Commentaires à propos de votre film du mois

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés après 1980

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manuma
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar manuma » 1 mai 19, 10:40

Un seul titre à signaler, pour ce mois d'avril :

HELTER SKELTER - Tom Gries (TV)(1976)
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G.T.O
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar G.T.O » 1 mai 19, 11:38

Duo de tête pour avril:

1. The Invitation (Karyn Kusama)

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2. Glass ( Night M Shyamalan)

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Thaddeus
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Thaddeus » 1 mai 19, 13:20

Film du mois d'avril


1. Les Oiseaux de Passage (Cristina Gallego & Ciro Guerra, 2018)


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2. Sur la Piste des Mohawks (John Ford, 1939)


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3. Le Chat (Pierre Granier-Deferre, 1971)


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Mes découvertes en détail :
Spoiler (cliquez pour afficher)
Le général Della Rovere (Roberto Rossellini, 1959)
Bertone, escroc faible et veule contraint par les évènements d’endosser un nouveau rôle, se voit soudain transfiguré en héros. D’abord aliéné par la guerre, la violence, la torture, il conquiert une autre conscience et choisit la dignité jusque dans la mort. Parce que l’écrivain catholique Diego Fabbri a participé à son scénario, on pouvait s’attendre à trouver dans ce film sur les faux-semblants d’un acteur-imposteur les résonances chrétiennes habituelles à l’œuvre chez Rossellini. Les thèmes du rachat et de la rédemption y sont en effet développés, et le protagoniste (superbement interprété par Vittorio De Sica) peut assurément faire penser à l’ouvrier de la onzième heure de l’Evangile. Mais le récit maintient jusqu’à sa fin une ambigüité humaine que valorisent la sobriété du style et la légèreté de l’écriture. 4/6

Mon Dieu, comment suis-je tombée si bas ? (Luigi Comencini, 1974)
L’auteur a déclaré avoir réalisé cette parodie de roman-feuilleton pour ridiculiser le dannunzianisme et en souligner le cabotinage, l’hypocrisie, le poison subtil qui ensemença les racines du fascisme. Son couple noble et chaste y véhicule une satire de l’Eglise, de la sauvegarde des apparences, en même temps qu’il favorise une grivoiserie flirtant avec la caricature. Car pour que la chair exulte, il faudra que la Marquise, pieuse mais lascive et débordante de désir frustré, s’encanaille avec un robuste chauffeur, avatar prolétaire du garde-chasse lawrencien. On ressent toutefois comme une gêne de voir un cinéaste d’ordinaire si subtil flirter ainsi avec la vulgarité, quand bien même ses talents d’esthète affirment une belle tenue dans le décor, le cadre, la prise de vue (et la plastique fort avenante de Laura Antonelli). 3/6

Crazy Amy (Judd Apatow, 2015)
Après s’être intéressé aux états d’âme d’hommes trentenaires pressentant avec angoisse et désenchantement le coup de bambou du middle-age, Apatow change de corps et de cerveau en s’amusant cette fois du donjuanisme au féminin. L’idylle à multiples ressorts et ruptures de son héroïne trash et délurée répond ici à une sorte d’apprentissage moins d’une vie conjugale réglo que de la part d’orgueil que l’on consent à sacrifier pour ne pas perdre l’autre. Et si la pulsion familialiste qui plane sur la fin du film peut confirmer les reproches adressés au cinéaste quant à sa manière de glisser de l’insolence à la règle, de la singularité excentrique à la norme bien centrée, elle n’en découle pas moins d’un effort dialectique visant à se dépêtrer de ses névroses et à trouver un point d’accord épanouissant entre les individus. 4/6

Jacquot de Nantes (Agnès Varda, 1991)
C’est une preuve d’amour que de recréer, pour celui qui va partir, le temps béni où tout est déjà presque joué mais où tout reste encore possible : son enfance. Luttant avec la franchise en arabesque de la poésie contre la mort au travail, clamant son besoin de s’unir avec lui au-delà du temps hémorragique, Varda offre cette preuve à l’homme de sa vie, Jacques Demy. Voilà que surgissent les belles années à Nantes, le garage paternel, la mère dont le prénom est une chanson, la tante de Rio, le théâtre de marionnettes, Charles Trenet, les films avec Darrieux, et que naît une vocation éclairée par des phrases cailloux-blancs, de multiples jeux de correspondance. Une œuvre joyeuse, rêveuse, légère, minutieusement construite, mais qu’une calme image d’océan ou de peau abandonnée au gros plan peut affoler. 4/6

