Edward Dmytryk (1908-1999)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980...

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Jeanpop2
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Re: Edward Dmytryk (1908-1999)

Messagepar Jeanpop2 » 4 avr. 10, 14:00

Je suis surpris que deux d'entre vous uniquement citent "The sniper" que j'ai trouvé magnifique.

L'acteur principal dont le nom m'échappe y est extraordinaire, le point de vue échappe à tout prêche ou morale, le film est truffé de scènes inoubliables dans leur violence torve, et la fin du film, d'une délicatesse aiguë, d'une compassion infinie, est aussi bouleversante que celle de "Chien enragé" de Kurosawa.

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Re: Edward Dmytryk (1908-1999)

Messagepar Wall of Voodoo Fan » 10 avr. 10, 14:15

Henri Lacanne a écrit :The Carpetbaggers (Les Ambitieux)

Ce film est disponible en zone1 avec vo sans sous titres et version française.
Quelqu'un peut il me dire si la vf est d'époque ?
Merci d'avance


Bonjour. Il s'agit bien de la VF d'époque sur le DVD de The Carpetbaggers / Les Ambitieux.
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Re: Edward Dmytryk (1908-1999)

Messagepar Henri Lacanne » 10 avr. 10, 20:26

Merci beaucoup , je prends !

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Re: Edward Dmytryk (1908-1999)

Messagepar M le maudit » 14 juin 10, 17:07

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Murder, My Sweet

Adaptation du roman "Farewell, My Lovely" de Raymond Chandler, interprétée avec beaucoup de conviction et ne laissant aucune place à l'ennui. De la première à la dernière minute, l'action déboule à mesure que l'intrigue fait boule de neige et se complexifie.

Les dialogues sont particulièrement relevés; on ne compte plus les répliques savoureuses du protagoniste qui, dans le plus pur style du film noir, a toujours une boutade bien ficelée à envoyer. Inutile de dire qu'on se complaît tout à fait dans cet univers de femmes fatales, de vieux richards véreux et de truands sans foi ni loi.

Comme dans beaucoup de films noirs, une attention particulière est mise sur la photographie et la manipulation des ombres et de la lumière. C'est donc un bonheur visuel, mais doublé d'un scénario qui fonctionne étrangement bien et d'un anti-héros qui arrache tout, cousin du Mike Hammer de "Kiss Me Deadly". Un incontournable définitif.

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Re: Edward Dmytryk (1908-1999)

Messagepar Julien Léonard » 16 janv. 11, 19:40

Adieu ma jolie (Murder my sweet) - Réalisé par Edward Dmytryk / 1944 :

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Suite à ma découverte récente de Crossfire, film que je considère pour le moment comme étant le meilleur de son auteur (un superbe film acerbe et passionnant dans sa réflexion), je désirais savoir si mes bons souvenirs d'Adieu ma jolie allaient résister à une nouvelle vision. Non seulement je n'ai pas été déçu, mais je l'ai même revu à la hausse. La RKO était décidément l'un des studios les plus intéressants sur le plan du film noir, grâce à un style souvent concis et à quelques cinéastes talentueux capable d'allier rythme et beauté esthétique. Richard Fleischer, Robert Wise, Nicholas Ray, entres autres... mais aussi Edward Dmytryk. Le résultat est un vivier de films à redécouvrir.

Ce Adieu ma jolie constitue la première incursion du personnage de Philip Marlowe dans le cinéma hollywoodien, la meilleure après Le grand sommeil de Howard Hawks, sans aucun doute pour ma part. Le scénario est tortueux à souhait, les personnages complexes et ambigus, les situations souvent délicates et l'humour cynique bien présent (comme en témoignent les nombreuses répliques piquantes de Marlowe). Le personnage est très justement incarné par Dick Powell, sortant ici des sentiers battus qui ont fait sa gloire (la comédie musicale). En détective privé dur à cuire, il s'avère plus que convaincant, et nuance son jeu par de nombreuses réactions assez subtiles. Il n'est ni meilleur ni moins bon que Bogart à mon sens, mais juste différent. Deux interprétations de toute évidence très intelligentes d'un même personnage.

