Commentaires à propos de votre film du mois

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

Modérateurs : cinephage, Karras, Rockatansky

Avatar de l’utilisateur
AtCloseRange
Mémé Lenchon
Messages : 22858
Inscription : 21 nov. 05, 00:41

Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar AtCloseRange » 31 mars 13, 19:46

Top 3 "Est-ce bien raisonnable?"

1 Image

2 Image

3 Image
Image

Avatar de l’utilisateur
semmelweis
Accessoiriste
Messages : 1688
Inscription : 10 févr. 09, 21:30
Localisation : Bordeaux

Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar semmelweis » 31 mars 13, 19:55

Bilan du mois de mars:

1/Image
Camille Claudel 1915,Bruno Dumont

Ex aequo

Image
To the wonder,Terrence Malick

Le film l'emportant pour le titre est le film de Dumont :mrgreen:

2/Image
L'exercice de l'état,Pierre Schoeller

3/Image
Deathtrap,Sidney Lumet

Récapitulatif:

Film découverts:
Cloud Atlas,Andy et Lana Wachowski,Tom Tykwer(Ciné) 6/10
To The Wonder,Terrence Malick(Ciné) 8/10
Camille Claudel 1915,Bruno Dumont(Ciné) 8/10
La princesse et la grenouille,Ron Clements,John Musker(DVD) 6/10
Deathtrap,Sidney Lumet(DVD) 7/10
L'exercice de l'état,Pierre Schoeller(Blu Ray) 7,5/10

Films revus:
Die Hard,John McTiernan(Blu ray) 8,5/10
Die Hard 2,Renny Harlin(Blu Ray) 5,5/10
Die Hard 3,John McTiernan(Blu Ray) 8/10

Avatar de l’utilisateur
Profondo Rosso
Howard Hughes
Messages : 15708
Inscription : 13 avr. 06, 14:56

Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Profondo Rosso » 31 mars 13, 20:01

Harkento a écrit :
Profondo Rosso a écrit :Film du mois

1 Lucia et le Sexe de Julio Medem

Image

2 Les Amants du Cercle Polaire de Julio Medem

Image


T'aimes bien Julio Medem toi, non ??? :D



Medem c'est la grande découverte du moment trois films vu et subjugué à chaque fois le prochain devrait être L'écureuil rouge

5 Le Flambeur de Karel Reisz

Image


Et en réponse à ton Karel Reisz figurant dans ton Top5, voici mon dernier prétendant :

Isadora de justement Karel Reisz :wink: : 8,5 / 10

Image

(Et je me programme The gambler dans les jours qui viennent, moi ! :D )


Isadora c'est mon préféré avec Saturday Night and Sunday Morning et La Maîtresse du Lieutenant français, un biopic flamboyant et déroutant et Vanessa Redgrave est extraordinaire. Moi qui ne connaissais pas trop Isdora Duncan avant j'ai dû aller sur wikipédia me renseigner sur la véracité de sa mort tant la scène du film est :shock: :mrgreen: mais tout est vrai... Tu vas te régaler avec The Gambler !

Avatar de l’utilisateur
AtCloseRange
Mémé Lenchon
Messages : 22858
Inscription : 21 nov. 05, 00:41

Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar AtCloseRange » 31 mars 13, 20:50

Thaddeus a écrit :Mon bilan de mois de mars.


Spoiler (cliquez pour afficher)
Place aux jeunes (Leo McCarey, 1933)
Dans le registre de la gravité, le cinéaste pratique ici un art consommé de la litote et de la soustraction, et empoigne de façon courageuse le problème, rarement traité à l’écran, de la dépendance des vieilles personnes vis-à-vis de leur progéniture petite-bourgeoise. Il y a du Ozu dans ce conte de fées inversé, cette chronique familiale qui met en lumière, par touches délicates et allusives, un égoïsme générationnel qui n’ose s’afficher, une brisure irréparable de la transmission entre parents et enfants, l’agonie d’un couple âgé et aimant contraint, après une dernière soirée d’heureuse remémoration, à une séparation définitive. Presque trop de retenue également : si l’émotion filtre parfois, elle peine à s’épanouir vraiment. 4/6

