Dino Risi (1916-2008)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

Modérateurs : cinephage, Karras, Rockatansky

Avatar de l’utilisateur
paul_mtl
je sais de quoi je parle
Messages : 962
Inscription : 9 juil. 05, 00:00
Localisation : avec ta soeur

Re: Mes monstres

Messagepar paul_mtl » 1 févr. 14, 17:18


Merci pour la signalisation.
Je précise que sur franceculture ca commence pour Dino Risi a 93:00

Avatar de l’utilisateur
Jeremy Fox
Shérif adjoint
Messages : 87060
Inscription : 12 avr. 03, 22:22
Localisation : Contrebandier à Moonfleet

Re: Dino Risi (1916-2008)

Messagepar Jeremy Fox » 5 févr. 14, 06:19

Chronique de Les Complexés par Justin Kwedi : film à sketchs dont l'un des réalisateurs est Dino Risi. Le film est sorti en DVD chez SNC

Avatar de l’utilisateur
Jeremy Fox
Shérif adjoint
Messages : 87060
Inscription : 12 avr. 03, 22:22
Localisation : Contrebandier à Moonfleet

Re: Dino Risi (1916-2008)

Messagepar Jeremy Fox » 3 juil. 14, 06:43

Mes Monstres, une autobiographie de Dino Risi aux éditions des Fallots disséqué par Antoine Royer.


On en profite pour vous faire partager notre top du cinéaste italien.

Avatar de l’utilisateur
Rick Blaine
Howard Hughes
Messages : 18491
Inscription : 4 août 10, 13:53
Last.fm
Localisation : Paris

Re: Dino Risi (1916-2008)

Messagepar Rick Blaine » 3 juil. 14, 08:53

Bonne surprise de voir Au nom du peuple italien en tête, très beau film.
Et je vais me procurer ce bouquin qui à l'air chouette.

Jeremy, pas de top. :(
Pas assez fan de Risi ou pas assez de films vu?

Avatar de l’utilisateur
Jeremy Fox
Shérif adjoint
Messages : 87060
Inscription : 12 avr. 03, 22:22
Localisation : Contrebandier à Moonfleet

Re: Dino Risi (1916-2008)

Messagepar Jeremy Fox » 3 juil. 14, 08:58

Rick Blaine a écrit :Bonne surprise de voir Au nom du peuple italien en tête, très beau film.
Et je vais me procurer ce bouquin qui à l'air chouette.

Jeremy, pas de top. :(
Pas assez fan de Risi ou pas assez de films vu?


Pas de top car je ne connais pas assez (je n'ai vu que 3 films du top collégial) ; j'aime néanmoins beaucoup Le Fanfaron et Parfum de femme. Pas trop d'affinités par contre avec ses films à sketchs : Les monstres ne me fait pas du tout rire par exemple :(

Mais depuis que j'ai découvert ce top, j'ai quand même mis le vainqueur dans mon panier Amazon depuis une semaine :wink:

Avatar de l’utilisateur
Rick Blaine
Howard Hughes
Messages : 18491
Inscription : 4 août 10, 13:53
Last.fm
Localisation : Paris

Re: Dino Risi (1916-2008)

Messagepar Rick Blaine » 3 juil. 14, 09:13

Jeremy Fox a écrit :
Mais depuis que j'ai découvert ce top, j'ai quand même mis le vainqueur dans mon panier Amazon depuis une semaine :wink:


Il y a de bonnes chances pour que tu le préfère nettement aux Monstres je pense. :wink:

Avatar de l’utilisateur
Jeremy Fox
Shérif adjoint
Messages : 87060
Inscription : 12 avr. 03, 22:22
Localisation : Contrebandier à Moonfleet

Re: Dino Risi (1916-2008)

Messagepar Jeremy Fox » 3 juil. 14, 09:17

Rick Blaine a écrit :
Jeremy Fox a écrit :
Mais depuis que j'ai découvert ce top, j'ai quand même mis le vainqueur dans mon panier Amazon depuis une semaine :wink:


Il y a de bonnes chances pour que tu le préfère nettement aux Monstres je pense. :wink:



Oui je pense. Et ce fut une surprise de le voir placé là : je ne connaissais le film que de titre et ne pensais pas qu'il serait plus apprécié que ses "classiques"

Avatar de l’utilisateur
manuma
Accessoiriste
Messages : 1562
Inscription : 31 déc. 07, 21:01

Re: Dino Risi (1916-2008)

Messagepar manuma » 3 juil. 14, 09:53

Surpris également par le vainqueur de ce top, et content de voir apparaitre l'un peu oublié Rapt à l'italienne.

