Commentaires à propos de votre film du mois

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés après 1980

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origan42
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar origan42 » 31 août 19, 21:17

FILM D'AOÛT

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LA FEMME DE SEISAKU (Yasuzō Masumura, 1965) *****


Le reste du mois, par ordre de préférence :
Spoiler (cliquez pour afficher)
La petite voiture (Marco Ferreri, 1960) ****
Le poids d'un mensonge (William Dieterle, 1945) ****
Augustin (Anne Fontaine, 1995) ****

Paris est toujours Paris (Luciano Emmer, 1951) ***
À la folie... pas du tout (Lætitia Colombani, 2002) ***
Alsace (Henri Pouctal, 1916) ***
L'ami de la famille (Paolo Sorrentino, 2006) ***
Objectif Lune (Robert Altman, 1967) ***
Crosswind - La croisée des vents (Martti Helde, 2014) ***
Augustin, roi du kung-fu (Anne Fontaine, 1999) ***
Les femmes des autres (Damiano Damiani, 1963) ***
Les femmes s'en balancent (Bernard Borderie, 1954) ***
Kansas en feu (Ray Enright, 1950) ***

Tony Rome est dangereux (Gordon Douglas, 1967) **
Class 1984 (Mark L. Lester, 1982) **
S.O.S. Scotland Yard (Charles Frend, 1956) **
La femme en ciment (Gordon Douglas, 1968) **
U Turn - Ici commence l'enfer (Oliver Stone, 1997) **
Le cercle infernal (Richard Loncraine, 1977) **
La Martienne diabolique (David MacDonald, 1954) **
Vive la sociale ! (Gérard Mordillat, 1983) **
Si Beale Street pouvait parler (Barry Jenkins, 2018) **
Bastille Day James Watkins, 2016) **
Comment qu'elle est... (Bernard Borderie, 1960) **
Y a-t-il un Français dans la salle ? (Jean-Pierre Mocky, 1982) **
Allemagne année 90 neuf zéro (Jean-Luc Godard, 1991) **
Un heureux événement (Rémi Bezançon, 2011) **

Un flic (Maurice de Canonge, 1947) *
Conspiracy (Michael Apted, 2017) *
Litan (Jean-Pierre Mocky, 1982) *
L'ami de la famille (Jack Pinoteau, 1957) *
La tentation d'Isabelle (Jacques Doillon, 1985) *

Rebelles (Allan Mauduit, 2019) °

RE-VISIONS
Mais... Qui a tué Harry ? (Alfred Hitchcock, 1955) *** →
Le détective (Gordon Douglas, 1968) * ↑
Le détraqué (Bert I. Gordon, 1973) * →


INTERPRÉTATION FÉMININE DU MOIS : JENNIFER JONES Singleton / Victoria Morland dans Le Poids d'un mensonge
INTERPRÉTATION MASCULINE DU MOIS : JEAN-CHRÉTIEN SIBERTIN-BLANC Augustin dans Augustin

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Tom Peeping
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Tom Peeping » 31 août 19, 22:25

J'ai vu en août

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*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

L'enfant et la licorne / A kid for two farthings (Carol Reed, 1955) *
A Londres, sur le marché cosmopolite de Petticoat Lane, un jeune garçon pense qu'un chevreau à une corne qu'il a acheté et prend pour une licorne réalisera ses voeux et ceux de ses proches. Un film bancal qui essaye de panacher l'imaginaire du conte et le réalisme de bazar sans convaincre mais qui bénéficie d'un merveilleux Technicolor et de personnages caricaturaux étonnants : la fausse Marilyn (Diana Dors), le culturiste, le tailleur juif... BR UK

Jenny (Marcel Carné, 1936) **
Une jeune pianiste s'installe chez sa mère (Françoise Rosay) dont elle était éloignée et la découvre taulière d'un bordel de luxe. Le premier film de Carné est un mélodrame filial et de moeurs dont les personnages interlopes (personnages et acteurs) font le sel. Les décors de studio Art Déco cèdent parfois la place à des extérieurs ouvriers annonciateurs des chefs-d'oeuvre du réalisateur et Albert Préjean est d'une modernité toujours surprenante. BR FR

The Breakfast Club (John Hughes, 1985) **
Cinq jeunes dépareillés passent un samedi de colle ensemble au collège. Un teenage movie en huis-clos théâtral sur l'Angst adolescent dont les préoccupations intemporelles ont permis de parfaitement résister au temps, malgré l'effet flashback des Eighties. Le formidable casting s'empare des incessants dialogues avec brio en révélant les forces et les fêlures des personnages stéréotypés. Un film humaniste qui continue à faire du bien. BR DE

Plein Sud (Luc Béraud, 1981) 0
Un universitaire qui s'ennuie suit à Barcelone une inconnue avec qui il a une liaison torride. Une comédie existentielle qui ne fonctionne pas, la faute à un scénario foireux où l'absurde se combine mal avec la trépidation et la sensualité. Les seins magnifiques de Clio Goldsmith jouent bien mieux qu'elle et Jeanne Moreau et Guy Marchand cachetonnent. Mais Patrick Dewaere, gâché dans ce navet, est magnétique de mélancolie physique. BR FR

