Le Cinéma muet

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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allen john
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Re: Le cinéma muet

Messagepar allen john » 31 oct. 09, 17:10

Ann Harding a écrit :Tiens! Tu viens de répondre à l'une de mes interrogations sans le savoir. Les droits du film doivent appartenir à Walt Disney, ce qui explique sa présence sur le DVD du dessin animé. J'étais plutôt étonnée de voir une production Paramount muette disponible en DVD, vu la nullité de leur politique éditoriale en la matière. :mrgreen: En tous cas, l'équipe de Disney a dû sérieusement étudié le film car on y retrouve le même style pour les personnages, Hook en particulier.
En ce qui concerne, Betty Bronson qui fait appel au public pour ranimer Tinkerbell, je dois avouer avoir apprécié l'idée. Un clin d'oeil au public que j'ai aimé. :wink:


L'équipe Disney a toujours été encouragée à faire feu de tout bois, et notamment à s'inspirer du cinéma déja existant: une série d'études graphiques regroupant des esquisses de 1935 à 1937 était disponible sur le DVD de Blanche-neige, et pendant un temps les graphistes ont imaginé une Blanche-neige qui avait la tête de Zasu pitts! Sinon, l'amour du cinéma est venu à Walt Disney en voyant les productions de J. Searle Dawley, dont son blanche-neige. Et pour finir, je pense que la raison pour laquelle le Peter Pan a échappé à l'heroic-fantasy (J'ai vu des esquisses hallucinantes), c'est précisément que Disney soi-même voulait se rapprocher de celui de Brenon, un metteur en scène esthète dont les gouts plastiques tranchent assurément avec ceux de 1954, mais aussi avec ceux de 1924... Bien sur, le film était-il généralement visible en 1950, on peut se poser la question, mais l'influence est très perceptible en effet.

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allen john
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Re: Le cinéma muet

Messagepar allen john » 31 oct. 09, 17:18

Jack Carter a écrit :je remets la news içi :

20 Janvier 2010

Les Mysteres d'une ame (Pabst)
Fantome (Murnau)
La Montagne sacrée (Arnold Frank)
Michael (Dreyer)

:arrow: MK2


Tiens! transit continue à inonder le monde entier de ses transferts; c'est toujours une bonne nouvelle... Quatre films donc gégnéralement disponibles soit chez Transit (en Allemand) soit chez MoC (En anglais) soit chez Kino (En mal fichu et en Anglais.). Le Pabst est un effort curieux, mais sympathique, e raconter une psychose suivie d'une courte psychanalyse, le tout traduit en images. les séquences de rêve sont brillantes, mais je préfère le Pabst de La rue sans joie. Michael est considéré partout ou il est montré comme un chef d'oeuvre, mais j'avoue ne rien y comprendre: je le trouve, au-delà de ses qualités d'élégance plastique, d'un ennui mortel: je l'ai vu quatre fois, je n'ai jamais eu le moindre frisson. je lui préfère le Maitre du logis et La quatrième Alliance de dame Marguerite. La montagne sacrée, comme les deux précédents, a été diffusé par Arte, et c'est un film "de montagne" du Dr Arold Fanck, avec Leni Riefenstahl: il y a des amateurs: pas moi.
Quant à Fantome, c'est un Murnau, un bon, un beau, un gros (Presque deux heures) qui n'est pas sans rapport avec les mystères d'une âme.

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Re: Le cinéma muet

Messagepar nobody smith » 6 déc. 09, 19:49

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Découvert avec le DVD à 1€ sur Cdiscount. Evidemment, cette édition ne vaut pas plus la copie étant dans un état désastreux et dans une version loin d’être intégral (moins d’1H30 alors que la version restaurée de 2006 frôle les 2 heures). Pourtant même dans ces conditions catastrophiques, j’ai plutôt apprécié le film. Je dois reconnaître que je ne me suis jamais penché sur l’oeuvre de Victor Hugo. Je connais les grandes lignes de l’histoire mais sans plus. J’ai été assez stupéfait de la tournure du récit présenté ici. Dans mon esprit, l’histoire de Notre-Dame de Paris ne tourne qu’autour de 4 personnages principaux : Esméralda, Phoebus, Quasimodo et Frollo. Dans cette version, le scénario cumule plus du double avec tous les rapports d’antagonisme que cela implique. Le résultat est incroyablement dense et constamment dynamité par les frictions entre cette multitude de personnages. La demi-heure manquante ne serait d’ailleurs vraiment pas de trop pour dépeindre pleinement toutes leurs motivations. En l’état, c’est quand même assez formidable malgré un coup de mou en milieu de film. Un dernier mot sinon sur Lon Chaney qui fait un brillant bossu touchant et pathétique. Sa fin est un grand moment d’émotion qui excuse sans mal le recours au happy end.

