Jean-Pierre Melville (1917-1973)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Re: Jean-Pierre Melville (1917-1973)

Messagepar Federico » 22 juin 15, 18:20

Kevin95 a écrit :J'adore, à propos de Trois chambres à Manhattan : "J'ai deux regrets : de ne pas l'avoir tourné et que Carné l'ait tourné". :uhuh:

Et puis ça aurait été sympa de se dire plus tard que de Niro avait débuté chez Melville... :)
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Kevin95
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Re: Jean-Pierre Melville (1917-1973)

Messagepar Kevin95 » 22 juin 15, 23:40

Ce qui est étonnant, c'est la correspondance entre les remarques de Melville et celles de Tarantino : la peur de vieillir au cinéma, l'envie de se mettre à l'écriture, les jugements lapidaires sur le cinéma contemporain etc.
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Re: Jean-Pierre Melville (1917-1973)

Messagepar Supfiction » 23 juin 15, 10:49

Kevin95 a écrit : les jugements lapidaires sur le cinéma contemporain etc.

Tu veux dire, en l’occurrence, sur celui des années 50 ?
Melville dit à un moment qu'il adorait le cinéma des années 30 et déjà un peu moins celui des années 40.

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Kevin95
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Re: Jean-Pierre Melville (1917-1973)

Messagepar Kevin95 » 23 juin 15, 15:34

Supfiction a écrit :
Kevin95 a écrit : les jugements lapidaires sur le cinéma contemporain etc.

Tu veux dire, en l’occurrence, sur celui des années 50 ?
Melville dit à un moment qu'il adorait le cinéma des années 30 et déjà un peu moins celui des années 40.

Celui des années 60 puisque l'on est en 1966. :wink:

Dans les entretiens avec Rui Nogueira il est encore plus sévère avec le cinéma de son époque (Leone et Peckinpah en prennent pour leur grade) et encore plus envers le cinéma français. Il a bien ses chouchous (Wyler ou Huston) mais (comme Tarantino) c'est plus le cinéma d'hier qui le passionne.
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Thaddeus
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Re: Jean-Pierre Melville (1917-1973)

Messagepar Thaddeus » 9 avr. 16, 21:43

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Le silence de la mer
Une maison de campagne sous l’Occupation, le froid hivernal qui engourdit les corps, la pipe fumée par l’oncle et l’ouvrage tricoté par la nièce devant l’âtre à la veillée, le tic-tac de l’horloge qui bat comme un cœur, et les mots de l’officier allemand, infiniment courtois, qui formule ses rêves de culture et de fraternité, son horreur de la guerre, son amour de la France. L’un parle, les deux autres écoutent, une voix-off décrit des actions et des gestes que le plan réitère. La concentration de l’image et du texte confère à chaque évènement, si minime soit-il, sa plus grande force de signification, et à ces rapports totalement silencieux leur plus haut degré d’intensité. Le système bressonien devra beaucoup à cette tragédie de l’estime et de la dignité, dont la grandeur utopique se brise sur les récifs de l’Histoire. 5/6

Les enfants terribles
Jean Cocteau a lui-même confié l’adaptation de son célèbre roman au jeune Melville qu’il admirait. Si l’on parvient à dompter la stylisation littéraire et la radicalité ardue des mots, de leur récitation, de leur musicalité, alors une fascination vénéneuse opère et s’accroît jusqu’à l’ultime image. Il y a quelque chose d’incantatoire dans cette prose argotique, dans les joutes taquines, enveloppée d’une affection étouffante, que s’échangent ces deux ados blonds comme des anges, dans ces images à la lisière du fantastique et à l’irréalité féérique, dans ces palais de souvenirs et de reliques hantées par une figure machiavélique dont le visage ne se dévoilera qu’à la fin – celui d’un amour fraternel, maléfique, et d’une enfance consumée jusqu’à la folie par une passion exclusive. 5/6