Mon top risien :

1. Parfum de femme
2. Sexe fou
3. Le Fanfaron
4. Les Nouveau monstres
5. Rapt à l’italienne
6. Il Giovedi
7. Au nom du peuple italien
8. Vedo nudo
9. Il tigre
10. Il Vedovo
11. Un amour à Rome
12. Il Mattatore
13. La Chambre de l’évêque
14. Le Fou de guerre
15. Fantôme d’amour
16. La carrière d’une femme de chambre
17. Les Séducteurs (sketch « Armando's Notebook »)
18. Le Bon roi Dagobert
19. Les Monstres
20. La Femme du prêtre
21. Le Signe de Venus

Souvenirs trop flous de :

Les Derniers monstres
Je suis photogénique
Les complexés (sketch "Una giornata decisiva")

Avatar de l’utilisateur
Kevin95
Footix Ier
Messages : 17661
Inscription : 24 oct. 04, 16:51
Localisation : Devine !

Re: Dino Risi (1916-2008)

Messagepar Kevin95 » 3 juil. 14, 14:03

Le Bon Roi Dagobert avant Les Monstres et La Femme du prêtre !

Bah dis donc, soit tu es bien tendre avec Dagobert (qui franchement pique au yeux) soit tu as la dent dure envers les deux autres films qui pourtant ne manque pas de charme (j'avoue que La Femme du prêtre m'a bien plu notamment pour son final ultra mélancolique).
Les deux fléaux qui menacent l'humanité sont le désordre et l'ordre. La corruption me dégoûte, la vertu me donne le frisson. (Michel Audiard)

Avatar de l’utilisateur
manuma
Accessoiriste
Messages : 1562
Inscription : 31 déc. 07, 21:01

Re: Dino Risi (1916-2008)

Messagepar manuma » 3 juil. 14, 14:53

Kevin95 a écrit :Le Bon Roi Dagobert avant Les Monstres et La Femme du prêtre !

Bah dis donc, soit tu es bien tendre avec Dagobert (qui franchement pique au yeux) soit tu as la dent dure envers les deux autres films qui pourtant ne manque pas de charme (j'avoue que La Femme du prêtre m'a bien plu notamment pour son final ultra mélancolique).


La première hypothèse est la bonne. Je sais que le film a très mauvaise presse, mais j'ai quand même une certaine affection pour cette grosse bouffonnerie anticléricale, qui me rappelle un peu les Brancaleone de Monicelli. Après, c'est vrai que c'est très bordélique, rarement de bon gout, et que Coluche ne livre pas là sa prestation la plus convaincante.

A voir en combo avec Sa Majesté Minor, que j'ai également tendance à défendre (et qui est également écrit par Gérard Brach)

Avatar de l’utilisateur
Strum
n'est pas Flaubert
Messages : 8445
Inscription : 19 nov. 05, 15:35

Re: Dino Risi (1916-2008)

Messagepar Strum » 3 juil. 14, 17:48

Mon trio de tête serait :

1. Une Vie difficile (assez loin devant, avec un Sordi fabuleux - Risi réussit à nous émouvoir en racontant les tribulations et la vie d'un baratineur médiocre, qui est racheté par l'énergie qu'il déploie et la femme qui l'aime - fin très belle)
2. Le fanfaron (Gassman emporte tout sur son passage - on sent que Risi critique et admire en même temps cette caricature d'italien - fin terrible)
3. Au nom du peuple italien (plus politique et conceptuel que les autres, et encore plus ambigu, avec une reflexion sur le pouvoir des juges - fin formidable là encore)

En somme, Risi est très fort pour les fins.

Avatar de l’utilisateur
Kevin95
Footix Ier
Messages : 17661
Inscription : 24 oct. 04, 16:51
Localisation : Devine !

Re: Dino Risi (1916-2008)

Messagepar Kevin95 » 3 juil. 14, 21:48

manuma a écrit :
Kevin95 a écrit :Le Bon Roi Dagobert avant Les Monstres et La Femme du prêtre !

Bah dis donc, soit tu es bien tendre avec Dagobert (qui franchement pique au yeux) soit tu as la dent dure envers les deux autres films qui pourtant ne manque pas de charme (j'avoue que La Femme du prêtre m'a bien plu notamment pour son final ultra mélancolique).