Joseph, le roi des rêves / Joseph, King of dreams (Rob LaDuca & Robert C. Ramirez, 2000) *
Vendu en esclavage par ses frères, Joseph se retrouve au service de Pharaon qu'il séduit par son talent d'interprétation des rêves. Produit par DreamWorks suite au succès du "Prince d'Egypte", cette adaptation animée du récit de l'Ancien Testament n'est pas à son niveau mais se laisse regarder grâce à son rythme dynamique et l'homoérotisme étonnant qui se dégage de l'accumulation biblique des corps dénudés des personnages masculins. BR DE

90s / mid90s (Jonah Hill, 2018) ***
A Los Angeles en 1996, un jeune garçon solitaire lutte à se faire accepter par une petite bande d'adolescents skaters. Imaginant un feel good coming of age, je ne m'attendais pas à être cueilli par la mélancolie tragique qui se dégage de ce grand petit film qui repose entier sur les épaules résistantes aux coups de son jeune acteur Sunny Suljic. La formidable BO transcende l'époque (parfaitement) évoquée vers une universalité bouleversante. BR DE

L'homme qui rit / The man who laughs (Paul Leni, 1928) ***
Mutilé enfant au visage par des bohémiens, un homme au rictus permanent qui se produit en fêtes foraines subit de multiples injustices. D'après Hugo, l'un des derniers films muets est un mélodrame outrancier aux décors et mouvements de caméra superbement baroques. C'est aussi le rôle d'une vie pour Conrad Veidt, génial en victime grimaçante. Mary Philbin en aveugle est fade mais Olga Baclanova est une vamp irrésistible. Enthousiasmant. BR FR

Chernobyl (Craig Mazin, 2019) **
L'explosion dans la centrale nucléaire ukrainienne le 26 avril 1986 et son traitement immédiat par les scientifiques, les anonymes et les politiques impliqués. Ce téléfilm HBO semble objectif dans son approche des détails techniques du désastre (les brutales séquences concernant les radiations sont saisissantes) et subjectif dans sa charge contre le pouvoir soviétique. Vivement le point de vue russe. C'est l'anglais de convention qui m'a gêné. BR UK

Us (Jordan Peele, 2019) *
Une famille noire américaine se fait agresser chez elle par quatre mystérieux inconnus qui semblent former son double. Après le formidable "Get out", Peele repart sur un thriller fantastique avec un message. Le problème ici est que le scénario et le message prennent plusieurs directions et rendent le tout incompréhensible. Dommage parce que la première moitié (l'invasion de la maison) est d'une originalité, d'une tension et d'une intelligence excitantes. BR DE

Climax (Gaspard Noé, 2018) ***
Dans une salle des fêtes, une vingtaine de jeunes vogueurs est droguée avec de la sangria manipulée. La péripétie est prétexte à faire basculer le film de danse dynamique de la première partie en une expérience visuelle, sonore et technique assez époustouflante dans la seconde. Le message est indistinct (avertissement contre la drogue en boîte ? métaphore sur l'échec du vivre ensemble ? Trip Pop ?) mais le spectacle est secouant. BR FR

Les damnés / These are the damned (Joseph Losey, 1961) *
Près d'une station balnéaire anglaise, un américain découvre que des scientifiques élèvent en secret des enfants radioactifs. Cette partie de l'histoire est bien mais il y a aussi un gang de loubards (Oliver Reed à son plus sexy) et une sculptrice et les trois s'emboîtent mal en donnant un film irrémédiablement bancal. La métaphore sur la peur atomique est intéressante dans le contexte de 1961 et la fin d'un nihilisme saisissant. BR DE

La chose d'un autre monde / The thing from another world (Christian Nyby & Howard Hawks, 1951) **
Dans une base arctique, des scientifiques sont menacés par un humanoïde extraterrestre. Rendu obsolète par l'inoubliable remake de John Carpenter en 1982, ce film de SF souffre aujourd'hui de l'aspect visuel de sa créature et de la surabondance de dialogues (dont le rythme naturel est pourtant fascinant pour l'époque) mais reste un jalon dans le cinéma paranoïaque de la Guerre Froide et un modèle de bien des huis-clos d'horreur. BR US

Sinbad : La légende des sept mers / Sinbad: Legend of the Seven Seas (Tim Johnson & Patrick Gilmore, 2003) *
Avec la compagne de son meilleur ami, Sinbad fait un périlleux voyage pour récupérer le Livre de la paix volé par Eris, la déesse de la Discorde. Malgré quelques scènes étonnantes et spectaculaires (les Sirènes, l'Oiseau des Glaces...), ce film d'animation trop bavard pâtit d'un scénario poussif et d'une méchante assez ennuyeuse. Après les excellents "Le Prince d'Egypte" et "La route d'El Dorado", une déception du studio Dreamworks Animation. BR DE

Poison pen (Paul L. Stein, 1939) **
Des lettres anonymes distillent la haine et la paranoïa dans un village anglais. Quatre ans avant "Le corbeau", ce drame de communauté bénéficie de quelques belles scènes, d'une noirceur étonnante et de la présence de bon acteurs (Flora Robson, Reginald Tate, Ann Todd) mais la mise en scène reste sage et la résolution attendue : le film est un peu pâle à côté du chef-d'oeuvre subversif de Clouzot, qu'il semble préfigurer en plusieurs points. BR UK

