Le Cinéma muet

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980...

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Ann Harding
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Re: Le cinéma muet

Messagepar Ann Harding » 26 juil. 10, 15:20

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Sur ce DVD intitulé 'Il y a 100 ans', publié par la Cinémathèque de Bologne, on peut découvrir 19 courts-métrages, pour la plupart comiques, issus du cinéma italien, français, anglais et américain des années 10. Le programme est très riche et intéressant. On peut l'acquérir sur le site suivant:Cliquez là. Tous les films sont sous-titrés en anglais et accompagnés au piano. Il y a un petit livre bilingue (italien-anglais) avec le DVD.

Je voudrais mentionner certains films que j'ai trouvés particulièrement remarquables.
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Tilly in a Boarding House (1911, Prod. Hepworth-GB) avec Alma Taylor et Chrissie White
Alma Taylor et Chrissie White furent parmi les premières stars du cinéma anglais. Ici, elles sont Tilly et Sally qui se déguisent en hommes pour aller faire des bêtises hors de la pension de famille qui les héberge. Le travestissement arrive au cinéma bien plus tôt que je ne l'aurait jamais cru possible. Les deux actrices font preuvent d'un bel entrain en créant un vrai désordre partout où elles passent.

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Les Timidités de Rigadin (1910, George Monca-Prod. Pathé) avec Mistinguett et Charles Prince
Au début des annés 10, Mistinguett et le comédien Charles Prince sont les stars comiques du studio Pathé. Sous le nom de Rigadin, Charles Prince est un jeune homme timide qui se retrouve victime d'une farce ourdie par des domestiques qui se sont appropriés la tenue de leurs patrons durant leur absence. Rigadon termine la journée habillé d'un ridicule accoutrement de batterie de cuisine tout en chantant Lohengrin de Wagner. Mistinguett fait preuve d'un vrai abbattage en ridiculisant le pauvre Rigadin. Avec sa haute taille, elle le domine sans mal. La réalisation est totalement statique - moins bonne que chez les courts-métrages Gaumont de la même époque- mais, c'est un jalon important dans l'histoire du cinéma français.

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A Lady and Her Maid (1913, Prod. Vitagraph-USA) avec Norma Talmadge et Florence Radinoff
Ce court-métrage comique où deux vieilles filles laides deviennent de superbes cygnes après un passage dans un institut de beauté permet de reconnaître la jeune Norma Talmadge à ses débuts. Elle montre un vrai talent comique dans cette production Vitagraph alors qu'elle sera plus tard renommée pour ses rôles dramatiques.

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Le Acque Miracolose (1914, Prod. Ambrosio-Italie) avec Gigetta Morano et Eleuterio Rodolfi
Cette comédie italienne semble contenir en germe ce qui fera l'âge d'or de la comédie italienne dans les années 50-70. On retrouve les mêmes thèmes de l'infidélité, la paternité et l'hypocrisie générale. Un mari se lamente car sa femme n'a pas eu d'enfant. Il fait venir leur voisin docteur pour examiner sa femme. Celui-ci suggère suggère une cure où elle se rend sans son mari. Là, elle retrouve le bon docteur qui va lui donner l'aide nécessaire pour procréer des jumeaux. :mrgreen: Le mari, ravi, remercie l'eau miraculeuse ! :uhuh: Le tout est filmé avec beaucoup de talent et très bien interprété. Une vraie révélation.

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Les Femmes Députées (1912, Prod. Lux) avec Madeleine Guitty et Madeleine Aubry
Ce film se moque des suffragettes et des femmes députées en montrant comment leurs pauvres maris, restés à la maison, doivent faire les tâches ménagères et se transformer en bonnes d'enfants (voir ci-dessus). C'est le même discours misogyne que l'on retrouve dans de nombreux courts-métrages d'époque qu'ils soient français (Alice Guy elle-même en a fait un) ou américains.

