Budd Boetticher (1916-2001)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980...

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Jeremy Fox
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Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Messagepar Jeremy Fox » 22 sept. 11, 13:21

Kevin95 a écrit :Les deux autres (mes premiers du réalisateur) sont un western où Scott se rends dans un village dirigé par une même famille (avec une scène géniale d'une oraison funèbre particulière) et un nettement plus sombre où Scott cherche une femme avec l'argent de son maris (et une scène finale superbe).

Le dernier est une merveille du genre et je me demandais si ceux qu'ils me restent à voir son du même niveau ?

Ce sont respectivement l'aventurier du Texas (qui a probablement influencé les frères Coen et Sergio Leone) et Comanche Station.

Bref, au vu de ceux que tu as déjà vu, il te reste mes deux préférés à découvrir, La Chevauchée de la vengeance et Decision at Sundown :wink:

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Julien Léonard
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Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Messagepar Julien Léonard » 22 sept. 11, 13:36

J'ai du mal à comprendre ce que l'on peut reprocher à Decision at Sundown vis-à-vis des autres films du cycle. Il apporte une originalité à la forme et prend place dans un univers urbain extrèmement maitrisé par Boetticher. Les enjeux dramatiques sont passionnants et le revirement final est superbe. Une fois de plus, le "méchant" n'est pas si méchant, au contraire, il est très humain lui aussi, peut-être plus que Scott d'ailleurs. Le dernier quart d'heure est à montrer en école de cinéma...

Quant à Scott, il apporte encore cette présence incroyable et ce jeu très sobre, tout en retenue, avec ces quelques pics parfois afin de nuancer son personnage. Je pense que ce film est quasiment au niveau de Ride lonesome et de 7 hommes à abattre, et sans doute aussi génial que Comanche station (ce dernier étant sans doute le plus épuré, le plus sec, le plus ramassé).

Sinon, je ferais partie des gens qui vont regarder (enregistrer) La cité sous la mer. Vu le casting, je suis curieux quand même...
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Jeremy Fox
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Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Messagepar Jeremy Fox » 22 sept. 11, 13:40

Julien Léonard a écrit :J'ai du mal à comprendre ce que l'on peut reprocher à Decision at Sundown vis-à-vis des autres films du cycle.

Je ne pense pas qu'il s'agisse de reproche mais plutôt de ressenti ; beaucoup ont plus de mal avec les westerns urbains justement. En tout cas pour moi Decision at Sundown est la plus belle démonstration du talent et du charisme de Randolph Scott. Quel personnage complexe s'est-il vu attribuer à l'occasion ; quel courage d'avoir voulu l'interpréter !

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Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Messagepar Julien Léonard » 22 sept. 11, 13:48

Jeremy Fox a écrit :
Julien Léonard a écrit :J'ai du mal à comprendre ce que l'on peut reprocher à Decision at Sundown vis-à-vis des autres films du cycle.

Je ne pense pas qu'il s'agisse de reproche mais plutôt de ressenti ; beaucoup ont plus de mal avec les westerns urbains justement. En tout cas pour moi Decision at Sundown est la plus belle démonstration du talent et du charisme de Randolph Scott. Quel personnage complexe s'est-il vu attribuer à l'occasion ; quel courage d'avoir voulu l'interpréter !

Tout à fait, c'est un rôle tellement original ! Ce que j'aime chez Scott, en tout cas chez Boetticher, c'est qu'il n'y a aucun machisme chez lui. Du coup, ses réactions sont toujours très inattendues, très justes.
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Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Messagepar Jeremy Fox » 22 sept. 11, 13:48

Julien Léonard a écrit :Une fois de plus, le "méchant" n'est pas si méchant, au contraire, il est très humain lui aussi, peut-être plus que Scott d'ailleurs.

Ah oui alors ; John Carroll est d'ailleurs extraordinaire dans ce rôle. Les deux femmes aussi d'ailleurs.

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Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Messagepar Julien Léonard » 22 sept. 11, 13:52

Jeremy Fox a écrit :
Julien Léonard a écrit :Une fois de plus, le "méchant" n'est pas si méchant, au contraire, il est très humain lui aussi, peut-être plus que Scott d'ailleurs.

Ah oui alors ; John Carroll est d'ailleurs extraordinaire dans ce rôle. Les deux femmes aussi d'ailleurs.

Oui, les personnages féminins sont d'ailleurs toujours passionnants chez Boetticher, on y trouve tellement de caractères différents... A ce propos, Buchanan rides alone (que j'aime beaucoup, même si clairement inférieur aux autres chefs-d'oeuvre du cycle) m'avait un peu déçu la première fois en raison de l'absence quasi-totale de personnage féminin important.

Sinon, concernant les "méchants", Boetticher a l'art de les trouver et de les caractériser... Celui de The tall T est très impressionnant, par exemple.
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Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Messagepar monk » 22 sept. 11, 13:59

Julien Léonard a écrit :Sinon, concernant les "méchants", Boetticher a l'art de les trouver et de les caractériser... Celui de The tall T est très impressionnant, par exemple.

C'est d'ailleurs ça qui - pour moi - sauve le film, qui est très "classique" à part ça. Mais là, ça donne une autre dimension au film, un autre interet que juste attendre que le méchant se fasse descendre par le héros.