Jersey affair / Beast (Michael Pearce, 2017) ***
A Jersey, une jeune femme mal dans sa famille et sa peau a une liaison avec un solitaire qui pourrait être le serial killer qui terrorise l'île. Un excellent thriller psychologique porté par l'assurance de l'écriture et de la mise en scène et le jeu impressionnant de Jessie Buckley dans le rôle intense d'une personnalité étouffée à plusieurs titres. Sa performance est un tour de force dont on ne soupçonne rien au début. Johnny Flynn est très bien aussi. BR UK

Cartes sur table (Jess Franco, 1966) *** Mon film du mois
A Alicante, un ex-espion reprend du service pour démanteler une association criminelle qui créé des robots-humains assassins. Un pastiche de SF et d'espionnage dont le rythme s'essouffle en seconde partie mais qui ne l'empêche pas de rester jubilatoire, grâce à l'absurdité dadaïste du scénario, la photo contrastée, les hilarants dialogues de Jean-Claude Carrière et surtout, le jeu sublimement je m'en foutiste de Lenny Constantine, impérial. BR FR

Taking Tiger Mountain (Tom Huckabee & Ken Smith, 1974/1983) **
Au Pays de Galles, des féministes soumettent un jeune hétéro homophobe à une Inversion Therapy et l'envoient assassiner le maire d'une ville de prostitution. Sur un sujet à la John Waters, un petit Indie réalisé avec les moyens du bord par des potes juste sortis du college. Surréaliste, absurde, sexy et un peu chiant mais plein d'idées visuelles. Au premier rôle, Bill Paxton y commençait sa carrière à 19 ans, en full frontal et au garde à vous. BR US
... and Barbara Stanwyck feels the same way !

Pour continuer sur le cinéma de genre, visitez mon blog : http://sniffandpuff.blogspot.com/

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Profondo Rosso
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Profondo Rosso » 1 sept. 19, 00:00

Film du mois

1 Once upon a time in Hollywood de Quentin Tarantino

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2 Journey into solitude de Koichi Sato

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3 Moving de Shinji Somai

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4 Song of the Exile de Ann Hui

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5 Prisonniers du passé de Mervyn LeRoy

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6 A kid for two farthings de Carol Reed

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Karras
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Karras » 1 sept. 19, 00:03

Top 5 du mois ( sur 45 films )
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar cinéfile » 1 sept. 19, 01:07

Anna H. a écrit :
cinéfile a écrit :Top Five Août :

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L’Ecureuil Rouge (La Ardilla Roja, Julio Medem) - 1993



J'ai découvert ce film à Gerardmer lorsqu'il était présenté à Fantastica, jamais revu depuis et je voulais justement le revoir !
Est il passé sur une chaine cinéma récemment ?


Je l'ai découvert en dvd, sur la seule édition française existante (il me semble). Qualité du dvd absolument atroce mais le film en vaut la peine.

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John Holden
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar John Holden » 1 sept. 19, 07:42

cinéfile a écrit :
Anna H. a écrit :
cinéfile a écrit :Top Five Août :

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L’Ecureuil Rouge (La Ardilla Roja, Julio Medem) - 1993



J'ai découvert ce film à Gerardmer lorsqu'il était présenté à Fantastica, jamais revu depuis et je voulais justement le revoir !
Est il passé sur une chaine cinéma récemment ?


Je l'ai découvert en dvd, sur la seule édition française existante (il me semble). Qualité du dvd absolument atroce mais le film en vaut la peine.


L'édition BR ne vaut pas mieux ?

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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar cinéfile » 1 sept. 19, 10:07

John Holden a écrit :
cinéfile a écrit :
Anna H. a écrit :
cinéfile a écrit :Top Five Août :

Image
L’Ecureuil Rouge (La Ardilla Roja, Julio Medem) - 1993



J'ai découvert ce film à Gerardmer lorsqu'il était présenté à Fantastica, jamais revu depuis et je voulais justement le revoir !
Est il passé sur une chaine cinéma récemment ?


Je l'ai découvert en dvd, sur la seule édition française existante (il me semble). Qualité du dvd absolument atroce mais le film en vaut la peine.


L'édition BR ne vaut pas mieux ?


Sûrement ! Ce ne serait vraiment pas un exploit...
Dans mon commentaire, je me limitais en fait à l'offre DVD.

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MJ
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar MJ » 1 sept. 19, 11:26

1. Poto and Cabengo (Jean-Pierre Gorin)

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2. Meantime (Mike Leigh)

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3. Redacted (Brian De Palma)

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"Personne ici ne prend MJ ou GTO par exemple pour des spectateurs de blockbusters moyennement cultivés." Strum

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Thaddeus
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Thaddeus » 1 sept. 19, 12:06

Film du mois d'août


1. Le Coup de l'Escalier (Robert Wise, 1959)


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2. Roubaix, une Lumière (Arnaud Desplechin, 2019)


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3. La Ragazza (Luigi Comencini, 1964)


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Mes découvertes en détail :
Spoiler (cliquez pour afficher)
Les ailes (William A. Wellman, 1927)
Lauréat du tout premier Oscar, le film fait en quelque sorte la démonstration parfaite qu’un réalisateur ne filme jamais mieux que ce qu’il connaît. Pilote de guerre décoré et ancien cascadeur aérien, Wellman a su en effet exploiter son expérience dans l’escadrille Lafayette pour donner vie à des personnages de jeunes gens embarqués la fleur au fusil pour une guerre qu’ils ne connaissent pas et dont ils n’ont pas saisi la gravité au départ. Volontiers héroïque, individualisée, mélodramatique, mue par une ferveur naïve et profondément juvénile qui se grippe à mesure que le récit devient signifiant (l’exploit final se confond complètement avec la tragédie), l’œuvre vaut avant tout pour ses spectaculaires figures de combats dans l’espace, issues d’un engagement physique quasi impensable aujourd’hui. 4/6