Bob le flambeur
Le premier polar de Melville s’inscrit dans la tradition du film noir à la française mais s’en démarque par une fascination du décor et de la mythologie américaines en même temps qu’un regard presque ethnologique sur le milieu, flics et truands, menteurs et indicateurs, condamnés à la solitude dans une jungle aux couleurs de faire-part de deuil. On y perçoit d’emblée une ligne personnelle, une forme de moralisme désenchanté exaltant une image qui serait désuète si elle ne composait une poétique de la virilité et des sociétés d’hommes. Captivant mais d’une sécheresse peu amène, un tantinet raidi par ses composantes théoriques (la voix off commentant avec neutralité le déroulement de l’action), le film secrète l’ironie tragique d’un parcours condamné d’avance. 4/6

Léon Morin, prêtre
Elle se dit athée, élève seule sa fille dans un village occupé que la guerre a vidé de ses hommes, se consume d’amour pour une autre femme (le film ne louvoie pas là-dessus et il date bien de 1961), avant de rencontrer le nouvel abbé de la paroisse. Elle, c’est Barny, c’est Emmanuelle Riva, magnifique, frémissante, c’est sa voix qui magnétise, son regard et ses gestes troublés trahissant doutes, hésitations, chambardement sensuel, confusion spirituelle face au jeune curé. Leurs joutes oratoires offrent un festin succulent à l’oreille, la mise en scène exprime avec une splendide mais cruelle transparence tous les émois d’un être qui, sans le comprendre, s’ouvre à une passion interdite. Attisant le feu d’un véritable suspense intime, cette œuvre d’obstination, d’incertitude et d’élévation déroule une tragédie douce qui éclaire l’âme et fouette le cœur. 6/6
Top 10 Année 1961

Le doulos
Par la complexité du récit, l’alternance des points de vue et des ellipses, ce film peut être pris pour de la manipulation alors qu’il s’agit d’un jeu de reconstruction mentale, comme un puzzle que le spectateur assemblerait différemment à chaque vision. Difficile de résumer son intrigue toute en sinuosités, trompe-l’œil et bifurcations, qui finit par atteindre au tragique pur. Le cinéaste y dévoile sa fascination pour les personnages doubles, organisant une valse de menteurs où les gangsters se jouent de la police mais ont intérêt à rester le dos au mur. L’œuvre est parfaitement accomplie et maîtrisée, plongeant dans une sorte de léthargie envoûtante, mais je ne peux m’empêcher d’être mal à l’aise devant un propos qui semble légitimer les pires saloperies (torture et meurtres) au nom de l’honneur et de l’amitié. 4/6

L’aîné des Ferchaux
Melville transpose un roman de Simenon dans un cadre légèrement différent : l’itinéraire du banquier en fuite et de son secrétaire débute à New York, se poursuit sur les routes des grands espaces américains et s’achève dans les tripots moites de La Nouvelle Orléans. L’occasion pour lui de se frotter à la mythologie qui l’a toujours fascinée, et de dérouler un road-movie où les rapports de force se brouillent peu à peu. Car entre le jeune boxeur raté, en quête d’un nouveau souffle, et le vieux truand insensible, calcifié par des années de proximité avec le pouvoir et l’argent, une relation complexe de mépris, de tendresse et de haine se met en place, qui voit les mots contredits par les gestes, et les sentiments s’inviter au sein des jeux de manipulation. Pas un grand film sans doute, mais de la belle ouvrage. 4/6

Le deuxième souffle
Par sa construction large qui vise au hiératisme spartiate, son obsession fétichiste marquée, sa thématique de la solitude et de la mort inévitable, on peut considérer cette évocation du milieu parisien comme la matrice des films suivants. Si les personnages sont désenchantés, déracinés, s’ils préféreront le suicide ou la fusillade dont ils ne reviendront pas aux décervelages de sang-froid, ce sont aussi des hommes comme tout le monde, crapahutant dans les ténèbres pour survivre. Melville raréfie les dialogues, efface toute effusion expressive, vise une rigueur ascétique, une lenteur sèche qui joue de l’attente et du vide, et qui accentue les motifs du film noir américain classique en magnifiant le code d’honneur de ses héros, dont l’affection et la dignité s’expriment dans la pudeur et la retenue. 5/6
Top 10 Année 1966