Le chant du Missouri (Vincente Minnelli, 1944)
A l’aube du vingtième siècle, Saint-Louis se prépare à accueillir l’exposition universelle. Solaire et effervescente, la ville cristallise sous une forme vibrante les prestiges souriants de l’imaginaire, celui-là même qu’entretiennent quatre sœurs aux prises avec leurs problèmes quotidiens, leurs rivalités passagères, leurs premières découvertes sentimentales et déceptions amoureuses. La pénombre fantastique figure l’affolante présence des chimères, le spectacle musical favorise la description chaleureuse d’une famille de la classe moyenne américaine, les couleurs chatoyantes des quatre saisons parent la chronique d’atours généreux, de souvenirs tendres et de notations drolatiques. Un vrai bonheur. 5/6

Le quai des brumes (Marcel Carné, 1938)
Le Vigan peint les choses cachées derrière les choses, Michel Simon estime qu’il veut mieux avoir sa tête de Barbe-bleue que pas de tête du tout, et Michèle Morgan a de beaux yeux (on sait). Héritier du fatalisme atmosphérique d’un Lang ou d’un Murnau, peintre d’un ville-prison (Le Havre, très cinégénique) aux pavés mouillés, au brouillard épais, aux docks opaques qui voient partir les bateaux vers une vie meilleure en laissant les héros à quai, Carné déréalise le monde qu’il filme, le dissout dans une poétique de rêve et d’espoir illusoire où même les pires crapules sont pathétiques, où le suicide elliptique du peintre scelle la perte du déserteur, et où l’originalité fantasque des innocents et des salauds renvoient à une même solitude désespérée. 4/6

Le fils unique (Yasujiro Ozu, 1936)
Une fois n’est pas coutume, Ozu inverse les polarités en se penchant sur la relation d’une mère et de son fils, en lieu et place de la dynamique père/fille souvent explorée. Dans ce cinéma fait de variations et de modulations infimes, la différence est notable et accentue la dimension mélodramatique d’un récit où la notion du sacrifice et la force parfois écrasante de l’amour maternel entament un pas de deux avec la désillusion de celui qui a pris conscience de l’échec de ses ambitions. Le commentaire social nourrit de sa précision cette chronique triste et mélancolique, qui voit s’épuiser les efforts d’une vie de labeur sur l’autel d’une réussite par procuration, et opposer l’espoir jamais repu d’êtres démunis à l’hostilité de la vie citadine. 4/6

A la merveille (Terrence Malick, 2012)
Le cinéaste poursuit une quête que l’on devine éminemment personnelle, systématise un langage délesté de toute caractérisation psychologique et replie la dimension épique à l’échelle intimiste du sentiment amoureux, de ses variations, de sa fragilité. Régulièrement, il franchit la frontière démarquant l’inspiration de l’auto-caricature. Mais la pureté cristalline de ses images, leur faculté à produire sens et émotion en captant des instants éphémères volés à la beauté du monde, dépassent presque miraculeusement la naïveté parfois embarrassante du propos. Si tout le film n’est pas à la hauteur de la superbe première heure, si les limites de ce cinéma mystique n’ont jamais parues aussi flagrantes, la dimension déceptive de l’ensemble, à laquelle Olga Kurylenko apporte sa sublime présence, s’accorde au voile du doute et du regret qui traversent toute l’œuvre de l’auteur – le voile de la mélancolie. 5/6

Terre sans pain (Luis Buñuel, 1933)
Le seul documentaire réalisé par Buñuel est porté par la croyance surréaliste selon laquelle la réalité est souvent grosse d’un irrationnel qu’il suffit d’accueillir et de voir. En fixant sur pellicule le quotidien misérable des habitants de Las Hurdes, région enclavée de l’Estrémadure, il impose à notre regard une violence crue renforcée par la neutralité entomologique du commentaire et la musique distanciée de Brahms. La fillette agonisant sur le tas de gravats, l’âne dévoré par les abeilles, les difformités consanguines des crétins qui se cachent dans les hauteurs des montages constituent autant d’images rudes, puissantes, d’une totale étrangeté, où la détresse la plus terrible atteint les limites de la bestialité. 5/6