La peur (Roberto Rossellini, 1954)
Un metteur en scène-expérimentateur élabore un protocole d’observation fonctionnant à partir de stimuli très précis et devant aboutir à l’aveu de sa femme infidèle. La métaphore est claire : on est invité à être témoin de la mise à nu de la part maudite fondant la relation du cinéaste avec son épouse-actrice. Nordique, sombre, perdu dans les brumes, loin de la lumière de Stromboli ou de Voyage en Italie, le film n’a rien de néoréaliste ni de lyrique. Par cette façon de semer les indices sans se faire voir, cette course contre le temps qui se métamorphose en spirale d’angoisse, cette duplicité constante du couple, il semble traduire l’obstination avec laquelle Rossellini tente de se mesurer à Hitchcock, comme s’il était jaloux de ceux que le maître avait réalisés quelques années auparavant avec Ingrid Bergman. 4/6

Le coup de l’escalier (Robert Wise, 1959)
Deux ans avant l’explosion chromatique de West Side Story, Wise plongeait dans les entrailles de New York, captait l’atmosphère de lieux banals et insolites à la fois : un coin de Central Park, un bar de quartier, un terrain vague. Définis par des caractères tracés au couteau et par un contexte social, moral et politique très précis, les personnages y parlent de la guerre atomique, de Cap Canaveral, des Spoutniks. Pauvres gars écrasés par des tabous extérieurs et leurs propres inhibitions, dont le plan bute sur une aberration absurde : le racisme. La nervosité du style, le halètement des actions, la technique hachée où les pauses prennent figures de ponctuation contribuent à la réussite exemplaire de ce polar sec, haletant, cerné par la fatalité, qui n’a pas vraiment à rougir de The Asphalt Jungle ou de L’Ultime Razzia. 5/6

Clockers (Spike Lee, 1995)
Comme toujours chez Lee, la rue est à la fois le monde, son théâtre sa justification : les conflits les plus intimes y sont exposés aux yeux de tous, abolissant la barrière fictive entre privé et public. Précipités dans cet univers rassemblant en mosaïque le bien et le mal, la réussite sociale et la déchéance, l’argent propre et l’argent sale, les vieux et les jeunes, les Noirs et les Blancs, les individus se dépouillent de leur singularité pour devenir les rouages d’un mécanisme collectif implacable. Et l’auteur de livrer une analyse en bonne et due forme de certains points de tension endémique, d’associer avec sûreté un style éclaté à une écriture ferme tout en respectant les codes du genre criminel, de troubler la perception des personnages par des révélations inattendues qui ne brisent jamais la cohérence de l’histoire. 4/6

Oliver ! (Oliver Reed, 1968)
Dans les années soixante, adapter en luxueuses comédies musicales des classiques littéraires ou de grands succès de la scène pouvait quasiment garantir une moisson d’Oscars. Le film de Reed a bien confirmé, après West Side Story ou My Fair Lady, à quel point ce calcul était payant. Il s’apparente à une tentative de synthèse du cinéma britannique contemporain en un spectacle bigarré chantant et dansant, destiné à tous les publics. Les taudis savamment agencés des bas-fonds londoniens et les quartiers résidentiels tout baignés de soleil y abritent une faune caracolante aux débordements chorégraphiquement appliqués. Quant à la trame mélodramatique de Dickens, elle vient soutenir avec efficacité cette entreprise au pittoresque habilement dosé, exécutée selon les règles de la bienséance artistique. 4/6

Everybody wants some !! (Richard Linklater, 2016)
Vingt-trois ans après sa fresque sur la biture lycéenne, devenue culte auprès de hordes d’Américains prépubères, Linklater offre sans prendre grand risque, presque les mains dans les poches, une nouvelle tranche nostalgique de campus movie, où il semble vouloir se faire l’ethnologue rétrospectif de sa propre jeunesse. Sans tout à fait résister à la tentation de la reconstitution vintage, il s’appuie sur une troupe d’inconnus charismatiques pour attraper un air du temps idéalisé au travers d’expériences saisies à vif – sarcasmes, drague et fêtes orgiaques. Et cette chronique enlevée de l’amitié masculine d’explorer le rapport de l’individu au groupe, les mécaniques d’intégration, les principes parfois aliénants d’adhésion au collectif, et de célébrer avec charme et légèreté une insouciance en voie de disparition. 4/6

Quelle heure est-il (Ettore Scola, 1989)
Un père, un fils. Pour une journée de permission, le premier retrouve le second qui effectue son service militaire dans une petite ville côtière. Ils parlent, se révèlent ou se cachent, sur le port, au cinéma, dans un restaurant ou un bar. Ils s’aiment, de tout évidence, mais se sont peut-être ratés car ils n’avancent pas au même rythme. Et Scola de composer une partition sensible, une trêve mélancolique et sereine, pleine de notations chaleureuses et de sous-entendus blessés, d’attendrissements et d’affrontements, de drôlerie et d’amertume. Son alchimie tient aux rues désertes et mouillées, aux sourires de l’un, aux dérobades affectueuses de l’autre, à la chaîne des malentendus, aux paroles surabondantes qui disent ou qui cachent des vérités. Massimo Troisi est un exemple de finesse, Mastroianni royal. 5/6