Un excellent DVD! :)

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Rick Blaine
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Re: Le cinéma muet

Messagepar Rick Blaine » 5 août 10, 15:52

J'ai entamé ce weekend le visionnage du coffret Flicker Alley consacré à Douglas Fairbanks avec His Picture in the Papers (John Emerson - 1916).
Fairbanks incarne Pete Prindle, fils d'un magnat de le nourriture végétarienne, qui s'oppose à son père. Mais, pour que son père lui permette de se marier, il doit réussir à avoir sa photo dans les journaux, pour promouvoir l'industrie familial.
Voici une comédie très agréable, rythmée et très mouvementé. J'ai été étonné par la modernité du ton du film qui s'attaque à l'omniprésence de la publicité et à la culture de l'ultra sanitaire.
Un petit bémol concernant la surabondance des intertitres notamment dans la première partie du film où certains effets me semblent soulignés un peu fortement (même si certains textes sont très drôles). C'est un de mes premiers contacts avec le muet américain et avec cette décennie, je ne sais pas si cette abondance d'intertitre est classique du mode de narration de l'époque ou si c'est spécifique à ce film - On en voit beaucoup moins dans le muet allemand des années 20 par exemple.
En tout cas cela n'empêche pas cette comédie d'être très agréable et Fairbanks est parfait dans son rôle. J'ai hâte de voir la suite du coffret.

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Re: Le cinéma muet

Messagepar Ann Harding » 5 août 10, 17:24

Rick Blaine a écrit :J'ai entamé ce weekend le visionnage du coffret Flicker Alley consacré à Douglas Fairbanks avec His Picture in the Papers (John Emerson - 1916).
Un petit bémol concernant la surabondance des intertitres notamment dans la première partie du film où certains effets me semblent soulignés un peu fortement (même si certains textes sont très drôles). C'est un de mes premiers contacts avec le muet américain et avec cette décennie, je ne sais pas si cette abondance d'intertitre est classique du mode de narration de l'époque ou si c'est spécifique à ce film - On en voit beaucoup moins dans le muet allemand des années 20 par exemple.

Bonjour Rick! Contente de voir que je ne suis pas la seule à aimer les films des années 10 de Fairbanks! Sache concernant les intertitres de His Picture in the Papers que ceux présentés sur le DVD Flicker Alley ne sont pas d'origine. Ce sont certainement une traduction en anglais d'une version étrangère (française ?). Le film à l'origine avait des intertitres formidables écrits par Anita Loos, pleins d'humour et de clins d'oeil. Elle était également la scénariste du film (et la femme du réalisateur). Si tu regardes Flirting With Fate, tu pourras apprécier l'humour d'Anita Loos. J'adore le carton où l'on intime l'ordre au pianiste de jouer 'La Marche Nuptiale'! :mrgreen:

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Rick Blaine
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Re: Le cinéma muet

Messagepar Rick Blaine » 9 août 10, 09:08

Suite du coffret avec tout d'abord le court métrage The Mystery of the Leaping Fish (John Emerson -1916), comédie complètement déjanté emmenée par un Fairbanks survolté en détective toxicomane aux trousses de trafiquants d'opium. On ne cesse de rire durant une petite demi-heure.
Le dernier film du premier DVD est l'excellent Flirting with Fate (Christy Cabanne - 1916) où Fairbanks incarne un artiste ruiné, volé et repoussé par son grand amour qui décide de faire appel à un professionnel du crime pour se faire tuer. Alors que tout s'arrange pour lui, il vit dans la crainte de retrouver son tueur. Une nouvelle fois on rit beaucoup dans ce film très riche, qui nous fait partager les joies et les peines de cet artiste, encore une fois magnifiquement incarné par Fairbanks.
Comme tu le disais Ann, les intertitres sont ici excellents, écrits avec beaucoup d'humour. Du coup je les trouves bien mieux intégrés dans la narration, plus intéressant par eux-même (notamment celui que tu cites, du Tex Avery avant l'heure en quelques sorte), le film y gagne en unité et en force.
Flirting with Fate est un véritable coup de cœur. Et, sur l'ensemble de ces trois films, la richesse du jeu de Douglas Fairbanks est un enchantement, je le connaissais mal, je suis emballé.