Au bout du conte (Agnès Jaoui, 2013)
Bacri était le touchant Castella, puis l’odieux Cassard ; il rappelle ici, dans son registre préféré de bougon dépressif, qu’il est particulièrement taillé pour le cinéma de Jaoui. La méthode n’a pas changé et ne suscitera qu’indifférence chez les défenseurs d’un cinéma plus radicalement aventureux. Pour ma part je suis toujours aussi sensible à cet art du parallèle, du croisement et du carrefour, traversé par une morale moins stricte que généreuse. Car dans la relecture amusée des contes enfantins, dans les parcours de ces personnages bienveillants et maladroits, bercés d’illusions et pétris d’angoisses, on retrouve quelque chose de notre propre vie : la formule est peut-être bidon mais elle résume bien la filmo de la réalisatrice. 4/6

40 ans, mode d’emploi (Judd Apatow, 2012)
S’il reprend le système de description triviale (et les personnages secondaires) d’En cloque, mode d’emploi, le film porte les stigmates presque sinistres du précédent opus. Plus que jamais le cinéaste travaille une dynamique de contrastes et d’apparences faussées, dans la forme comme dans le fond. Le bonheur de son couple de quadras, exposé dans toute son opulence bourgeoise et pétante, y est constamment au bord de l’explosion : les sourires, les compromissions du quotidien, le poids étouffant de la vie conjugale, le rapport douloureux aux pères y dessinent une sorte d’enfer quotidien. Reste l’amour usé mais sincère, qui garantit à ce film drôle et mordant une émotion juste. 4/6

L’évangile selon saint Matthieu (Pier Paolo Pasolini, 1964)
Déclinaison singulière et très personnelle du texte biblique, d’autant plus surprenante qu’elle émane d’un artiste que l’on sait farouchement athée et marxiste. Elle me laisse très partagé : l’alternance des styles et des tonalités, le caractère composite d’une expression qui emprunte tour à tour aux peintures médiévales, au symbolisme du muet, à la nervosité du reportage contemporain, distille autant de fascination que de perplexité. Et pour quelques séquences sublimes (le calvaire et la mise en croix, particulièrement), il faut se farcir les logorrhées explicatives et les lourdeurs de la parabole évangélique. Mais les images ont quelque chose de sacré, et leur épaisseur spirituelle est indéniable. 3/6

Camille Claudel 1915 (Bruno Dumont, 2013)
Au rayon de l’épure le film se pose là, de manière un peu trop évidente. Trois jours d’internement aux côtés de l’artiste statuaire, figurés dans un dénuement total, un assèchement radical qui ne se nourrit que de visages, de champs/contre-champs, de monologues très écrits. L’intention est là, claire et nette : exprimer la désertion intérieure, la solitude, la privation d’une femme emprisonnée en elle-même. Lorsque le frère Paulo apparaît et fait basculer la deuxième partie dans un monolithique pensum sur l’illumination du christianisme poétique, la sanction tombe : à trop viser l’aplat on frise l’avarice, et l’austérité d’anachorète ça va deux minutes. 3/6

L’ange bleu (Josef von Sternberg, 1930)
Au début du film, le serin mort dans sa cage annonce le trajet figural du héros, professeur bourgeois à la moralité très stricte, soudain possédé par le démon de midi. A la fin, ce dernier pousse le cri du coq sur scène, ridicule et humilié, devant ses anciens élèves venus voir sa déchéance. Entretemps, Sternberg élabore un univers envoûtant aux intensités magnétiques, qui mêle désir et pulsion de mort, fétichise l’image de la passion et la tamisant de taffetas, de plumes, de strass et de soie. La créature à la sexualité rayonnante qui trône sur la scène d’un beuglant est un Méphisto femelle, et ce poème baudelairien nourri de pathétique et de romantisme pervers une version moderne de Faust, gouverné par l’érotisme et la déraison. 5/6

La cité des douleurs (Hou Hsiao-hsien, 1989)
Entre les mains d’un Zhang Yimou ou d’un Chen Kaige, le film serait sans doute devenu une fresque somptueusement enluminée, à vocation internationale. Hou Hsiao-hsien travaille quant à lui l’attente et la contemplation, et l’évocation d’un destin familial et des quatre années de répression qui suivirent la restitution de Taïwan à la gouvernance chinoise s’opère dans un mouvement plus large et mélancolique, qui inscrit les soubresauts politiques au cœur d’une respiration intimiste. La dramatisation s’évapore au profit d’une patiente composition symphonique, faite de suspension et de non-dit (la surdité du photographe dicte l’inspiration muette de quelques séquences parmi les plus belles), doucement imprimée par la marche tragique de l’histoire. 4/6