Le samouraï
Cet univers mi-parisien, mi-hollywoodien, son héros marqué par la vie, cette dramaturgie rigoureuse, on les retrouve dans un autre modèle de polar ascétique et stylisé, qui invente une sorte de féérie noire à base de poésie nocturne, de froideur décorative et de miroitements dans l’obscurité et les errances urbaines, parmi les chapeaux feutres et les gens du milieu, les boîtes de nuit bercées de jazz et les revolvers planqués dans les poches des trench coats. L’habileté avec laquelle Melville utilise le complexe citadin, l’infaillibilité de sa mécanique narrative, le dépouillement de sa mise en scène inféodée à la logique fatale du destin, tout confère à son requiem une grandeur altière assez saisissante, synchrone avec la noblesse d’ange déchu qui est celle de son fier et énigmatique protagoniste. 5/6
Top 10 Année 1967

L’armée des ombres
Chronique d’un réseau de résistance, décrit sans emphase dans son travail quotidien d’action et de survie. S’il quitte provisoirement le film noir pour la peinture d’un autre type de communauté, Melville reste fidèle à ses obsessions. On a souvent comparé son approche à celle de Bresson, et rarement le parallèle fut plus adéquat que devant cette analyse sèche et concrète de la notion de liberté individuelle. Dans un climat crépusculaire, le cinéaste ausculte les ambigüités et les compromissions du choix et de l’engagement, faisant de ses résistants les cousins tragiques des gangsters peuplant ses autres films, mus par un même serment implicite, de mêmes tiraillements intimes. Et si je suis hélas bien moins captivé qu’ailleurs, le film est à réévaluer (ou pas) toutes affaires cessantes. 3/6

Le cercle rouge
Le film le plus emblématique de l’auteur, qui recense de façon complète toutes les composantes de son univers et de son style, les élevant à un degré de méticulosité et d’épure absolues. L’heure est à la minute de vérité, à l’examen de conscience, à la rédemption pour certains (Hawks n’est pas loin). C’est un western nocturne aux proportions dosées avec un soin maniaque, où l’engrenage de la fatalité et de la violence se déclenche de façon inéluctable. Décrassant la série noire de tout son pittoresque pour n’en conserver que l’ossature, l’œuvre possède la perfection abstraite d’une sphère de béton armé, installe un climat étrange, glacé, désabusé, orchestre un ballet masculin et presque muet de spectres impassibles qui rejouent la lutte archétypale entre truands et flics, ordre et désordre. Fascinant. 5/6
Top 10 Année 1970

Un flic
Fin de carrière en note mineure pour Melville, qui gratifie d’un ultime tour de piste solide et carré mais dispensé de la moindre surprise. On retrouve une dernière fois son goût caractéristique des milieux interlopes, sa poésie de l’insolite, sa propension à évacuer de l’écran tout réalisme au premier degré, et même au second pour imposer sa thématique obsessionnelle de l’amitié impossible entre le flic et le truand, de la fatalité auquel est soumis le sort de l’être humain. Brodant sur un canevas ultra-classique mais presque invertébré, déclinant des situations archétypales auquel sa technique assure toujours une belle efficacité (malgré le ridicule des maquettes et des transparences), il tend à une épure quasi mallarméenne dont les intentions suscitent le respect sans toutefois être pleinement concrétisées. 4/6


Mon top :

1. Léon Morin, prêtre (1961)
2. Le deuxième souffle (1966)
3. Le cercle rouge (1970)
4. Le samouraï (1967)
5. Les enfants terribles (1950)

Le créateur singulier d’une mythologie sans véritable héritage du policier français (si ce n’est en Asie) : Melville a puisé dans le film noir hollywoodien ses motifs élémentaires et en a fait les composantes d’un univers tirant vers l’abstraction et le fétichisme, au moralisme désabusé. J’aime vraiment beaucoup et le considère sans peine comme l’un des plus grands cinéastes hexagonaux.
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Re: Jean-Pierre Melville (1917-1973)

