Étrange séduction (Paul Schrader - 1990)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés après 1980

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Max Schreck
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Étrange séduction (Paul Schrader - 1990)

Messagepar Max Schreck » 26 déc. 05, 12:51

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Quel somptueux visuel !

The Comfort of strangers, 1990
Réalisé par Paul Schrader
Scénario de Harold Pinter, d'après le roman de Ian McEwan
Musique : Angelo Badalamenti
Costumes : Giorgio Armani
Photographie : Dante Spinotti
Avec : Rupert Everett, Natasha Richardson, Christopher Walken, Helen Mirren



« Let me tell you something : My father was a very big man. And all his life he wore a black mustache. When it was no longer black, he used a small brush, such as ladies use for their eyes. Mascara. »


Il semble qu'il existe des films pour lesquels le mot "trouble" a été inventé. The Comfort of strangers est de ceux-là. Le film semble proposer dans un premier temps une ballade un peu vaine dans Venise, avec un couple inévitablement amené à constater la distance qui les éloigne l'un de l'autre chaque jour un peu plus. Le vide est exprimé par le vide et les scènes s'enchaînent sans qu'on puisse s'accrocher à quoi que ce soit. Exercice périlleux qui peut décourager les spectateurs. Et puis, à l'occasion d'une rencontre et de ses conséquences, des rapports étranges se nouent, déplaisants, qui vont progressivement révéler le couple à lui-même. L'homme et la femme se regardent d'une autre manière, redécouvrent le désir qu'ils ont pour l'autre. J'en dis volontairement peu sur le contenu. C'est un film qui demande vraiment à ce qu'on accepte d'être embarqué.

Je n'y ai pas pensé sur le moment, mais maintenant le parallèle avec Eyes wide shut me semble très intéressant. On y retrouve des figures, des ambiances et des sensations très proches : couple qui se redécouvre, exploration des racines du désir, figure du miroir, importance du rêve, récits racontés en monologue et qu'on croirait fantasmés, décors que la nuit rend irréels, etc. Et même refus pour le spectateur que je suis de la recherche d'une explication, d'un sens. Pourtant il y a dans le récit et sa progression quelque chose de l'ordre de l'évidence, de la logique. Le passage de l'autre côté du miroir laissera pas mal de choses dans l'ombre, et c'est encore plus beau.

L'esthétique du film est volontairement très travaillée, Venise offrant une toile idéale pour ce voyage très symboliste au coeur de l'âme des personnages. Natasha Richardson (qui avait déjà joué Patty Hearst pour Schrader) possède une beauté que la lumière, les décors et les costumes idéalisent magnifiquement. Rupert Everett offre dans un premier temps un visage impénétrable tout à fait à propos. Quant à Chris Walken, je ne vais pas me complaire à nouveau dans l'admiration béate. Il est sublime. Un bref plan nous le montre à l'arrière-plan, sortant d'une porte cochère. Même là, en tant que simple silhouette, il a une façon de se tenir sur ses jambes qui l'identifie immédiatement. Je trouve ça génial. La musique orientalisante de Badalamenti ajoute la touche finale à l'envoûtement.


Le charme a opéré. Le film est à la fois très juste dans son observation du couple, et, en même temps qu'il m'a beaucoup parlé, m'a pas mal dérangé aussi. Je ne me souviens pas trop de l'époque de sa sortie et des échos qu'il avait suscité. J'ai même l'impression qu'il est rarement diffusé.

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Lord Henry
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Messagepar Lord Henry » 26 déc. 05, 12:59

Tout film dans lequel joue Helen Mirren vaut d'être regardé.
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Margo

Messagepar Margo » 26 déc. 05, 13:00

Je l'avais vu à sa première dif' sur Canal, et ça ne m'avait pas laissé un souvenir impérissable. Je devais être un peu jeunot ceci dit. Je serais curieux de jeter un oeil dessus à nouveau. Tu l'as vu en DVD ?

