Topic Bollywood (Chroniques films, BOF, News, index page 1)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés après 1980

Modérateurs: cinephage, Nestor Almendros, Strum

Messagede Jordan White » 1 Mai 06, 17:46

Je me remets du visionnage de Being Cyrus et Ghilli, et je vous en parle après.
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Messagede Jordan White » 1 Mai 06, 18:53

Being Cyrus - Homi Adajania - 2006
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Cyrus est un étrange personnage. On ne sait rien de lui et pourtant il vient s'immiscer dans la vie de quatre personnes qui en ont commun de connaître une personne âgée, semble-t-il laissée à l'abandon par ses proches. Il entre dans leur vie comme par éfraction. Qui est-il au juste ?

Je suis souvent de nature à encourager les premières oeuvres, surtout quand elles sont faites par d'aussi jeunes réalisateurs, décidés à raconter des histoires très différentes de ce qu'on a l'habitude de voir dans le ciné hindi. Pas de gros moyens, un film entièrement parlé en anglais, une durée ramenée à 1H18 tout à fait inhabituelle. Le film ne rentre dans aucun format préétabli, et manie les genres au risque parfois de paraître nébuleux.

Qui est ce Cyrus que l'on voit au début du film allongé dans l'herbe, nous parlant de choses que l'on est incapables de comprendre tout de suite. Que veut-il en séduisant Katy ( admirable Dimple Kapadia vue dans le non moins admirable Dil Chata Hai en quinquagénaire délaissée) ? Que fait Naseeruddin Shah ( vu dans 3 Deewarein en prisonnier innocent) à justement ne rien faire ? Ou encore cette mystérieuse Tina (Simone Singh), femme discrète qui semble cacher un lourd secret.

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N'obéissant à aucunes règles de narration classique, se permettant de râtisser assez large dans tous les genres, Being Cyrus possède la qualité de tout tenter, et si cela fonctionne souvent il est vrai qu'à contrario certaines zone d'ombres demeurent bien opaques après une seule vision.
Mélangeant thriller, comédie, film d'atmosphère à la limite du fantastique, drame social, fable poétique, drame existentiel, ce Cyrus dénote de tout ce que l'on peut voir habituellement. Aucune chanson, pas de musique, un jeu qui refuse le réalisme. Le jeu semble en apesenteur, comme la bande-son triturée dans tous les sens. Manifestement le jeune réal s'amuse avec son matériau : déformation de la musique, des paroles, des dialogues au cours d'une même scène, indices visuels, énigmes à résoudre, cadrages originaux. Une mise en scène aussi épatante que parfois un poil trop symbolique, avec une représentation de la folie un peu trop schématique, des poncifs trop appuyés.

Saîf Ali Khan joue à contre-emploi dans un rôle qui est un challenge pour lui. On le sent au début très amical, puis la tendance s'inverse et

[spoiler]En devenant à l'écran un salaud de première, tueur de sang-froid sans étét d'âme ça bouscule pas mal la bonne première impression que l'on peut avoir de son personnage.[/spoiler]

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Parfois tarabiscoté, mais toujours honnête avec le spectateur ( pas de twist final), le film vogue entre onirisme cauchemardesque, comédie grinçante, portrait d'hommes et de femmes à la frontière de humanité et de la bestialité. Tout n'est pas réussi, loin s'en faut, il y a pas mal de défauts, des moments qui auraient pu être coupés, mais par son ton très différent il vaut le coup d'être tenté même s'il ne tient pas toutes ses promesses, ça manque parfois de rigueur.

Le DVD Eros a l'avantage de respecter les tons très particuliers du film grâce à une luminosité de tous les instants même dans les scènes les plus sombres. Le son est très bon, en Dolby Digital 5.1, avec de bons effets lors des séquences oniriques. A noter que le film étant en anglais, les sous-titres dans la même langue ne sont pas de trop, le film étant dur à suivre, épineux même à plusieurs moments.
Mais c'est quoi cette manie de proposer du Scope 2.35 original en 1.85 16/9 ? On perd de l'image en bas et en haut.
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Messagede Jordan White » 1 Mai 06, 19:34

Ghilli - Dharani - 2004
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Un jeune homme, joueur de Kabadi ( un jeu qui ressemble à la lutte, même si j'avoue ne pas avoir trop compris les règles du jeu, je m'en réfère aux spécialistes) tente de sauver une jeune et très jolie jeune femme promise à un mec pas spécialement gentil. Moult rebondissements ponctueront leur aventure.