La première hypothèse est la bonne. Je sais que le film a très mauvaise presse, mais j'ai quand même une certaine affection pour cette grosse bouffonnerie anticléricale, qui me rappelle un peu les Brancaleone de Monicelli. Après, c'est vrai que c'est très bordélique, rarement de bon gout, et que Coluche ne livre pas là sa prestation la plus convaincante.

A voir en combo avec Sa Majesté Minor, que j'ai également tendance à défendre (et qui est également écrit par Gérard Brach)


L'ayant découvert il y a peu, c'est quand même dur à regarder (avec ces extérieurs digne du bois de Boulogne ou cette photo très porno 80's). En revanche je suis content de ne pas être le seul à placer Scemo di guerra dans les réussites du cinéaste. Un film imparfait mais très attachant. :wink:
Les deux fléaux qui menacent l'humanité sont le désordre et l'ordre. La corruption me dégoûte, la vertu me donne le frisson. (Michel Audiard)

Avatar de l’utilisateur
Profondo Rosso
Howard Hughes
Messages : 15451
Inscription : 13 avr. 06, 14:56

Re: Dino Risi (1916-2008)

Messagepar Profondo Rosso » 7 août 14, 04:11

Âmes perdues (1976)

Image

Le jeune Tino arrive à Venise où il va vivre avec son oncle (Vittorio Gassman) et sa tante (Catherine Deneuve), qui habitent dans un vieux palais splendide autrefois mais délabré aujourd'hui. La nuit, Tino entend d'étranges bruits de pas qui semblent venir des combles de la maison, puis une mélodie jouée sur un piano. Curieux de savoir ce qui se passe dans cette maison mystérieuse, il découvre peu à peu un passé qui ne cesse de hanter ceux qui y vivent.

Même en abordant des sujets sérieux et en se teintant d'une certaine gravité, la majorité des films de Dino Risi s'inscrivait dans son genre de prédilection de la comédie, quitte à brutalement basculer par un rebondissement (Le Fanfaron (1962), Au nom du peuple italien (1971)) ou changement de ton inattendu (le dernier sketch des Monstres (1963), Parfum de femme (1974)). Âmes perdues représente donc un vrai changement pour le réalisateur qui y aborde frontalement le drame sans qu'aucun rire vienne apporte une distance cynique et désabusée à l'ensemble. Le film est l'adaptation du roman éponyme de Giovanni Arpino (déjà adapté par Risi avec Parfum de femme) et permet à Risi de renouer avec sa formation initiale de psychiatre puisqu'il y aborde le thème de la folie qui sera justement au cœur de ses œuvres suivantes comme Fantômes d'amour (1981) ou Le Fou de guerre (1985).

Le jeune Tino (Danilo Mattei) arrive à Venise afin de suivre des études de peinture et doit être logé chez son oncle Fabio (Vittorio Gassman) et sa tante Elisa (Catherine Deneuve). Sa tante est à la fois chaleureuse et effacée face à l'autorité de son époux, qui quant à lui sous la sévérité et la distance de façade s'avère avenant et érudit pour lui faire découvrir le passé de ce Venise mystérieux et chargé d'Histoire. Une histoire qui s'illustre d'ailleurs déjà dans leur demeure, un vieux palais à moitié délabré regorgeant de pièces, de passages et d'objets représentant ce poids du passé. Ce passé des lieux va pourtant prendre un tour bien plus inquiétant lorsque les nuits seront hantées par d'étranges bruits, hurlements et une étrange mélodie au piano qu'entend régulièrement Tino. Il aura un début d'explication en apprenant que le frère dément de Fabio est enfermé dans les hauteurs du palais mais cela ne suffit pas à comprendre qui joue ainsi du piano. Risi instaure un climat pesant et inquiétant, une atmosphère gothique lorgnant sur les classiques anglo-saxons du genre (on pense évidemment à Jane Eyre avec un fou enfermé dans les combles et personnification cachée de la culpabilité des habitants) où les cadrages mettent en valeur les décors tout en leurs donnant une aura mystérieuse par cette photo grisâtre et diaphane de Tonino Delli Colli jouant merveilleusement sur les ombres. Ce côté gris et fantomatique se propage à l'illustration de la ville de Venise où seules les scènes de cours de Tino (et ses camarades chevelus raillés par Gassman le temps d'une scène en rappelant une autre hilarante d'Au nom du peuple italien) cède à une imagerie contemporaine. Pour le reste Venise s'avère une ville désertique dont chaque bâtiment est rattaché à un souvenir macabre (la ballade avec Gassman), où chaque élément du passé évoque la facette la plus noire de l'homme (cet asile imposant surgit des flots) plutôt que sa gloire ancienne.