The mission (Johnnie To, 1999)
En danse, une "attitude" est un mouvement suspendu. Parce qu’il emprunte régulièrement de telles figures, avec ses cinq bodyguards immobilisés, semblables à des soldats stratégiquement disposés, figés et l’arme tendue, ce film noir au scénario sommaire et à la réalisation plus proche du ballet contemporain que de la pugnacité sanglante ne prétend ni au réalisme ni à l’étude psychologique mais à la beauté du geste, au lyrisme de la tension. Ce qui importe ici c’est le style, épuré, rigoureux, scandé par une musique easy-listening revenant en thème, la plénitude d’une mise en scène jouant sur les face-à-face, les reflets, les cachettes, et une morale de l’amitié, de la préservation solidaire du groupe, parcourue d’un humour à froid, stoïque et discrètement parodique, qui n’est pas sans rappeler celui de Kitano. 4/6

Le monde sur le fil (Rainer Werner Fassbinder, 1973)
Scrutateur féroce de son temps, l’auteur ne pouvait rester insensible à la science-fiction, genre qui permet d’explorer les angoisses contemporaines en dissimulant un surcroît de réalisme sous le voile de l’extraordinaire. Si le monde est dominé par les puissances morales et économiques du mensonge, si l’on vit aveugle dans les simulacres d’un univers objectal, cela doit s’exprimer pour lui en dénonciations politiques et en cris dépressifs. D’où la désolation progressive de son personnage, la névrose lancinante qui l’engloutit et la vitrification des apparences formalisée par de multiples effets plastiques (reflets et flous d’avant-champ, dominantes bleutées, design lisse et hi-tech). Le film atteint ainsi une complexité, un vertige et une inquiétude existentielle dont Matrix, vingt-cinq ans plus tard, ne pourra se prévaloir. 4/6

La taverne de la Jamaïque (Alfred Hitchcock, 1939)
L’enjeu structurel est ici conforme à la règle hitchcockienne du véritable suspense : quitte à révéler d’emblée l’identité du criminel, autant laisser au spectateur l’inquiétude non pas du qui, mais du comment la jeune héroïne y échappera. Adaptant pour la première fois Daphné du Maurier, le cinéaste puise dans le récit d’aventures historiques "côtières" cette loi du genre consistant à forcer parfois la sympathie envers le scélérat autour de qui pivote l’histoire : Charles Laughton, tantôt sadique, tantôt clownesque, tantôt quasi romantique sous son jeu savamment outré. Il constitue le principal intérêt d’un film où les entrées et sorties n’évitent pas toujours la mécanique théâtrale, et qui lutte contre la mièvrerie pour parvenir à se situer entre l’atmosphère lugubre de certains contes de fées et celle de Dickens. 3/6

Un amour pas comme les autres (John Schlesinger, 1962)
En ce début des années soixante, une poignée de cinéastes britanniques, souvent de gauche comme Lindsay Anderson ou Karel Reisz, se détournèrent des gens élégants qui se prélassaient dans les salons londoniens et portèrent leur attention sur la vie de la classe ouvrière, dans le Nord gris et industriel de l’Angleterre. Le premier long-métrage pour le cinéma de Schlesinger s’inscrit dans cette tradition et dénonce le conformisme suburbain en sympathisant avec son héros, un jeune homme piégé dans son mariage, luttant d’abord puis se résignant aux contraintes de la vie avec son épouse et son atroce belle-mère. Par delà son humilité et la discrétion de sa facture, le film frappe par la finesse de sa peinture sociale, l’acuité de son propos sur le couple, la sexualité, les conventions et les compromis de l’existence. 4/6

