Edward Dmytryk (1908-1999)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980...

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Cathy
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Re: Edward Dmytryk (1908-1999)

Messagepar Cathy » 23 juil. 12, 19:23

Rivalités, Where Love has gone (1964)

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Dix ans après leur séparation, la fille d'un couple tue l'amant de sa mère en légitime défense.

Edward Dmytryk tourne ici un mélodrame plein de bruit et de fureur. Le film commence par une jeune fille qui brandit un couteau de sculpteur, les cris d'un homme et d'une femme, on apprend dans la scène suivante que cette jeune fille est accusée d'avoir tué l'amant de sa mère en légitime défense et que son père architecte rentre pour la défendre. Un long flash back nous permet de connaître l'histoire de cette famille, un ancien officier épouse une jeune femme sculpteur, fille d'une mère ulta-influente et dominatrice. On assiste donc à ce mariage, ces relations qui se pourrissent à cause de la mère, l'homme sombre dans l'alcoolisme, la femme dans le sexe ! Le ton est ainsi donné. Sexe, addiction, les thèmes de prédilection des années 60 aux USA sont ainsi abordés par le réalisateur. La seconde partie du film nous montre la jeune fille de quinze ans qui a tué l'amant de sa mère
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mais qui était aussi le sien,
nous sommes dans le vraiment sordide. Nous sommes dans ces mélos typiques de l'époque, l'intérêt du film vaut dans la confrontation entre deux monstres sacrés à savoir Bette Davis en mère castratrice d'une dignité incroyable, et Susan Hayward en fille facile et fragile malgré les apparences. Entre ces deux actrices, Michael Connors, le célèbre Mannix tire bien son épingle du jeu en mari qui sombre dans l'alcoolisme avant de devenir un père dévoué et aimant, et aussi DeForrest Kelley plus connu pour son Dr McCoy dans Star Trek en ami de la femme, dans un rôle de confident et d'amant. Bref un bon mélodrame sans être non plus exceptionnel !

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Re: Edward Dmytryk (1908-1999)

Messagepar francesco » 23 juil. 12, 19:34

Comme je t'envie d'avoir pu revoir ce classique du "Trash opera" :mrgreen:

Précisons que ce film est en fait inspiré d'un roman qui était en fait une adaptation à la sauce sordide du célèbre procès de Cheryl Crane la fille de Lana Turner
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(accusée d'avoir tué l'amant de sa mère, en légitime défense). Comme Cheryl Crane était lesbienne et adorait sa mère à laquelle elle reprochait la distance que son métier lui imposait, l'explication du film ne tient pas debout d'ailleurs.
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Re: Edward Dmytryk (1908-1999)

Messagepar Cathy » 23 juil. 12, 19:42

Je pensais bien que c'était inspiré du crime de Lana Turner, mais je n'en étais pas sûre mais bon ils se sont juste inspirés du meurtre d'un gigolo
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(qui n'est d'ailleurs pas la victime souhaitée)
Je m'attendais d'ailleurs à une autre fin
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je pensais que la mère avait tué son amant
! La fin est camp à souhait :D !

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francesco
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Re: Edward Dmytryk (1908-1999)

Messagepar francesco » 23 juil. 12, 19:48

Oui la fin est tellement too much que c'est vraiment un mélo qui ne permait pas vraiment d'être désolé pour sa protagoniste.

A noter qu'en plus le personnage de Bette Davis devait devenir folle (à cause de la culpabilité) mais que l'actrice (qui avait détesté le tournage à cause de ses rapports plus que difficile avec Susan Hayward) a préféré faire et gagner un procès aux/contre le producteurs que de tourner cette séquence supplémentaire.
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Re: Edward Dmytryk (1908-1999)

Messagepar Cathy » 23 juil. 12, 20:05

francesco a écrit :Oui la fin est tellement too much que c'est vraiment un mélo qui ne permait pas vraiment d'être désolé pour sa protagoniste.

A noter qu'en plus le personnage de Bette Davis devait devenir folle (à cause de la culpabilité) mais que l'actrice (qui avait détesté le tournage à cause de ses rapports plus que difficile avec Susan Hayward) a préféré faire et gagner un procès aux/contre le producteurs que de tourner cette séquence supplémentaire.


Ce n'est pas la culpabilité mais plutôt le remords qui l'aurait fait devenir folle. Ceci étant, c'est bien mieux comme cela ! C'est plus fort qu'une folie de la mère !

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Re: Edward Dmytryk (1908-1999)

Messagepar feb » 9 mars 13, 19:07

Rick Blaine a écrit :Mirage (1965)

Vivant des événements incohérents, et harcelé par une mystérieuse organisation, David Stillwell (Gregory Peck) constate peut à peu qu'il est amnésique, et va tenter de reconstruire son passé.