La ragazza (Luigi Comencini, 1964)
Avec beaucoup de finesse, le cinéaste analyse les renoncements successifs, les fluctuations tactiques, les compromis et les dialectiques habiles qui ont abouti au découragement et à la démobilisation de la classe ouvrière. Il bâtit des personnages parfaitement situés dans leur temps, enlisés dans des trahisons qui les dépassent, victimes de la totalité du don qu’ils ont fait à la cause épousée. Le plus émouvant est bien sûr incarné par CC, innocente, charmeuse, pathétique, coquette, grave, sereine ou triste, femme en litige entre l’homme du miracle économique confortable et celui du soulèvement armé. Si la Révolution a sa beauté sauvage, sa sensuelle plénitude, si le baiser du triomphe a le goût de ses lèvres, si la mort pour la cause a l’anéantissement de ses étreintes, tout espoir n’est pas encore perdu. 5/6

Darling (John Schlesinger, 1965)
Cette cover-girl délurée et arriviste est une sorte de Bovary de l’âge pop, identifiant chacun de ses désirs à un droit qu’elle remporte de haute lutte sur la société. Comme Billy le menteur, elle tend vers la réalisation d’un rêve mais, une fois réalisé, celui-ci forgera sa prison irréelle et implacable. Devenue princesse italienne, elle sera l’incarnation désenchantée d’autres jeunes filles éprises d’évasion et de songes faciles. Le brio inventif, l’impertinence acerbe et l’ironie satirique de Schlesinger dépeignent ici une certaine perdition de la dolce vita cosmopolite du swinging London, qui vise à une contradiction arbitraire de toutes les formes d’équilibre pouvant rappeler de près ou de loin un ordre détesté. Le style y est aussi séduisant que le fond est amer, et l’étincelante Julie Christie y trouve un rôle en or. 5/6

Funny girl (William Wyler, 1968)
Comment Fanny Brice, un petite Juive d’un quartier populeux de Brooklyn, devient malgré son physique ingrat vedette du prestigieux Ziegfeld Follies, à Broadway. Comment, ayant conquis richesse et célébrité, elle découvre que l’amour et le bonheur sont plus difficiles à concilier. Argument archi-rebattu qu’un Cukor, parmi d’autres, avait su transcender avec Une Étoile est née. Wyler le traite sans aucun engagement, se contentant d’y apporter un professionnalisme vaguement lénifiant, voire platement conventionnel dans les parties sentimentales. Nulle faute de goût n’est à déplorer dans ce (long) exercice de confort glacé, dans ce luxe décoratif de musical tissant du cliché au kilomètre. L’ensemble est correct, appliqué, parfois somptueux, mais si dénué de saveur qu’il s’oublie dès la tombée de rideau. 3/6

Roubaix, une lumière (Arnaud Desplechin, 2019)
Il aurait été saugrenu d’attendre de la première incursion du réalisateur dans le polar autre chose qu’une proposition personnelle. C’est comme une enquête de Simenon revue par Dostoïevski, dont le héros serait moins un policier qu’un accoucheur de vérité, un confesseur de la parole libératrice, un ange de douceur et de patience – vertus ne parasitant à aucun moment l’acuité qui caractérise le récit. Sans donner congé au biographique et au romanesque, les deux forces ayant toujours nourri son œuvre, le cinéaste scrute ces profondeurs de la condition humaine que reflètent la misère et la détresse sociales. Sa méthode relève ainsi d’un art de comprendre, de regarder le monde bien en face, avec une empathie profonde que relaient les prestations très émouvantes de son impressionnant trio d’acteurs. 5/6

Une fille facile (Rebecca Zlotowski, 2019)
Si l’habit ne fait pas le moine, la bimbo ne fait pas forcément la godiche écervelée. Telle est la thèse explorée par cette chronique estivale, ensoleillée, sans jugement et vaguement perverse, d’un indolent spleen et d’une consommation désinvolte. Assumant l’héritage du conte moraliste (celui de Rohmer bien sûr, mais aussi de la Sagan de Bonjour Tristesse), Zlotowski traite de la drague et du sexe comme arme de conquête sociale, de la marchandisation des personnes, de la violence feutrée des rapports de classes, de la liberté – ce concept à définition variable dont elle inverse les stéréotypes. Elle se place du côté de l’expérience, valorise sa fonction d’enseignement, mais n’échappe pas à une certaine raideur discursive que Zahia Dehar (poupée en plastique, actrice limitée) ne conjure pas tout à fait. 4/6


Et aussi :

The wicker man (Robin Hardy, 1973) - 4/6
Perdrix (Erwan Le Duc, 2019) - 4/6
La femme du boulanger (Marcel Pagnol, 1938) - 4/6
Repo man (Alex Cox, 1984) - 4/6
Scorpio rising (Kenneth Anger, 1963) - 5/6 (CM)