Messagepar Thaddeus » 9 avr. 16, 21:43

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Coup de foudre pour une soutane



Jean-Pierre Melville affectionne les causes difficiles, pour ne pas dire perdues d’avance. Son tempérament le pousse à disputer allègrement les épreuves les plus semées d'embûches et à ne jamais reculer une fois qu'il y est engagé. Ce goût de l'aventure est à saluer sans retenue : il témoigne d’une fougue, d’une ingénuité, d’une confiance touchante et un peu anachronique dans la puissance souveraine des élans du cœur. Avec Léon Morin, Prêtre, le réalisateur de quarante-quatre ans s'est trouvé placé devant la pierre d'achoppement du scénario — celle-là même sur laquelle vient buter, à brève échéance, tout jeune cinéaste ayant complaisamment jeté sa gourme. Une charpente solide, élégante, attrayante et sans putasserie, sur laquelle il puisse bâtir en toute sérénité, où pouvait-il donc dénicher cette pièce rare ? C'est alors que lui revint en mémoire un projet de derrière les fagots qui lui offrait deux gros avantages. D’abord fournir un contenu romanesque malléable à merci mais suffisamment émouvant pour peu que l'on veuille bien en respecter les données initiales. Ensuite aborder sans détours des problèmes que tout auteur un tant soit peu soucieux d'humanisme rencontre tôt ou tard : ceux tournant autour de la morale et de la foi. Le film est tiré d’un roman de Béatrix Beck, lauréat du prix Goncourt en 1952. Il est difficile d'imaginer comment un matériau aux dialogues aussi présents, teinté de féminisme et de religiosité, parcouru par les frémissements un peu troubles d’une sensibilité délicate et passablement complexée, a su trouver sa place dans l'univers d'un cinéaste que l'on associe plus volontiers à des personnages masculins, mutiques et secrets, et qui se déclarait ouvertement athée. Le séide melvillien se trouve pourtant confronté ici même à l'aspect le plus intéressant du paradoxe posé par la transposition cinématographique. Car s'il est vrai que le sujet est animé par une indéniable ferveur chrétienne, c'est précisément lorsqu’il se dépouille de son mysticisme que se révèle l'essence de la fascination exercée par le personnage-titre, séduisant, insaisissable et indéchiffrable.


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L’art de Melville adaptateur atteint ici son point optimum : neutralité documentaire et lyrisme sous-jacent se fondent en une sorte d’harmonie furtive et glacée. Certes la caméra y ajoute, mais c’est d’une lecture attentive et noblement déclamatoire qu’il s’agit d’abord. Bien lire, avec précision et nuance, en détachant soigneusement les syllabes (ou les séquences), c’est déjà, pour l’auteur du Silence de la Mer et des Enfants Terribles, la moitié de la besogne. L’histoire raconte l’amour impossible — et sans doute non réciproque — entre Barny, une jeune veuve et ancienne militante communiste, et Léon Morin, le nouvel abbé d'une paroisse voisine. Elle prend la forme d'une chronique de la vie quotidienne sous l'Occupation, avec ses lâchetés, ses compromissions, ses petites et ses grandes misères. Préférant à la fresque lourdement orchestrée l'humble sens de mille détails furtifs, le recours constant à la litote, Melville livre l’un des tableaux les plus justes et authentiques que l’écran ait jamais offert de ces années noires. Mais l’essentiel est ailleurs. Car au fil des rencontres se développe pour Barny une ardeur religieuse inattendue mais aussi, et surtout, une attirance intellectuelle et physique inavouable pour Léon Morin, que celui-ci va justement exploiter afin de la guider vers une conversion totale et absolue. Elle et lui ne marchent pourtant pas du même pas. La première vit sur un plan, le second sur un autre. Dans un désir de communion ils cherchent à se rapprocher, mais tous leurs efforts ne les conduisent qu'à un affrontement de plus en plus tragique au bout duquel chacun retrouve sa solitude. Le contexte prend alors une valeur fonctionnelle et déterminante. Enfants privés de pères, soldats privés de femmes, femmes privées d'hommes. Morin, lui, n'éprouve aucune frustration. Le masque serein dont il pare sa juvénile beauté lui donne toutes les apparences du héros, que rien ici-bas ne peut atteindre. Et c'est évidemment de ce héros dont Barny tombe amoureuse.