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Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Messagepar Kevin95 » 22 sept. 11, 14:13

Jeremy Fox a écrit :Bref, au vu de ceux que tu as déjà vu, il te reste mes deux préférés à découvrir, La Chevauchée de la vengeance et Decision at Sundown :wink:

Impatient je suis ! :D
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Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Messagepar Julien Léonard » 22 sept. 11, 15:49

monk a écrit :
Julien Léonard a écrit :Sinon, concernant les "méchants", Boetticher a l'art de les trouver et de les caractériser... Celui de The tall T est très impressionnant, par exemple.

C'est d'ailleurs ça qui - pour moi - sauve le film, qui est très "classique" à part ça. Mais là, ça donne une autre dimension au film, un autre interet que juste attendre que le méchant se fasse descendre par le héros.

Celui-là, j'ai du mal à y voir quelque-chose de trop classique justement. Le premier quart d'heure est très détendu, brisé dans sa course par une suite audacieuse, violente (voire barbare) et qui suggère énormément de choses horribles. Du coup, le film nous prend à revers et nous offre un spectacle inattendu. Certaisn choses sont assez classiques il est vrai, mais le film dans son entièreté est tout de même très original, je trouve, jusqu'à l'élimination des bad guys aussi méthodique que peu orthodoxe. En tout cas, voilà un film qui fait mal... :wink:
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Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Messagepar Jeremy Fox » 22 sept. 11, 15:50

Julien Léonard a écrit :
monk a écrit :
Julien Léonard a écrit :Sinon, concernant les "méchants", Boetticher a l'art de les trouver et de les caractériser... Celui de The tall T est très impressionnant, par exemple.

C'est d'ailleurs ça qui - pour moi - sauve le film, qui est très "classique" à part ça. Mais là, ça donne une autre dimension au film, un autre interet que juste attendre que le méchant se fasse descendre par le héros.

Celui-là, j'ai du mal à y voir quelque-chose de trop classique justement. Le premier quart d'heure est très détendu, brisé dans sa course par une suite audacieuse, violente (voire barbare) et qui suggère énormément de choses horribles. Du coup, le film nous prend à revers et nous offre un spectacle inattendu. Certaisn choses sont assez classiques il est vrai, mais le film dans son entièreté est tout de même très original, je trouve, jusqu'à l'élimination des bad guys aussi méthodique que peu orthodoxe. En tout cas, voilà un film qui fait mal... :wink:

Le virage à 180° concernant le ton du film est étonnant et sacrément audacieux. On passe quasiment d'une comédie de moeurs à un film d'horreur !!!

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Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Messagepar monk » 22 sept. 11, 16:31

C'est très vrai, mais la première partie présente des personnages simples - rien de préjoratif, j'utilise ce mot par opposition, par exemple, aux Héros des films de Mann qui cachent souvent un lourd passé/secret - dans une vie tout aussi simple. Je m'attendais bien à ce que ça vire au drame, et sans doute quelque chose d'assez brutal. Je n'ai pas été surpris du déroulement des évènements. Mais ça ne m'a pas gaché mon plaisir, j'ai vraiment aimé.

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Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Messagepar daniel gregg » 23 sept. 11, 14:52

Ce qui est formidable quand on a sa collection de films disséminée un peu partout chez soi, c'est qu'on découvre des films dont on ne soupçonnait pas qu'on les avait.
Cà m'a permis de découvrir deux films de la série avec Randolph Scott :
Seven men from now dont le scénario en lui même n'entend pas révolutionner le genre, mais qui, par le traitement, tout en nuances que lui donne Boetticher, devient un portrait touchant de ce shérif déchu interprété avec une sobriété et une retenue infinie par Randolph Scott.
Je ne sais plus si c'est Lourcelles ou Tavernier qui, pour désigner son jeu, parle de nonchalance malicieuse (ou rieuse), je trouve qu'en l'occurence, çà lui convient parfaitement.
Le second, un ton au dessus c'est Buchanan rides alone, d'une sécheresse de ton déroutante par moments, des dialogues incisifs, la marque de fabrique de Boetticher selon moi pour l'instant, une galerie de portraits variés et pittoresques.
Je ne doute pas que pour se renouveler et aboutir au magnifique Comanche station, Boetticher ait dû composer de façon chromatique des portraits de plus en plus fouillés.
Je suis du coup, de plus en plus impatient de recevoir le coffret Boetticher de Sidonis... :D
Dernière édition par daniel gregg le 23 sept. 11, 15:01, édité 1 fois.

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Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Messagepar Jeremy Fox » 23 sept. 11, 14:54

Le cercle des adorateurs s'agrandit 8)

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Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Messagepar daniel gregg » 23 sept. 11, 14:59

Jeremy Fox a écrit :Le cercle des adorateurs s'agrandit 8)

Oui et surtout, Sept hommes à abattre m'a permis de m'affranchir un peu plus de la "tutelle" Lourcelles, en oeuvre depuis quelques temps.
Car enfin je ne vois vraiment pas en quoi ce film a vielli.

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Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Messagepar Jeremy Fox » 23 sept. 11, 15:16

daniel gregg a écrit :
Jeremy Fox a écrit :Le cercle des adorateurs s'agrandit 8)

Oui et surtout, Sept hommes à abattre m'a permis de m'affranchir un peu plus de la "tutelle" Lourcelles, en oeuvre depuis quelques temps.
Car enfin je ne vois vraiment pas en quoi ce film a vielli.

Je suis un inconditionnel de Lourcelles mais en toute logique, je suis parfois en total désaccord avec lui, notamment sur la Nouvelle Vague. Et effectivement, je ne vois pas en quoi ce film brut de décoffrage aurait vieilli. Déjà son intro est l'une des plus sèches et étonnantes vues jusqu'alors.