Sur la piste des Mohawks (John Ford, 1939)
De tous les films de l’auteur, ce premier ouvrage en couleurs est l’un de ceux qui exposent de la manière la plus nette la bipolarité qui inscrit si fortement son œuvre dans la culture américaine, entre esprit de conquête et insécurité. Son grand talent est d’humaniser le principe de la colonisation en dotant ses personnages d’une naïveté, d’une innocence venant équilibrer l’avancée du mécanisme : nulle expérience de l’ailleurs qui ne se fonde sur le jardin d’enfance, nulle aventure sans prix à payer (maisons incendiées, cultures dévastées, communauté décimée par les combats). De cette épure transcendant les stéréotypes, de cette évidence qui est forme de présentation et matière même du propos, naît la plus vibrante émotion et se formulent avec grandeur des bribes d’explication sur l’Amérique contemporaine. 5/6

Profils paysans : L’approche (Raymond Depardon, 2001)
Dès ce premier épisode, le réalisateur pose le rituel filmique d’un dispositif minimaliste et choisit d’entrer dans les fermes par les cuisines, où se croisent les différentes générations, où l’on marchande le prix d’un veau, où l’on négocie la vente de son exploitation. Il donne ainsi à voir une matière brute avant d’offrir à la disséquer, restitue de façon intuitive la dramaturgie du réel en se contentant de rendre reconnaissable le monde paysan, fruste, méfiant, au plus près du vieillissement et de la solitude, de l’être et de l’outil : cuir épais, peau burinée, mains forcies par les travaux des champs. Rien de spectaculaire ou de vraiment saillant n’en émane, et l’on éprouve même une certaine frustration au terme d’un prélude dont on devine qu’il ne prendra son sens qu’une fois la trilogie entièrement constituée. 4/6



Et aussi :

Listen to Britain (Humphrey Jenning, 1942) (CM) - 4/6
Fantasia (Walt Disney, 1940) - 4/6
Synonymes (Nadav Lapid, 2019) - 4/6
Les oiseaux de passage (Cristina Gallego & Ciro Guerra, 2018) - 5/6
Le chat (Pierre Granier-Deferre, 1970) - 5/6
El reino (Rodrigo Sorogoyen, 2018) - 4/6
90's (Jonah Hill, 2018) - 4/6