Ce film relativement méconnu est tout à fait réussi. Dmytryk crée une ambiance parfaitement oppressante et paranoïaque, sur un scénario remarquable de Peter Stone (Charade), et attire irrésistiblement le spectateur dans le cauchemar de Peck, par une mise en scène franchement intelligente. On retrouve l'atmosphère des films politiques de l'époque, mais au delà de ça, une vision de la modernité, de la ville qui isole l'homme (la plupart des passants sont de dos, la communication se fait de manière quasi automatique -voir la scène du comissariat, ou le lieutenant s'accroche à la routine de ses questions : nom, prénom, âge,...) qui me fait pensé à une version plus académique, plus accessible d'Alphaville.
La remarquable photo noir et blanc de Joseph MacDonald rapproche le film des films noirs d'Hathaway, et renforce l'atmosphère du film.
Au milieu de cette réussite formelle, deux idées de casting magnifiques, celle de Gregory Peck d'abord, parfait pour le rôle, et celle de Walter Matthau, qui crée un personnage de détective inoubliable, amenant une dimension humoristique au film sans jamais en casser l'ambiance.

A relever également la belle B.O. de Quincy Jones, qui participe à la qualité et la modernité du film, à peine affaibli par un montage un peu trop didactique à mon goût.

Un film a découvrir, largement au niveau des tout meilleurs Dmytryk, qui vient de sortir tout récemment chez Universal Z1 dans une très belle copie.

Découvert à l'instant via l'édition Z2 Etoiles Universal, je recopie mot pour mot ce qu'en dit l'ami Rick Blaine, un bon thriller magnifié par le N&B et le 1.85 (je suis définitivement amoureux de ce duo) et servi par un scénario remarquablement écrit qui tient sur la longueur. Gregory Peck est nickel, Walter Matthau de même et je rajouterai simplement un détail omis par Rick...

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...il y a Diane Baker dans le film :oops: :mrgreen:
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Re: Edward Dmytryk (1908-1999)

Messagepar Rick Blaine » 10 mars 13, 11:01

feb a écrit : je rajouterai simplement un détail omis par Rick...



C'est vrai, mea culpa. :oops: :mrgreen:

Content que ça t'ait plu en tout cas!! :D

feb
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Re: Edward Dmytryk (1908-1999)

Messagepar feb » 10 mars 13, 11:18

Oui très bonne découverte, la collection Universal est une excellente alternative aux trésors Warner et j'espère que cela va continuer.

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Re: Edward Dmytryk (1908-1999)

Messagepar Kevin95 » 10 mars 13, 14:28

Je n'ai pas (encore) vu le film, mais très belle partition de Quincy Jones...

Les deux fléaux qui menacent l'humanité sont le désordre et l'ordre. La corruption me dégoûte, la vertu me donne le frisson. (Michel Audiard)

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Re: Edward Dmytryk (1908-1999)

Messagepar Supfiction » 7 nov. 13, 11:15

Personne ne semble avoir parlé de l'excellent Till the End of Time de Dmytryk qui sur la même base que The Best Years of Our Lives de Wyler a réussit un film très différent et complémentaire dans sa description du retour des soldats à la fin de la seconde guerre mondiale. Avec en tête d'affiche Guy Madison, un blondinet pour une bonne part oublié aujourd'hui, qui était pourtant talentueux et avec la gueule d'un Robert Redford avant l'heure. Avec en prime un Mitchum en second rôle, tout juste sorti de "Story of G.I. Joe" et sur le point (ou tout juste) de passer au rang de star.


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Re: Edward Dmytryk (1908-1999)

Messagepar manuma » 21 mars 14, 19:46

THE HUMAN FACTOR (1975)

John Kinsdale est un père de famille dévoué travaillant comme informaticien au siège napolitain de l’OTAN. Lorsque sa femme et ses 3 enfants sont brutalement assassinés par des terroristes hostiles aux Etats-Unis, John va mettre toutes ses connaissances professionnelles au service de la traque de cette bande de tueurs sans pitié, bien décidé à tous les éliminer.


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Production anglaise tournée à Naples et, pour quelques séquences en intérieurs, aux studios anglais de Pinewood, The Human factor est la cinquante-deuxième et dernière réalisation d’Edward Dmytryk. Le film est coécrit par Peter Powell et l’acteur Thomas Hunter, un duo de scénaristes que l’on retrouvera cinq ans plus tard sur le plus connu The Final countdown de Don Taylor. Notons ici que l’on croise en tout début de film, dans le rôle de l’un des fils du personnage central, Danny Huston, alors âgé d’une douzaine d’années.

