Michel Deville

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés après 1980

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Cathy
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Re: Notez les films du mois - août 2008

Messagepar Cathy » 4 août 08, 11:56

L'ours et la poupée - Michel Deville (1969)

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Une jeune femme moderne et citadine s'éprend d'un violoncelliste campagnard.

Michel Deville aidé de Nina Companeez signent ici une comédie dans la lignée des screwball comedies américaines, les dialogues fusent et font mouche. Les personnages sont sympathiques que ce soit Felicia que Brigitte Bardot sert particulièrement bien ou Gaspard (Jean-Pierre Cassel) séduisant en diable en ours bourru et distrait. On appréciera la scène où Gaspard se fait passer pour un fiancé suédois ou encore celle où Brigitte Bardot imite le comportement masculin, casquette vissée sur le crane et cigarette à la lèvre. Décors charmants d'une maison normande, jardin magnifique, tout est réussi dans cette comédie qui va à 200 à l'heure. Xavier Gélin et Daniel Ceccaldi complètent avec humour le casting, le premier en soupirant éconduit ou le second en ex-mari snob à souhait sans oublier les enfants dont la jeune Sabine Haudepin. Bref une grande réussite, où l'on retrouve ce qui fera aussi le succès des propres feuilletons de Nina Companeez, la vie familiale et cet humour sympathique. Il ne faut pas non plus oublier la musique de Rossini qui sert à rythmer toutes les scènes et rend encore plus joyeux. Bref une compagnie légère pétillante qui peut être vue et revue sans aucun problème.

Sabsena
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Re: Michel Deville

Messagepar Sabsena » 6 sept. 08, 16:40

Cineaste tres discret que j'aime beaucoup, Raphael ou le debauché et son superbe accompagnement musical vraiment un tres grand film d'epoque, je n'ai aucun souvenir de Benjamin ou les memoires d'un puceau, je pense avoir vu le film enfant, pas certain à 100 pour cent, Eaux profondes et Le paltoquet 2 grands films policiers, un peu de surrealisme dans Le paltoquet, j'ai preferé Eaux profondes, mais pour moi le Deville que j'adore c'est La lectrice le film jongle avec les mots et les images, Miou-Miou est extraordinaire, son plus beau role, je vais meme jusqu'à dire mon film francais numero 2 derriere Trois couleur Rouge de ces 20 dernieres années, La lectrice est il me semble de 88 sauf erreur.
Vous conviendrez qu'il vaut mieux arroser quelqu'un que de l'assassiner. Fernando Rey : Cet obscur objet du désir.

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Boubakar
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Re: Michel Deville

Messagepar Boubakar » 8 juin 09, 20:25

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L'ours et la poupée (1970)

C'est le premier film de Michel Deville que je découvre, et je pense que je le conseillerais à un novice de son cinéma, car on approche ici du burlesque, tant certaines scènes, et l'incongru de la situation approchent le n'importe quoi ! :lol:
D'ailleurs, le film repose beaucoup sur le "couple" que font Brigitte Bardot et Jean-Pierre Cassel (aux faux airs de Peter Bogdanovich), mais c'est surtout la première qui assure le spectacle, tant elle a l'air délurée (comme prendre son bain toute habillée, ou devenir complètement ivre, et surtout, désirant le pauvre Cassel) et excellente (et on chope une scène de nu, tant qu'à faire :fiou: :oops: )

Seul bémol, l'utilisation très, voire trop fréquente de la musique classique, au bout d'un moment, on n'en peut plus.
Mais le film est en même temps un témoignage drôle et volontiers virulent de la libération sexuelle.

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Jeremy Fox
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Re: Michel Deville

Messagepar Jeremy Fox » 8 juin 09, 22:31

Boubakar a écrit :
Seul bémol, l'utilisation très, voire trop fréquente de la musique classique, au bout d'un moment, on n'en peut plus.
.


C'est pourtant une des constantes du cinéaste (changeant de compositeur à chaque film) et, au contraire de toi, je m'en régale :wink:

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Re: Michel Deville

Messagepar Boubakar » 11 juin 09, 23:13

Le voyage en douce (1979)

Après des films aussi "lourds" que Le dossier 51 ou Le mouton enragé, Michel Deville se tourne vers un récit beaucoup plus modeste, avec une toute petite distribution, quasiment féminine, dans lesquelles émergent Dominique Sanda et Geraldine Chaplin.
Celles-ci se dévoilent quand même pas mal, aussi bien dans la nudité, que dans les drames qu'elles ont vécu.

Le film est au fond une parenthèse agréable (il n'y pas vraiment "d'enjeu", et la narration est parfois très lente), mais j'ai beaucoup aimé la façon dont Deville raconte les flash-backs ; soit on a une image d'enfance qui se "gèle", ou on entend uniquement le son et les vois, pendant une ballade. J'ai trouvé ça très original, et une vraie surprise dans la narration. Quelques séquences sont aussi répétées deux fois, chacune dans un angle différent, comme si Deville expérimentait devant nos yeux ses effets qu'on retrouvait un peu aussi dans Le dossier 51.