L'attitude particulière et les méthodes peu orthodoxes du jeune prêtre lui valent l'opprobre de l'évêché et attirent sur lui les rumeurs des villageois. Il refuse le pardon aux traîtres collaborateurs, reconnaît les fautes de l'Église et s'affiche comme un prolétarien, précurseur des théologiens de la Libération unissant pensée marxiste et foi chrétienne, ce qui bien sûr plaît à Barny. Hors de tout idéalisme religieux, il apparaît comme un personnage résolument machiavélien — et pas machiavélique, dont la connotation plus négative, teintée de cynisme et de perfidie, ne lui sied guère. Il utilise sa ruse et son pouvoir de séduction non dans un but personnel, mais avec la sincérité d'un ambitieux stratège qui aspire à une morale plus haute. Son comportement est justifié par la volonté de défendre la parole de Dieu, quitte à user de moyens séditieux pour y parvenir. Se montrer tantôt lion, tantôt renard, se faire aimer puis craindre de ses fidèles sont des pièges nécessaires à la détermination divine. Ses gestes sont calculés, réfléchis, comme son habitude de frôler de son aube le visage des paroissiennes lors de la messe, ce qui provoque l’émoi de Barny. Obscur, Léon Morin l'est avant tout pour cette dernière, dont le trouble grandissant s'accompagne d'un aveuglement et d'une incompréhension manifestes à l'égard de l'abbé. Présentée comme athée et anticléricale, l’héroïne se décide à rencontrer un prêtre par provocation, voulant confronter sa vision pragmatique du culte à celle d'un ecclésiastique assez candide pour s'offusquer de ses propos. Fort d’un texte admirablement rigoureux, dont les réparties et ripostes délectables dénotent l’extrême habileté psychologique, Melville articule le passionnant débat entre cette incroyante et ce curé de campagne, les échanges d’arguments et de contre-arguments, le jeu d'esprits qui pourrait dévier à chaque minute de son principe initial et que domine sans cesse l'exceptionnelle clairvoyance de Morin, ses souriantes manœuvres, sa brutale franchise, sa facilité à annihiler toutes les idées préconçues de sa contradictrice, son habileté rhétorique redoutable au point de laisser Barny hébétée et prête à s'agenouiller sur le parvis de l'église.


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Aux moments privilégiés, le cinéaste substitue le détail éclairant des temps prétendus morts, ceux où le personnage est épié dans ses actions les plus banales. Il sait la valeur des gestes en suspens, des corvées quotidiennes, des anecdotes sans conclusion. Son récit est découpé en menues tranches de vie où l'on voit une femme rendre visite à son confesseur aussi ponctuellement qu'elle va au marché. De brefs fondus au noir les séparent, semblables à des pages tournées, qui permettent une caractérisation rapide, pittoresque, souple, sans sécheresse. S'il fallait définir en un mot la mise en scène, il faudrait songer à ce moment privilégié où les regards de Barny et de Sabine, la femme dont elle pense être éprise, se croisent à travers la vitre du bureau, abolissant le temps et l'espace en une attente fascinante qui évoque celle de deux animaux mutuellement aux aguets. Plus tard, Barny et Morin — alors que la première vient de poser au deuxième une question déstabilisante : "M'épouseriez-vous si vous étiez protestant ?" — s'immobilisent de la même façon sous l'effet d'une préoccupante tension intérieure, rendue perceptible par le hachage du bois, et l’instant se prolonge avec la lente succession d'un champ, d'un contre-champ, puis de la même image répétée à nouveau, dans un silence absolu. La réalisation a quelque chose de vitrifié, elle possède la transparence et la fragilité du verre. Elle illustre cet art très intime capable d’évoquer en même temps une forme mince sous son manteau et toute l'abondance d'espace de ces nuits. La réplique ne va pas tarder : Melville excelle, dira-t-on, dans la peinture des rapports humains fondés sur l'immanence, mais il se heurte à un mur des qu'il prétend mettre en lumière un prêtre dont la fonction primordiale, sacrée, est précisément de permettre à ses interlocuteurs de déboucher sur la transcendance, de laquelle il est sur terre l'humble dépositaire. Une telle objection est irrecevable : il est trop facile de tenter de pénétrer les arcanes de l’immatériel par effraction, avec l’orgueil assuré de tenir en main le filet qui capture les âmes.