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Encore découvert dans l’édition économe de chez Cdiscount. Je n’avais pas spécialement envi de le voir jusqu’à découvrir sa genèse dans le documentaire issu des bonus de la version mollassonne d’Arthur Lubin. La production de ce fantôme de l’opéra fut en effet loin d’être simple. Suite au succès de Notre-Dame de Paris, les studios sentent le bon filon avec l’équation Lon Chaney+patrimoine français. Ainsi est mis en chantier cette adaptation du roman de Gaston Leroux. Dans l’impossibilité de tourner à Paris, Universal reconstruit le plus fidèlement possible l’opéra Garnier (décor qui sera amplement réutilisé ensuite pour amortir son coût). La manœuvre de la grosse production est confiée à Rupert Julian qui se mettra rapidement l’équipe à dos, Lon Chaney en premier. Tournage guère enthousiaste donc et ça n’est pas finit. La projection-test est un désastre, Julian est viré et remplacé par un réalisateur de western qui retournera une grande partie du film avec pour objectif de dynamiter l’ensemble (il tournera notamment le lynchage final du fantôme). L’avant-première est à nouveau un échec, les critiques trouvant le résultat nauséeux. Une troisième réalisatrice est engagée pour remonter la chose et le film accède enfin au succès public escompté. Sacrée programme auquel s’ajoutera quelques années plus tard une version parlante mais sans Chaney (quelqu’un sait d’ailleurs si il existe une édition DVD qui a pu faire le tri entre ces divers montages).

Bon mais le film en lui-même faut-il au bout du compte le coup d’œil ? Franchement, je n’espérais pas que le film soit à la mesure de sa houleuse conception et pourtant j’ai trouvé ça fort réussi. Peut-être est-ce dû à ses multiples recalibrages mais le film s’avère au final un formidable mélange de romantisme (la passion du fantôme est déchirante), d’horreur (les lugubres plongées dans les caves de l’opéra) et plus inattendu d’humour (toute la première partie autour de la parano des personnages quant au fantôme). La mise en scène de Julian aurait pu gâché les choses par son côté très passif. Mais les gros moyens et le travail très appliqué des divers techniciens assurent au film son caractère exaltant. Des trois versions officielles du roman que j’ai vu (celle-ci, celle de Lubin et celle de Joel Schumacher), c’est de loin celle qu’il m’a le plus convaincu.
"Les contes et les rêves sont les vérités fantômes qui dureront, quand les simples faits, poussière et cendre, seront oubliés" Neil Gaiman
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Re: Le cinéma muet

Messagepar someone1600 » 15 déc. 09, 07:04

Bien apprécié moi aussi. Par contre, la version que j'ai vu etait en tres mauvais etat (dvd vraiment pas cher), mais dernierement j'ai enregistré le film a TCM et il contient en plus les séquence en technicolor, il faudra que je visionne une autre fois. :D

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Ann Harding
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Re: Le cinéma muet

Messagepar Ann Harding » 13 janv. 10, 11:16

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Ce nouveau DVD publié par German Film Museum contient deux films muets sur Louis II de Bavière plus un documentaire.

Ludwig der Zweite, König von Bayern (1930, Wilhelm Dieterle) with Wilhelm Dieterle
Pour ce biopic, Wm Dieterle est devant et derrière la caméra. Il joue avec une belle sensibilité le rôle du tragique roi de Bavière victime des intrigues de cour qui fut interné et mourut dans des circonstances mystérieuses. Il fut retrouvé noyé dans le lac Starnberg dans 50 cm d'eau. Le film se concentre sur les dernières années de sa vie lorsque ses dépenses somptuaires pour construire d'immenses châteaux suscitent la colère de ses ministres. D'ailleurs un carton d'intertitres fait cette remarque que je trouve très juste: 'S'il avait dépensé sans compter pour faire la guerre au lieu de construire des châteaux, personne ne l'aurait trouvé fou.' Le film est malheureusement assez statique et lent. Il n'est guère aidé par un accompagnement au piano qui utilise certes des leitmotives wagnériens (Lohengrin, Tannhauser, Wesendonk Lieder), mais le reste du temps n'est qu'un flot de notes rapides qui ne reflètent ni le personnage, ni l'atmosphère. Mais, Dieterle est un Luwig tout à fait convaincant, un homme d'une profonde mélancholie qui ne trouve aucun réconfort dans son entourage. Il est intéressant de voir Dieterle l'acteur à l'aube de sa carrière de réalisateur hollywoodien. Le film semble avoir eu de sérieux problèmes avec la censure à l'époque. Il faut dire que les évéments sont encore récents à cette époque, et l'Allemagne des années 20 est un pays au pouvoir chancelant.