C'est assez anecdotique, mais l'originalité des flash-backs fait que c'est à voir.

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Re: Michel Deville

Messagepar Boubakar » 16 juin 09, 11:00

Eaux profondes (1981)

Ici, Michel Deville s'attaque à un film plus classique, celui d'un homme qui se met à tuer les amants de sa femme, alors que celui-ci est plus ou moins consentant en l'apparence.
Huppert est pas mal, quoique assez mutique (et une certaine habilité à se mettre à poil assez souvent :fiou: ), contrebalancée par un Jean-Louis Trintignant magnifique, et assez sombre à la fois. L'originalité du film est basé sur une idée du couple à trois, où l'enfant a un comportement assez adulte (à un moment, elle dit avoir 18 ans, alors qu'elle en a deux fois moins et elle n'hésite pas à engueuler ses parents) et le personnage de Huppert est assez gamine dans sa tête, ce qui peut signifier plusieurs choses dans le récit.
C'est un film qui, d'allure assez simple sur des meurtres, mais qui se révèle plus complexe qu'il ne l'est, ce qui le rend très intéressant.

Décidément, le cinéma de Deville me plait assez pour le moment. :)

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Re: Michel Deville

Messagepar Boubakar » 16 juin 09, 16:56

Péril en la demeure (1984)

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C'est un des films de Michel Deville les plus connus, essentiellement à cause de son affiche qui avait fait scandale.
En gros, c'est une sorte de drame sur un adultère qui tourne très mal. Mais c'est assez intéressant, bien que ça reste assez classique pour du Deville (bien qu'il y ait de la musique classique, signe de son cinéma).
Et il y a une sacrée galerie d'acteurs, de Michel Piccoli à Richard Bohringer, en passant par Christophe Malavoy (qui a plus ou moins disparu du cinéma français), et Nicole Garcia, sans oublier Anémone, tous très bons.

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Messagepar Boubakar » 17 juin 09, 21:59

Ben Castellano a écrit :La Maladie de Sachs

Le très grand et très beau film que voilà...Bluffé par Dupontel, bluffé par la description que font Winckler et Deville de cette vie de province, bluffé par l'habile et fluide représentation à l'écran des pensées collectives, celles du médecin et des habitants qui l'entoure. C'était pourtant pas du gâteau comme procédé mais ça marche divinement, et du moindre petit second rôle à son acteur principal, le film s'attarde à exprimer le minimal, l'indicible quotidien avec une richesse peu commune.


Pour reprendre l'avis de Ben, je suis tout à fait d'accord.
C'est peut-être le meilleur rôle de Dupontel, tant il est fabuleux en médecin angoissé par l'angoisse de ses patients. Il est tellement loin de ses rôles souvent barrés que de le voir si naturel (non pas qu'il ne l'est pas toujours) nous le rend touchant et on ressent presque de la peine dans sa détresse.
Là encore, et ce dès le générique, Deville nous sort une de ses originalités : on entend énormément de voix-off, qui sont les symptômes des patients que le docteur entend sans arrêt, ce qui va l'emmener à deux doigts de péter les plombs.

Pour la découverte de son cinéma, je suis assez satisfait, en espérant qu'un site à la page nous solde encore les trois autres coffrets. :fiou:

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Re: Michel Deville

Messagepar Amarcord » 29 oct. 10, 00:05

Petite remontée de ce topic, pour signaler que les 4 coffrets sortis chez Gaumont (24 films en tout, si je ne m'abuse) sont à moins de 58€ l'unité (+ 5€ de FDP) sur Cdiscount : http://www.cdiscount.com/s-104/deville.html
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Re: Michel Deville

Messagepar Nestor Almendros » 7 déc. 10, 21:15

PERIL EN LA DEMEURE

Content de l'avoir revu, d'avoir de nouveau tenté l'expérience, bien que ce Deville aura eu du mal à me passionner, malgré d'indéniables qualités. Il faut certainement être un inconditionnel du réalisateur pour profiter à plein de son style unique, très travaillé, très littéraire également. Je suis de ces spectateurs qui apprécient qu'on leur raconte des histoires, et je ne suis pas contre un style affirmé à condition qu'il ne vampirise pas la narration. C'est un peu ce qui arrive ici avec une trame et un scénario assez faibles, diminués par la reprise de codes éculés, datés et surtout voyants. De plus, il est évident que ce scénario ne sert finalement que de prétexte à Deville, car passant au second plan derrière une forme assumée, parfois déconcertante, qui n'a que faire du suspense ou de la tension dramatique - un comble pour un thriller.
On n'est pas dans le théâtre mais on reste au niveau d'une performance, d'une représentation qui donne cette impression floue d'être très chorégraphiée (évident dans les scènes d'amour), évoluant au gré des mélodies classiques (Schubert, etc.). Michel Deville s'exerce ici à un style à la fois épuré et complexe où sa science du montage et des ellipses (notamment) fait merveille. Peut-être même un peu trop: la répétition des procédés peut parfois s'apparenter à du réflexe mécanique.

Pas désagréable ceci dit (car il y a au moins la forme ludique à admirer) mais pas non plus le genre de film qui me marque...