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Re: The Comfort of strangers/Étrange séduction (Schrader, 19

Messagepar MJ » 26 déc. 05, 13:00

Max Schreck a écrit :Avec : Rupert Everett, Natasha Richardson, Christopher Walken, Helen Mirren[/b]

OK, à voir absolument!!!
"Personne ici ne prend MJ ou GTO par exemple pour des spectateurs de blockbusters moyennement cultivés." Strum

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Max Schreck
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Messagepar Max Schreck » 26 déc. 05, 13:04

DVD MGM très correct, vendu souvent peu cher (je l'avais acheté neuf à 6,99 eurals). Le film et sa bande annonce.
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Messagepar John Constantine » 26 déc. 05, 13:08

Lord Henry a écrit :Tout film dans lequel joue Helen Mirren vaut d'être regardé.

Tout à fait. :!:

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You two do make a charming couple though, you're both, what's the expression, damaged goods.

Margo

Messagepar Margo » 26 déc. 05, 13:09

Max Schreck a écrit :DVD MGM très correct, vendu souvent peu cher (je l'avais acheté neuf à 6,99 eurals). Le film et sa bande annonce.

Oooouh, effectivement 4.99€ en ce moment même sur Amazon! Je prends, thanx pour avoir exhumé ce film de mes souvenirs brumeux.

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Messagepar Leopold Saroyan » 26 déc. 05, 13:24

L'aspect fantastico-psychologique du film ne fonctionne pas à mon avis mais la radiologie des relations conjuguales est sa première qualité.
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Demi-Lune
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Re: The Comfort of strangers/Étrange séduction (Schrader, 19

Messagepar Demi-Lune » 11 juin 10, 13:58

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1. Lever de soleil sur la Cité des Doges

"Ah, Venise..." SPOILERS A écouter en même temps : les deux thèmes d'Angelo Badalamenti, ici et ici. :fiou:

Paul Schrader est un artiste assez passionnant. C'est, d'abord, un scénariste que je respecte énormément, l'un des tous meilleurs du cinéma américain des années 70-80 : Yakuza (Sydney Pollack, 1974), Obsession (Brian De Palma, 1975) et évidemment ses collaborations grandioses avec Martin Scorsese (Taxi Driver, Raging Bull et La Dernière Tentation du Christ), sont là pour témoigner d'un talent d'écriture assez unique, et, dans ses meilleurs jours, profondément intelligent. Je suis très loin de connaître de fond en comble sa filmographie, mais les oeuvres que j'ai pu voir m'ont tous intéressé, à degré divers : des deux grandes réussites que sont à mes yeux Hardcore (1979) et La Féline (1982) à un film moins solide mais quand même intéressant comme American Gigolo (1980), la fascination de Schrader pour le sexe, ses dérives, ses tentations, thématiques que l'on retrouve perpétuellement, fait de ses films des objets souvent audacieux et envoûtants, uniques, évoluant entre crudité et onirisme. Schrader n'a sans doute pas acquis la même célébrité que ses contemporains, mais plus je découvre son oeuvre, plus je me rends compte de l'extrême cohérence de celle-ci, de la force de ses histoires, du soin formel constant. Un véritable auteur qui, avec cette Etrange Séduction, m'a à nouveau conquis.

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2. Le poids écrasant de l'Art

En venant tourner à Venise, Schrader semble boucler la boucle qu'il avait entamée en signant le scénario d'Obsession, qui témoignait déjà d'une grande fascination pour la beauté de la ville de Florence, musée à ciel ouvert, où l'Art pictural et architectural alimentait autant l'ambiance spectrale de la mise en scène de De Palma que la narration (les retrouvailles-clés dans l'église San Miniato entre Cliff Robertson et Geneviève Bujold, qui restaure les fresques de Bernardo Daddi). Dans Etrange Séduction, Schrader convoque à nouveau la puissance esthétique d'une autre ville-musée, Venise, qu'il filme de manière fascinante. Là encore, l'Art est omniprésent, que cela soit aux quatre coins de la ville, que dans les lieux que visitent le couple britannique (Colin et Mary) : une église où la caméra de Schrader longe les longues fresques de la Renaissance, le palais vénitien de Christopher Walken ("un musée", dira d'ailleurs Colin), avec ses immenses peintures représentant des figures antiques et lascives. Les personnages sont littéralement écrasés par ces manifestations artistiques (captures 2). Un peu à l'instar de Ne vous retournez pas (Nicolas Roeg, 1973), Schrader tente moins de glamouriser la Cité des Doges que de la dépeindre comme un labyrinthe mental. Les plans qui s'attardent vraiment sur les monuments et façades de la ville le sont toujours au lever de soleil (captures 1), ce qui confère à l'architecture une dimension assez étrange, indubitablement belle mais également mortifère, comme si la Cité des Doges, ancestrale, agonise voire même est déjà éteinte. La photographie de Dante Spinotti, collaborateur régulier de Michael Mann, est une splendeur de tout instant. Comme Nicolas Roeg, Paul Schrader ballade surtout sa caméra et ses personnages dans des endroits reculés de Venise, ses petits passages étroits et inquiétants, déserts, dans lesquels on se perd facilement et où l'on rencontre son destin. Une Venise reculée qui n'en demeure pas moins captivante. Monumentalité des décors, dans lesquels l'individu semble minuscule, omniprésence pesante de l'Art (jusque dans la magnifique affiche de Bob Peak, hommage à Gustav Klimt, grand peintre de la volupté), atmosphère agonisante et lourde : formellement, Schrader écrase déjà ses personnages, qui se meuvent souvent lentement, comme empétrés dans un cadre, un lieu (captures 3), vampirisant leur énergie. Leur destin semble déjà scellé.

