Commentaires à propos de votre film du mois

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés après 1980

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Thaddeus
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Thaddeus » 9 mars 14, 19:12

Avec plus d'une semaine de retard...


Film du mois de février 2014


1. Minnie et Moskowitz (John Cassavetes, 1971)


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2. The Grand Budapest Hotel (Wes Anderson, 2014)


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3. L'Impératrice Rouge (Josef von Sternberg, 1934)


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Mes découvertes en détails :

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Le diable probablement (Robert Bresson, 1977)
Que la mort est terne, que la vie est triste, que le cinéma de Bresson est morne. Partant d’un terrible constat d’échec face à l’existence, le héros de ce film asséché de passion décide de se suicider. On le suit dans sa trajectoire vers le néant, à la mesure d’un regard porté sur un contemporain où les jeunes gens seraient les êtres les plus lucides, les plus engagés, les plus à mêmes de combattre les fléaux de la modernité. Bresson se fait donc plus ouvertement politique qu’à l’accoutumée, mais sa méthode dévitalisée reste toujours à la même, et il faut s’armer d’un grand courage pour aller jusqu’au bout de cette parabole de la défaite, de l’impuissance et de l’abandon, où la cruauté du réel ne touche pas plus que n’intéresse la radicalité du discours. 2/6

Dieu seul le sait (John Huston, 1957)
Huston reprend peu ou prou la situation d’African Queen, remplace l’ivrogne et la vieille fille par un soldat de la Marine et une nonne, et le coulant fleuve congolais par un îlot du Pacifique. Entre l’armée et la religion, la subordination à l’ordre et le don à Dieu, les point communs sont plus nombreux qu’on ne croit : rien de tel qu’une petite aventure à deux pour se rapprocher au-delà des engagements, se soutenir dans la peur et de l’isolement – ou au contraire espérer vivre pour toujours cette parenthèse loin des contingences de la civilisation et de la violence de la guerre. Fausse idylle impossible dont l’ironie se modère d’humour et de tendresse, le film dispense un charme volatil, légèrement superficiel, un peu victime de sa légèreté. 4/6

Cinq femmes autour d’Utamaro (Kenji Mizoguchi, 1946)
Pas difficile de lire comme un autoportrait du réalisateur dans cette évocation d’un peintre d’estampes entièrement dévoué à son art, cherchant à magnifier la beauté des femmes, ne vivant que pour dessiner leurs corps et les aimer, reproduisant la vie, et donc le réel, par l’épure de son style. Mais chez Mizoguchi la beauté est toujours liée à la mort, et la recherche artistique s’inscrit au sein d’un vivier complexe de tragédies, d’excès et de déchéances inéluctables. Les courtisanes évoluant autour d’Utamaro sont entières et revendicatrices, jalouses et passionnées, elles ne se subordonnent qu’à leurs sentiments, fût-ce jusqu’au meurtre et au sacrifice : la savante galerie de leurs portrais entrelacés confère sa valeur à ce mélodrame feutré et minimaliste. 4/6

American bluff (David O. Russell, 2013)
Les clinquantes années 70, des magouilleurs de seconde zone, des politiciens à enfumer et des caïds à redouter, du disco, des coups fourrés et tout le folklore qui va avec. Dans le registre du dépoussiérage vintage, colifichets et camelote compris, Russell est doué. Bonne surprise : il dépasse le plaisir superficiel du toilettage, aussi brillant soit-il, pour dire avec humour et pertinence une certaine époque où l’on ne vit, jusqu’au délire, que pour pour le plaisir de faire passer des vessies pour des lanternes. Sans cynisme, il s’attache surtout à révéler la pathétique humanité de ses personnages à bon fond, tous fidèles, au-delà du jeu de dupes et d’entourloupes, à leurs amours ou à leurs nobles idéaux. Le casting s’en donne à cœur joie, dominé par une Amy Adams royale, délicieuse, émouvante et sexy à se damner. 5/6