Il n'y a pas que le Bollywood dans la vie, y'a aussi le cinéma du Sud, Kollywood, tourné à Chennai. Si le cinéma hindi est florissant, il ne faut pas oublier celui du Tamil Nadu qui assure lui aussi au niveau spectacle, peut-être même plus encore ces dernières années ( quand Bollywood produit des dizaines de comédies insipides, Kollywood s'en remet aux films d'action, produits comme de véritables blockbuster nappés par des couches de romance masala enflammées)
Ce ne sont plus Kajol, Shah Rukh Khan qui sont de la partie, mais Vijay et Trisha, autre actrice populaire comme Sneha ou Simran. Vijay super star du Sud, qui enchaine cartons sur cartons, comme son compère Rajinikanth ( devenu légendaire avec Muthu), idole des foules et du box-office qui a cartonné l'année dernière avec Chandramukhi. Sans oublier Anniyan, énorme succès aussi en 2005.

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Ce cinéma là joue à fond la carte du divertissement premier degré. Et ça commence fort, avec une sorte d'hommage ( inconscient ? conscient ?) à West Side Story. Avec en plus un placement pub pour Coca Cola qui tient du génie markéting ( tout comme Kuch Kuch Hota Hai et ses cinq marques placées au bon moment).
Il n'y a pas à dire, même après en avoir vu une dizaine, les bastons tamoules ont toujours de la gueule. Spectaculaires au possible, d'une brutalité réjouissante, elles ne font rien de plus qu'assurer le spectacle.
Ca castagne dur, les bruitages sont farfelus, les câbles bien visibles, les effets spéciaux aléatoires, et pourtant ça marche.
Bien qu'il n'aille pas chercher dans l'originalité ( une énième histoire d'amour entre deux clans que tout oppose, le mariage arrangé classique), Ghilli assez binaire dans son fond, parvient à briller par sa forme, électrique et électrisante. Si les ralentis ou accélérés d'image sont parfois trop utilisés, l'hyper dynamisme de l'ensemble a de quoi impressionner.

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Les acteurs font aussi pas mal pour qu'on accroche à cette histoire. Vijay est bon, Trisha impose sa féminité, quant au méchant incarné par le brillant Prakash Raj ( qui jouait aussi un rôle qui avait de la gueule dans Kannathil Muthamittal), loin d'être cantonné à jouer des sourcils ou du front rageur met véritablement une tension palpable dans chacune de ses apparitions. Un type qui fait peur, sans jamais forcer.
D'un point de vue formel les chorégraphies assurent elle aussi, et on croirait même que les acteurs ont pris des substances illicites tant elles sont vives, tant ils bougent vite. Sur quatre ou cinq minutes de chant, ça paraît être vite épuisant, et pourtant ça rédemarre de plus belle.

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Le film respecte les codes narratifs : exposition, premiers clashs, fuite, actions diverses, chants, résolution finale, avec l'image du héros et du méchant, de la fille au milieu de tout cela.
Ghilli ne réinvente rien, reste fidèle à un genre codifié, mais l'essentiel tient dans cette dose d'action/comédie dramatique qui tient sur ces deux pattes.

Excellent DVD Ayngaran, original. Sous-titres anglais. L'image respecte les couleurs chaudes au possible, le format est respecté, du bon 2.35 16/9, mais de temps à temps, un plan bruité fait place à une image soigneusement étalonnée. Bizarre, et un peu frustrant, mais en général l'image se vaut sur toute la durée, d'autant qu'il n'y a pas de bonus, donc toute la place.
A ce prix là je pense faire une petite razzia.
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Messagede Jordan White » 1 Mai 06, 19:52

Scriabine a écrit:Bonjour,

j'étais comme vous présent à la première du magnifique Veer-Zaara pour acclamer comme il se doit l'équipe du film.
Et cet après-midi je regardais sur les sites indiens s'il y avait des échos de la venue en france de tout ce beau monde.
J'ai trouvé ce site: http://www.apunkachoice.com/scoop/bollywood/20060430-0.html
Qui explique que ces évènements étaient organisés par le gouvernement Français en vu proposer aux cinéastes d'importantes réductions pour qu'ils tournent leurs films en France, pays qui jusque là avait été boudé par les réalisateurs pour des raisons pécuniaires.
Je suis étonné que cette informations (positive) n'ai pas été relayé en France. (ou alors j'ai loupé des articles)
Et j'aimerais savoir si certains d'entre vous en savent un peu plus à ce sujet, comme par exemple: quel ministère s'est chargé de l'affaire, qu'ont-ils proposé exactement, et à qui, etc...