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allen john
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Re: Le cinéma muet

Messagepar allen john » 10 août 10, 19:35

Rick Blaine a écrit :J'ai entamé ce weekend le visionnage du coffret Flicker Alley consacré à Douglas Fairbanks avec His Picture in the Papers (John Emerson - 1916).
(...)
J'ai hâte de voir la suite du coffret.

Bonjour Rick! Pareil, ce coffret est une merveille, un monument inespéré à un génie. Les films de Fairbanks de cette époque me font irrésistiblement penser à Harold Lloyd. Bonne découverte...
Au passage, encore merci, Ann, sans tes petits papiers sur ce coffret, j'aurais un gros trou dans ma vidéothèque, et la vie serait sans doute moins belle.

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Ann Harding
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Re: Le cinéma muet

Messagepar Ann Harding » 10 août 10, 20:23

allen john a écrit :Bonjour Rick! Pareil, ce coffret est une merveille, un monument inespéré à un génie. Les films de Fairbanks de cette époque me font irrésistiblement penser à Harold Lloyd. Bonne découverte...
Au passage, encore merci, Ann, sans tes petits papiers sur ce coffret, j'aurais un gros trou dans ma vidéothèque, et la vie serait sans doute moins belle.

Merci, Allen John. J'espère que d'autres parmi vous auront envie de découvrir ce coffret formidable, indispensable pour tout cinéphile qui aime le cinéma américain. 8)

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Re: Le cinéma muet

Messagepar someone1600 » 13 août 10, 02:43

Faudrait bien un jour que je l'achete celui-la. Il y en a plusieurs chez Flicker Alley qui m'intéresse, dont celui de Melies... malheureusement ils sont plutot cher et j'essai de me tenir tranquille dans l'achat de dvd.

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allen john
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Re: Le cinéma muet

Messagepar allen john » 16 août 10, 07:00

NO MAN'S LAW (Fred Jackman, 1927)

“Rex, king of the wild horses” était pour Hal Roach une vedette comparable à Rin-tin-tin, le chien qui a maintenu la Warner à flot avant qu’ils ne s’imposent avec la révolution du cinéma sonore… en un peu moins canin, et un poil plus chevalin. Il est donc la star en titre de ce western du au studio plus connu pour la qualité de ses comédies que pour ses westerns et films d’aventures de série B. Mais soyons honnêtes : s’il n’y a que quatre autres acteurs (ainsi qu’une jument et un serpent) dans ce petit film, on retiendra la présence de… Oliver Hardy et James Finlayson. Ce sont bien eux, l’un rappelant sous un maquillage un brin excessif son talent pour incarner les méchants particulièrement vicieux, et l’autre interprétant derrière sa grosse moustache un ahuri qui sert surtout à alléger le ton d’un film âpre et assez brutal…

L’intrigue se situe dans les abords de la vallée de la mort, en Californie, ou deux bandits qui sont amenés à cohabiter (non sans discorde) vont se retrouver près d’une mine d’or : celle de Jake Belcher, un vieux prospecteur un peu minable, qui a recueilli quelques années auparavant une petite fille, maintenant adulte. Les deux bandits vont repérer un filon qui a échappé à son propriétaire, et se disputer la mine d’or, mais aussi la fille. Quant à elle, elle va manifester une tendance certaine au réveil de ses sens en côtoyant l’un des deux bandits…

Et c’est bien ce qui fait l’intérêt du film : 16 ans avant la gauche et ridicule tentative de Howard Hugues avec The outlaw, No man’s law est un western qui tourne principalement autour de la sensualité. A l’exception de jake Belcher, interprété par James Finlayson et sa grosse moustache, et censé amener les gags, c’est principalement de désir qu’il est question, dans le drame humain un brin violent qui se joue autour de la mine d’or, dont l’étalon Rex se veut un témoin partial avant d’être un juge. Après avoir vu la mine et son contenu, Nye (Hardy) et Spider O’Day vont voir Toby, la jeune femme, qui se baigne dans un point d’eau, et vont quelque peu oublier la mine. Les diverses aventures qui suivent tournent plus autour de la rivalité pour la possession de la jeune femme que pour la possession de l’or, et bien sur le comportement des deux homes va être différent : à la brutalité de Nye, O’Day oppose une certaine décence et une humanité qui va faire que la jeune femme tranchera sans trop de problèmes. D’autant que les deux hommes se différencient non seulement par leurs manières à son égard (O’Day essaie de séduire en se rasant, et est plus délicat, mais Nye recourt à la tentative Griffithienne de viol), mais aussi par leur traitement du père adoptif : Nye le met dans une brouette pour le jeter dans le trou d’eau!