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Films des mois précédents :
Spoiler (cliquez pour afficher)
Juillet 2019 - La sorcellerie à travers les âges (Benjamin Christensen, 1922)
Juin 2019Parasite (Bong Joon-ho, 2019)
Mai 2019 - Mandingo (Richard Fleischer, 1975)
Avril 2019 - Les oiseaux de passage (Cristina Gallego & Ciro Guerra, 2018)
Mars 2019 - Le convoi (Sam Peckinpah, 1978)
Février 2019Les noces rouges (Claude Chabrol, 1973)
Janvier 2019Un jour dans la vie de Billy Lynn (Ang Lee, 2016)
Décembre 2018Une affaire de famille (Hirokazu Kore-eda, 2018)
Novembre 2018High life (Claire Denis, 2018)
Octobre 2018Nos batailles (Guillaume Senez, 2018)
Septembre 2018Les frères Sisters (Jacques Audiard, 2018)
Août 2018Silent voice (Naoko Yamada, 2016)
Juillet 2018 - L'homme qui voulait savoir (George Sluizer, 1988)
Juin 2018Sans un bruit (John Krasinski, 2018)
Mai 2018Riches et célèbres (George Cukor, 1981)
Avril 2018Séduite et abandonnée (Pietro Germi, 1964)
Mars 2018Mektoub my love : canto uno (Abdellatif Kechiche, 2017)
Février 2018Phantom thread (Paul Thomas Anderson, 2017)
Janvier 2018Pentagon papers (Steven Spielberg, 2017)
Décembre 2017Lettre de Sibérie (Chris Marker, 1958)
Novembre 2017L’argent de la vieille (Luigi Comencini, 1972)
Octobre 2017Une vie difficile (Dino Risi, 1961)
Septembre 2017Casanova, un adolescent à Venise (Luigi Comencini, 1969)
Août 2017La bonne année (Claude Lelouch, 1973)
Juillet 2017 - La fille à la valise (Valerio Zurlini, 1961)
Juin 2017Désirs humains (Fritz Lang, 1954)
Mai 2017Les cloches de Sainte-Marie (Leo McCarey, 1945)
Avril 2017Maria’s lovers (Andreï Kontchalovski, 1984)
Mars 2017À la recherche de Mr Goodbar (Richard Brooks, 1977)
Février 2017Raphaël ou le débauché (Michel Deville, 1971)
Janvier 2017La la land (Damien Chazelle, 2016)
Décembre 2016Alice (Jan Švankmajer, 1987)
Novembre 2016 - Dernières nouvelles du cosmos (Julie Bertuccelli, 2016)
Octobre 2016 - Showgirls (Paul Verhoeven, 1995)
Septembre 2016 - Aquarius (Kleber Mendonça Filho, 2016)
Août 2016 - Le flambeur (Karel Reisz, 1974)
Juillet 2016 - A touch of zen (King Hu, 1971)
Juin 2016 - The witch (Robert Eggers, 2015)
Mai 2016 - Elle (Paul Verhoeven, 2016)
Avril 2016 - La pyramide humaine (Jean Rouch, 1961)
Mars 2016 - The assassin (Hou Hsiao-hsien, 2015)
Février 2016Le démon des femmes (Robert Aldrich, 1968)
Janvier 2016La Commune (Paris 1871) (Peter Watkins, 2000)
Décembre 2015Mia madre (Nanni Moretti, 2015)
Novembre 2015Avril ou le monde truqué (Franck Ekinci & Christian Desmares, 2015)
Octobre 2015Voyage à deux (Stanley Donen, 1967)
Septembre 2015Une histoire simple (Claude Sautet, 1978)
Août 2015La Marseillaise (Jean Renoir, 1938)
Juillet 2015Lumière silencieuse (Carlos Reygadas, 2007)
Juin 2015Vice-versa (Pete Docter & Ronaldo Del Carmen, 2015) Top 100
Mai 2015Deep end (Jerzy Skolimowski, 1970)
Avril 2015Blue collar (Paul Schrader, 1978)
Mars 2015Pandora (Albert Lewin, 1951)
Février 2015La femme modèle (Vincente Minnelli, 1957)
Janvier 2015Aventures en Birmanie (Raoul Walsh, 1945)
Décembre 2014Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon (Elio Petri, 1970)
Novembre 2014Lifeboat (Alfred Hitchcock, 1944)
Octobre 2014Zardoz (Sean Connery, 1974)
Septembre 2014Un, deux, trois (Billy Wilder, 1961)
Août 2014Le prix d’un homme (Lindsay Anderson, 1963)
Juillet 2014Le soleil brille pour tout le monde (John Ford, 1953)
Juin 2014Bird people (Pascale Ferran, 2014)
Mai 2014Léon Morin, prêtre (Jean-Pierre Melville, 1961) Top 100
Avril 2014L’homme d’Aran (Robert Flaherty, 1934)
Mars 2014Terre en transe (Glauber Rocha, 1967)
Février 2014Minnie et Moskowitz (John Cassavetes, 1971)
Janvier 201412 years a slave (Steve McQueen, 2013)
Décembre 2013La jalousie (Philippe Garrel, 2013)
Novembre 2013Elle et lui (Leo McCarey, 1957)
Octobre 2013L’arbre aux sabots (Ermanno Olmi, 1978)
Septembre 2013Blue Jasmine (Woody Allen, 2013)
Août 2013La randonnée (Nicolas Roeg, 1971)
Juillet 2013Le monde d’Apu (Satyajit Ray, 1959)
Juin 2013Choses secrètes (Jean-Claude Brisseau, 2002)
Mai 2013Mud (Jeff Nichols, 2012)
Avril 2013Les espions (Fritz Lang, 1928)
Mars 2013Chronique d’un été (Jean Rouch & Edgar Morin, 1961)
Février 2013 – Le salon de musique (Satyajit Ray, 1958)
Janvier 2013L’heure suprême (Frank Borzage, 1927) Top 100
Décembre 2012 – Tabou (Miguel Gomes, 2012)
Novembre 2012 – Mark Dixon, détective (Otto Preminger, 1950)
Octobre 2012 – Point limite (Sidney Lumet, 1964)
Septembre 2012 – Scènes de la vie conjugale (Ingmar Bergman, 1973)
Août 2012 – Barberousse (Akira Kurosawa, 1965) Top 100
Juillet 2012 – Que le spectacle commence ! (Bob Fosse, 1979)
Juin 2012 – Pique-nique à Hanging Rock (Peter Weir, 1975)
Mai 2012 – Moonrise kingdom (Wes Anderson, 2012)
Avril 2012 – Seuls les anges ont des ailes (Howard Hawks, 1939) Top 100
Mars 2012 – L'intendant Sansho (Kenji Mizoguchi, 1954)
Février 2012 – L'ombre d'un doute (Alfred Hitchcock, 1943)
Janvier 2012 – Brève rencontre (David Lean, 1945)
Décembre 2011 – Je t'aime, je t'aime (Alain Resnais, 1968)
Novembre 2011 – L'homme à la caméra (Dziga Vertov, 1929) Top 100 & L'incompris (Luigi Comencini, 1967) Top 100
Octobre 2011 – Georgia (Arthur Penn, 1981)
Septembre 2011 – Voyage à Tokyo (Yasujiro Ozu, 1953)
Août 2011 – Super 8 (J.J. Abrams, 2011)
Juillet 2011 – L'ami de mon amie (Éric Rohmer, 1987)