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Films des mois précédents :
Spoiler (cliquez pour afficher)
Mars 2019 - Le convoi (Sam Peckinpah, 1978)
Février 2019Les noces rouges (Claude Chabrol, 1973)
Janvier 2019Un jour dans la vie de Billy Lynn (Ang Lee, 2016)
Décembre 2018Une affaire de famille (Hirokazu Kore-eda, 2018)
Novembre 2018High life (Claire Denis, 2018)
Octobre 2018Nos batailles (Guillaume Senez, 2018)
Septembre 2018Les frères Sisters (Jacques Audiard, 2018)
Août 2018Silent voice (Naoko Yamada, 2016)
Juillet 2018L'homme qui voulait savoir (George Sluizer, 1988)
Juin 2018Sans un bruit (John Krasinski, 2018)
Mai 2018Riches et célèbres (George Cukor, 1981)
Avril 2018Séduite et abandonnée (Pietro Germi, 1964)
Mars 2018Mektoub my love : canto uno (Abdellatif Kechiche, 2017)
Février 2018Phantom thread (Paul Thomas Anderson, 2017)
Janvier 2018Pentagon papers (Steven Spielberg, 2017)
Décembre 2017Lettre de Sibérie (Chris Marker, 1958)
Novembre 2017L’argent de la vieille (Luigi Comencini, 1972)
Octobre 2017Une vie difficile (Dino Risi, 1961)
Septembre 2017Casanova, un adolescent à Venise (Luigi Comencini, 1969)
Août 2017La bonne année (Claude Lelouch, 1973)
Juillet 2017 - La fille à la valise (Valerio Zurlini, 1961)
Juin 2017Désirs humains (Fritz Lang, 1954)
Mai 2017Les cloches de Sainte-Marie (Leo McCarey, 1945)
Avril 2017Maria’s lovers (Andreï Kontchalovski, 1984)
Mars 2017À la recherche de Mr Goodbar (Richard Brooks, 1977)
Février 2017Raphaël ou le débauché (Michel Deville, 1971)
Janvier 2017La la land (Damien Chazelle, 2016)
Décembre 2016Alice (Jan Švankmajer, 1987)
Novembre 2016 - Dernières nouvelles du cosmos (Julie Bertuccelli, 2016)
Octobre 2016 - Showgirls (Paul Verhoeven, 1995)
Septembre 2016 - Aquarius (Kleber Mendonça Filho, 2016)
Août 2016 - Le flambeur (Karel Reisz, 1974)
Juillet 2016 - A touch of zen (King Hu, 1971)
Juin 2016 - The witch (Robert Eggers, 2015)
Mai 2016 - Elle (Paul Verhoeven, 2016)
Avril 2016 - La pyramide humaine (Jean Rouch, 1961)
Mars 2016 - The assassin (Hou Hsiao-hsien, 2015)
Février 2016Le démon des femmes (Robert Aldrich, 1968)
Janvier 2016La Commune (Paris 1871) (Peter Watkins, 2000)
Décembre 2015Mia madre (Nanni Moretti, 2015)
Novembre 2015Avril ou le monde truqué (Franck Ekinci & Christian Desmares, 2015)
Octobre 2015Voyage à deux (Stanley Donen, 1967)
Septembre 2015Une histoire simple (Claude Sautet, 1978)
Août 2015La Marseillaise (Jean Renoir, 1938)
Juillet 2015Lumière silencieuse (Carlos Reygadas, 2007)
Juin 2015Vice-versa (Pete Docter & Ronaldo Del Carmen, 2015) Top 100
Mai 2015Deep end (Jerzy Skolimowski, 1970)
Avril 2015Blue collar (Paul Schrader, 1978)
Mars 2015Pandora (Albert Lewin, 1951)
Février 2015La femme modèle (Vincente Minnelli, 1957)
Janvier 2015Aventures en Birmanie (Raoul Walsh, 1945)
Décembre 2014Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon (Elio Petri, 1970)
Novembre 2014Lifeboat (Alfred Hitchcock, 1944)
Octobre 2014Zardoz (Sean Connery, 1974)
Septembre 2014Un, deux, trois (Billy Wilder, 1961)
Août 2014Le prix d’un homme (Lindsay Anderson, 1963)
Juillet 2014Le soleil brille pour tout le monde (John Ford, 1953)
Juin 2014Bird people (Pascale Ferran, 2014)
Mai 2014Léon Morin, prêtre (Jean-Pierre Melville, 1961) Top 100
Avril 2014L’homme d’Aran (Robert Flaherty, 1934)
Mars 2014Terre en transe (Glauber Rocha, 1967)
Février 2014Minnie et Moskowitz (John Cassavetes, 1971)
Janvier 201412 years a slave (Steve McQueen, 2013)
Décembre 2013La jalousie (Philippe Garrel, 2013)
Novembre 2013Elle et lui (Leo McCarey, 1957)
Octobre 2013L’arbre aux sabots (Ermanno Olmi, 1978)
Septembre 2013Blue Jasmine (Woody Allen, 2013)
Août 2013La randonnée (Nicolas Roeg, 1971)
Juillet 2013Le monde d’Apu (Satyajit Ray, 1959)
Juin 2013Choses secrètes (Jean-Claude Brisseau, 2002)
Mai 2013Mud (Jeff Nichols, 2012)
Avril 2013Les espions (Fritz Lang, 1928)
Mars 2013Chronique d’un été (Jean Rouch & Edgar Morin, 1961)
Février 2013 – Le salon de musique (Satyajit Ray, 1958)
Janvier 2013L’heure suprême (Frank Borzage, 1927) Top 100
Décembre 2012 – Tabou (Miguel Gomes, 2012)
Novembre 2012 – Mark Dixon, détective (Otto Preminger, 1950)
Octobre 2012 – Point limite (Sidney Lumet, 1964)
Septembre 2012 – Scènes de la vie conjugale (Ingmar Bergman, 1973)
Août 2012 – Barberousse (Akira Kurosawa, 1965) Top 100
Juillet 2012 – Que le spectacle commence ! (Bob Fosse, 1979)
Juin 2012 – Pique-nique à Hanging Rock (Peter Weir, 1975)
Mai 2012 – Moonrise kingdom (Wes Anderson, 2012)
Avril 2012 – Seuls les anges ont des ailes (Howard Hawks, 1939) Top 100
Mars 2012 – L'intendant Sansho (Kenji Mizoguchi, 1954)
Février 2012 – L'ombre d'un doute (Alfred Hitchcock, 1943)
Janvier 2012 – Brève rencontre (David Lean, 1945)
Décembre 2011 – Je t'aime, je t'aime (Alain Resnais, 1968)
Novembre 2011 – L'homme à la caméra (Dziga Vertov, 1929) Top 100 & L'incompris (Luigi Comencini, 1967) Top 100
Octobre 2011 – Georgia (Arthur Penn, 1981)
Septembre 2011 – Voyage à Tokyo (Yasujiro Ozu, 1953)
Août 2011 – Super 8 (J.J. Abrams, 2011)
Juillet 2011 – L'ami de mon amie (Éric Rohmer, 1987)