Das Schweigen am Starnbergersee (Le silence du lac Starnberg, 1920) by R. Raffé
Cette production tournée en 1919 est malheureusement une grosse déception. Si la qualité du DVD (contraste et netteté) est très bonne, la direction d'acteurs et la mise en scène laissent à désirer. Contrairement au film de Dieterle, celui-ci embrasse la destinée du roi de son accession au trône à l'âge de 18 ans jusqu'à sa mort. Les acteurs sont tous incroyablement théâtraux avec de grands mouvements de bras et des roulements d'yeux qui étaient déjà totalement dépassés en 1919. Quant aux effets photographiques, ils sont catastrophiques. Une séquence de 'split-screen' est un vrai désastre avec une caméra mal alignée. Quand on pense à ce que Charles Rosher réalisait dans Little Lord Fauntleroy cette même année.... :roll: Alors que peut-on sauver dans ce film ? Il y a de très beaux extérieurs des différents châteaux de Louis II comme Linderhof, Herrenchiemsee et Neuschwanstein. Günther Buchwald accompagne le film avec talent. (On regrette qu'il n'ait pas été choisi pour le Dieterle.)

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Re: Le cinéma muet

Messagepar Ann Harding » 30 janv. 10, 11:57

Je vous signale un site qui donne la liste de tous les ciné-concerts organisés sur toute la France pour la saison qui vient (jusqu'en juin). Jetez-y un coup d'oeil, il y a des scéances un peu partout et peut-être près de chez vous. :wink:
http://www.cineconcert.fr/

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Re: Le cinéma muet

Messagepar Donatien-Aldonze » 30 janv. 10, 18:46

Souls for sales (1923) Rupert Hugues

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Film passionnant sur les coulisses d'Hollywood. L'ouverture est saisissante : le train pour Los Angeles traversant le désert, la fuite de l'héroïne au milieu de nulle part, sa rencontre avec l'équipe de film... Il y a du rythme et du suspense. La suite est plus conventionnelle, jusqu'à la séquence finale (très impressionnante). Le film vaut alors surtout pour son aspect documentaire. On peut notamment apercevoir de longs plans sur le Los Angeles des années 20, observer Erich Von Stroheim sur le tournage de Greed (juste avant le désastre, je suppose), Chaplin, Vidor et Niblo dirigeant des films... Bref, un excellent moment de cinéma.

Et puis il y a aussi Eleanor Boardman, très charmante :

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Re: Le cinéma muet

Messagepar allen john » 6 févr. 10, 08:44


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Re: Le cinéma muet

Messagepar Ann Harding » 6 févr. 10, 15:07

En voilà une bonne nouvelle ! :D Une des meilleures comédies muettes des années 20 enfin disponible. A ne pas manquer. Ce Chapeau de paille d'Italie est vraiment formidable. 8)

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Re: Le cinéma muet

Messagepar allen john » 6 févr. 10, 21:01

Ann Harding a écrit :En voilà une bonne nouvelle ! :D Une des meilleures comédies muettes des années 20 enfin disponible. A ne pas manquer. Ce Chapeau de paille d'Italie est vraiment formidable. 8)


Peux pas mieux dire... Et si ce pouvait être, d'une part, l'occasion de s'intéresser de plus près aux autres films muets de Clair, aux films Albatros et toujours plus avant dans le cinéma muet français, ce serait splendide. Je suis très enthousiasmé par cet éditeur, surtout en tant que mutophile silentophage...