Au contraire, le cinéaste démontre avec éclat qu'il ne faut pas refuser d'entendre la voix humaine. Il n'ignore pas que le Verbe et la Chair ont pris un jour et par miracle la même figure, et que l'un des plus hauts privilèges de notre art est de pouvoir aller sans cesse déchiffrer ce visage et répercuter cette voix à l'infini. Pour cette exploration, sa caméra se fait caressante, voire charmeuse, d’une fébrilité qui se refuse à toute violation. Elle décrit patiemment ses arabesques autour des traits de la créature, jusqu'à en faire surgir, au moins, la mystérieuse beauté. Le réalisateur dépeint avec sa minutie coutumière le christianisme et l’homme d’église (à un moment bien déterminé de leur fonction : ce qu'il appelle "la résistance à la grâce"), de l'extérieur, à la faveur d’une approche indiscrète mais respectueuse qui ne se contente pas seulement de cerner le contour de son sujet mais en atteint la substance véritable. On imagine assez bien que l’objectif de Melville pourrait être symbolisé par ce point aveugle, ce "rayon de lumière noire" qui vagabonderait poétiquement à l'intérieur de la grande circonférence et se cognerait parfois à la voûte. Certains cinéastes auto-promus spiritualistes apparaissent comme figés sur son centre présomptueux, s'efforçant d'aspirer, par un effort louable mais voué d'avance à l'échec, le cercle immense qui l'englobe. À ce recroquevillement, il est permis de préférer la mise en scène rayonnante et centrifuge de Léon Morin, Prêtre. Conforme à la vocation profonde du catholicisme, à son apostolat et à son universalisme, elle favorise un regard que l’on pourrait qualifier de profondément dostoïevskien, synthétise les deux grands thèmes de la force irrationnelle de la passion opposée au besoin d'élévation spirituelle, et les dépasse pour proposer une exploration authentique de la conscience humaine.


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Melville a attendu de nombreuses années afin de trouver l’interprète idéal pour incarner son Morin. Perspicace et réaliste, parlant avec gentillesse mais jamais onctueusement, sympathique bien que fort convenu dans la non-convention, très proche pourtant de la sainteté, Jean-Paul Belmondo a rarement été meilleur qu’ici, et rompt totalement avec l’image désinvolte que la Nouvelle Vague lui avait forgée. Mais celle qui entretient la flamme incandescente du film, c’est Emmanuelle Riva. Vibrante de tout son corps, de toute sa voix, de tout son regard. Farouchement libre, indépendante, impulsive : il faut la voir gifler avec une fière assurance la camarade qui l’agresse, ne laissant à cette dernière qu’une réplique admirative à la bouche. Saisie malgré elle par un doute irrépressible, un vacillement intérieur qui emprunte aux illuminations de celles pour qui Dieu est le fiancé idéal, et qui confondent viscéralement la foi et le sentiment. Ce qu'il y a dans son personnage d'un peu hagard et d’attentif, de puissamment animal et d’extrêmement sensible, cette intense présence en même temps que cette mélancolie rêveuse et dolente, insufflent à Barny une bouleversante vérité. L’embrasement coupable naît chez elle après un retour en grâce, une conversion, que l’amour charnel blesse à mort tout autant qu’elle les malmène. Lorsqu’arrive le déchirant dénouement, quelle est la nature de son attachement pour Léon Morin ? Qu’est-ce qui, au juste, motive ses pleurs ? Quelle frange de surhumain entoure cette douleur humaine ? Infinis entrouverts de la glose et de l’exégèse… En se gardant bien de prendre parti, le cinéaste maintient le récit en suspens après la confrontation finale, ne s'attardant que sur la souffrance de l’une et la froideur de l’autre, sans que le spectateur ne soit plus éclairé sur la signification de cette dernière rencontre. À chacun de trancher sur le triomphe du désintéressement de Morin ou de compatir au désespoir de Barny, en reconnaissant la faiblesse du désir. Melville se contente de suivre à distance ces deux êtres flirtant avec le néant, les observe à égalité pour mieux considérer en équilibriste les profondeurs de l'âme. Que, dans la filmographie de l’auteur, cette œuvre magnifique soit si souvent passée sous silence, dévaluée au profit d’opus certes majeurs mais auxquels elle n’a rien à envier, reste un mystère qui ne fait qu’entretenir davantage sa puissance et sa grandeur.