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-magik-
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar -magik- » 1 sept. 19, 13:00

Top 3 pour le mois d’août (26 films découverts, 2 films revus, 2 séries) :

ImageImageImage

1. Face à la nuit (WD. Ho - 2019)
2. Le Cercle infernal (R. Loncraine - 1978)
3. The Wicker man, le Dieu d’osier (R. Hardy - 1973)

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Beule
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Beule » 1 sept. 19, 14:52

Bien difficile de sortir du lot un film plutôt qu'un autre en ce mois d'août.

Si je choisis de récompenser Strangers when we meet, c'est peut-être parce qu'après l'avoir longtemps fantasmé il aura comblé toutes mes attentes. Car pour moi les mélos les plus précieux sont souvent ceux qui savent réfréner les effusions, laisser couver le feu des passions contrariées sous le glacis imperceptiblement perméabilisé de la pudeur des sentiments. Doublé d’un témoignage sociologique acéré mais tout aussi feutré – il n’est pas dans l’esprit de film hollywoodien moins conservateur que celui-ci – le Quine semble concrétiser un idéal d’immanence filmique.

Pour autant, à l’autre extrémité du spectre mélodramatique, les stupéfiantes fulgurances d’Histoire d’une prostituée, au service d’un propos ostensiblement féministe et progressiste, m’auront tout autant impressionné. Jusqu’au vertige paroxystique. Elles ne sont que la preuve de l’inépuisable versatilité du 7e art.

Deux films très courts, porteurs l’un et l’autre d’une même fièvre maligne mais dont les vertus semblent presque antinomiques, sont aussi à ranger parmi les découvertes majeures. The devil’s temple de Misumi orchestre le conflit de la foi en une parabolique partie d’échecs pour la salvation bouddhiste, en un huis-clos aussi suffocant que ludique. Michiyo Aratama y brille d’une flamme maléfique jusque-là insoupçonnée. Adaptant La veille de la nuit de la Saint-Jean de Gogol, Yuri Illienko, retrouve l’inspiration fantasmagorique de son travail sur Les chevaux de feu, pour donner corps à la confusion panthéiste d’une légende ukrainienne par le simple truchement d’une picturalité jusqu’au-boutiste, luxuriante et hors du temps.

Impossible aussi de passer sous silence la fraîcheur iconoclaste et irrévérencieuse de L’as de pique, qui capte limpidement le point de bascule d’une génération tchèque sur le point d’être recadrée ; le didactisme foncièrement honnête et bouleversant de Boat people de Ann Hui ; la leçon de stoïcisme humaniste appliquée par Rosi dans son biopic serein consacré à Carlo Levi ou encore la si stimulante exsudation des délices sensoriels de Ricordi ?. Tous ceux-là sont à marquer d’une pierre blanche et ne sont que l’avant-garde d’une ribambelle de films passionnants. S’y bousculent Giordana, Bolognini que j’aurai décidément trop longtemps mésestimé, ou encore Tai Katô, dont la relecture de Musashi Miyamoto, sous ses dehors trompeurs de digest, met à mal dans un superbe élan dynamique et plastique la stature iconique du sabreur nippon, presque réduit à un simple ambitieux roué étranger à la fameuse voie de l'ascèse.

En résumé, un très grand mois.