Brigadoon (Vincente Minnelli, 1954)
Comme souvent avec Minnelli, le luxe des détails et l’abondance des ornements matérialisent moins un lieu qu’ils ne suggèrent une étendue d’artifice et résument une école picturale. Car la ville enchantée de Brigadoon a beau n’apparaître qu’une fois tous les cent ans, l’intensité de ses taches de couleur (le vert de la forêt, le jaune éclatant de la robe de Cyd Charisse) semblent synthétiser comme une école de pensée. Laquelle pensée trouve ici ses limites, qui bute sur la fausseté du décor, le simplisme d’une intrigue franchement fade, et – plus étonnant – le statisme de séquences dansées frisant l’anonymat. Si le cinéaste visait une pure expérimentation esthétique, le déséquilibre patent de sa tentative lui porte cette fois préjudice. 3/6

Trois filles (Satyajit Ray, 1961)
Trois moyens-métrages, trois portraits féminins appréhendés comme autant d’exercices de style. Celui d’une fillette orpheline portant tous les espoirs de l’enfance mais se comportant déjà en adulte. Celui d’une épouse cloîtrée ne vivant que pour des parures qui font d’elle une déesse inhumaine – héroïne d’un récit fantastique et morbide traitée comme une histoire de fantôme. Celui enfin d’une adolescente ligotée par les traditions, qu’un mariage arrangé disciplinera. Les hommes y ont le pouvoir de l’argent, auréolés du prestige de la culture et de la grande ville. Les femmes luttent pour apprendre à lire et écrire, mais la découverte des mots leur sert avant tout à exprimer leur amour. Beau évidemment, raffiné bien sûr, mais régulièrement soporifique. 3/6

Le décaméron (Pier Paolo Pasolini, 1971)
Pasolini pioche dans le recueil de Boccace une dizaine de contes autour de la séduction, de la sexualité et de la mort, en témoignant d’une réelle ambition artistique dans la qualité des évocations médiévales. On le sent à nouveau violemment hostile à toute forme de bienséance et de maniérisme, en empathie avec les valeurs spirituelles du petit peuple, des marginaux et des humbles gens, dont il cherche à révéler les forces vitales. Enfilant les sketches comme autant de fables disparates, saturées d’atteintes aux bonnes mœurs et de gags plus ou moins gras, le film, badin et provocateur, libre et ouvertement hédoniste, confond trop souvent poésie et lourdeur, truculence et vulgarité. Cette marque de fabrique pasolinienne est singulière mais franchement pénible. 3/6

Comment savoir (James L. Brooks, 2010)
D’un sujet et d’enjeux banals, le cinéaste fait un délice de vaudeville sophistiqué qui développe les plus belles des questions. Son film prend à bras-le-corps l’obsession si américaine des bad life choices et bâtit un désopilant triangle amoureux où chacun cherche à s’améliorer, conquérir l’équilibre et le bonheur, tout en se souciant de ne jamais blesser son prochain. Heureuse et émouvante philosophie, portée par des protagonistes tous nuancés et attachants, et que le cinéaste formalise par le biais de la parole, d’une multitude de gestes faussement anodins, de tergiversations, de méprises, d’hésitations ou d’élans instinctifs (telle la superbe déclaration d’amour du nouveau papa à l’hôpital). Cousin inattendu de Rohmer, Brooks réinvente en orfèvre la comédie romantique et sentimentale. 5/6

Her (Spike Jonze, 2013)
Le film s’ouvre sur un billet doux dicté à une machine, une lettre d’amour par procuration. Entame qui pourrait servir d’image de proue à cette love story singulière, dont la secrète douleur réfléchit la nature de nos relations affectives et de nos modes de communication. Jonze ne fuit pas la SF spéculative mais préfère actualiser les termes de la comédie sentimentale en favorisant un sentiment de mélancolie qui puise dans la solitude aliénante des sociétés modernes. La délicatesse de son idylle singulière, sa colorimétrie apaisante, l’humour et l’attention attristée avec lesquelles l’œuvre explore les choses de l’amour et de l’amitié, de la recherche du bonheur et de la vérité des sentiments, de notre condition d’êtres socialisés à l’aune des nouvelles technologies, distillent un romantisme ouaté, suave, lumineux et désolé à la fois. 5/6