Mi film d’auto défense, mi thriller d’espionnage-politique, The Human factor est un titre que je salivais de découvrir depuis des lustres. L’œuvre valait-elle cette fébrile attente ? Je doutais fort que oui, mais bon, George Kennedy traquant du terroriste dans les rues de Naples sur fond musical morriconnien, je me suis toujours dis que cela ne pouvait pas non plus être totalement mauvais.

Verdict : ce n’est ni franchement bon ni vraiment loupé. Côté plus, on appréciera le sérieux avec lequel les auteurs traitent leur sujet, l’agrémentant d’une très intéressante - pour le spectateur d’aujourd’hui - description des techniques d’investigations informatiques appliquées à la lutte contre le terrorisme international. A cet égard, on retiendra 2 choses : la séquence où Kennedy bricole une forme primitive d’internet à partir d’un ordinateur et d’un téléphone, et le nom de code prophétique de l’ordinateur professionnel du héros, baptisé 9/11. Autre atout de cet Human factor, son cadre napolitain bien exploité, notamment lors d’une belle course-poursuite en voiture dans quelques artères encombrées de la ville virant ensuite à la traque à pieds dans les arrière-cours puis sur les toits de la citée italienne.

Côté moins : même si son implication dans le projet ne fait aucun doute, George Kennedy, acteur au jeu assez limité, s’avère à moitié convaincant non seulement en père meurtri, mais plus encore en homme d’action pure et dure. Dans les bonus, l’acteur nous révèle d’ailleurs qu’il fut un choix par défaut pour Dmytryk, lequel souhaitait au départ débaucher une star de la trempe d’un Burt Lancaster.

Une petite curiosité, imparfaite mais intéressante à redécouvrir aujourd’hui, qui boucle la filmographie de Dmytryk de façon plutôt honorable.

Vu sur le DVD Dark sky Films sorti en 2006. Copie moyenne, sous-titres anglais en option. En bonus, une courte bande annonce et un doc-interview de 26 minutes de George Kennedy, qui revient sur sa carrière et le film de Dmytryk.

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kiemavel
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Re: Edward Dmytryk (1908-1999)

Messagepar kiemavel » 4 août 14, 23:32

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So Well Remembered (1947)

Production : Adrian Scott (RKO Radio British Productions)
Scénario : John Paxton
d'après un roman de James Hilton
Photographie : Freddie Young
Musique : Hanns Eisler


Avec :

John Mills (George Boswell)
Martha Scott (Olivia Channing)
Trevor Howard (Le docteur Whiteside)
Patricia Roc (Julie Morgan)
Richard Carlson (Charles Winslow)
Reginald Tate (Trevor Mangin)

En 1945, le jour de la reddition de l'Allemagne, au cours des délibérations du conseil municipal de Browdley, une petite ville ouvrière du Lancashire, son maire, George Boswell, retrace les 25 dernières années de sa vie, et par la même l'histoire de sa ville puisqu'il aura passer sa vie à servir sa communauté. Tout débuta quand en 1919, celui qui était alors le journaliste du modeste journal local et un conseiller municipal aimé et écouté, défendit la candidature d'Olivia Channing, une jeune femme qui postulait au poste de bibliothécaire adjoint, une candidature rejeté par tous en raison de la réputation exécrable du père de la jeune femme qui rejaillissait sur sa fille. John Channing, le propriétaire de la filature de coton et donc le plus important employeur de la ville avait en effet escroqué et ruiné ses propres ouvriers ce qui avait entrainé sa condamnation à une lourde peine de prison et la fermeture de l'usine. Libéré depuis peu, John Channing était revenu vivre dans la vaste demeure qui domine la ville ou père et fille vivaient en solitaire. Convaincu par le discours de George Boswell, le conseil municipal avait accepté d'engager Olivia ce qui avait rapproché les deux jeunes gens qui envisageaient même bientôt de se marier…