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Profondo Rosso
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Profondo Rosso » 1 mai 19, 14:18

Thaddeus a écrit :Film du mois d'avril


1. Les Oiseaux de Passage (Cristina Gallego & Ciro Guerra, 2018)


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Bon on peut officiellement commencer le lobbying pour le top rédac dvdclassik 2019 là :mrgreen: super découverte aussi !

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Jeremy Fox
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Jeremy Fox » 1 mai 19, 17:26

cinephage a écrit :mais je dois dire que je suis très emballé par la découverte d'un cinéaste iranien dont j'ignorais l'existence, Majid Majidi, dont les enfants du ciel est un film touché par la grace. D'une simplicité évidente, le film parvient à entremêler spiritualité, problématiques sociales, récit d'apprentissage et parabole sur le dépassement de soi en une intrigue fluide et émouvante. Très fort.



Il en va de même pour son dernier film, Beyond the Clouds, film indien d'ailleurs qui se déroule à Bombay. Splendide !


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Max Schreck
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Max Schreck » 2 mai 19, 10:18

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1. The Grandmaster (Wong Kar Wai), spectacle grandiose, la formule Wong Kar Wai dopée par la maestria des scènes de kung fu, esthétisées jusqu'à l'excès et dont je suis pourtant client


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2. Aquarius (Mendonça Filho), fabuleux portrait de femme luttant pour continuer à vivre, un grand film qui se suit comme un thriller


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3. La Régate (Bellefroid), très beau film, emprunt d'une authenticité qui nous épargne les clichés, et terrible de justesse dans sa peinture d'une relation père-fils difficile



Films découverts
Blood on the moon (Wise), très bon film noir déguisé en western, étonnamment âpre.
L'Écume des jours (Gondry), le surréalisme très visuel de Vian colle parfaitement avec l'univers de Gondry, qui du coup peut à la fois se montrer fidèle au texte et se l'approprier librement. J'ai bien apprécié la façon dont la noirceur contamine progressivement le récit, sur le fond comme sur la forme.
The English patient (Minghella), plaçant très haut Ripley et Cold mountain, j'avais pas mal d'attentes et j'ai finalement moyennement goûté cette tentative de rejouer la partition de Dr Jivago (qui n'est d'ailleurs pas un film que je goûte particulièrement). Peu touché par des personnages qui restent distants, et l'impression que Minghella rate les grands moments de basculement du scénar.
A most wanted man (Corbijn), l'une des adaptations de Le Carré les moins palpitantes que j'ai pu voir, fallait le faire. On peut donc parler de ratage
The Major and the minor (Wilder), génie de Wilder et Brackett, titillant les limites de la censure avec cette piquante comédie du travestissement
Detective Dee II : la légende du dragon des mers (Tsui Hark), le divertissement est au rendez-vous, mais moins incarné comparé au premier volet.
Helen of Troy (Wise), j'espérais bien mieux de la part de Wise que cette plate illustration de la geste homérique
The Day the Earth stood still (Wise), jolie fable au courageux message alarmiste qui réussit à un peu transcender son côté SF de pacotille (Gort est croquignolesque)
Nocturama (Bonello), après un superbe démarrage, énigmatique, atmosphérique et tendu, impression que Bonello échouait à assurer la solidité de son projet, entre dialogues pauvres et situations manquant de crédibilité qui m'ont rappelé les pires moments de La Casa de papel. Dommage parce que ça annonçait un superbe objet, qui a au moins son originalité pour lui