Géant (George Stevens, 1956)
Pour ses détracteurs, ce soap opera texan aux fastes gigantesques est confit dans le plus impavide pompiérisme hollywoodien. Et pourtant quelle grandeur, quel souffle, quelle puissance figurative ! En racontant sur un quart de siècle le basculement du règne des ranchers à celui des rois du pétrole, Stevens analyse les tensions d’une société patriarcale, raciste, paralysée par son obsolescence, qu’une femme libre et aimante (magnifique Liz Taylor) va faire évoluer. Les paysages sont immenses et poussiéreux, le sens de l’espace témoigne d’un goût fructueux de l’épopée visuelle, la thématique s’articule avec brio autour de l’émancipation, de la réussite, du pouvoir et de la solitude (James Dean, rongé par la haine et le désir de revanche sociale, y est un véritable Daniel Plainview avant l’heure). Une admirable saga familiale. 5/6

Le couteau dans l’eau (Roman Polanski, 1962)
Avec le concours de Jerzy Skolimowski, le réalisateur affirme dès son premier film une maîtrise technique sans faille, une intuition parfaite des images des compositions dynamiques, des cadres signifiants, de la profondeur de champ, et invite un couple bourgeois et un étudiant au sein d’un huis-clos aquatique faisant de l’anecdote, du mystère et de l’attente ses vertus premières. Paradoxe fertile : le malaise diffus, l’angoisse trouble, les rapports de force grondent sous le calme apparent des lacs, la surface de l’eau semble recueillir une série d’attaques larvées et de ripostes électriques, de jalousies et de mensonges, et les esquisses d’amitié se chargent constamment d’une menace sourde qui tient autant de la frustration conjugale que du conflit de classe ou de génération. Assez génial. 5/6

Minnie et Moskowitz (John Cassavetes, 1971)
Comme ponctuellement délivré de ses penchants les plus tourmentés, le cinéaste réacclimate la comédie loufoque des années 30 dans le Los Angeles des névroses contemporaines et nous donne à ressentir rien moins que la chimie miraculeuse de l’amour et de la reconnaissance partagée. On se tape la tête contre les murs, on fait des choses ridicules, on en perd le nord et le reste, mais on a la conscience qui s’élève et le cœur plus fort, on devient meilleur. C’est ce qui arrive à Minnie, bourgeoise déboussolée (Gena plus belle que jamais), et Seymour, histrion cabochard au physique de Gaulois, qui donnerait sa vie pour elle : deux célibataires de mentalité, de culture et d’origine sociale antinomiques, qui larguent leurs préjugés et se jettent dans les bras l’un de l’autre. Un conte de fées à la Cassavetes, cocasse, euphorisant, touché par la grâce. 6/6

Only lovers left alive (Jim Jarmusch, 2013)
Les vampires de Jarmusch sont de tels dandys aristocratiques qu’on se demande bien pourquoi il ne s’y est pas confronté plus tôt. Son cinéma a toujours secrété quelque chose de sorcellaire, et sa puissance d’envoûtement opère ici sans donner la moindre impression de performance. Cette balade nocturne agit comme une installation lounge qui interroge le passage du temps, la transformation des choses, l’inactualité obstinée d’un état au monde. Son ironique lucidité convertit ce qui pourrait n’être qu’une geignardise passéiste en éloge du renouvellement, ses images fauves et somnambuliques donnent envie de déménager fissa à Detroit ou Tanger, et l’agréable torpeur dans laquelle on en émerge rappelle que s’il est un poète désabusé, le cinéaste est avant tout un styliste de première classe. 4/6

Starman (John Carpenter, 1984)
Après plusieurs échecs commerciaux, Carpenter cherche à redorer son blason. Rien d’opportuniste pourtant dans cette aventure naïve et belle comme l’invitation lancée par la sonde Voyager II aux confins de l’espace, rendue terriblement attachante par ses maladresses même. La science-fiction s’efface pour mieux affirmer l’impérieuse dimension humaine, toute simple mais généreuse, d’une histoire de deuil et de rencontre qui voit une jeune femme s’éprendre d’un extraterrestre ayant pris les traits de son défunt mari. Comment ne pas être touché par un postulat aussi fort et poétique ? Le long d’un road-movie cocasse au cœur d’une Amérique méconnue, la romance émeut, d’autant que Jeff Bridges est un visiteur parfait d’innocence, et l’adorable Karen Allen un vrai trésor d’actrice. 5/6