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Dans 50 ans de cinéma américain, l'un des rares ouvrages en français évoquant ne serait-ce qu'en quelques lignes ce film, les auteurs parlent d'un film qui "dépeint les efforts d'un journaliste pour améliorer les conditions de travail dans une petite ville industrielle". Oui mais ce film de Dmytryk n'est pas aussi directement que ce que ces propos pourraient faire penser un film social, il aborde ce qui est tout de même indiscutablement son vrai sujet, de biais, par la voie du romanesque. Ce film abordant de manière plus frontale la condition ouvrière et les luttes sociales, il le tournera deux ans plus tard lors de son second séjour en Grande-Bretagne. Toutefois, même dans Give Us This Day/Christ in Concrete, tout en faisant un état des lieux réaliste des conditions de travail et de vie d'une classe sociale en faisant le portrait de groupe d'une petite communauté d'ouvriers du bâtiment d'origine italienne, il ne renoncera pas pour autant au romanesque en s'attachant plus particulièrement à un couple dont il montrait sur le long terme la vie quotidienne, les espoirs et les désillusions. Dans So Well Remembered, même si l'on évoque plusieurs fois les conditions de travail déplorables et les logements insalubres des habitants des bas-quartiers de la ville, la condition ouvrière, les luttes sociales, la vie de cette communauté humaine et la ville elle-même n'étaient qu'un contexte restant en toile de fond d'un récit centré sur quelques personnages, et surtout sur un couple utilisé de manière à la fois réaliste et symbolique. Car cette fois, dans ce film qui peut être considéré compte tenu des opinions politiques de Dmytryk comme son premier film personnel et le premier réalisé hors de ses bases, plutôt que de montrer la lutte contre les injustices sociales, il va surtout chercher ce qui en amont des conflits sociaux, au coeur des êtres et de leur histoire est à l'origine des clivages responsables des désordres sociaux qui divisent les communautés. Il fait en quelques sorte rentrer la lutte sociale à l'intérieur d'un couple improbable formée presque accidentellement à la suite d'une rencontre amoureuse qui ne serait probablement jamais produite dans une société aussi clivée que celle qui est montrée, sans les revers de fortune et le quasi bannissement des Channing. Le film tente de démontrer l'incompatibilité ou en tout cas l'impossible symbiose entre deux mondes aux motivations antagonistes. C'est l'origine sociale des époux qui a conditionné leur attitude à l'égard de leur communauté.

L'altruiste et intègre George Boswell (John Mills), d'origine ouvrière, est l'homme du peuple engagé pour sa communauté. Témoin de son monde par son métier de journaliste, il ira plus loin en s'engageant en politique. Olivia Channing (Martha Scott), celle qui deviendra son épouse, symbolise l'ambition et le désir de pouvoir de sa classe sociale d'origine mais on ne découvre que sur le très long terme que la chute et le déclassement de sa famille n'avait en rien modifié la vision du monde que son éducation avait conditionné. Le révélateur de la véritable nature d'Olivia Boswell ne sera d'ailleurs pas son mari mais le 3ème personnage essentiel du récit, le Dr. Whiteside (Trevor Howard). Le médecin de la ville passera par tous les états. D'abord lucide et désabusé sur les possibilités d'améliorer la condition humaine, accablé par l'étendue de ses responsabilités et la faiblesse de ses moyens et de ceux de ses malades, il passera par la dépression et l'alcoolisme et sera soutenu alors par Boswell avant que les rôles ne s'inversent et qu'il devienne à son tour le plus grand soutien et le réconfort de son ami lorsque celui ci connaîtra à son tour une longue éclipse. Whiteside, en tant que figure morale plus que par son engagement dans la vie de la cité, est aussi le porte parole des ouvriers et en tant que soignant le témoin des conséquences de leurs difficiles conditions de vie. Il sera notamment en 1ère ligne lors de l'épidémie de diphtérie qui servira de révélateur à l'ensemble des protagonistes et influencera de manière décisive leur avenir.

Comme on l'aura compris, plus que par le pseudo documentaire, Dmytryk passe par le romanesque et respecte donc le matériel littéraire à l'origine du film et il passe par les moyens du drame pour faire passer son message, certains des ultimes prolongements du récit étant la seule faute de gout d'un film presque parfait. C'est en effet seulement lorsque des mondes qui ne se côtoyaient plus finiront par se retrouver de manière inattendue en raison de la rencontre "accidentelle" de la génération suivante que le récit connaîtra quelques excès mélodramatiques. Le retour d'Olivia amenant avec elle Charles Winslow (Richard Carlson), le fils qu'elle avait eu d'un second mariage permet la rencontre avec Julie Morgan (Patricia Roc), la fille adoptive du docteur Whiteside ce qui entrainera des péripéties qui n'étaient pas toutes indispensables mais cette idée de retrouvailles et de nouveaux chocs des mondes des années après leurs séparations donne aussi et surtout des choses sublimes notamment en raison de la lutte sociale qui cette fois prendra un tour très concret puisque si nous retrouvons un George Boswell toujours inchangé en porte parole des ouvriers, le retour d'Olivia venu récupérer la position sociale jadis perdue rendra l'affrontement de jadis, symbolique plus qu'idéologique, possible.