Films revus (Hors compétition)
Les Plages d'Agnès (Varda),quelle chance que la cinéaste se soit elle-même chargée de nous laisser son autoportrait, y'a rien à ajouter
The Fortune cookie (Wilder), la satire manque sans doute de subtilité mais c'est irrésistible, et on sent derrière la cruauté qu'il y a une volonté d'atteindre le cœur des personnages
The Incredibles (Bird), par quelque bout qu'on le prenne, un petit chef-d'œuvre


Séries TV
Le Bureau des légendes (S.2), toujours aussi brillant, même si on finit par ne plus trop vouloir suivre le protagoniste dans son obsession
Le Bureau des légendes (S.3),formidable série d'espionnage qui dose parfaitement ses ingrédients, tension, drame, crédibilité, humanité, et qui s'achève en beauté
Le Bureau des légendes (S.4),en cours...


Mes films des années précédentes
Spoiler (cliquez pour afficher)
- 2005 -
mai = Locataires (Kim)
juin = Le roi singe (Lau)
juillet = Femmes au bord de la crise de nerf (Almodovar)
aout = Mr & Mrs Smith (Liman)
septembre = Hatari! (Hawks)
octobre = The End of Evangelion (Anno)
novembre = A History of violence (Cronenberg)
decembre = Rocky (Avildsen)

- 2006 -
janvier = Catch-22 (Nichols)
février = Casablanca (Curtiz)
mars = Vous ne l'emporterez pas avec vous (Capra)
avril = It's always fair weather (Donen, Kelly)
mai = Les Salauds dorment en paix (Kurosawa)
juin = La bombe (Watkins)
juillet = Les Complices de la dernière chance (Fleischer)
octobre = Victor/Victoria (Edwards)
novembre =Reds (Beatty)
décembre = La fille de Ryan (Lean)

- 2007 -
janvier = The fountain (Aronofski)
février = Voyage à deux (Donen)
mars = La môme (Dahan)
avril = Bird (Eastwood)
mai = Sur la route de Madison (Eastwood)
juin = Boulevard de la mort (Tarantino)
juillet = Persepolis (Satrapi+Parronaud)
août = Scaramouche (Sidney)
septembre = The Stunt man (Rush)
octobre = El Topo (Jodorowsky)
novembre = Good Will Hunting (Van Sant)
décembre = Sept jours en mai (Frankenheimer)

- 2008 -
janvier = Tess (Polanski)
février = Silkwood (Nichols)
mars = The Darjeeling limited (Anderson)
avril = M*A*S*H (Altman)
mai = Un conte de Noël (Desplechin)
juin = Vincent, François, Paul...et les autres (Sautet)
juillet = Jacquot de Nantes (Varda)
août = Le Jugement des flèches (Fuller)
septembre = Mo' better blues (Lee)
octobre = La 25e heure (Verneuil)
novembre = Two lovers (Gray)
décembre = L'Orphelinat (Bayona)

- 2009 -
janvier = Sans retour (Hill)
février = The Curious case of Benjamin Button (Fincher)
mars = Touchez pas au grisbi (Becker)
avril = Pour le pire et pour le meilleur (Brooks)
mai = Casque d'or (Becker)
juin = Le Trou (Becker)
juillet = À bout de course (Lumet)
août = Cria cuervos (Saura)
septembre = De force avec d'autres (Reggiani)
octobre = Tarzan (Lima+Buck)
novembre = Duck soup (McCarey)
décembre = Esclave de l'amour (Mikhalkov)

- 2010 -
janvier = Up (Docter+Peterson)
février = Agora (Amenabar)
mars = Fantastic Mr. Fox (Anderson)
mai = The Ghost writer (Polanski)
juin = Still walking (Kore-Eda)
juillet = Dans ses yeux (Campanella)
août = Filles perdues, cheveux gras (Duty)
septembre = The Eiger sanction (Eastwood)
novembre = The Social network (Fincher)
décembre = Ghostbusters (Reitman)