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3. L'individu perdu dans l'immensité du cadre

Curieusement, Schrader ne signe pas le scénario de ce film, ce qui est pourtant son habitude (il avait fait une entorse à cette coutume avec son film précédent, Patty Hearst) : c'est Harold Pinter qui se charge d'adapter Un Bonheur de rencontre (The Comfort of Strangers, 1981) d'Ian McEwan. Bien que basé sur un matériau déjà existant, on est vite frappé par la résonance de cette histoire avec les propres obsessions de Schrader, et l'on ne s'étonne pas que le cinéaste ait jeté son dévolu sur ce roman. En effet, là encore, il sera question de sexe, tout simplement ; de sensualité, de tension sexuelle, d'ambiance lourde et voluptueuse. Les Britanniques Colin et Mary (Rupert Everett, et Natasha Richardson, que Schrader avait déjà dirigé dans Patty Hearst) sont en vacances à Venise pour chercher un nouveau souffle à leur couple, qui peine à communiquer. On ne sait d'ailleurs pas trop si ces deux personnages sont encore réellement amoureux l'un de l'autre ; Colin est flegmatique au point d'en être insupportable, paraît s'emmerder en permanence, et Mary peine à déterminer, quand on le lui demandera, si elle l'aime. Voici donc un couple en plein questionnement, à la croisée des chemins. Ils sont à Venise, mais ne savent, finalement, pas vraiment ce qu'ils y sont venus chercher. C'est leur rencontre avec Robert (Christopher Walken, impérial, comme à son habitude), un aristocrate vénitien qui les suit et les épie depuis quelques temps, qui va bouleverser leurs existence. L'homme est distingué, mystérieux, insaissable, et son épouse, Caroline (Helen Mirren), effacée. Sans que Colin et Mary - et le spectateur - ne s'en rendent compte, Walken tisse ses fils autour du couple, les emprisonne dans son palazzo orientalisant où, sans que l'on sache trop pourquoi, on sent une menace sourde, perdue dans une ambiance lourdement érotique. L'atmosphère devient de plus en plus étrange (le coup de poing de Walken) et l'on commence alors à comprendre ce qui a plu à Schrader dans cette histoire. Comme dans Hardcore et La Féline, le sexe et ses tentations, l'éveil à une sexualité bestiale et assumée, rampent tout le long d'Etrange séduction. Le pouvoir de fascination et de sensualité que dégage le couple Walken-Mirren (captures 4), très étrange et très dérangeant (on subodore des choses vraiment atroces les concernant et on se demande bien ce qui va arriver au couple britannique... échangisme, comme le laisse suggérer Schrader l'espace d'un plan ? Sado-masochisme ?), déteint sur le couple Everett-Richardson, qui alors qu'il s'ennuyait ferme, paraissent se découvrir charnellement pour la toute première fois. Au bout d'une heure, on voit alors ce qui a motivé Schrader : l'extériorisation d'une sexualité refoulée. Colin et Mary se mettent à parler cruement de sexe, jusqu'au restaurant. Le problème, c'est que cette extériorisation, chez Schrader, se finit rarement bien. Colin et Mary paieront chèrement, dans une scène tétanisante tant elle est imprévisible, leur incapacité à se décider tout à fait sur leur devenir conjugal. Cette scène (l'égorgement d'Everett par Walken sous les yeux impuissants de Richardson, comme un rituel sacrificiel), laisse pantelant autant par sa dureté que par son non-sens. "Bien sûr qu'il sait" dit Walken avant de trancher la gorge. Mais qu'est supposé savoir Everett ? Que lui et sa compagne se sont volontairement laissés approcher et contaminer par la décadence voluptueuse qu'il incarne avec Mirren, et qu'ils y ont pris plaisir ? Malgré la découverte sur la nature diabolique et perverse du couple Walken-Mirren, on ne comprend pas quelles furent leurs motivations depuis le départ, à supposer qu'il y en ait. La scène finale, où Walken explique aux policiers ses raisons en racontant à nouveau l'anecdote centrale sur son enfance malheureuse (avec un père violent qui n'est pas sans évoquer celui de Schrader), demeure une énigme dont il est bien difficile de percer le secret.