La construction pourrait paraitre très (trop ? ) solide mais cette chronique qui s'étale sur 25 ans et qui montre sur le long terme des personnages complexes et secrets prend son temps pour faire sa démonstration, ce qui fait que le récit est aussi beaucoup moins manichéen qu'il n'y parait. Certes, Dmytryk pose fermement les bases de ses personnages mais on n'est pas dans un film à thèse démonstratif "à l'américaine" comportant parfois, même pour les plus réussis de cette famille là, de grandes scènes dramatiques spectaculaires, de vibrants plaidoyers humanistes, des discours plus ou moins édifiants…et parfois démagogiques ou comportant des performances d'acteurs voyantes. Ce qui est au bout du compte un plaidoyer pour l'engagement désintéressé de personnalités charismatiques qui mettent -ou le devraient- leurs compétences au service de la cité refuse les "effets", la discrétion à tous les niveaux des moyens d'expression n'empêchant pas le film de véhiculer une force émotionnelle peu commune. Dmytryk, l'américain réussissant du premier coup un très grand film anglais, bien aidé il est vrai par les grands anglais de sa distribution, Trevor Howard et surtout John Mills étant absolument sublimes dans un film qui vous prend tranquillement mais qui ne vous lâche plus en raison d'un pouvoir d'envoutement grandissant tout au long du récit.

Même la mise en scène de Dmytryk reste discrètement brillante. On ne la remarque véritablement que dans les relativement rares scènes d'extérieurs. Lorsqu'au début du film, sans discours, Dmytryk fait "l'état des lieux" de la situation sociale de Browdley, il le fait pendant les déambulations de George Boswell à vélo dans les rues de sa ville. Toutes ces superbes séquences urbaines ne sont jamais un simple témoignage même si Dmytryk plante sa caméra à des coins de rues toutes identiques, comme le sont du reste les maisons, soulignant ainsi la condition sociale semblable de tous les habitants de cette partie de la ville. Ce qui l'intéresse surtout c'est de faire comprendre le prestige dont jouit le modeste journaliste salué et interpelé tout au long du chemin. Le capital de sympathie accumulé par cet homme modeste, discret et même presque terne est une surprise pour le spectateur mais il s'explique par l'altruisme primordial sans arrières pensées et l'intégrité d'un homme qui s'est senti toute sa vie obligé d'agir pour sa communauté mais qui n'a pas une personnalité "spectaculaire". Ni tribun ni démagogue, ses propositions concrètes, sa simplicité et l'humour de ses discours séduira son auditoire dans les rares scènes ou on le verra dans son rôle d'élu local, d'abord pendant la campagne électorale pour tenter de rentrer à la chambre des Communes qu'il ne mènera pas jusqu'au bout en raison ou à cause du soutien de la bourgeoisie locale. Refusant une carrière politique toute tracée, il se contentera de devenir maire de sa ville après n'en avoir été longtemps qu'un conseiller municipal puis un adjoint. C'est d'ailleurs Olivia qui avait été à l'origine de cette tentation de carrière politique nationale (Je mets tout ce qui concerne la personnalité d'Olivia et plus globalement la fin de mon texte intégralement en spoiler).
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La fille de John Channing, l'industriel propriétaire de la filature de coton, qui avait grandi dans la vaste demeure isolée qui domine la ville, même au plus bas après que son père ai tout perdu, demeurera toujours la secrètement ambitieuse Olivia mais elle ne révèlera que lentement sa véritable nature calculatrice et manipulatrice. L'art de ce film tout en subtilité fait que nous ne prenons conscience de la "monstruosité" de ce personnage qu'à la toute fin du récit, lorsque le docteur Whiteside aura mis en perspective tous les actes importants de la vie d'Olivia pour George Boswell…et pour le spectateur. Auparavant, elle aura tenter de se servir de la popularité de son mari pour l'inciter à se lancer dans une carrière politique nationale appuyé par un parrain politique, un industriel aussi peu scrupuleux que l'avait été des années auparavant le père d'Olivia. Elle tentera de le tenir éloigné des intérêts de la population ouvrière de Browdley…en vain. Puis lassé par le manque d'ambition de son époux et ne supportant plus ses initiatives "non payantes" socialement, la séparation à l'initiative d'Olivia sera inéluctable et interviendra lorsque le seul enfant du couple mourra durant l'épidémie de diphtérie, indirectement par la faute d'Olivia. Par la suite, elle se mariera à nouveau, cette fois avec un homme de son milieu d'origine, toujours avide de recouvrer une position sociale perdue. Elle y parviendra, et tiendra même sa revanche en rachetant l'usine abandonnée par son père…mais en renouvelant par la suite les mêmes erreurs que ce dernier. Même à ce moment là, le rapprochement rêvé par George mais fondé sur des illusions sera impossible même quand les deux ex époux se retrouveront lorsque George ira plaider en vain auprès d'Olivia la cause des employés de l'usine mais il y aura tout de même une possibilité de greffe entre les deux mondes lorsque Charles, le fils d'Olivia tombera amoureux de Julie, la fille adoptive du docteur Whiteside.
La toute dernière partie du film est, je l'ai dit plus haut, l'un des rares points faibles d'un film magnifique qui souffre aussi un peu d'une distribution inégale. Les anglais sont grandioses mais les deux américains de la distribution sont un peu moins convaincants. Richard Carlson, pas très souvent à pareille fête, ne s'en sort pas mal dans un rôle difficile mais c'est surtout Martha Scott qui par moments sur-joue qui n'est pas tout à fait à la hauteur des deux monstres de sobriété qu'elle côtoie. En revanche, le final absolument sublime qui nous fait retrouver la petite ville le jour de la fin de la guerre par lequel il avait commencé et qui montre George Boswell qui -on le sait maintenant- à une double raison de se réjouir..car doublement "libéré" est un moment exceptionnel.