A Canterbury tale (Michael Powell, & Emeric Pressburger, 1944)
Dans les prairies verdoyantes du Kent, sur la route ancestrale de Canterbury qu’empruntaient les pèlerins en quête de grâces, deux soldats et une jeune veuve se rencontrent et décident de résoudre ensemble ce qu’on pourrait appeler le mystère du Colleur – au bout du compte l’enquête leur servira à panser quelques blessures. Les cinéastes visent la magique quotidienne nichée dans les vallons du paysage, les discussions chaleureuses des habitants du cru, les jeux d’enfants qui miment la guerre. Le film est une curieuse proposition de conte moderne, qui distille un charme intermittent et ne parvient jamais tout à fait à trouver la dynamique heureuse, l’état de plénitude que son récit relâché, presque buissonnier, tente de dompter. 3/6

Guet-apens (Sam Peckinpah, 1972)
La société urbaine américaine en ce début des années 70 est celle d’une mobilité extrême, ses institutions et ses lieux de vie (pénitenciers, bars, usines) gangrenés par le règne de la force et l’argent. La corruption est présente à tous les échelons, l’État de droit absent : sur ce constat désabusé Peckinpah construit un polar nerveux parsemené de déflagrations brutales. Le couple lui-même n’y échappe pas : malmené, fragile, en proie une violence interne et à la suspicion permanente, il lui faudra littéralement être enseveli sous les détritus pour retrouver une solidité nouvelle. Voilà toute l’amère beauté d’un film d’action mené tambour battant, qui bafoue allègrement la morale traditionnelle du film noir. Dans le genre, c’est du costaud. 5/6

Chut, chut, chère Charlotte (Robert Aldrich, 1964)
Nouvelle excroissance d’une entreprise de démolition des légendes à laquelle le cinéaste confère les accents assumés de l’outrance et de la transgression. Bette Davis, dans un rôle jumeau de celui de Baby Jane, est une nouvelle figure de proue psychotique, le casting vire à la réunion de stars vieillies, transformées en crapules veules ou doucereuses (Olivia de Havilland, ex-rivale à Oscars de Davis chez Wyler, ou Joseph Cotten), le suspense est quasiment tué au profit d’une dilatation suintante d’effets sardoniques et déformants. Sur cette machination faite de folie provoquée, de cruauté féminine et de cadavres revenus à la vie plane aussi l’ombre de Clouzot et de ses Diaboliques, en nettement moins pervers et fascinant. 4/6


J'ai découvert également :

La belle et la bête (Jean Cocteau, 1946) 4/6
L'homme qui rétrécit (Jack Arnold, 1957) 5/6
L'étrangleur de Boston (Richard Fleischer, 1968) 5/6
Spring breakers (Harmony Korine, 2012) 3/6
Un crime dans la tête (John Frankenheimer, 1962) 4/6
No (Pablo Larrain, 2012) 4/6
Jappeloup (Christian Duguay, 2013) 4/6
Queen of Montreuil (Solveig Anspach, 2013) 4/6
The place beyond the pines (Derek Cianfrance, 2012) 5/6
La planète des singes (Franklin J. Schaffner, 1968) 4/6
Nanouk l'esquimau (Robert Flaherty, 1922) 4/6
Stories we tell (Sarah Polley, 2012) 5/6
Chronique d'un été (Jean Rouch & Edgar Morin, 1961) 5/6

Un constat s'impose: tu es vachement plus difficile pour le cinéma naphta que pour le cinéma d'aujourd'hui.

Et toi aussi, tu aimes les canassons :mrgreen:
Image

Avatar de l’utilisateur
Abronsius
Producteur Exécutif
Messages : 7313
Inscription : 23 oct. 04, 12:29
Localisation : Los Angeles

Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Abronsius » 31 mars 13, 20:52


Avatar de l’utilisateur
Thaddeus
Ewok on the wild side
Messages : 5655
Inscription : 16 févr. 07, 22:49
Localisation : 1612 Havenhurst

Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Thaddeus » 31 mars 13, 21:20

AtCloseRange a écrit :Un constat s'impose: tu es vachement plus difficile pour le cinéma naphta que pour le cinéma d'aujourd'hui.