Merci pour vos réponses
:D


Tu as un peu répondu à ta propre question. La France a en effet accordé une dispense de taxes pour l'équipe de tournage qui venait à Paris pour tourner des scènes de Don. Je pense que le Ministère des Affaires étrangères a été sollicité à cet égard. Yash Chopra nous a aussi affirmé lors de la soirée du 26 Avril, qu'il comptait faire venir d'autres stars en France, on a entendu des cris pour Kajol. Qui sait ?

C'est un geste pour faire davantage venir les réals indiens en France alors qu'ils étaient plutôt réticents auparavant en raison de la lourdeur logistique, ainsi que des coûts liés aux tournages en général. Je ne pense pas que ce soit innocent en raison de l'évènement de la venue des stars à Paris en Avril, c'est un geste donnant donnant.
Les films sont aussi tournés à Lyon, et bien sûr, beaucoup plus en Suisse. La plupart des scènes de montagne sont tournées là bas.
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Messagede Jordan White » 1 Mai 06, 20:30

Breezy a écrit:Devdas de Sanjay Leela Bhansali


Tite Bouh t'a payé combien pour en dire du mal ? :mrgreen:


Je suis assez mitigé. Je serais moins lapidaire que Jordan mais j'ai trouvé le film dans son ensemble trop maniériste et manquant de spontanéité, de fraîcheur aussi.


C'est un de ses principaux défauts, en sus d'une photo que je n'ai pas trouvé aussi belle que certains veulent bien le dire ( ces rouges qui débordent de partout :? ). Le film est assumé comme une "extravaganza". Du coup sa théatralité extrême m'a gêné.

Si Aishwarya Rai semble complètement éteinte la majeure partie du temps, c'est sans doute Mudhuri Dixit et le très beau personnage qu'elle interprète qui tirent leur épingle du jeu.


Madhuri Dixit assez ignorée d'ailleurs alors que c'est elle qui joue le mieux, volant même la vedette à Aishwarya. Pourquoi ignorée ? Parce que tout le monde a loué Aishwarya et en partie oublié la prestation plus mémorable de Madhuri en courtisane/prostituée. Elle n'était pas à Cannes pour présenter le film, alors que c'est une grande star et une grande actrice. Elle ne voulait pas ou on ne l'a pas invitée ?

Les chorégraphies, elles-mêmes assez pauvres, n'ont pas suffit à éveiller mon enthousiasme.


Sauf la première, la seule qui sorte du lot de façon continue, les autres étant d'une pauvreté affligeante ( celle des cartes ! :shock: ).

Ceci dit, Sanjay Leela Bhansali possède un vrai talent de metteur à scène, comme en témoigne les très beaux mouvements de caméra qui parsèment le film (j'aime en général beaucoup les travellings d'accompagnement).


Qu'est-ce ?


En comparaison, Black me semble beaucoup plus abouti aussi bien du point de la vue de la forme que du fond.


Black n'a pas les mêmes visées commerciales comme artistiques. C'est un film beaucoup plus intimiste c'est pour cette raison qu'il me touche bien plus. Mais à vrai dire, la comparaison ne m'était jamais venue à l'esprit tant je trouve que les deux films représentent deux facettes différentes du réal : d'un côté le Banshali expansif qui met son nom en évidence, joue à fond la surenchère. De l'autre, celui qui met en avant ses comédiens, s'effacent derrière eux.
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Messagede Jack Griffin » 1 Mai 06, 20:56

