Michel Deville

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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cinéfile
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Re: Michel Deville

Messagepar cinéfile » 24 juin 17, 14:04

Vu La Femme en Bleu (1973)

Voilà un cinéaste avec lequel j'avance pas à pas. Sans avoir encore été ébloui (je mise énormément sur Dossier 51), je reste toujours curieux à l'idée de découvrir un de ses films. Je suis tombé sur celui-ci par hasard...

On peut dire que le couple principal a une sacrée gueule. Les deux acteurs sont au sommet de leur carrière respective (au moins en ce qui concerne la popularité). Le rôle de Dom Juan pathétique en pleine crise existentielle va à Piccoli comme un gant, tout comme celui de la maitresse désespéremment amoureuse à Massari ! Mais dans un premier temps, j'ai été agacé par ce montage speedé, très éclaté et bien alourdi par une musique envahissante (pourtant j'adore La Jeune Fille et la Mort). La trame apparait téléphonée. Puis soudain miracle, le film donne enfin sa pleine mesure. Surtout dans la dernière demi-heure en fait, à partir du moment où Piccoli se rend dans sa maison de campagne. On est enfin touché par le cheminement intérieur des deux personnages et, le film fini, je me suis retrouvé tout coi...

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Re: Michel Deville

Messagepar Jeremy Fox » 24 juin 17, 14:06

cinéfile a écrit :Vu La Femme en Bleu (1973)

Voilà un cinéaste avec lequel j'avance pas à pas. Sans avoir encore été ébloui (je mise énormément sur Dossier 51), je reste toujours curieux à l'idée de découvrir un de ses films. Je suis tombé sur celui-ci par hasard...

On peut dire que le couple principal a une sacrée gueule. Les deux acteurs sont au sommet de leur carrière respective (au moins en ce qui concerne la popularité). Le rôle de Dom Juan pathétique en pleine crise existentielle va à Piccoli comme un gant, tout comme celui de la maitresse désespéremment amoureuse à Massari ! Mais dans un premier temps, j'ai été agacé par ce montage speedé, très éclaté et bien alourdi par une musique envahissante (pourtant j'adore La Jeune Fille et la Mort). La trame apparait téléphonée. Puis soudain miracle, le film donne enfin sa pleine mesure. Surtout dans la dernière demi-heure en fait, à partir du moment où Piccoli se rend dans sa maison de campagne. On est enfin touché par le cheminement intérieur des deux personnages et, le film fini, je me suis retrouvé tout quoi...

Comme tu m'as trop donné envie... d'autant que ce que je cherche le plus à découvrir actuellement c'est le cinéma français des 70's et que j'adore le cinéaste. :o

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Re: Michel Deville

Messagepar cinéfile » 24 juin 17, 14:21

Merci :D

En effet, si tu cherches à explorer la période avec des oeuvres pas très connues (bien sûr Deville reste assez connu, mais ce film est tout de même pas un titre phare de sa filmo) ça devrait t'intéresser.

Et puis dans le fond comme dans la forme, ça respire les années 70 :wink:

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Re: Michel Deville

Messagepar Jeremy Fox » 7 nov. 17, 08:28

Père Jules a écrit :Vraie déception pour moi également que cette Petite bande. Le "petit monde" de Deville tourne complètement à vide, la magie n'opère pas ou lors de très rares fulgurances.

J'avoue qu'après une demi-heure, j'ai ressenti la même chose. Un des Deville qui m'a le plus déçu.

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Re: Michel Deville

Messagepar 1kult » 6 mars 18, 19:46

A cause, à cause d'une femme (1963) :

Un homme qui va de femme en femme est accusé par l'une de ses "fiancées" d'avoir assassiné le futur mari de celle-ci. L'homme s'échappe, mais semble plus intéressé par les femmes que de réellement chercher à prouver son innocence. Très charmant film de Deville, au scénario signé Companeez, brillant par sa mise en scène à la fois classique et pleine de fraîcheur, de sensualité et d'inventivité. Délaissant la comédie à l'américaine, Deville se tourne vers un projet plus sérieux (un polar donc) mais fait encore la part belle à l'insouciance et à ses portraits de femmes plus charmantes les unes que les autres. Demongeot a-t-elle déjà été aussi charmante ? Jacques Charrier et ses fossettes, que deviennent-ils ? Et quelqu'un a-t-il eu de plus beaux yeux que Marie Laforêt ?