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4. Un Bonheur de rencontre...

Etrange Séduction, comme Ne vous retournez pas de Nicolas Roeg avec lequel il partage quelques points de convergence, est une oeuvre lente, complexe et opaque, qui abandonne le spectateur avec beaucoup d'interrogations. C'est un film qu'il faut, à mon avis, laisser mûrir dans sa mémoire, qui ne livre pas tous ses secrets. Un film qui peut hanter longtemps, à l'image de la partition lancinante et magnifique d'Angelo Badalamenti, un film envoûtant, maîtrisé, atteignant une grande plénitude visuelle et musicale. Un beau film, et sans doute un grand film.

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Re: The Comfort of strangers/Étrange séduction (Schrader, 19

Messagepar angel with dirty face » 12 juin 10, 11:40

Demi-Lune a écrit :A écouter en même temps : les deux thèmes d'Angelo Badalamenti, ici et ici. :fiou:

Je possède le soundtrack. C'est certainement celui que je préfère dans la discographie magnifique de Badalamenti.

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Demi-Lune
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Re: Étrange séduction (Paul Schrader, 1990)

Messagepar Demi-Lune » 12 juin 10, 18:29

Je place ici l'avis de Profondo Rosso sur lequel je suis tombé :

Profondo Rosso, en avril 2010 a écrit :Etrange Séduction de Paul Schrader (1991)
Certainement un des films les plus étranges de la filmographie de Paul Schrader. Une première moitié de film montrant le couple Rupert Everett/Natasha Richardson en vacances à Venise, où on constate un manque de communication et un éloignement progressif entre les deux appuyé par une Venise comme on l'a rarement vue filmée. Loin de l'imagerie touristique, Schrader privilégie les ruelles vides, les coins bizarre où déambule notre couple en crise et les monuments ne sont filmés que dans des ambiances très particulières comme au petit matin ce qui leur confère une étrangeté certaine. Tout bascule lorsque avec la rencontre du mystérieux et impénétrable personnage de Christopher Walken qui lui prête son élégance et son excentricité. Les séquences se font de plus en plus onirique et vaporeuse (fascinant moment où la caméra déambule dans un bar tandis que Walken raconte un horrible traumatisme d'enfance) tandis que l'ambiance se fait de plus en plus décadente lorsque le couple accepte de se rendre dans la demeur vénitienne d'époque de Walken. Le couple si froid jusque là se voit gagner par le démon du sexe, tandis que Walken et sa femme Helen Mirren observe avec une délectation manipulatrice. Schrader se lâche enfin et orne ses ambiances vénitienne de ses fameux éclairages tape à l'oeil (plus discret que dans "La Féline" ou un "American Gigolo" quand même) vert, rose pastels et autre. Malheureusement la magie s'estompe progressivement tant le propos se fait hermétique et l'intrigue avance peu pour une chute surprenante mais en queue de poisson sans que l'on ait vraiment compris où Schrader a voulu en venir. A voir pour l'atmosphère et une Venise étonnante avec une photo somptueuse de Dante Spinoti et une musique spledide de Badalamenti. 4/6

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Re: Étrange séduction (Paul Schrader, 1990)

Messagepar O'Malley » 12 juin 10, 20:16

J'en garde un très bon souvenir d'une diffusion au Cinéma de minuit, il y a dix environ, dans le cadre d'un cycle consacré à Venise. Un film vénéneux, opaque, troublant, onirique, au dénouemant scotchant. Walken est impérial. 1990 était une grande année pour lui entre ce film ci et The king of New York d'Abel Ferrara.