J'ai procédé à un rapide calcul. Sur les 28 films qui composent cette liste :
Moyenne des films naphtas (antérieurs à 1981) : 4.29/6
Moyenne des films d'aujourd'hui (postérieurs à 1981) : 4.09/6

Je réfute donc l'"accusation", si tant est que ça en soit une. Non seulement je ne suis pas "vachement" plus difficile, mais en vérité je le suis moins.
Ce qui peut donner cette impression, c'est que la plupart des films naphtas sont des classiques panthéonisés et à peu près intouchables. Et c'est sûr que donner la même note à La Belle et la Bête ou à L'Ange bleu qu'à Jappeloup ou Stories we tell, ça peut paraître bizarre. Mais... je ne vais pas encore revenir sans ma manière de noter, hein. :mrgreen:

Avatar de l’utilisateur
AtCloseRange
Mémé Lenchon
Messages : 22858
Inscription : 21 nov. 05, 00:41

Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar AtCloseRange » 31 mars 13, 21:26

Thaddeus a écrit :
AtCloseRange a écrit :Un constat s'impose: tu es vachement plus difficile pour le cinéma naphta que pour le cinéma d'aujourd'hui.


J'ai procédé à un rapide calcul. Sur les 28 films qui composent cette liste :
Moyenne des films naphtas (antérieurs à 1981) : 4.29/6
Moyenne des films d'aujourd'hui (postérieurs à 1981) : 4.09/6

Je réfute donc l'"accusation", si tant est que ça en soit une. Non seulement je ne suis pas "vachement" plus difficile, mais en vérité je le suis moins.
Ce qui peut donner cette impression, c'est que la plupart des films naphtas sont des classiques panthéonisés et à peu près intouchables. Et c'est sûr que donner la même note à La Belle et la Bête ou à L'Ange bleu qu'à Jappeloup ou Stories we tell, ça peut paraître bizarre. Mais... je ne vais pas encore revenir sans ma manière de noter, hein. :mrgreen:

Et une note très moyenne pour le très beau Canterburry Tale :(

Et avoir quasiment la même moyenne en naphta et en non naphta (en ne regardant quasiment que des grands classiques naphtas), si c'est pas être difficile avec le cinéma naphta, je ne sais pas ce que c'est :mrgreen:
Image

Avatar de l’utilisateur
Thaddeus
Ewok on the wild side
Messages : 5655
Inscription : 16 févr. 07, 22:49
Localisation : 1612 Havenhurst

Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Thaddeus » 31 mars 13, 21:42

AtCloseRange a écrit :Et une note très moyenne pour le très beau Canterburry Tale :(


Oui celui-là, c'est une petite déception. J'espérais l'aimer davantage, étant très épris de Colonel Blimp, du Narcisse Noir ou des Chaussons Rouges, entre autres. Je devais être mal luné.

Et avoir quasiment la même moyenne en naphta et en non naphta (en ne regardant quasiment que des grands classiques naphtas), si c'est pas être difficile avec le cinéma naphta, je ne sais pas ce que c'est


On va dire que j'appartiens à mon époque. :mrgreen:
Mais sans vouloir relancer le débat ou polémiquer, je ne me situe pas du tout dans cette logique selon laquelle la grandeur des classiques serait aussi évidente pour tous, et selon laquelle les films d'aujourd'hui ne sauraient être appréciés (je ne dis pas jugés, au sens strict) comme ces derniers le sont.
Je veux dire, tous ces films, de Pasolini à McCarey, de Cocteau à Buñuel, de Minnelli à Peckinpah, de Sternberg à Ozu, tu les aimes davantage, sans exception, que tout ce qui se fait aujourd'hui ?

Avatar de l’utilisateur
AtCloseRange
Mémé Lenchon
Messages : 22858
Inscription : 21 nov. 05, 00:41

Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar AtCloseRange » 31 mars 13, 21:56

Thaddeus a écrit :
AtCloseRange a écrit :Et une note très moyenne pour le très beau Canterburry Tale :(


Oui celui-là, c'est une petite déception. J'espérais l'aimer davantage, étant très épris de Colonel Blimp, du Narcisse Noir ou des Chaussons Rouges, entre autres. Je devais être mal luné.