Uzak (Nuri Bilge Ceylan, 2003)
J’ignore si la fable du rat des villes et du rat des champs existe en Turquie mais c’est bel et bien cette métaphore que file Ceylan le long de cette chronique dépouillée du malaise contemporain – jusqu’à la bande de papier collant où viennent s’engluer les souris et qui finit par poisser les résidents. Par petites touches et un sens subtil de l’observation, le cinéaste évoque la solitude, l’absence de communication, le désir, les espoirs inaboutis, les ruptures sentimentales, l’aliénation de cette mégalopole glacée qu’est Istanbul, filmée avec un œil d’esthète, comme un paysage figé de neige sale. Le film n’est pas d’un abord aisé mais on se laisse gagner par cette mélancolie résignée, cet humour laconique, le gris de cet art contemplatif qui s’inscrit dans la lignée d’Ozu, Antonioni ou Kiarostami. 4/6

L’impératrice rouge (Josef von Sternberg, 1934)
Jamais l’art de Sternberg, l’un des plus authentiquement baroques que le cinéma ait produit, n’aura figuré son extravagance avec autant de faste et de profusion dans les détails, les symboles, les icônes. La cour vit au milieu de gargouilles grotesques et de crânes de pierre, la suite royale coulisse sur des antichambres de séduction et de mort, l’héroïne pénètre un monde de ténèbres cerclé par la folie, la jalousie et la divagation. D’un mariage "kouléchovien" où les émotions de Marlene hébétée se ne se lisent que dans les palpitations de la flamme d’un cierge à un final dément qui la voit gravir les marches du palais impérial à la tête d’une armée équestre, le cinéaste traduit en images hallucinogènes la conquête d’un pouvoir qui détruit l’identité, la transformation d’une oie blanche pleine de vie en un mythe sculptural. 5/6

L’horloger de Saint-Paul (Bertrand Tavernier, 1974)
Le premier film de Tavernier affirme le ton de sa carrière : la collaboration fusionnelle avec Philippe Noiret (un bonheur, surtout lorsqu’il est associé à Jean Rochefort en inspecteur compréhensif), une attention très sûre aux lieux et aux milieux sociaux, une pugnacité, une franchise d’accent et une absence de sophistication qui ne sont pas monnaie courante dans le cinéma français. En transposant à Lyon un roman de Simenon, il ne fait pas que s’indigner contre la veulerie, la bonne conscience et le conservatisme de certains Français, il révèle surtout un conflit de générations, le vide relationnel entre un père et son fils, la détresse et la remise en question que sa prise de conscience engendrent, et le rapprochement tardif que le drame finit par favoriser. 4/6

The Grand Budapest hotel (Wes Anderson, 2014)
Si les précédents films d’Anderson dessinaient un mouvement d’ascendance, pris d’une frénésie de plus en plus incontrôlable, celui-ci dessine la quadrature du cercle, le mouvement parfait, disposant ses entités constitutives avec une ébouriffante plénitude. Livré sur un plateau d’argent, enrubanné comme un cadeau grand luxe, le film bâtit un édifice aussi fragile que gracieux qui fuse à toute vitesse sur le lit de la grande histoire. Car derrière les panoramiques filés et les enchaînements trépidants, sous les visions insolites concoctées avec amour par un maître coloriste, c’est bien la lame de fond de la barbarie que les héros tentent vainement de conjurer. Ou comment, avec la classe exquise et la générosité princière d’un divertissement jubilatoire, dispenser une mélancolie pincée, pleurant avec le sourire toute la folie inepte du monde. 6/6


Et aussi :

Minuscule (Thomas Szabo & Hélène Giraud, 2013) - 3/6
Ida (Pawel Pawlikowski, 2013) - 4/6
Yeelen (Souleymane Cissé, 1987) - 4/6