Bien que grand amateur de films noirs aimant beaucoup les quelques films que Dmytryk donna au genre à l'exception de Pris au piège (Cornered), un très moyen thriller ayant pour toile de fond la seconde guerre mondiale, les deux films réalisé par ce metteur en scène qu'aujourd'hui je préfère sont d'abord celui qui est pour moi son chef d'oeuvre, Donnez-nous aujourd'hui (Give Us This Day/Christ in Concrete (Je viens d'ailleurs de lire un commentaire de Noël Simsolo qui lui aussi, après Bertrand Tavernier, considère que ce film est le chef d'oeuvre de Dmytryk)…puis viens ensuite ce So Well Remembered qui lui est à peine inférieur. vu en vost anglais.

Étant donné la parenté évidente entre les deux films, je remets ici le texte portant sur Christ in Concrete, posté dans un topic que j'avais ouvert il y a quelques mois sur les "classiques controversés" que je n'ai pas alimenté depuis longtemps et qui mérite lui aussi (et au combien) d'être découvert.
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Re: Edward Dmytryk (1908-1999)

Messagepar kiemavel » 4 août 14, 23:35

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Donnez-nous aujourd'hui (Give us this Day/Christ in Concrete)

Titre de sortie : Give us this Day
Titre alternatif : Christ in Concrete
1949
Réalisation : Edward Dmytryk
Scénario : Ben Barzman Adaptation : John Penn
d'après le roman "Christ in Concrete" de Pietro Di Donato
Image : C.M. Pennington-Richards
Musique : Benjamin Frankel
Produit par Nat A. Bronstein, Rod E. Geiger et Edward Dmytryk
GFD (UK). Distribution France : Gaumont (1951)

Durée : 120min

Avec :

Sam Wanamaker (Geremio)
Lea Padovani (Annunziata)
Kathleen Ryan (Kathleen)
Charles Goldner (Luigi)
Bonar Colleano (Julio)
William Sylvester (Giovanni)

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Geremio, un ouvrier du bâtiment d'origine italienne travaillant sur les buildings New-Yorkais, attend Annunziata, sa fiancée arrivant d'Italie par bateau. C'est par correspondance qu'il se sont connus et aimés sans s'être jamais rencontrés. Il ne lui a rien caché de sa modeste condition mais n'a pas pu lui dire qu'il ne possède pas même la seule exigence d'Annunziata, habiter une maison bien à elle et y fonder une famille. Il découvre même le soir du mariage la maison qu'il est parvenu à louer in extremis et ils y emménagent mais seulement pour quelques jours. Très rapidement, Annunziata se rend compte de la supercherie mais reste pleine d'espoir. Elle interroge Geremio sur son salaire, calcule ce qu'elle pourra économiser et trace en haut d'un mur de l'appartement dans lequel ils emménagent provisoirement, la somme nécessaire à l'achat de la maison, les 500 $ qu'il va falloir économiser pour l'acheter. 55 semaines croit-elle…