Il faut également souligner un remarquable travail sur l'atmosphère (un Los Angeles nocturne du plus bel effet), appuyé par une photographie contrastée, des transparences en bord de mer très belles, une mise en scène efficace (la séquence où Marlowe est camé, ou bien la lampe torche parcourant un appartement vers la fin du film, par exemple), et une musique parfois très fine (les quelques nappes de violons soulignant le mystère d'une ville prête à engloutir ses personnages). Ne manquent bien sûr ni les maisons bourgeoises cachant des secrets, ni les night-clubs enfumés où se promène notre héros. Une réussite presque totale, à l'histoire un zeste trop compliquée, et menée par une équipe technique chevronnée ainsi qu'un acteur idéal.

A noter que le DVD zone 1 Warner (avec sous-titres français) est bien meilleur que le zone 2 de chez Montparnasse (comme d'habitude). Ce dernier est griffé, avec des séquences régulièrement abîmées et une compression aléatoire. Les captures ci-dessous, provenant du zone 2 (je n'en ai pas fait de mon zone 1), permettent malgré tout d'admirer le travail du chef opérateur.

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Alligator
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Re: Edward Dmytryk (1908-1999)

Messagepar Alligator » 14 févr. 11, 09:35

The sniper (L'homme à l'affût) (Edward Dmytryk, 1952) :

http://alligatographe.blogspot.com/2011/02/sniper.html

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Je voulais découvrir Edward Dmytryk, un nom qui revient souvent et mon appétence pour le noir a fait la décision en prenant ce dvd. Je n'avais pas d'attente démesurée, aussi la déception est-elle toute relative. M'enfin, c'est vrai que le film est assez peu intéressant.

Edward Dmytryk s'amuse à filmer San Francisco dans toute son incongruité physique, ses longues rues-montagnes russes, une certaine beauté visuelle s'en dégage, je reconnais mais ça s'arrête à peu près là. Oh, toutefois, je ne dois pas oublier de saluer la présence un peu trop courte de la délicieuse Marie Windsor, reine du noir et de la série B, avec ses grands yeux, une généreuse poitrine, un corps long et tentant, des chaussures diablement sexy, sa brunitude redoutable, bref, la bombe Marie constitue la première victime du malade mental interprété par Arthur Franz, pas assez sobre à mon goût. Le rôle est difficile il est vrai. D'autre s'y sont cassés les dents. Par moments j'ai apprécié une certaine retenue, à d'autres moins. Surtout, le rôle manque de profondeur. Ses troubles restent sans explication. Et c'est tout le problème du film : on ne sait trop où il veut en venir. On suit en parallèle le parcours de ce tueur et celui de la police qui cherche à le débusquer. Chez les flics on retient que la présence d'Adolphe Menjou est à peine mise en valeur, trop en retrait à mon avis, ce qui rajoute à la déception, un acteur de cette envergure...

Et le film semble se contenter de ce peu, comme s'il n'y avait jamais de lien ni même d'urgence. Peu de suspense, pour ne pas dire pas du tout. Peut-être qu'à l'époque, suivre les pas d'un assassin en série était en soi quelque chose de très palpitant. De nos jours, le récit parait presque ordinaire. Parce que le personnage joué par Arthur Franz ne donne absolument rien. Au contraire, ses incohérences nous éloigne encore plus de lui. Voulant à la fois être arrêté et continuer à tuer, on ne sait trop ce qui le motive. Ça en devient lassant. Comme le film est court, filmé et monté de manière assez bonne, on ne s'ennuie pas non plus. On attend la fin, sagement. On éteint le lecteur et la télé et c'est oublié.

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Re: Edward Dmytryk (1908-1999)

Messagepar Rick Blaine » 14 févr. 11, 09:54

Je l'avais au contraire bien aimé ce film. Efficace, mais aussi d'une très grande sobriété, ce qui donne une certaine force au propos du film.
En fait je n'ai pas ressenti ces incohérences chez le personnage joué par Frantz.
Bref, c'était une très belle surprise pour moi. D'ailleurs sur le coffret Film noir Classic Vol.1, mis à part le paresseux 5 Against the House, j'avais trouvé les films très bons, The Big Heat bien sur, mais celui-ci aussi, et surtout Murder By Contract qui est admirable.

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Re: Edward Dmytryk (1908-1999)

Messagepar Alligator » 14 févr. 11, 10:16

Il a effectivement bonne presse. J'ai dû avoir les yeux plus gros que le ventre. Une déception d'enfant gâté.

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Re: Edward Dmytryk (1908-1999)

Messagepar Rick Blaine » 14 févr. 11, 10:24

Alligator a écrit :Il a effectivement bonne presse. J'ai dû avoir les yeux plus gros que le ventre. Une déception d'enfant gâté.