Veer Zaara

Loin d'être un chef d'oeuvre mais assez sympa...Une bonne première partie dans laquelle je me suis laissé aisément embarqué jusqu'au retour au Pakistan de Zaara. A partir de là, alors que commence pourtant à se nouer l'intrigue, tous les rebondissements, sursoulignés lourdement par la musique, suivent un schéma trop prévisible et tombent à plat. Le scénar accuse quelques baisses de rythme et pas mal d'invraisemblances (le perso improbable de Rani en avocat qui ne sait pas grand chose). J'ai été un peu déçu également du manque de détails historiques et politiques alors que je m'attendais à apprendre certaines choses sur a relation indo-pakistanaise. Tout est esquissé et présenté de façon assez simpliste, voir manichéenne. On a l'impression d'une certaine réticence à aborder frontalement ce genre de sujet et que l'ensemble est ici noyé dans un message plutôt consensuel. Preity Zinta ne m'a pas tellement convaincu et amoindri l'impact de l'histoire de ce couple que j'ai eu du mal à trouver réellement attachant. Amitabh Bachchan et Hema Malini réussissent d'ailleurs le temps de leurs apparitions à quasiment éclipser les deux héros principaux. Rani n'est pas très convaincante en avocate mais arrive à faire décoller le film dans sa dernière partie. Les scènes de danse laissent légèrement indifférent faute d'un réel dynamisme dans la mise en scène et de chorégraphies recherchés et ce sont les chansons qui tirent leur épingle du jeu, que ce soit lors du voyage de Veer et Zaara ou à la fin au tribunal.
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Messagede Jack Griffin » 1 Mai 06, 21:02

Jordan White a écrit:
Les chorégraphies, elles-mêmes assez pauvres, n'ont pas suffit à éveiller mon enthousiasme.


Sauf la première, la seule qui sorte du lot de façon continue, les autres étant d'une pauvreté affligeante ( celle des cartes ! :shock: ).
.


:lol:

Désolé Jordan mais cette scène dansée :arrow:

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est la plus belle que j'ai pu voir dans le cinéma indien jusqu'à ce jour. :wink: Rythme, montage, jeu des actrices...ça frise la perfection (toute comédie musicale confondues)

Du reste les chansons et certaines scènes impriment durablement les tympans et la rétine...Breezy tu me déçois :mrgreen:
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Messagede Breezy » 1 Mai 06, 21:04

Jordan White a écrit:
Tite Bouh t'a payé combien pour en dire du mal ? :mrgreen:



Pour le moment, rien du tout :lol: Tu rigoles mais je pensais vraiment que j'allais aimer le film, je t'en ai parlé d'ailleurs. J'avais vu quelques extraits, notamment Aish déambulant dans le palais, laissant des traces de henné derrière elle. J'avais vraiment trouvé ça très beau.

Qu'est-ce ?



Le même principe qu'un travelling normal (il peut être avant, arrière, latéral etc) mais simplement, il accompagne le personnage dans son déplacement.

En comparaison, Black me semble beaucoup plus abouti aussi bien du point de la vue de la forme que du fond.


Black n'a pas les mêmes visées commerciales comme artistiques. C'est un film beaucoup plus intimiste c'est pour cette raison qu'il me touche bien plus. Mais à vrai dire, la comparaison ne m'était jamais venue à l'esprit tant je trouve que les deux films représentent deux facettes différentes du réal : d'un côté le Banshali expansif qui met son nom en évidence, joue à fond la surenchère. De l'autre, celui qui met en avant ses comédiens, s'effacent derrière eux.


Merci d'avoir nuancé mes propos, c'est aussi ce que je pense et la raison pour laquelle je penche plus vers l'un que vers l'autre.

Ps: Désolé Jack :oops: :mrgreen:
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Messagede Jordan White » 1 Mai 06, 21:34

Jack Griffin a écrit::lol:


J'écris que la première chanson, fabuleuse, je n'ai rien d'autre à en dire et pourtant je n'aime pas ce film, est la seule qui sorte du lot de façon continue, c'est à dire qu'à mes yeux tout est réuni pour en faire une choré d'exception, plus que celle de Dola Re Dola, puisque c'est elle qui est ensuite incriminée. Après une telle introduction ( mouvements de caméra, chant, musique, danse, lumière, etc...) je pouvais m'attendre à quelque chose de grand. Mais les autres choré sont par la suite d'un tout autre niveau, et bien en deça toujours à mon sens de ce sommet.
Des scènes comme Lodi dans Veer-Zaara, Bole Chodiyan dans La Famille Indienne, et même Yeh Tara Woh Tara dans Swades durant la séance de cinéma où Shah Rukh montre aux enfants le pouvoir de la communication, me touchent bien plus.