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Re: Le cinéma muet

Messagepar Music Man » 18 mars 10, 23:18

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MOULIN ROUGE de EA DUPONT -Grande Bretagne -1928
Avec Olga TSCHECHOWA

Une meneuse de revue éprouve une attirance réciproque pour le fiancé de sa fille. Afin de lui résister , elle tente de précipiter le mariage malgré la réticence du père du jeune homme…

Voici un mélo à l’ancienne, vraiment très daté, comme on n’en fait plus. Amours coupables, accident, remords, le film a énormément vieilli. Malgré l’obsolescence de l’ouvrage, Dupont (qui réalisa le fameux Variété en 1925) fait preuve de réelles qualités de mise en scène, notamment dans de superbes close up de la très belle Olga Tschechowa, qui semble avoir recopié le maquillage, les toilettes et la coiffure de Pola Negri, dans un rôle très comparable à ceux de la vamp polonaise
J’ai été stupéfié par l’audace de certaines scènes (notamment dans l’une d’elle d’un érotisme lourd où le jeune homme empoigne avec vigueur la maman de sa fiancée ). Même les inter-titres se mettent à bouger dans la scène de l’accident!
Mis à part la très bonne performance d’Olga Tschechowa (star du cinéma allemand très appréciée par Hitler et Staline, et espionne pour la Russie pendant et bien après la guerre *, un témoignage sur le music hall des années folles (scènes de revue tournées au casino de Paris).
* voir livre d’Anthony Beevor

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Ann Harding
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Re: Le cinéma muet

Messagepar Ann Harding » 28 mars 10, 16:22

Heart o'the Hills (La Fille des Monts, 1919) de Sidney Franklin
Mavis Hawn (M. Pickford) est une vraie sauvageonne dans les montagnes du Kentucky. Elle court pieds nus dans la forêt avec un fusil et n'a peur de rien. Des étrangers venus des plaines souhaitent exproprier les paysans pauvres pour exploiter le charbon qui est présent en quantité dans le sol...
Ce film est une vraie révélation: les extérieurs réalisés en Californie sont absolument superbes. Mary trace un portrait remarquable en fille sauvage et farouche, battue par sa mère et qui souhaite venger son père assassiné. Son rôle est celui d'une adolescente et elle donne à Mavis une véritable dimension psychologique. On peut voir dans le film un très jeune John Gilbert qui a déjà toutes les mimiques que l'on retrouvera dans ses films avec Garbo. Les intertitres jouent joliment sur le patois des paysans du Kentucky. Il n'y a que la musique de Maria Newman qui cloche: la fille d'Alfred Newman offre une partition grinçante passablement agaçante....(Belle copie teintée-Sur l'Edition Milestone-Image Entertainment, Zone 1 US)


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Her Night of Romance (Mon coeur et mes millions, 1924) de Sidney Franklin avec Constance Talmadge, Ronald Colman & Albert Gran

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Dorothy Adams (C. Talmadge) une riche héritière américaine arrive en Angleterre pour soigner ses nerfs, tout en espérant éviter les coureurs de dot. Suite à un quiproquo, elle croit avoir appelé un médecin réputé alors qu'il ne s'agit que d'un aristocrate désargenté, Lord Paul Menford (R. Colman). Après quelques visites du 'médecin', l'état de la patiente s'améliore à vue d'oeil...

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Si vous croyez que la comédie romantique est née avec le parlant, alors vous n'avez encore jamais vu un Lubitsch muet, ni ce film qui a été écrit par le scénariste préféré du grand Ernst, Hans Kräly. Constance Talmadge avait commencé sa carrière au cinéma très tôt à la Vitagraph dans les années 10. Si vous avez vu Intolérance, vous n'avez pas pu manquer de la voir: elle y est l'exhubérante fille des montagnes qui meurt durant le siège de Babylone. Au milieu des années 20, elle est un des grandes stars de la comédie. Et en voyant ce film, on comprend pourquoi: elle a la grâce, l'élégance et une vrai verve comique à l'instar de Marion Davies ou de Carole Lombard. Ici, elle est la riche héritière nerveuse qui a peur des hommes. Son partenaire est Ronald Colman, fraîchement arrivé à Hollywood au début de l'année 1924 après deux tournages en Italie. Il n'est ici qu'un 'leading man' de l'actrice principale. Mais, on constate immédiatement son aisance dans le rôle de Paul Menford. Il y a une vraie alchimie entre les deux interprètes. Que ce soit l'hilarante scène de l'auscultation, où Colman doit poser son oreille sur la poitrine de sa 'patiente' ou celle encore meilleure dans la chambre à coucher où il entre passablement éméché avant de se dévêtir sur le lit où se trouve une Constance affolée, Franklin se révèle un excellent metteur en scène. Son film est sophistiqué, rythmé, avec la bonne balance de suggestion (Constance caressant la chaussure de Colman) et de comique. Les quiproquos s'enchaînent jusqu'au dénouement qui est certes prévisible, mais extrêmement bien amené. Un vrai bonheur! :)