Et avoir quasiment la même moyenne en naphta et en non naphta (en ne regardant quasiment que des grands classiques naphtas), si c'est pas être difficile avec le cinéma naphta, je ne sais pas ce que c'est


On va dire que j'appartiens à mon époque. :mrgreen:
Mais sans vouloir relancer le débat ou polémiquer, je ne me situe pas du tout dans cette logique selon laquelle la grandeur des classiques serait aussi évidente pour tous, et selon laquelle les films d'aujourd'hui ne sauraient être appréciés (je ne dis pas jugés, au sens strict) comme ces derniers le sont.
Je veux dire, tous ces films, de Pasolini à McCarey, de Cocteau à Buñuel, de Minnelli à Peckinpah, de Sternberg à Ozu, tu les aimes davantage, sans exception, que tout ce qui se fait aujourd'hui ?

ça me fait penser à une discussion que j'ai eu sur FB à propos du nouvel album de Bowie. Je m'étonnais de la réception extrêmement tiède des webzines français alors que dans le même temps, on encense des albums totalement anecdotiques. Et on me répondait que la grille de lecture et de notation n'était tout simplement pas la même.
je crois que ce que tu défends dans ta notation, c'est ça. Tu le sais très bien que Jappeloup, c'est incomparable avec les autres films que tu as noté de la même façon voire moins bien dans le cinéma naphta (je fais mon devin bien sûr ne l'ayant pas vu). C'est le même principe qui fait que pour avoir le bac aujourd'hui, il suffit d'être 20% moins bon qu'il y a 20 ans.
Compte-tenu de tes goûts, je suis absolument persuadé que tu fonctionnes de la même façon. Je ne peux pas croire le contraire. On ne peut regarder autant de classiques et ne pas voir la différence, ça me semble impensable.
Dernière édition par AtCloseRange le 1 avr. 13, 00:11, édité 1 fois.
Image

Avatar de l’utilisateur
reuno
Assistant opérateur
Messages : 2144
Inscription : 8 oct. 04, 10:25

Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar reuno » 31 mars 13, 22:03

Un film du mois par dépit parce que je n'ai vu que huit films, dont trois que j'avais déjà vu auparavant. Pas beaucoup de choix alors...
Donc mon film du mois et ma déception du moment :

To the Wonder de Terrence Malick

Image


Mais c'est un bon film... formellement c'est superbe c'est surtout qu'il lui manque une vraie grande histoire (il y en a une mais tellement minimaliste) pour réellement émouvoir.

Suivent Camille Claudel 1915 et Jack the Giant Slayer...

Avatar de l’utilisateur
Frances
Assistant opérateur
Messages : 2592
Inscription : 3 oct. 12, 20:24

Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Frances » 31 mars 13, 23:38

Voici le verdict du mois de mars. Première place du podium "Wild boys of the road". Une vision terrible de ces adolescents démunis sillonnant l'Amérique en crise en quête d'un avenir, ou plutôt d'un espoir. Wellman touche et bouleverse par la sincérité de son propos.

Image


A la deuxième place le "Voyage en Italie" de Rossellini. Un voyage intérieur tout en délicatesse qui explore l'intimité d'un couple à la dérive.

Image


En troisième position, contre toute attente et dans la limite du temps imparti : "Toys story 3". Le dessin animé n'est pas mon genre de prédilection mais là j'ai été scotchée. Une réussite sur tous les plans qui ravive bien des souvenirs.

Image

Avatar de l’utilisateur
G.T.O
Egal à lui-même
Messages : 4250
Inscription : 1 févr. 07, 13:11

Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar G.T.O » 31 mars 13, 23:41

Image

Un film mental terrifiant, bi-céphale, troublant, aussi entêtant que l'est Black Christmas de Bob Clark et Halloween de Carpenter.

Avatar de l’utilisateur
Rick Blaine
Howard Hughes
Messages : 19282
Inscription : 4 août 10, 13:53
Last.fm
Localisation : Paris

Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Rick Blaine » 31 mars 13, 23:41

Frances a écrit :
En troisième position, contre toute attente et dans la limite du temps imparti : "Toys story 3". Le dessin animé n'est pas mon genre de prédilection mais là j'ai été scotchée. Une réussite sur tous les plans qui ravive bien des souvenirs.