Désolé Jordan mais cette scène dansée :arrow:

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est la plus belle que j'ai pu voir dans le cinéma indien jusqu'à ce jour. :wink: Rythme, montage, jeu des actrices...ça frise la perfection (toute comédie musicale confondues)


J'ai toujours dit que je la trouvais bien chorégraphiée mais que le visuel tout comme la façon dont c'est filmé me dérangent ( comme un certain nombre de plans inutiles qui parsèment le film), que tout ce rouge me révulse plutôt qu'il ne réjouit l'oeil, qu'en conséquence je ne peux y adhérer, même si la danse qui y est montrée est fidèle en tout point à la tradition indienne qu'elle représente. Là n'est pas le problème. Je n'en redemande tout simplement pas, quand d'autres s'affolent et sont grisés. Chacun son trip.

Du reste les chansons et certaines scènes impriment durablement les tympans et la rétine...Breezy tu me déçois :mrgreen:


L'histoire qui se traîne en longueurs et en lourdeurs successives aurait très bien pu durer une heure de moins. Mais codes oblige, son format a été amené aux trois heures conventionnelles. Derrière tout ce faste, je vois aussi dans Devdas un film finalement bien conventionnel. Fade, et presque sans saveur.
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Messagede Jack Griffin » 1 Mai 06, 21:41

Ok je comprend bien mais tu n'y allais pas de main morte. J'ai juste tiqué sur le mot "affligeant".

Sinon Devdas est quand même très loin d'être fade. A certains moments tu lui reproches même d'être tout le contraire (lourdeur, exaltation).
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Messagede Jordan White » 1 Mai 06, 21:55

Jack Griffin a écrit:Veer Zaara

Loin d'être un chef d'oeuvre mais assez sympa...Une bonne première partie dans laquelle je me suis laissé aisément embarqué jusqu'au retour au Pakistan de Zaara. A partir de là, alors que commence pourtant à se nouer l'intrigue, tous les rebondissements, sursoulignés lourdement par la musique, suivent un schéma trop prévisible et tombent à plat. Le scénar accuse quelques baisses de rythme et pas mal d'invraisemblances (le perso improbable de Rani en avocat qui ne sait pas grand chose).


Rani est un personnage façon deus ex machina. La plupart du temps le film tourne autour du religieux, de la foi. Elle démarre, c'est une novice, d'où la question légitime que l'on peut se poser : peut-elle s'occuper d'un cas aussi lourd, peut-elle en supporter le poids sur ses seules épaules ? Je dois dire qu'elle défend très bien son rôle, qui est avant tout un rôle humaniste, car du point de vue du droit je pense qu'elle joue trop de la clémence du Jury et qu'elle doit enchaîner erreur sur erreur. Le fim ne tend pas au réalisme absolu là dessus, pas plus qu'il ne tente d'apporter de réalisme dans ses séquences chantées, toutes idéalisées ( sauf celle de la Gare et des prétendus adieux où l'on sent que les deux personnages en sont presque obligés à tirer un trait sur le passé).

Mais ce n'est pas la portée de l'oeuvre, pas son but. Le sien est de montrer que les frontières peuvent être éclatées par l'amour et qu'une relation peut être détruite à cause de préjugés qui en font le sel et la force. Le film est pour la réconciliation ce n'est pas un film de procès, pas uniquement, le seul plaidoyer étant celui qui consiste à défendre l'humain. Le plan final est magistral.
L'avocate n'a pas encore eu le temps de faire ses preuves, et se voit confier un dossier qui doit redonner un nom à un homme qui a en a été privé. Veer-Zaara est basé la dessus, sur l'identité( nationale, personnelle, collective). Ce sont les thèmes de l'honneur, de la patrie et de la liberté qui sont mises en avant au détriment du traitement historique qui n'est qu'effleuré. Pour cela autant se tourner vers Earth qui explique tout cela avec pédagogie.

J'ai été un peu déçu également du manque de détails historiques et politiques alors que je m'attendais à apprendre certaines choses sur a relation indo-pakistanaise. Tout est esquissé et présenté de façon assez simpliste, voir manichéenne.