Barbara Kent, qu’on connait au moins comme la jeune sœur de Lars Hanson dans Flesh and the devil (Clarence Brown, 1927) et la jeune héroïne dans Lonesome (Paul Fejos, 1928), interprète d’une façon clairement sensuelle la jeune femme, et ce dès le départ, lorsqu’elle se réveille dans la cabane, vêtue de ce qui est manifestement une chemise d’homme bien trop grande, et bien sur durant la deuxième bobine, qu’elle passe surtout dans l’eau, nue. Cette attirance sexuelle exercée par la jeune femme, principal moteur du drame est inattendue non seulement pour un western, à plus forte raison pour une production Roach. Mais Toby est en fait l’objet de cette lutte cosmique entre le bien et le mal, sous l’œil de Rex. Le cheval intervient deux ou trois fois au début du film dans le but de manifester son hostilité à Nye, mais reste surtout le sauveur des justes, épargnant Toby et O’Day dans le conflit, mais causant, et l’écrire me fait froid dans le dos, la mort d’Oliver Hardy. La scène mérite d’être vue, et est à l’image de la réalisation impeccable du film, due à Fred Jackman, sous la supervision de F. Richard Jones.

http://www.youtube.com/watch?v=1ZIxIDSJ ... re=related
http://www.youtube.com/watch?v=eGceebeB ... re=related

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Re: Le cinéma muet

Messagepar Rick Blaine » 16 août 10, 14:56

The Matrimaniac (Paul Powell - 1916). Quatrième et dernière production triangle du coffret, il m'a paru un peu moins insolent et fou-fou que les trois premiers mais tout aussi passionnant, avec une succession de courses poursuites tordantes (la séquence avec la mule est hilarante). Cette fois encore j'ai trouvé les intertitres assez réussi.
Après ces quatre premiers films je reste épaté par ce que j'ai vu, des mises en scène souvent très moderne, un rythme trépident et, évidement, l'immense talent de Fairbanks jouant avec une simplicité et un charisme formidable. Ce coffret est déjà un incontournable de ma collection.

Je poursuis avec Wild and Wooly(John Emerson - 1917), comédie cette fois totalement ancrée dans le registre parodique. Il manque certainement à ce film une dimension plus réaliste et plus touchante pour égaler un Flirting with Fate par exemple, toutefois on est face à une excellent parodie du Western, portée par un excellent Douglas Fairbanks qui incarne Jeff Hilington citadin un peu crédule qui se révèlera finalement comme le héros de l'ouest de ses rêves.
Une nouvelle fois, la modernité du propos est frappante, puisqu'il ne s'agit pas d'une comédie se déroulant dans l'ouest, mais d'un regard sur l'imagerie du Western, position finalement assez rare à Hollywood, qui cherchera plus souvent à construire l'histoire d'un pays qui en manque (par rapport aux vieux continent). Encore une belle réussite.

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Re: Le cinéma muet

Messagepar Akrocine » 2 sept. 10, 11:03

Erreur
"Mad Max II c'est presque du Bela Tarr à l'aune des blockbusters actuels" Atclosetherange

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Re: Le cinéma muet

Messagepar Wagner » 6 sept. 10, 15:14

on vient de retrouver un Ford muet en Nouvelle Zélande.

http://www.lexpress.fr/culture/cinema/l ... tor=AL-447
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Ego sum qui sum

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Re: Le cinéma muet

Messagepar Ann Harding » 7 sept. 10, 15:05

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A Gentleman of Paris (Le valet de coeur, 1927) d'Harry d'Abbadie d'Arrast avec Adolphe Menjou, Shirley O'Hara, Arlette Marchal et Nicholas Soussanin

Le Marquis de Marignan (A. Menjou) mène une vie sentimentale compliquée entre ses nombreuses maîtresses. Son valet Joseph (N. Soussanin) est heureusement là pour le tirer de tous les mauvais pas. Sa fiancée vient d'arriver avec son futur beau-père...

