battant, avec un sens éprouvé du rythme, de la relance, du rebondissement, le film pulvérise la linéarité limpide du premier volet au profit d’une construction plus alambiquée, qui gagne en puissance de distraction pure ce qu’il perd en spontanéité émotionnelle. On y retrouve les personnages avec un plaisir renouvelé, le long d’une intrigue à niveaux multiples qui s’amuse à multiplier les paradoxes narratifs et les hypothèses délirantes. 5/6

Retour vers le futur 3
Versant westernien de la saga. Conscients peut-être d’avoir atteint un point de non-retour avec le volet précédent, Zemeckis et ses scénaristes reviennent à un récit plus linéaire, qui pastiche sans vraiment les parodier tous les éléments du western classique en les assaisonnant à la sauce de la saga – archaïsme amusé, clins d’œil, connivence permanente avec le spectateur et sa connaissance des événements futurs. S’il est le plus faible de la trilogie, le film n’en demeure pas moins très agréable à regarder, plein de charme et d’inventivité, et développe des enjeux inédits (voir Doc tomber amoureux est vraiment touchant). Un petit 5/6.

La mort vous va si bien
J’aurais du mal à en parler, car je l’ai vu il y a trop longtemps pour que je m’en souvienne. Il me semble que Zemeckis conçoit une farce noire et délirante autour du mythe de la jeunesse éternelle… En attente d’une revision, ?/6

Forrest Gump
On peut lire le plus grand succès populaire de Zemeckis comme la légende dorée d’un naïf aux mains pleines, ou comme un conte de fées qui est à la société méritocratique ce que Cendrillon était à la société monarchique. Nul éloge de la passivité pourtant dans cette œuvre sur l’imposture et la mécanique dérisoire du destin, qui revisite trente ans d’histoire américaine sur le registre de la cocasserie démystificatrice : plutôt une apologie du volontarisme et des vertus de l’innocence, dont le regard candide sur le monde relève bien évidemment de la fable. La morale n’est pas dénuée de conservatisme, le film tire parfois sur la corde sensible, mais la fiction est emmenée avec une telle maîtrise technique et romanesque qu’elle séduit aisément. 4/6

Contact
Une fascinante aventure à la croisée de la science et de la foi, qui m’a émerveillé par la précision de son regard, sa sincérité naïve, le tempo méticuleux, précis et captivant de sa narration. Sans doute le film pèche-t-il parfois par simplisme, par raccourci didactique, mais il vibre d’une telle magie, d’une telle générosité que ces réserves ne pèsent rien face à l’intensité exaltante de ses séquences (la découverte et le décryptage du message, exemplairement), à leur pouvoir de sidération ou à leur poésie (le voyage final) – je dois dire que le sujet me passionne. Avec une grande élégance plastique et un refus constant aux impératifs hollywoodien, Zemeckis signe là une épopée à la fois intime et spectaculaire, émouvante et réflexive, qui trouve l’équilibre délicat entre crédibilité et inclination au merveilleux. 5/6

Seul au monde
Cette prise de distance avec les principes normatifs du blockbuster américain, le cinéaste la reconduit ici. Si on le replace dans son cadre de production, le film tient davantage de l’expérimentation suicidaire que du spectacle pour grande audience : plus de deux heures d’une robinsonade presque sans dialogue, sans événement, attaché aux gestes infimes de survie (Zemeckis est capable de passer un quart d’heure sur un allumage de feu), et alignant les tours de force invisibles (rendre un simple ballon super attachant, par ex). Prodige : en dépit de ce minimalisme (ou plutôt, grâce à lui), le film passionne, redéfinit complètement le rapport habituel au temps, à l’espace, au monde, et nous invite, à travers l’existence inédite à laquelle est contraint le héros, à une belle méditation sur la solitude, la survie, la puissance de la volonté, et plus largement l’héritage de la civilisation. 5/6

Pas vu les autres.

Mon top :

1. Retour ver le futur (1985)
2. Qui veut la peau de Roger Rabbit ? (1988)
3. Contact (1997)
4. Seul au monde (2000)
5. Retour vers le futur 2 (1989)

Ca fait dix ans que j’ai lâchement abandonné Zemeckis : je ne connais donc pas ses dernières expériences technico-numériques, qui je le confesse ne m’intéressent pas vraiment. Mais il est l’auteur original et passionnant de quelques merveilles hybrides, à la fois pleinement hollywoodiennes et d’une véritable audace, en plus d’être le père de certains films-phare de ma jeunesse. Autant dire que je l’aime beaucoup.

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manuma
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Re: Top Robert Zemeckis

Messagepar manuma » 15 mars 12, 10:14

1 - I Wanna hold your hand
2 - Romancing the stone
3 - Cast away
4 - Back to the future part II
5 - Back to the future & Back to the future part III
6 - Used cars
7 - Death become her
8 - What lies beneath
9 - Who framed Roger Rabbit
10- Contact
11 - Forrest Gump

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jacques 2
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Re: Top Robert Zemeckis

Messagepar jacques 2 » 22 mai 12, 16:39

Revu hier "Apparences" ...

J'aime toujours autant : ce film magistralement et subtilement mis en scène et qui multiplie - à plusieurs niveaux - les références et les clins d'oeil à Hitchcock est une petite (pourquoi "petite" ?) merveille de ghost story à l'ancienne.

On dirait du Peter Straub ou du M.R. James : les amateurs apprécieront ...

Michèle Pfeiffer est très belle et omniprésente ainsi que Harrison Ford dans un contre emploi, nettement plus ambigu et intéressant que les éternels redresseurs de torts : AMHA son meilleur rôle avec "Frantic" (et Indiana Jones of course).