La situation présentée ici dans ce film l'est souvent dans la plupart des films hindi. On aborde la problème des familles opposées, des différends religieux, des castes, etc... Ce sont deux héros romantiques avant tout, ils ne sont pas forcément emportés dans l'histoire, comme ça peut l'être dans les films de Deepa Metha, on sent moins le carcan de la guerre par exemple, que celui des différences de niveaux sociaux et culturels ( la scène de la fondation de l'école pour les filles, grande question pour Zaara qui veut être aussi à l'égal des hommes comme les autres femmes de sa région).

On a l'impression d'une certaine réticence à aborder frontalement ce genre de sujet et que l'ensemble est ici noyé dans un message plutôt consensuel.


Message souvent répété de la même façon dans la plupart des Bolly qui abordent la question. Si on veut avoir un point de vue plus radical, voire engagé dans un camp ou dans l'autre, il reste les films patriotiques( souvent pas terribles), de guerre ou d'action.

Preity Zinta ne m'a pas tellement convaincu et amoindri l'impact de l'histoire de ce couple que j'ai eu du mal à trouver réellement attachant.


Pour moi c'est le contraire, je la trouve ici ô combien crédible même jusque dans les maquillages finaux, où l'on sent bien qu'elle est passée par des épreuves difficiles dans sa vie, en étant séparé de lui.
Maquillages pour lesquels j'émets tout de même une petite réserve, ils sont un peu trop voyants.

Amitabh Bachchan et Hema Malini réussissent d'ailleurs le temps de leurs apparitions à quasiment éclipser les deux héros principaux.


Amitabh a un grand rôle comique, fait de bourdes et de déclarations parfois à l'emporte pièce. Il se cache aussi de ses petits défauts ( le coup de la bouteille de whisky);

Les scènes de danse laissent légèrement indifférent faute d'un réel dynamisme dans la mise en scène et de chorégraphies recherchés et ce sont les chansons qui tirent leur épingle du jeu, que ce soit lors du voyage de Veer et Zaara ou à la fin au tribunal.


En quoi fais-tu la différence entre les chansons et les chorégaphies ? Est-ce que ça ne va pas ensemble ?
Le film a tout de même des faiblesses, des longueurs vers la fin, parfois inutiles, et quelques scènes sont trop basées sur la répétition du son choc.
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Messagede Jordan White » 1 Mai 06, 22:00

Jack Griffin a écrit:Ok je comprend bien mais tu n'y allais pas de main morte. J'ai juste tiqué sur le mot "affligeant".

Sinon Devdas est quand même très loin d'être fade. A certains moments tu lui reproches même d'être tout le contraire (lourdeur, exaltation).


Il est ambivalent : parfois lourd, parfois super fade. Fade au niveau de l'interprétation ça me semble assez parlant, surtout pour Aishwarya, cabotineur pour Shah Rukh dès qu'il a un coup dans le nez. Se voulant exalté dans ses séquences dansées ou dramatiques où il me saoule très vite.
C'est un mélange qui n'est abouti ni dans un sens ni dans l'autre.
Alors que ça aurait pu être un grand masala ( ce qu'il est pour certains, je ne le remets pas en cause.)
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Messagede Jack Griffin » 1 Mai 06, 22:27

Jordan White a écrit:
Rani est un personnage façon deus ex machina.


Disons que son perso est placé au niveau du spectateur et que l'on découvre tous les rebondissements en même temps qu'elle. Elle n'a aucune avance, ne brille pas particulièrment au tribunal et sert juste de relais entre le spectateur et le film. Le système judiciaire reste symbolique et le film ne cherche pas trop à s'éterniser là-dessus.

Jordan White a écrit:Le fim ne tend pas au réalisme absolu là dessus, pas plus qu'il ne tente d'apporter de réalisme dans ses séquences chantées, toutes idéalisées ( sauf celle de la Gare et des prétendus adieux où l'on sent que les deux personnages en sont presque obligés à tirer un trait sur le passé).


J'ai bien aimé cette scène de la gare et celle qui lui est un peu semblable avec cette idée de l'être absent, lorsque Zaara pense à Veer.