1 - Image
Liaisons secrètes (Richard Quine - 1960)

2 - Image
The devil's temple (Kenji Misumi - 1969)

3 - Image
Histoire d'une prostituée (Seijun Suzuki - 1965)

4 - Image
La veille de la nuit de la Saint-Jean (Yuri Illienko - 1968)

5 - Image
Boat people (Ann Hui - 1982)

6 - Image
Le Christ s'est arrêté à Eboli (Francesco Rosi - 1979)

7 - Image
L'as de pique (Miloš Forman - 1964)

8 - Image
Ricordi ? (Valerio Mieli - 2018)

9 - Image
Metello (Mauro Bolognini - 1970)

10 - Image
Les cent pas (Marco Tullio Giordana - 2000)

Autres films marquants :
Spoiler (cliquez pour afficher)
Image
La barrière de chair (Seijun Suzuki - 1964)

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Je demande la parole (Gleb Panfilov - 1976)

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Meurtre à Yoshiwara (Tomu Uchida - 1960)

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Mikey and Nicky (Elaine May - 1976)

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Miyamoto Musashi (Tai Katô - 1973)

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L'oiseau au plumage de cristal (Dario Argento - 1970)

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Tale of the underworld : The last gunfight (Kihachi Okamoto - 1960)

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Trois frères (Francesco Rosi - 1981)

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La vieille fille (Jean-Pierre Blanc - 1972)
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G.T.O
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar G.T.O » 1 sept. 19, 15:59

Film du mois décerné à l'envoûtant et singulier Midsommar.

Top du mois

1. Midsommar (Ari Aster)

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2. Figures in a landscape (Joseph Losey)


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3. The Color of Money (Martin Scorsese)

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Flops du mois

1. Avengers Infinity Wars & Avengers Endgame (Russo)
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2. Once Upon a time...in Hollywood (Quentin Tarantino)
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3. Widows (Steve McQueen)
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Arn
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Arn » 2 sept. 19, 07:54

Petit mois avec 16 films vu dont 10 découvertes. Mon podium :

1. ZATÔICHI, LE MASSEUR AVEUGLE, de Kenji Misumi (1962)
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2. LETTRE D'UNE INCONNUE, de Max Ophüls (1948)
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3. MOBILE SUIT GUNDAM I, de Ryôji Fujiwara & Yoshiyuki Tomino (1981)
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L'intégralité de mes visionnages :
Spoiler (cliquez pour afficher)
Films (re)découverts :

ZATÔICHI, LE MASSEUR AVEUGLE (Zatôichi monogatari, Kenji Misumi - 1962) - 8/10

LETTRE D'UNE INCONNUE (Letter from an Unknown Woman, Max Ophüls - 1948) - 7/10
MOBILE SUIT GUNDAM I (Kidô senshi Gandamu, Ryôji Fujiwara & Yoshiyuki Tomino - 1981) - 7/10

L'INCROYABLE ALLIGATOR (Alligator, Lewis Teague - 1980) - 6/10
RAOUL TABURIN (Pierre Godeau - 2018) - 6/10
THE TALE OF ZATOICHI CONTINUES (Zoku Zatôichi monogatari, Kazuo Mori - 1962) - 6/10
SEPT HOMMES A ABBATRE (7 Men From Now, Budd Boetticher - 1956) - 6/10

MIDSOMMAR (Ari Aster - 2019) - 5/10 **
LAKE PLACID (Steve Miner - 1999) - 5/10
JUMANJI: BIENVENUE DANS LA JUNGLE (Jumanji: Welcome to the Jungle, Jake Kasdan - 1981) - 5/10


Films revus :

DONNIE DARKO (Richard Kelly - 2001) - 10/10 **

STARSHIP TROOPERS (Paul Verhoeven - 1997) - 9/10

SPIDER-MAN 2 (Sam Raimi - 2006) - 8/10

UN CRI DANS L'OCEAN (Deep Rising, Stephen Sommers - 1998) - 7/10
LE ROI ARTHUR: LA LEGENDE D'EXCALIBUR (King Arthur: Legend of the Sword, Guy Ritchie - 2017) - 7/10

LE MAÎTRE D'ARMES (Fearless, Ronny Yu - 2006) - 6/10

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Rick Blaine
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Rick Blaine » 2 sept. 19, 09:53

Arn a écrit :Petit mois avec 16 films vu dont 10 découvertes. Mon podium :

1. ZATÔICHI, LE MASSEUR AVEUGLE, de Kenji Misumi (1962)
Image


Ca fait plaisir, je trouve que c'est un excellent divertissement.

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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar vic » 2 sept. 19, 12:02

Film d'août 2019 (et possible film de l'année) :

Un petit carrousel de fête (Körhinta - Zoltàn Fàbri - Hongrie, 1955)

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autres films remarquables :

Deux sur la balançoire (Two for the seesaw - Robert Wise - E. U., 1962)




Il était une fois en Anatolie (Bir Zamanlar Anadolu'da - Nuri Bilge Ceylan - Turquie, 2011)

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La Folle Escapade (Watership Down - Martin Rosen - R. U., 1978)

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Redécouverte du mois :

La Grande Lessive (!) (Jean-Pierre Mocky - France, 1968)

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Withdrawing in disgust is not the same thing as apathy.

Consistency is the last refuge of the unimaginative. Oscar Wilde

Unité Ogami Ittô.