Le meilleur film d'Edward Dmytryk que j'ai vu jusque là et à priori il y a peu de chance que le statut de ce film soit bouleversé par ce qu'il me reste à voir. Le film s'ouvre sur une scène tout à fait à part dans le récit. Dmytryk filme cette ouverture -que l'on retrouvera à la toute fin du récit- comme un film noir avec des effets qui l'apparente même au cinéma fantastique par ses cadrages obliques, les contre plongées spectaculaires sur des immeubles New-Yorkais écrasants et sur Geremio que l'on découvre rentrant chez lui à la nuit, ivre et renvoyé par les couloirs de l'immeuble, accueilli par sa femme qui le sermonne et qu'il gifle juste avant que leurs enfants ne pénètrent dans la pièce rompant ainsi la violence de l'instant. Geremio quitte alors précipitamment les lieux, frappe la pointe d'une grille en fer forgé avec la paume de sa main et se rend chez Kathleen, sa maitresse, bande sans soin sa main ensanglantée, s'affale devant elle et s'effondre en larmes. Ne comprenant pas son abattement car elle ne l'a jamais vu ainsi (on apprend au fil du récit qu'elle fut la 1ère petite amie de Geremio et qu'au moment ou le film démarre, ils viennent tout juste de se retrouver), elle l'interroge : Comment en est-il arrivé là. C'est ainsi que commence le récit de Geremio qui revient sur ​​les circonstances qui l'ont amené à cet état de crise. Ce très long flashback occupe la presque totalité du film.

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On découvre ce qu'était la vie du tout jeune homme qu'il était au tout début des années 20. Il était maçon, plus précisément briquetier sur les chantiers des buildings New-Yorkais. Lui et ses camarades italiens sont soumis à de rudes conditions de travail et à des conditions de sécurité minimales mais tiennent malgré tout en raison de leur solidarité et de leur camaraderie. Les ouvriers doivent lutter contre les tentatives d'intimidation des chefs de chantiers qui tentent d'isoler les ouvriers trop bavards et surtout de les diviser mais ces tentatives restent vaines, rien ne vient perturber la bonne humeur et l'amitié liant ces hommes. Ils sortent un peu, boivent un verre, plaisantent et voient leurs petites amies...Celle de Geremio se prénomme Kathleen. Elle veut qu'il change de travail car elle estime qu'il est impossible de vivre avec sa paye d'ouvrier du bâtiment. Incapable de changer de métier, il rompt avec elle et se décide a entamer une correspondance avec une jeune italienne qui projète de venir s'installer aux USA. Après leur mariage, ils vivent 3 jours merveilleux dans la petite maison des rêves d'Annunziata qui pleure de joie en découvrant cette modeste maison de Brooklyn enclavée entre les immeubles. Mais au bout de 3 jours idylliques, comme prévu le propriétaire reprend possession des lieux mais promet d'attendre que le jeune couple puisse acheter la maison. En attendant, ils arrivent dans un immeuble bruyant et surpeuplé mais malgré le mensonge de Geremio, les jours heureux s'écoulent...

On va suivre la vie de ce couple et de son entourage du début des années 20 aux premières années de la grande dépression. Un premier enfant nait puis un autre et les années passent. La crise de 1929 arrive. le travail se fait rare et il y a maintenant 3 bouches de plus à nourrir... et le rêve d'Annunziata s'éloigne encore. A la suite d'une longue période de chômage, Geremio devient contremaître sur un chantier de construction ce qui le conduit pour la première fois à traiter rudement ses camarades. Sur ce chantier, les mesures de sécurité ont été bradés et les incidents se multiplient. Geremio devient ainsi le complice de ses patrons et voient s'éloigner les collègues qui étaient autrefois ses amis. Des disputes éclatent et on l'accuse d'avoir trahie sa classe pour satisfaire enfin à ses rêves de réussite. En réalité, c'est toujours le même espoir simple et élémentaire qui guide Geremio, acheter "la" maison d'Annunziata. Bientôt, Luigi, son meilleur ami est victime d'un grave accident sur le chantier...