:D Ce n'est pas un incontournable chef d'œuvre non plus, mais j'avais trouvé sa réputation légitime. L'ambiance m'avais franchement plu, mais il est possible que si on entre pas dans le film par ce biais, on y voit des défauts que je n'ai pas relevé à ce moment là.

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Re: Edward Dmytryk (1908-1999)

Messagepar Demi-Lune » 14 févr. 11, 10:27

Alligator a écrit :The sniper (L'homme à l'affût) (Edward Dmytryk, 1952) :

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Tiens c'est marrant, ce plan me fait furieusement penser à une scène similaire dans le To Live and Die in L.A. de Friedkin. Hommage ou coïncidence ?
Sinon, de Dmytryk je ne connais qu'Adieu ma jolie, qui est un film noir de haute volée, peut-être l'un des tous meilleurs du genre.

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Re: Edward Dmytryk (1908-1999)

Messagepar Rick Blaine » 30 avr. 11, 16:06

Mirage (1965)

Vivant des événements incohérents, et harcelé par une mystérieuse organisation, David Stillwell (Gregory Peck) constate peut à peu qu'il est amnésique, et va tenter de reconstruire son passé.

Ce film relativement méconnu est tout à fait réussi. Dmytryk crée une ambiance parfaitement oppressante et paranoïaque, sur un scénario remarquable de Peter Stone (Charade), et attire irrésistiblement le spectateur dans le cauchemar de Peck, par une mise en scène franchement intelligente. On retrouve l'atmosphère des films politiques de l'époque, mais au delà de ça, une vision de la modernité, de la ville qui isole l'homme (la plupart des passants sont de dos, la communication se fait de manière quasi automatique -voir la scène du comissariat, ou le lieutenant s'accroche à la routine de ses questions : nom, prénom, âge,...) qui me fait pensé à une version plus académique, plus accessible d'Alphaville.
La remarquable photo noir et blanc de Joseph MacDonald rapproche le film des films noirs d'Hathaway, et renforce l'atmosphère du film.
Au milieu de cette réussite formelle, deux idées de casting magnifiques, celle de Gregory Peck d'abord, parfait pour le rôle, et celle de Walter Matthau, qui crée un personnage de détective inoubliable, amenant une dimension humoristique au film sans jamais en casser l'ambiance.

A relever également la belle B.O. de Quincy Jones, qui participe à la qualité et la modernité du film, à peine affaibli par un montage un peu trop didactique à mon goût.

Un film a découvrir, largement au niveau des tout meilleurs Dmytryk, qui vient de sortir tout récemment chez Universal Z1 dans une très belle copie.

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Re: Edward Dmytryk (1908-1999)

Messagepar Lord Henry » 1 mai 11, 10:30

Comme quoi, j'avais trouvé ça particulièrement tiré par les cheveux et bancal - comme "anticlimax" la fin se pose un peu là. En revanche, une bonne idée de mise en scène; le plan de la pastèque.
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Re: Edward Dmytryk (1908-1999)

Messagepar Rick Blaine » 1 mai 11, 10:37

Lord Henry a écrit :Comme quoi, j'avais trouvé ça particulièrement tiré par les cheveux et bancal - comme "anticlimax" la fin se pose un peu là. En revanche, une bonne idée de mise en scène; le plan de la pastèque.



La fin n'est pas ce que j'ai préféré non plus, je te rejoins un peu, mais ça ne m'a pas dérangé, comme les quelques plans "flashback" qui rappellent ce que le personnage principal vient juste d'entendre, j'ai vu tout ça comme des défauts mineurs sans doute parce que j'ai marché à fond sur le reste du film, où tout m'avait paru fort cohérent.
Et le plan de la pastèque fait effectivement parti des réussites du film, entre autres.

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Re: Edward Dmytryk (1908-1999)

Messagepar Lord Henry » 1 mai 11, 10:39

Cela dit, comme je l'ai écrit quelques pages auparavant, The Sniper est un film remarquable, un vrai classique du genre. Il doit s'agir de la seule de ses réalisations qui m'inspire un pareil commentaire.
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Re: Edward Dmytryk (1908-1999)

Messagepar Lord Henry » 2 mai 11, 12:20

On peut découvrir ici la bande-annonce de sa dernière réalisation, The "Human" Factor, avec en prime une introduction (!) de Sybil Danning . Le film existe en dvd.

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