:D

Un dessin animé vraiment formidable je trouve. Touchant, excellemment construit, et finalement encore supérieur aux deux premiers de la série déjà très réussis.

Avatar de l’utilisateur
AtCloseRange
Mémé Lenchon
Messages : 22858
Inscription : 21 nov. 05, 00:41

Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar AtCloseRange » 1 avr. 13, 00:14

G.T.O a écrit :Image

Un film mental terrifiant, bi-céphale, troublant, aussi entêtant que l'est Black Christmas de Bob Clark et Halloween de Carpenter.

Tiens, tu ne l'avais jamais vu?
Drôle de film qui commence de façon terrifiante avant de nous surprendre en bifurquant vers quelque chose de plus quotidien. Et la mayonnaise fonctionne plutôt bien.
Dernière édition par AtCloseRange le 1 avr. 13, 00:24, édité 1 fois.
Image

Avatar de l’utilisateur
Tom Peeping
Assistant opérateur
Messages : 2311
Inscription : 10 mai 03, 10:20

Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Tom Peeping » 1 avr. 13, 00:22

J'ai vu en mars

Image

*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

Zéro de conduite (Jean Vigo, 1933) ***
"Monsieur le Professeur, je vous dis Merde!". Ces quelques mots, jetés en salle de cours par un élève au visage du proviseur nain, résument à eux seuls tout le propos de ce film drôle, impertinent et poétique dont chaque révision révèle l'inaltérable fraîcheur. En 40', Vigo réussit à retranscrire l'insoumission naturelle de l'enfance tout en moquant les codes étriqués de la société des adultes. Du cinéma qui court libre, à bride abattue. DVD Z2 Fr

Les Misérables (Jean-Paul Le Chanois, 1958) 0
On s'ennuie devant cette adaptation anémiée du roman de Hugo ! Pourtant toutes les scènes qu'on attend y sont mais empesées par une réalisation à la truelle et une voix off qui explique ce qu'on voit sur un ton déclamatoire. Les images en Technicolor sont belles, comme des illustrations, et Gabin aurait pu faire un Valjean idéal mais le film manque de souffle épique et se ratatine sur lui-même. Un cadeau par contre : Sylvia Monfort en Eponine. BR US

Lone star (John Sayles, 1996) *** Mon film du mois
Une petite ville du Texas bordant la frontière mexicaine : un sheriff mélancolique (Chris Cooper) enquête sur des ossements trouvés dans le désert. Un film choral, mélancolique lui aussi, qui parle avec finesse des secrets générationnels et de l'identité US, blanche, noire, hispanique et indienne. Le scénario et la réalisation sont portés par un casting d'une admirable justesse. Une oeuvre brillante qui tutoie les classiques. DVD Z2 FR

Die fliegenden Artzen von Ostafrika / Les médecins volants d'Afrique de l'Est (Werner Herzog, 1969) ** & La Soufrière (Werner Herzog, 1976) **
Deux courts documentaires qui, comme toujours chez Herzog, échappent à l'objectivité pour poser un regard intime, subjectif et intrigué, sur les personnages qu'il filme. Comme avec ces guerriers Massaï qui hésitent à monter cinq marches pour accéder à une infirmerie roulante ou ce paysan guadeloupéen qui attend allongé sous son arbre que le volcan explose. La charge poétique y fusionne avec le point de vue ethnographique. DVD Z2 UK

The cool ones (Gene Nelson, 1967) **
Je ne peux décemment pas mettre *** à un film aussi stupide mais son insouciance, le look 60's, les séquences chantées et dansées, le cabotinage de Roddy McDowall en agent artistique colérique et l'unique apparition de Mrs Miller à l'écran en font un plaisir coupable irrésistible. Ca parle d'une wannabe et d'un has been qui essayent de relancer leur carrière pop à Hollywood. Fun et les chansons signées Lee Hazelwood. DVD Z1 US