Her Sister from Paris (Sa soeur de Paris, 1925) de Sidney Franklin avec Constance Talmadge, Ronald Colman et George K. Arthur

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A Vienne, Joseph Weyringer (R. Colman) se dispute constamment avec son épouse Helen (C. Talmadge). Exaspérée, elle le quitte. Le même soir, sa soeur jumelle Lola (C. Talmadge) arrive à Vienne. Elle va conseiller sa soeur pour donner une bonne leçon à son époux...

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Après la grande réussite de Her Night of Romance, Sidney Franklin dirige à nouveau Constance Talmadge et Ronald Colman dans une comédie écrite par Kräly. Mais, ici, nous sommes dans le domaine pratiquement de la 'screwball comedy' avant l'heure. En 75 min, l'époux volage va recevoir une leçon qu'il n'est pas prêt d'oublier. Son épouse se déguise en sa soeur jumelle Lola en entreprend de séduire son époux. Il tombe dans le panneau d'autant plus facilement qu'elle se comporte d'une manière très peu conventionnelle: posant sa jambe sur ses genoux pour lui faire admirer son bracelet de cheville ou l'embrassant furieusement sur la bouche lors de leur première rencontre. Si l'histoire vous semble familière, c'est que la pièce de Ludwig Fulda a été adaptée à nouveau pour Two-Faced Woman (1941, G. Cukor) avec Garbo. Mais quand le remake totalement aseptisé est un superbe ratage, l'original déboule comme un tourbillon où le pauvre Joseph Weyringer en voit de toutes les couleurs. Colman est absolument remarquable en mari complètement dépassé par les événements qui ne sait plus comment se sortir de la situation scabreuse où il se trouve. Constance Talmadge s'amuse comme une folle dans le double rôle de Helen, l'épouse soumise au chignon vieux jeu et celui de Lola, la danseuse qui vamp son époux. Il faut ajouter que les superbes costumes du film sont l'oeuvre d'Adrian dont c'était la première contribution au cinéma et les décors sont de William Cameron Menzies. Une des mes comédies préférées!!! :D

Les deux films sont maintenant disponibles en DVD chez Kino. Ils se sont contentés de transférer une sauvegarde des films en numérique. Le contraste n'est pas très bon -trop blanc. Il y aussi qq signes de décomposition ici et là. Mais, que cela ne vous arrête pas : les deux films valent d'être découverts.

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Re: Le cinéma muet

Messagepar allen john » 3 avr. 10, 17:39

Je les ai reçus également, et dévorés immédiatement: quel bonheur! Et j'ai enfin pu découvrir des films de Sydney Franklin qui nous permettent enfin de justifier sa réputation, parce que Wild Orchids, par exemple, quelle plaie. Ici, tout est léger, juste, et cette mise en scène qui privilégie le fait de donner des indices au spectateur, on est dans une école Lubitschienne de grande classe! En attendant le René Clair qui tarde, deux bonheurs de visionnage.
(Tu vois qu'on te lit!!! :mrgreen: )

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Re: Le cinéma muet

Messagepar Ann Harding » 3 avr. 10, 17:44

Ravie de voir que ces deux géniales comédies t'aient plû. :D Essaie aussi le DVD Norma Talmadge. Kiki est aussi un vrai bonheur, également écrit par Kräly et très bien mis en scène par Brown. :wink: Par contre, Within the Law est du Frank Lloyd typique, lent, statique et ennuyeux....

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Re: Le cinéma muet

Messagepar allen john » 3 avr. 10, 19:00

Been there, done that! j'ai reçu le tout, et le seul film auquel je ne me suis pas encore attaqué... est précisément le Lloyd. Mais Kiki est un pur délice, en effet. Quant à Lloyd, si j'ai eu du mal à voir Divine lady sans bailler, Son Oliver Twist et son Sea hawk ne m'ont pas trop déplu. Et j'aime beaucoup Mutiny on the Bounty! ...je suis irrécupérable. :roll: on verra donc pour within the law.