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Give us this Day n'est ni la suite ni le préquel de Our Daily Bread de King Vidor mais çà pourrait (Give us this Day…Our Daily Bread). C'est un film aussi exceptionel que le (ou plutôt l'un des) chef d'oeuvre de Vidor et si je devais choisir, je garderais le film de Dmytryk. Pour commencer, je connais très bien ce milieu là et c'est l'un des rares films américains (anglo-américain en réalité) montrant avec sincérité et authenticité le monde ouvrier ; ou je crois vraiment ce que l'on me montre, ou les ouvriers ont réellement l'air d'ouvrier ; ou ils parlent comme eux ; ou ils ont leurs préoccupations. Malgré une présentation et un résumé qui peuvent faire peur, à aucun moment Dmytryk ne verse dans le misérabilisme ou le pittoresque bon marché. Cette authenticité et l'impression que l'on a de voir "en direct" l'action se dérouler est d'autant plus surprenante qu'il est évident que ce film a été murement réfléchi par des gens très impliqués dans ce projet et qu'il a du être très écrit. A tout point de vue le film est une perfection. Il est admirablement mais simplement écrit, sublime de simplicité, d'honnêteté et de justesse, admirablement joué par tous les comédiens, minutieusement et sobrement dirigé par Dmytryk à l'exception de la scène d'ouverture qui devait -on le comprendra plus tard- être dirigé de cette manière excessivement dramatique mais tout le reste est filmé dans un style quasi documentaire. A cela j'ajoute une musique admirable due à Benjamin Frankel. Bref, c'est tout simplement le meilleur film que j'ai vu depuis au moins 6 mois. Son statut de film maudit, qui a été peu ou pas distribué et qui est encore aujourd'hui inédit en France à la télévision ou sur DVD (mais il était sorti sur les écrans en 1951) est d'autant plus aberrant et rageant. Esthétiquement, ce film ressemble à un film noir mais il raconte l'histoire de personnages appartenant au néoréalisme italien. On a souvent l'impression d'être dans un film italien en raison de l'exubérance de Geremio et de ses amis (en réalité, très peu de comédiens étaient italiens ou d'origine italienne).

Ce film sulfureux dans lequel était impliqué au moins 3 artistes blacklistés (Edward Dmytryk, le scénariste et l'acteur principal Sam Wanamaker) n'a pourtant rien de si effrayant. Il confronte simplement le rêve américain à la réalité de la condition ouvrière et montre par l'exemple -ni par le discours ou théoriquement- l'impossibilité pour un couple d'ouvriers d'accéder à un rêve élémentaire qui sera le rêve inexaucée d'Annunziata toute sa vie, avoir sa propre petite maison. L'action est censé se passer à New-York, dans le quartier de Little Italy mais il a en réalité été tourné à Londres durant l'exil forcé de Dmytryk, à l'exception toutefois de plans de NY tournés par une seconde équipe. Il n'est en rien un film de propagande malgré la liberté relative dont a pu bénéficier Dmytryk pour tourner ce film. Il n'y est jamais question de politique. On n'y entend pas parler de syndicat à l'exception d'une allusion dans un dialogue de Geremio puisqu'il évoque comme prétexte pour aller retrouver sa maitresse, une soi disant réunion syndicale inexistante. Il y est en revanche question tout à fait concrètement de l'isolement communautaire puisqu'on ne verra pratiquement que des italiens, de société totalement cloisonnée ou le dialogue et même seulement la rencontre entre gens issus de milieux socio-économiques différents est très difficile. Ce sont ces évidences et "l'expérience de sociologie" appliquée que propose ce film qui a du être jugé comme trop radicale. Encore une fois, un film sublime et bouleversant. Je n'ai pas même évoqué le jeu exceptionnel de l'actrice italienne Lea Padovani dont c'était le premier rôle en anglais ni les grandes scènes de ce film unique. Je n'en évoquerais qu'une, l'une des plus belle cérémonie de mariage que j'ai vu sur un écran. Le mariage d'Annunziata et de Geremio est un moment de grâce dans un film qui les enchaine pendant deux heures.
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Re: Edward Dmytryk (1908-1999)

Messagepar Supfiction » 15 juil. 15, 16:42

Les ambitieux (The Carpetbaggers) de Dmytryck passe sur Paramount Channel. Tout comme Aviator de Scorsese, le film évoque la vie d'Howard Hughes mais en prenant probablement beaucoup plus de libertés et en mettant totalement de côté les troubles obsessionnels compulsifs de Hughes. Caroll Baker interprète un personnage qui fait beaucoup penser à Jean Harlow.
The Carpetbaggers était un roman de Harold Robbins qui fit scandale aux États-Unis dans les années 1960. Alan Ladd joue un Nevada Smith vieillissant dont la jeunesse fut racontée dans le film avec Steve McQueen, une préquelle (déjà à l'époque) au roman. Il tourne des westerns muets jusqu'à ce que l'arrivée du parlant amène Hughes à prendre contrôle de son dernier film et à y intégrer une bombe sexuelle ...
Concernant Alan Ladd, je constate que Hollywood, quelque-peu sadique, aimait décidément faire jouer des rôles d'acteurs alcooliques à ses anciennes gloires elles-mêmes rongées par l'alcool (Errol Flynn incarnant John Barrymore dans Une femme marquée, par exemple).

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Re: Edward Dmytryk (1908-1999)

Messagepar Jeremy Fox » 11 août 15, 06:09