Tous ces éléments constituent dans indices quant à l'énigme entourant le film. Risi après avoir posé l'ambiance laisse certes planer le doute quant à une explication surnaturelle mais plutôt que de multiplier les phénomènes étranges il fait vaciller la raison du couple Vittorio Gassman/ Catherine Deneuve qui se désagrège sous nos yeux. La discrète et douce Elisa semble ainsi comme littéralement s'évaporer au fil du récit (le teint pâle de Catherine Deneuve en devenant presque translucide), comme rongée par la brutalité de son époux mais surtout par un lourd et insoutenable secret. Un même secret qui rend imprévisible Fabio et fait se zébrer l'armure de tranquille froideur qui le constituait jusque-là. Vittorio Gassman est extraordinaire dans la bascule stupéfiante qu'effectuera son personnage et si l'on peut deviner en partie la résolution (les apparitions du frère fou nous mettant sur la piste), la vérité s'avère plus tétanisante encore quant au lien unissant les époux. La nostalgie est une illusion, le passé une malédiction pour ceux qui le chérissent et ce/ceux qui le représente(nt) et s'y rattacher ne nous guide vers rien d'autre que la folie. Un grand Risi. 5/6

Avatar de l’utilisateur
Demi-Lune
Bronco Boulet
Messages : 13056
Inscription : 20 août 09, 16:50
Localisation : Avec Dr. Jones dans une pièce qui se rétrécit à vue d'oeil

Re: Dino Risi (1916-2008)

Messagepar Demi-Lune » 12 août 14, 10:18

De mon côté, pas beaucoup d'enthousiasme pour ces Âmes perdues. Dès le générique, à vrai dire, j'ai craint quelque chose de bien daté à l'image du bontempi ringard de Francis Lai... le film vaut heureusement un peu mieux que ça, mais les approximations de la mise en scène et le traitement trop "évident" de l'intrigue (ah ces coïncidences, ah cet œilleton...) affaiblissent quand même l'entreprise. La niaiserie du jeune personnage est lassante. A retenir principalement de mon côté : le couple Gassman/Deneuve (le film est bien plus convaincant lorsqu'il surfe sur les non-dits du couple que lorsqu'il explicite tout ce qui tourne autour du frère reclus), l'ambiance gothique et la pâleur glauque de Venise, dans la lignée de Ne vous retournez pas. Mais sinon, bof.

Avatar de l’utilisateur
Père Jules
Quizz à nos dépendances
Messages : 14745
Inscription : 30 mars 09, 20:11

Re: Dino Risi (1916-2008)

Messagepar Père Jules » 3 oct. 14, 23:56

Revu avec un bonheur immense Une vie difficile. Mon souvenir s'étant estompé avec les années et à la faveur de la récente discussion qu'il y a eu sur Scola et Risi dans le topic des films du mois, j'avais décidé de redécouvrir le film. C'est bien simple, il m'a bouleversé par sa simplicité et sa capacité à en dire énormément sur l'âme humaine sans rien intellectualiser, sans jamais juger les différents protagonistes, sans les dépeindre bons ou mauvais. Je ne crois pas avoir déjà été confronté à des personnages aussi beaux et vivants que ceux campés par Lea Massari et Alberto Sordi. Réfutant toute idéologie, tout dogmatisme, Risi raconte comment un homme peut aller contre ses idéaux non pas pour écraser les autres mais pour survivre. Comment pour un peu de confort, pour exister aux yeux de sa compagne, pour vivre un minimum en phase avec une société en plein essor, cet homme accepte ce qui lui paraissait inacceptable auparavant: trahir sa déontologie. Le film est absolument formidable dans mais il contient deux scènes d'une justesse et d'une cruauté absolument implacables: celle du repas chez les aristo lors du référendum qui montre combien la politique est une affaire que l'on peut (et doit) oublier le temps de se remplir la panse, et celle bien sûr de l'enterrement de la mère de Massari où l'on retrouve un Sordi complètement éteint, vidé de sa substance, ayant tant et tant refusé le compromis qu'il se voit confronté radicalement à la compromission avec une classe qu'il a méprisé toute sa vie.
Les acteurs sont évidemment prodigieux, tout comme l'acuité et l'intelligence d'un réalisateur qui signe là ce que je tiens (pour ce que je connais du genre aujourd'hui) pour LE chef-d'œuvre de la comédie italienne. Un film qui parle à la tête autant qu'au cœur. Sublime.