- 2011 -
janvier = La Princesse de Montpensier (Tavernier)
février = Le 7e jour (Saura)
mars = Black swan (Aronosky)
avril = Le Viager (Tchernia)
mai = The Tree of life (Malick)
juillet = Summer wars (Hosoda)
août = Melancholia (von Trier)
septembre = Rango (Verbinski)
octobre = Sans témoins (Mikhalkov)
novembre = La Princesse et la grenouille (Clements+Musker)
décembre = Toy Story 3 (Unkrich)

- 2012 -
janvier = Into the wild (Penn)
février = The Molly maguires (Ritt)
avril = Nacido y criado (Trapero)

- 2014 -
octobre = Mommy (Dolan)
novembre = De rouille et d'os (Audiard)
décembre = Ça commence aujourd'hui (Tavernier)

- 2015 –
janvier = Morse (Aldredson)
février = La Guerre est déclarée (Donzelli)
mai = Distric 9 (Blomkamp)
juin = Super 8 (Abrams)
juillet = Laurence anyways (Dolan)
août = Star trek : into darkness (Abrams)
septembre = Le Vent se lève (Miyazaki)
octobre = Before midnight (Linklater)
novembre = Les Amours imaginaires (Dolan)
décembre = Boyhood (Linklater)

- 2016 -
janvier = Les Drôles de poissons-chats (Sainte-Luce)
février = The Revenant (Iñarittu)
mars = Vice-versa (Docter+Del Carmen)
avril = Rue de la violence (Martino)
mai = Martha Marcy May Marlene (Durkin)
juin = La Vie d'Adèle (Kechiche)
juillet = La Tortue rouge (Dudok de Wit)
septembre = The Constant gardener (Meirelles)
octobre = Toutes nos envies (Lioret)
décembre = Enemy (Villeneuve)

- 2017 -
janvier = Jersey boys (Eastwood)
février = Incendies (Villeneuve)
mars = Shin Godzilla (Anno+Higuchi)
avril = La Sociologue et l'ourson (Théry+Chaillou)
mai = Les Chemins de la liberté (Weir)
juin = Room (Abrahamson)
juillet = Gallipoli (Weir)
août = Landru (Chabrol)
septembre = Radio flyer (Donner)
octobre = Voyages avec ma tante (Cukor)
novembre = Blue collar (Schrader)
décembre = Les Cinq légendes (Ramsay)

- 2018 -
janvier = The Outsiders - the complete novel (Coppola)
février = K19 - the widowmaker (Bigelow)
mars = Stardust memories (Allen)
avril = Harmonium (Kôji Fukada)
mai = Everybody knows (Farhadi)
juin = Rendez-vous de juillet (Becker)
juillet = The Descendants (Payne)
août = Il Giovedi (Risi)
septembre = Manchester by the sea (Lonergan)
octobre = Model shop (Demy)
novembre = Birdman (Iñarritu)
décembre = La Famille Fang (Bateman)

- 2019 -
janvier = La la land (Chazelle)
février = Sabrina (Wilder)
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AntonChigurh
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar AntonChigurh » 3 mai 19, 14:25

29 films vus en Avril dont 27 découverts.
Un total (tout juste correct par rapport aux mois précédents) qui s'explique par la découverte de la série The Sopranos (mi-parcours) 8) .

Mon film du mois comporte des défauts mais m'a bien scotché, il s'agit de The Comfort of Strangers (Étrange Séduction) de Paul Schrader.
Paul Schrader + Dante Spinotti + Angelo Badalamenti sans parler du casting impressionnant (Christopher Walken et son accent italien, Rupert Everett, Helen Mirren, Natasha Richardson :oops: :cry: ).
Et Venise...Aussi belle qu'inquiétante et labyrinthique.
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Viennent ensuite ces redécouvertes : deux immenses films et un troisième revu à la hausse (le Soderbergh).
Bend of the River (Les Affameurs)-Anthony Mann
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Les Fils de l'homme-Alfonso Cuarón
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The Limey (L'Anglais)-Steven Soderbergh
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Alexandre Angel
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Alexandre Angel » 3 mai 19, 15:04

Thaddeus a écrit :Micki et Maude (Blake Edwards, 1984)
(l’acmé burlesque est atteinte par les scènes de consultation et d’accouchement simultanés)[/b]

Enfin vu (eu égard à la date de sortie ainsi qu'à mon goût pour Blake Edwards) il y a seulement un an.
Les scènes que tu cites ont été un de mes derniers grands moments de poilade (jusqu'à ce que je revoie The Party) !