Ce sont les thèmes de l'honneur, de la patrie et de la liberté qui sont mises en avant au détriment du traitement historique qui n'est qu'effleuré. Pour cela autant se tourner vers Earth qui explique tout cela avec pédagogie.


J'y jetterais un oeil alors...le film ne m'a pas paru particulièrement patriotique même si le Pakistan est plus égratigné que l'Inde(c'est là qu'on trouve tous les "méchants" du film)


Message souvent répété de la même façon dans la plupart des Bolly qui abordent la question. Si on veut avoir un point de vue plus radical, voire engagé dans un camp ou dans l'autre, il reste les films patriotiques( souvent pas terribles), de guerre ou d'action.


Je ne pensais pas vraiment à ce genre de propagandes mais à une description plus sensible et claire des souffrances qui peuvent résulter de l'affrontement entre ces deux pays... surtout après avoir entendu un coup de feu à la fin du générique d'ouverture.

Preity Zinta ne m'a pas tellement convaincu et amoindri l'impact de l'histoire de ce couple que j'ai eu du mal à trouver réellement attachant.


Pour moi c'est le contraire, je la trouve ici ô combien crédible même jusque dans les maquillages finaux, où l'on sent bien qu'elle est passée par des épreuves difficiles dans sa vie, en étant séparé de lui.
Maquillages pour lesquels j'émets tout de même une petite réserve, ils sont un peu trop voyants.


C'est peut être moi qui ait du mal avec l'actrice alors...Je la trouve trop effacé.

Amitabh Bachchan et Hema Malini réussissent d'ailleurs le temps de leurs apparitions à quasiment éclipser les deux héros principaux.


Amitabh a un grand rôle comique, fait de bourdes et de déclarations parfois à l'emporte pièce. Il se cache aussi de ses petits défauts ( le coup de la bouteille de whisky);

Son perso est très vivant et apporte pas mal d'intérêt au perso de Zeer.

Jordan White a écrit:En quoi fais-tu la différence entre les chansons et les chorégaphies ? Est-ce que ça ne va pas ensemble ?


Toutes les séquences musicales ne sont pas dansées...Il y a assez peu de chorégraphie dans le film il me semble.
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Messagede Jack Griffin » 1 Mai 06, 22:33

Jordan White a écrit:Il est ambivalent : parfois lourd, parfois super fade. Fade au niveau de l'interprétation ça me semble assez parlant, surtout pour Aishwarya, cabotineur pour Shah Rukh dès qu'il a un coup dans le nez. Se voulant exalté dans ses séquences dansées ou dramatiques où il me saoule très vite.


Bah pour moi le cabotinage va à l'encontre de la fadeur (et je ne comprends pas pourquoi Breezy dit qu'il est "éteint"). Aishwarya, je la trouve rayonnante mais on ne s'entendra pas là dessus.
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Messagede Tite Bouh » 2 Mai 06, 09:44

Asoka

Commencer le mois par un film pareil c'est assez grand !

J'avais quelques appréhensions pour Kareena Kapoor que je n'affectionne vraiment, et elle a contredit toutes mes attentes, je la trouve rayonnante dans son rôle de princesse guerrière. Le personnage d'Asoka quant à lui est vraiment ambigu, il peut être capable de donner tellement d'amour et l'instant d'après de devenir un monstre sanguinaire ... C'est terrifiant à voir. Shahrukh l'interprète de manière très juste, sans en faire trop, il fait vraiment froid dans le dos. Le thème instrumental qui revient tout au long du film est vraiment poignant, et les autres musiques sont également très belles. Les chorégraphies ne sont pas extraordinaire, mais elles tiennent bien la route et trouvent leurs places dans le film. Et il ne faut pas oublier la photographie qui est vraiment sublime, c'est vraiment un des points forts du film.

Quelques petits trucs me gènent cependant. Au début j'ai trouvé un peu l'histoire embrouillée, on comprend vraiment qui et qui et ce qui se passe qu'au bout d'un certain moment, par conséquent c'est un peu dur d'entrer dans le film les dix premières minutes.
Autre chose, je n'aime pas la façon dont sont filmées les scènes de batailles. La caméra filme par mouvements saccadés et c'est assez fatiguant pour les yeux, ça va beaucoup trop vite et on n'a pas toujours le temps de voir ce qui se passe.
Tite Bouh
Je kiffe ta race

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