Films des mois précédents :
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Janvier 2014 - 12 years a slave (Steve McQueen, 2013)
Décembre 2013 - La jalousie (Philippe Garrel, 2013)
Novembre 2013 - Elle et lui (Leo McCarey, 1957)
Octobre 2013 - L'arbre aux sabots (Ermanno Olmi, 1978)
Septembre 2013 - Blue Jasmine (Woody Allen, 2013)
Août 2013 - La randonnée (Nicolas Roeg, 1971) Top 100
Juillet 2013 - Le monde d'Apu (Satyajit Ray, 1959)
Juin 2013 - Choses secrètes (Jean-Claude Brisseau, 2002)
Mai 2013 - Mud (Jeff Nichols, 2012)
Avril 2013 - Les espions (Fritz Lang, 1928)
Mars 2013 - Chronique d'un été (Jean Rouch & Edgar Morin, 1961)
Février 2013 - Le salon de musique (Satyajit Ray, 1958)
Janvier 2013 - L'heure suprême (Frank Borzage, 1927) Top 100
Décembre 2012 - Tabou (Miguel Gomes, 2012)
Novembre 2012 - Mark Dixon, détective (Otto Preminger, 1950)
Octobre 2012 - Point limite (Sidney Lumet, 1964)
Septembre 2012 - Scènes de la vie conjugale (Ingmar Bergman, 1973)
Août 2012 - Barberousse (Akira Kurosawa, 1965) Top 100
Juillet 2012 - Que le spectacle commence ! (Bob Fosse, 1979)
Juin 2012 - Pique-nique à Hanging Rock (Peter Weir, 1975)
Mai 2012 - Moonrise kingdom (Wes Anderson, 2012)
Avril 2012 - Seuls les anges ont des ailes (Howard Hawks, 1939) Top 100
Mars 2012 - L'intendant Sansho (Kenji Mizoguchi, 1954)
Février 2012 - L'ombre d'un doute (Alfred Hitchcock, 1943)
Janvier 2012 - Brève rencontre (David Lean, 1945)
Décembre 2011 - Je t'aime, je t'aime (Alain Resnais, 1968)
Novembre 2011 - L'homme à la caméra (Dziga Vertov, 1929) Top 100 & L'incompris (Luigi Comencini, 1966) Top 100
Octobre 2011 - Georgia (Arthur Penn, 1981)
Septembre 2011 - Voyage à Tokyo (Yasujiro Ozu, 1953)
Août 2011 - Super 8 (J.J. Abrams, 2011)
Juillet 2011 - L'ami de mon amie (Éric Rohmer, 1987)

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Demi-Lune
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Demi-Lune » 9 mars 14, 19:20

L'aveu de Costa-Gavras est quasi intouchable mais découverte chef-d'oeuvresque avec ce film que connait bien julien :

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Père Jules
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Messagepar Père Jules » 9 mars 14, 19:21

Demi-Lune a écrit :L'aveu de Costa-Gavras est quasi intouchable mais découverte chef-d'oeuvresque avec ce film que connait bien julien :

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Mais oui ! :D
A mi-chemin entre La source et Andreï Roublev, chef-d'œuvre !

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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Père Jules » 9 mars 14, 19:26

Et puis Thaddeus qui couronne un Cassavetes et pas des moindres ! Je suis joie ce soir 8)

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Messagepar AtCloseRange » 9 mars 14, 19:31

Thaddeus a écrit :Comment savoir (James L. Brooks, 2010)
D’un sujet et d’enjeux banals, le cinéaste fait un délice de vaudeville sophistiqué qui développe les plus belles des questions. Son film prend à bras-le-corps l’obsession si américaine des bad life choices et bâtit un désopilant triangle amoureux où chacun cherche à s’améliorer, conquérir l’équilibre et le bonheur, tout en se souciant de ne jamais blesser son prochain. Heureuse et émouvante philosophie, portée par des protagonistes tous nuancés et attachants, et que le cinéaste formalise par le biais de la parole, d’une multitude de gestes faussement anodins, de tergiversations, de méprises, d’hésitations ou d’élans instinctifs (telle la superbe déclaration d’amour du nouveau papa à l’hôpital). Cousin inattendu de Rohmer, Brooks réinvente en orfèvre la comédie romantique et sentimentale. 5/6

Là, je dis oui!
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Messagepar Père Jules » 9 mars 14, 19:40

Il me branche bien celui-là en effet. La note IMDb fait un peu flipper mais si c'est comme avec Skin Deep, je dis banco.