Cette comédie sophistiquée au rythme trépidant est l'oeuvre d'un cinéaste français d'Hollywood, Harry d'Abbadie d'Arrast, qui a été très injustement oublié. D'Arrast a été embauché par Chaplin comme 'technical advisor' sur A Woman of Paris (L'Opinion publique, 1923). Après quelques années auprès de Chaplin comme assistant, il vole de ses propres ailes et réalise ce petit bijou de sophistication. Le film semble avoir la magique 'Lubitsch Touch' avec ses ellipses et ses charmants retournements de situation. Il faut dire que la première comédie dramatique sophistiquée est certainement A Woman of Paris qui prédate l'arrivée de Lubitsch en Amérique. Adolphe Menjou est ici un aristocrate parisien qui jongle avec ses multiples maîtresses, leurs maris jaloux et son valet exemplaire. Le personnage de Joseph, le parfait valet, rappelle l'immortel Jeeves créé par P.G. Woodehouse. Il sait anticiper les conflits et les problèmes pour son maître. Mais, le marquis va commettre une erreur colossale en devenant l'amant (sans le savoir) de la femme de Joseph. Celui-ci va alors concocter une vengeance éclatante et subtile. D'Abbadie d'Arrast manie la caméra avec brio: elle se déplace dans les airs cadrant un personnage important avant de révéler la scène entière. La subtilité du récit n'a rien à envier aux meilleurs Lubitsch muets. Les délicieux intertitres sont signés par Herman J. Mankiewicz. Adolphe Menjou est absolument parfait comme son comparse Nicholas Soussanin en valet. Une délicieuse comédie qu'il faut découvrir. Elle vient d'être éditée par Grapevine dans une copie assez correcte.

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Re: Le cinéma muet

Messagepar Music Man » 1 oct. 10, 18:27

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CHICAGO de Frank HURSON - 1927
Avec Phillys HAVER et Victor VARCONI. supervisé et produit par Cecil B De Mille

Grand merci à Ann Harding pour m’avoir fait découvrir cette version muette de Chicago, extrêmement drôle. Dominée par la très injustement oubliée Phillys Haver, qui pourtant dans le registre comique vaut largement Marion Davies , il s’agit d’une comédie trépidante , corrosive et irrésistible, avec cette impertinence de ton qu’on ne retrouve plus hélas après 1933. La scène où l’avocat véreux suggère à Roxie Hart d’adopter devant la cour une attitude plus convenable de fille vertueuse et éplorée est hilarante. Vraiment très sympa!
Image de qualité optimale : si seulement tous les films muets pouvaient être restaurés avec autant de réussite!!

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Julien Léonard
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Re: Le cinéma muet

Messagepar Julien Léonard » 18 oct. 10, 22:54

Désolé de venir quelque peu polluer le topic avec cette question, mais, étant donné que j'aimerais procéder à certains achats concernant Douglas Fairbanks, je souhaiterais savoir quelles éditions DVD vous me conseillez pour les films suivants :

Le voleur de Bagdad
Robin des bois
Les trois mousquetaires
Le pirate noir
Le masque de fer
Le signe de Zorro


Je connais ces films, mais souhaiterais les revoir dans de bonnes conditions (en tout cas, des conditions honorables). Je remercie les quelques spécialistes du forum qui pourront éclairer ma lanterne, je leur fais entière confiance. :wink:


Par exemple, que vaut ceci (?) :

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Je me méfie d'Arcadès...

Ou bien est-ce encore Bach Films qui détient les copies les plus propres ? Bref, qu'en pensez-vous ?
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Re: Le cinéma muet

Messagepar someone1600 » 19 oct. 10, 00:08

C'est drole je voudrais voir les memes films... lol...

Je pensais craquer pour le coffret Kino pour ma part... :?