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Thaddeus
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Thaddeus » 4 mai 19, 09:12

Alexandre Angel a écrit :Les scènes que tu cites ont été un de mes derniers grands moments de poilade


Elle est très drôle en effet, et son efficacité comique est renforcée par le fait qu'Edwards, qui jusqu'alors flânait un peu, adopte un rythme survolté en faisant du corps de Dudley Moore un "rempart" mince et bondissant, hagard et pantelant, destiné à masquer sans arrêt une madame Salinger à une autre. Jusqu'au départ pour la salle d'accouchement entre deux chariots où, coincé entre les deux femmes, leur parlant tour à tour sans cesser de courir, il donne l'impression furtive d'être lui-même en train de naître. Derrière le mécanisme burlesque, réglé comme une horloge, éclate soudain la vérité.

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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Arn » 4 mai 19, 10:49

Bilan du mois d'avril : 28 films vus, dont 26 découverts.
Encore un très beau mois en terme de qualité. Le top 10 :

1. TRAÎTRE SUR COMMANDE, de Martin Ritt (1970)
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2. LE PETIT SOLDAT, de Jean-Luc Godard (1963)
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3. LORD JIM, de Richard Brooks (1965)
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4. LES ASSOCIES, de Ridley Scott (2003)
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5. SHOCK CORRIDOR, de Samuel Fuller (1963)
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6. BAISERS VOLÉS, de François Truffaut (1968)
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7. A BOUT DE SOUFFLE, de Jean-Luc Godard (1960)
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8. CANDYMAN, de Bernard Rose (1992)
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9. LA DERNIERE CHANCE, de John Huston (1972)
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10. DEADBEAT AT DAWN, de Jim Van Bebber (1988)
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Dernière édition par Arn le 4 mai 19, 16:20, édité 1 fois.

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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Jeremy Fox » 4 mai 19, 11:36

Arn a écrit : Le top 10 :

1. TRAÎTRE SUR COMMANDE, de Martin Ritt (1970)


2. LE PETIT SOLDAT, de Jean-Luc Godard (1963)


6. BAISERS VOLÉS, de François Trauffaut (1968)


7. A BOUT DE SOUFFLE, de Jean-Luc Godard (1960)


9. LA DERNIERE CHANCE, de John Huston (1972)



Que des films que j'adore 8)

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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Harkento » 4 mai 19, 13:58

Seulement 19 films vus ce mois dernier, donc ce sera un petit top5 avec deux très bons films en tête de liste :

1. Lou et l'île des sirènes (Masaaki Yuasa) : 8 / 10
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2. El reino (Rodrigo Sorogoyen) : 8 / 10
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3. C'est arrivé près de chez vous (Rémy Belvaux, André Bonzel) : 7,5 (8) / 10. Revu. Je l'avais découvert il y a presque 20 ans et le film n'a rien perdu de son mordant ! :D
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4. Jersey Affair / Beast (Michael Pearce) : 7 / 10
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5. The devil's candy (Sean Byrne) : 7 / 10
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Série du mois :
QUICKSAND : Rien de plus grand - Saison 1 (Pontus Edgren, Martina Håkansson - 2019) : 8 / 10
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar AntonChigurh » 4 mai 19, 15:00

Arn a écrit : Le top 10 :
6. BAISERS VOLÉS, de François Trauffaut (1968)

Il y a un "a" en trop quelque part :) .
(Un top qui fait envie 8) , vu le Scott seulement :oops: (que j'apprécie aussi).

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Arn
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Arn » 4 mai 19, 16:26

Merci à vous deux :)

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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar vic » 5 mai 19, 16:26

Films d'avril 2019

1. Law and order (Edward L. Cahn, 1932)





2. La famille Tot (Zoltàn Fàbri, 1969)

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Redécouvert du mois :

The Rocky Horror Picture Show (Jim Sharman, 1975)

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Withdrawing in disgust is not the same thing as apathy.

Consistency is the last refuge of the unimaginative. Oscar Wilde

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