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Thaddeus
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Messagepar Thaddeus » 9 mars 14, 19:51

Père Jules a écrit :Et puis Thaddeus qui couronne un Cassavetes et pas des moindres ! Je suis joie ce soir 8)


Il me semble pourtant que ce film est méconnu dans sa filmographie. Peut-être parce qu'il est très "petit" dans ses ambitions, très humble, loin des grandes névroses et des grands emportements des autres titres. Pourtant il m'a complètement emporté ; c'est bien simple je crois qu'il est devenu mon préféré de l'auteur avec Une Femme sous Influence. Ce qui n'est pas un mince compliment. Quel trésor !

AtCloseRange a écrit :Là, je dis oui!


Je savais que ça te plairait ; je me rappelle que tu avais beaucoup aimé.

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Messagepar AtCloseRange » 9 mars 14, 19:58

Thaddeus a écrit :
AtCloseRange a écrit :Là, je dis oui!


Je savais que ça te plairait ; je me rappelle que tu avais beaucoup aimé.

C'est surtout que le film divise énormément ici comme dans la presse.
J'y vois une des rares grandes comédies des années 2000 (je crois bien que la seule autre qui me vienne à l'esprit est Un Baiser S'il Vous Plaît).
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Messagepar Supfiction » 9 mars 14, 21:10

AtCloseRange a écrit :
Thaddeus a écrit :
AtCloseRange a écrit :Là, je dis oui!


Je savais que ça te plairait ; je me rappelle que tu avais beaucoup aimé.

C'est surtout que le film divise énormément ici comme dans la presse.
J'y vois une des rares grandes comédies des années 2000 (je crois bien que la seule autre qui me vienne à l'esprit est Un Baiser S'il Vous Plaît).


D'accord pour Un baiser s'il vous plait (mais heureusement il y en a eu d'autres). En revanche Comment savoir m'avait profondément ennuyé quand je l'ai vu il y a quelques années. Je n'en ai d'ailleurs absolument aucun souvenir. Une nouvelle tentative n'est pas exclue..

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Messagepar semmelweis » 9 mars 14, 23:06

Après avoir revu Le Septième Sceau, découverte d'un beau Bergman ce jour :
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Messagepar Profondo Rosso » 10 mars 14, 10:42

Premier candidat avec ce Pré-Code assez génial et Barbara Stanwyck comme d'habitude est fabuleuse

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Messagepar Hitchcock » 10 mars 14, 11:07

Un sérieux prétendant de nouveau chez Michael Powell :
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49e Parallèle - Michael Powell (1941)

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Messagepar Flol » 10 mars 14, 14:16

AtCloseRange a écrit :
Thaddeus a écrit :Comment savoir (James L. Brooks, 2010)
D’un sujet et d’enjeux banals, le cinéaste fait un délice de vaudeville sophistiqué qui développe les plus belles des questions. Son film prend à bras-le-corps l’obsession si américaine des bad life choices et bâtit un désopilant triangle amoureux où chacun cherche à s’améliorer, conquérir l’équilibre et le bonheur, tout en se souciant de ne jamais blesser son prochain. Heureuse et émouvante philosophie, portée par des protagonistes tous nuancés et attachants, et que le cinéaste formalise par le biais de la parole, d’une multitude de gestes faussement anodins, de tergiversations, de méprises, d’hésitations ou d’élans instinctifs (telle la superbe déclaration d’amour du nouveau papa à l’hôpital). Cousin inattendu de Rohmer, Brooks réinvente en orfèvre la comédie romantique et sentimentale. 5/6

Là, je dis oui!

ACR a enfin trouvé un allié !
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hellrick a écrit :Avant je tournais sans problème à 3 films par jour (dont les mythiques triple programme estudiantien 1 film d'action, 1 film d'horreur, 1 film porno) mais j'ai décidé de restreindre, 40 ans approchant à 1 film + 1 épisode de série en semaine et 2 films plus un épisode de série le week end.
C'est triste de vieillir :mrgreen:

Mais rassure-moi : tu te pignoles toujours sur du porno ?

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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar cinephage » 10 mars 14, 14:19

Ratatouille a écrit :Mais rassure-moi : tu te pignoles toujours sur du porno ?


Ce qui m'inquiète, c'est que ça te rassure...
Obviously the world is not a wish-granting factory (The fault in our stars, Josh Boone, 2014)
Pour caler mes bennos

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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Flol » 10 mars 14, 14:21

Je m'inquiète pour sa santé, je suis comme ça moi.