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Re: Étrange séduction (Paul Schrader, 1990)

Messagepar johell » 14 nov. 11, 11:52

J'ai été immédiatement séduit par l'ambiance très particulière de ce film. La photographie et l'usage de somptueux décors rendent la ville de Venise plus mystérieuse et sensuelle que jamais. Adjoint à cela, la musique d'Angelo Badalamenti renforce encore plus la fascination que l'on peut avoir pour cette histoire étrange et envoûtante... Le long-métrage de Schrader est désarçonnant parce qu'il interroge beaucoup et ne livre pas vraiment de réponses à nos questionnements. L'atmosphère est lourde et la violence sourde des interactions entre les personnages en font un film passionnant à suivre, comme une belle oeuvre d'art dont on scrute chaque détail pour en comprendre le sens. Le titre du film pourrait être alors assimilé à l'attirance qu'il a sur son public sans que l'on ne comprenne vraiment pourquoi... C'est beau, émouvant, érotique, presque irréel... Un cinéma de sensations, aussi excitant que frustrant. Un grand film!

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Re: Étrange séduction (Paul Schrader, 1990)

Messagepar Jericho » 14 nov. 11, 19:29

Max Schreck a écrit :Image
Quel somptueux visuel !

Ah oui, je confirme, c'est magnifique.
Le concepteur de l'affiche s'est visiblement inspiré du peintre Klimt ?!

Tiens, c'est malin maintenant, j'ai envie de découvrir ce film...
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Flol
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Re: Étrange séduction (Paul Schrader, 1990)

Messagepar Flol » 3 déc. 12, 12:49

johell a écrit :J'ai été immédiatement séduit par l'ambiance très particulière de ce film. La photographie et l'usage de somptueux décors rendent la ville de Venise plus mystérieuse et sensuelle que jamais. Adjoint à cela, la musique d'Angelo Badalamenti renforce encore plus la fascination que l'on peut avoir pour cette histoire étrange et envoûtante... Le long-métrage de Schrader est désarçonnant parce qu'il interroge beaucoup et ne livre pas vraiment de réponses à nos questionnements. L'atmosphère est lourde et la violence sourde des interactions entre les personnages en font un film passionnant à suivre, comme une belle oeuvre d'art dont on scrute chaque détail pour en comprendre le sens. Le titre du film pourrait être alors assimilé à l'attirance qu'il a sur son public sans que l'on ne comprenne vraiment pourquoi... C'est beau, émouvant, érotique, presque irréel... Un cinéma de sensations, aussi excitant que frustrant. Un grand film!

Découvert hier soir, et je partage cet enthousiasme : une fois passées les 20 premières minutes durant lesquelles il ne se passe grand-chose et où on se demande vers quoi Schrader et son scénariste veulent nous emmener, on rentre de plein pied dans cette Venise à l'atmosphère trouble et morbide, bien loin de l'image que l'on se fait d'habitude de cette ville particulière (ah c'est sûr qu'on est loin de The Tourist).
Mais dès que Walken et son charisme magnétique rentrent en scène, on sait déjà que le film va définitivement dévier vers quelque chose d'énigmatique et de potentiellement dangereux pour le couple Everett-Richardson (tous 2 très bons). Ce que le magnifique climax, bien que très peu explicite (et c'est tant mieux), viendra confirmer avec notamment une scène scotchante. :o
Donc formellement, Schrader s'est fait plaisir : c'est absolument sublime visuellement, et le thème de Badalamenti est sans doute ce qu'il a composé de plus beau de toute sa carrière.
C'est le truc bateau à dire, mais on a vraiment le sentiment d'être face à un tableau vivant. Les petites ruelles de Venise, plongées sous une lumière orangée, c'est magnifique.
Et puis bon, voilà quoi : Christopher Walken et son léger accent italien, contant ses anecdotes familiales avérées ou non (personnellement, je pencherais plutôt vers le non), je m''en délecte.

Le meilleur Schrader que j'ai vu à ce jour (bien plus fin que Hardcore et La Féline).