Petit film, mais plein d'énergie toute sixties, de cette jeunesse qui d'un sourire ou d'un regard, venait dominer le cinéma. Et comme Deville aime les acteurs, on a droit à un festival, avec en point d'orgue un quasi plan séquence sur patins à glace. Admirable petit film, mais à l'intrigue finalement anecdotique. Qu'importe, ce petit film demeure un délicieux et grand "petit film".
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Re: Michel Deville

Messagepar Beule » 10 janv. 19, 15:31

1kult a écrit :A cause, à cause d'une femme (1963) :

Un homme qui va de femme en femme est accusé par l'une de ses "fiancées" d'avoir assassiné le futur mari de celle-ci. L'homme s'échappe, mais semble plus intéressé par les femmes que de réellement chercher à prouver son innocence. Très charmant film de Deville, au scénario signé Companeez, brillant par sa mise en scène à la fois classique et pleine de fraîcheur, de sensualité et d'inventivité. Délaissant la comédie à l'américaine, Deville se tourne vers un projet plus sérieux (un polar donc) mais fait encore la part belle à l'insouciance et à ses portraits de femmes plus charmantes les unes que les autres. Demongeot a-t-elle déjà été aussi charmante ? Jacques Charrier et ses fossettes, que deviennent-ils ? Et quelqu'un a-t-il eu de plus beaux yeux que Marie Laforêt ?

Petit film, mais plein d'énergie toute sixties, de cette jeunesse qui d'un sourire ou d'un regard, venait dominer le cinéma. Et comme Deville aime les acteurs, on a droit à un festival, avec en point d'orgue un quasi plan séquence sur patins à glace. Admirable petit film, mais à l'intrigue finalement anecdotique. Qu'importe, ce petit film demeure un délicieux et grand "petit film".


Je ne saurais mieux dire. 8)
Qu'importe le flacon, pourvu qu'on est l'ivresse !

Le brio audacieux du montage digne d'une pièce d'orfèvrerie ; la littéralité feutrée mais savoureuse des dialogues acidulés de Nina Companeez ; le charme ravageur d'un quintet de comédiennes rivalisant de grâce spontanée pour pulvériser la convention de leur emploi dans une forme d'improvisation en trompe-l'œil ; tout fusionne miraculeusement, en un écrin au swing euphorisant.

Dans le relatif désert - à mes yeux - de la comédie française, ce marivaudage policier , qui presque de bout en bout m'aura bercé le sourire béat aux lèvres, est un petit joyau inestimable. Presque, car sans avoir l'ait d'y toucher, il sait aussi, insidieusement, imprimer le douloureux spleen de l'amour non rendu.

Mention spéciale pour la craquante Mylène Demongeot, comédienne que je mésestimais largement pour ne l'avoir vue - en dehors de chez Preminger – que dans les productions populaires aux gros sabots de Hunebelle. Mea culpa. Ici, sous ses abords de fausse ingénue, elle étourdit de son charme saugrenu et d'une impayable créativité dramatique : voir son agilité à travestir sur le vif sa diction de l'accent d'Aix-en-Provence pour mieux séduire son interlocuteur désarmé. Merveilleux.

Admirable « petit film », comme tu l'écris. Si les autres comédies du début de carrière de Deville sont de cet acabit, alors, miam miam... :D
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Re: Michel Deville

Messagepar Supfiction » 10 janv. 19, 19:46

J’avoue n’avoir regardé ce film que pour ses actrices. :oops:

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Re: Michel Deville

Messagepar Beule » 18 janv. 19, 14:20

Supfiction a écrit :J’avoue n’avoir regardé ce film que pour ses actrices. :oops:

Rien que pour toi alors :wink: .
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L'appartement des filles (1963)
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Les jeux de la séduction et de la manipulation. Deville et Companeez récitent leurs games pour mitonner un improbable marché de dupes dont en vérité personne n'est dupe. Le procédé était déjà à l'œuvre dans Adorable menteuse ( les relation Vlady – Vitold en majeur, Méril – Bory en mineur) et À cause, à cause d'une femme. Cette fois il est appliqué à un matériau si ténu, si vaudevillesque, que l'exercice frôle l'abstraction. Les auteurs en sont conscients et jouent le jeu de la théâtralité à fond, au moins dans la première partie, transmuant la géographie précise d'un loft en espace scénographique mouvant pour une réjouissante représentation pirandellienne. Percutante mise en abyme de la persona des trois charmantes locataires. Par-delà l'autodérision de bon ton, ça fonctionne aussi et surtout par la grâce de cette musicalité vive et incisive que le tandem sait insuffler via le montage son et image : raccords dans le mouvement, réparties déportées sur deux plans... tout concourt au sacro-saint sens du rythme qui balaye en coup de vent nos (mes) défenses rationnelles.

Dans la deuxième partie, aérée, quand la narration rejoint les plus conventionnelles recettes de la comédie sentimentale, on perd en sophistication. On pourra légitimement regretter ce changement de cap. Quoique l'on puisse encore se délecter d'un sens du burlesque inopiné, qui confère aux dernières séquences une poésie pastorale délicieusement saugrenue.
Coup de pouce : Hupla - I could (single)[/center]