The Spanish gardener / Le jardinier espagnol (Philip Leacock, 1956) *
Un drame de la jalousie dans une propriété catalane entre un diplomate anglais, son fils de dix ans, le beau jardinier dont celui-ci s'est pris d'amitié (Dirk Bogarde jeune, bruni pour faire espagnol) et un domestique fourbe. La plate réalisation édulcore la charge subversive du roman de A.J. Cronin même si ces luttes entièrement masculines autour d'un gamin blond intriguent tout au long de ce film britannique vraiment curieux. DVD Z2 UK

The quiet man / L'homme tranquille (John Ford, 1952) *
Je n'ai jamais compris l'engouement quasi-général pour cette comédie romantique dont la seule originalité est de se passer dans les merveilleux décors de l'Irlande en Technicolor. Pour le reste, les gesticulations des caricatures qui gravitent autour de John Wayne tapent vite sur le système et on a bien du mal à s'intéresser aux soucis insignifiants des personnages. Un crowd-pleaser de Ford mais l'humour n'est pas son truc. BR US

Elena (Andreï Zviaguintsev, 2011) ***
Par des gestes anodins de la vie quotidienne filmés en plans qui prennent tout leur temps, la drame se noue autour d'une ex-infirmière remariée à un vieil homme riche et confrontée aux besoins de sa première famille à la dérive. La stratification sociale de la Russie actuelle et une lutte des classes qui ne dit pas son nom sont magistralement évoquées dans ce film d'une dureté implacable, tendue par la musique de Philip Glass. BR Fr

Samson and Delilah / Samson et Dalila (Cecil B. DeMille, 1949) ***
Le film dont le succès relança la mode du pepum biblique après-guerre. Hedy Lamarr ne s'économise pas en poses lascives, Georges Sanders et Angela Lansbury apportent leur caution et Victor Mature joue au monolithe comme il savait si bien le faire. Tout ça n'est pas à prendre au sérieux mais entre le Techicolor éclatant, les compositions héritées des chromos et le formidable final, on en a pour son compte en spectacle et en kitsch. DVD Z1 US

Quatre-Vingt-Treize (Albert Capellani, 1914-1921) ***
Tourné en 1914 (monté en 1919, sorti en 1921), les rares scènes d'intérieur sont encore assez théâtrales mais celles en décors naturels (le village vendéen, la baie du Mont St Michel, la forêt) ont un dynamisme et une pictorialité extraordinaires. En 2h45, cette adaptation de Hugo donne aux personnages principaux (le marquis, son neveu, le prêtre défroqué) le temps de développer leur psychologie, grâce à des acteurs au jeu nuancé. Cinémathèque Française (avec un excellent accompagnement musical par Stephen Horne)

Reds (Warren Beatty, 1981) **
Le journaliste communiste John Reed est le seul américain inhumé au Kremlin. L'histoire de ses dernières années, entre 1914 et 1920, de la bohème de gauche de Greenwich Village à la Révolution Russe, est le propos de ce film unique dans la production US. Le fil rouge est son rapport tumultueux avec sa femme Louise Bryant (Dianne Keaton). Beatty (Reed) est habité par son personnage et son film, très narratif, une vraie curiosité. DVD Z1 US

Gold of the Seven Saints / Les trésor des Sept Collines (Gordon Douglas, 1961) *
Un western mineur qui se laisse voir pour la beauté - en N&B - des paysages désertiques de l'Utah et pour le couple improbable formé par le massif et toujours charismatique Clint Walker et le jeune Roger Moore (qui s'essaye à un accent irlandais raté). L'histoire de ces deux types en transit dont les sacs d'or attisent les convoitises est minimale, le rythme du film anémié et la fin balancée mais bon, pour Clint Walker seulement... DVD Z1 US

Skyfall (Sam Mendes, 2012) ***
Le spectaculaire et l'intime s'unissent pour le meilleur dans ce 23e James Bond. De la poursuite à Instanbul à la confrontation finale en Ecosse, la réalisation ne faiblit jamais sur les 2h20 du film. Leurs zones d'ombre donnent à tous les personnages un relief inédit. Seules les motivations du méchant (Javier Bardem, excellent) et deux relâches (la rame de métro vide, les lampes dans la lande) marquent une petite faiblesse. Mais "Skyfall" est un millésime exceptionnel, du niveau de "Goldfinger". BR Fr
... and Barbara Stanwyck feels the same way !

Pour continuer sur le cinéma de genre, visitez mon blog : http://sniffandpuff.blogspot.com/