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odelay
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Re: Michel Deville

Messagepar odelay » 7 déc. 10, 21:52

Nestor Almendros a écrit :PERIL EN LA DEMEURE

Content de l'avoir revu, d'avoir de nouveau tenté l'expérience, bien que ce Deville aura eu du mal à me passionner, malgré d'indéniables qualités. Il faut certainement être un inconditionnel du réalisateur pour profiter à plein de son style unique, très travaillé, très littéraire également. Je suis de ces spectateurs qui apprécient qu'on leur raconte des histoires, et je ne suis pas contre un style affirmé à condition qu'il ne vampirise pas la narration. C'est un peu ce qui arrive ici avec une trame et un scénario assez faibles, diminués par la reprise de codes éculés, datés et surtout voyants. De plus, il est évident que ce scénario ne sert finalement que de prétexte à Deville, car passant au second plan derrière une forme assumée, parfois déconcertante, qui n'a que faire du suspense ou de la tension dramatique - un comble pour un thriller.
On n'est pas dans le théâtre mais on reste au niveau d'une performance, d'une représentation qui donne cette impression floue d'être très chorégraphiée (évident dans les scènes d'amour), évoluant au gré des mélodies classiques (Schubert, etc.). Michel Deville s'exerce ici à un style à la fois épuré et complexe où sa science du montage et des ellipses (notamment) fait merveille. Peut-être même un peu trop: la répétition des procédés peut parfois s'apparenter à du réflexe mécanique.

Pas désagréable ceci dit (car il y a au moins la forme ludique à admirer) mais pas non plus le genre de film qui me marque...



je l'avais vu à 14 ans et il m'avait beaucoup marqué! :oops:

Je prends d'ailleurs encore vraiment du plaisir à le revoir, même si c'est vrai que maintenant je m'aperçois qu'au bout d'un moment on sent un peu trop le côté mécanique qui prend le pas sur le côté purement original.

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Re: Michel Deville

Messagepar Federico » 8 déc. 10, 17:14

Deville est le plus discret des cinéastes de la génération Nouvelle Vague (même si il n'en fit pas partie). A une époque, je le plaçais parmi mes favoris dans le cinéma français et j'ai mis un peu d'eau dans mon vin. Certain de ses films qui m'avaient bien accroché m'ennuient terriblement aujourd'hui (toujours cette période des années 80 avec laquelle je suis fâché :wink: , Péril en la demeure, Le paltoquet... qui sentent trop l'exercice de style). J'ai été plus ennuyé d'être déçu en revoyant Adorable Menteuse.
Par contre, pas de problème avec le romantisme désespéré de Raphaël ou le Débauché ou avec le délicieux Ce soir ou jamais. Ces deux-là tiendront encore longtemps.
The difference between life and the movies is that a script has to make sense, and life doesn't.
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Re: Michel Deville

Messagepar wontolla » 6 janv. 11, 17:17

Jeremy Fox a écrit :
Sergius Karamzin II a écrit :Est-ce que le dossier 51 existe en DVD?


En France uniquement en coffret pour l'instant : sortie le 13 mai chez Gaumont, accompagné de L'ours et la poupée - Le voyage en douce - Eaux profondes - Péril en la demeure - La maladie de Sachs

Je sors cet ancien message pour les belges :oops:
Le coffret n°2 (6 DVD) est à 16€20dans le cadre des très surprenantes soldes Pixmania Belgique.

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Re: Michel Deville

Messagepar Rick Blaine » 8 févr. 12, 11:24

L'ours et La Poupée (1970)

Premier film que je découvre de Michel Deville, et une excellente surprise. J'attendais une sympathique petite comédie "à la française", mais L'ours et La Poupée se rapprocherait finalement plus d'une screwball comédie avec son rythme effréné. Le film brille particulièrement par une mise en scène et un montage d'une très grande fluidité renforcés par les choix d'accompagnement musicaux qui complètent et soutiennent très efficacement le rythme donné par Deville à son film.
Sur les premières minutes, pendant la présentation des personnages, j'ai d'ailleurs eu un peu de mal à rentrer dans le film, probablement à cause de cette surprise d'ailleurs, puis tout s'est installé parfaitement et je me suis retrouvé porté par l'humour et la légèreté du film, remarquablement interprété par le duo vedette. Deville utilise Bardot très intelligemment, et celle ci nous offre une interprétation impeccable, quant à Cassel, je crois que je ne l'avais jamais remarqué à un tel niveau de justesse. Les deux apportent une force comique étonnante.
Alors que je n'ai découvert l'existence même de Deville qu'il y a très peu de temps grâce au forum ( :oops: ), je ressort emballé par ce premier contact et notamment impressionné par la vitalité de la mise en scène de ce film rafraichissant. Belle découverte

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Re: Michel Deville

Messagepar Père Jules » 8 févr. 12, 11:39

Je ne suis pas un spécialiste de Deville mais tente L'apprenti salaud, j'en garde un très bon souvenir.
En revanche Benjamin..., ce fut pas loin d'être une purge. Mais M. Fox adore ;)