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Re: Jean-Pierre Melville (1917-1973)

Messagepar Kevin95 » 22 oct. 16, 11:28

LE SILENCE DE LA MER - Jean-Pierre Melville (1949) découverte

Premier long métrage d'un Jean-Pierre Melville encore (et toujours) habité par l'état de guerre. Il portait l’adaptation du livre de Vercors depuis des lustres, dû faire face à mille et une embuches (dont le romancier lui-même) avant de donner naissance à "son" Silence de la mer, enfanté dans un coin et qui devra attendre deux ans avant de sortir en salles. Loin d'en amoindrir la forme, cette clandestinité, cette pauvreté dans les moyens (peu d'acteurs, son entièrement post synchronisé, montage qui sent le bricolage) donne toute sa force au film. Comme un poème écrit d'une main tremblante sur un papier de mauvaise qualité, le métrage de Melville respire l'évidence, l'envie du metteur en scène de raconter l'instabilité, la tension d'un moment de guerre et en même temps sa beauté. Le Silence de la mer est à la fois un film épuré, pas loin du cinéma de Robert Bresson et de ses comédiens rigides qui récitent plus qu'ils n’interprètent, qu'un film semi fantastique, où la présence d'Howard Vernon (filmé souvent avec une lumière brutale et en contre-plongée) évoquerait celle d'un esprit, tantôt bienfaisant, tantôt malicieux. Reconnaitre le futur Melville n'est pas compliqué, les face à face faits de silence ou les longues réflexions annoncent le réalisateur de Léon Morin, prêtre (1961) tandis que la sécheresse tintée d'une profonde mélancolie dans la peinture de la résistance annonce évidemment la totémique Armée des ombres (1969). Mais Le Silence de la mer n'a pas besoin d’œuvres postérieurs pour exister, c'est en l'état une pierre précieuse, tranchante et fragile terriblement fascinante. Et résonne la voix d'Howard Vernon, "je vous souhaite une bonne nuit".
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Re: Jean-Pierre Melville (1917-1973)

Messagepar 1kult » 6 déc. 16, 16:21

Question : est-ce que le court 24 heures de la vie d'un Clown a été exploité en vidéo ?
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Re: Jean-Pierre Melville (1917-1973)

Messagepar Demi-Lune » 6 déc. 16, 17:03

Thaddeus a écrit :Et pour en finir avec cette année 1961 (un film qu'un certain DL n'a pas aimé :cry: ...)

Ce n'est pas que je n'ai pas aimé... simplement que l'ensemble me semble boiteux.

Ce que j'en disais : C'est un film aussi étonnant que boiteux et foutraque. Cela s'éparpille deux heures durant dans toutes sortes de directions qui, au final, manquent pratiquement toutes le coche. J'imagine qu'on peut se satisfaire de ce charme particulier, de cette espèce d'inconséquence et de légèreté qui rendent le film assez attachant, en tout cas imprévisible, parfois à la frontière du ridicule (le coup de la baffe à la pétainiste), mais j'ai du mal à y trouver mon compte au-delà de quelques portraits croqués. Toute la dialectique théologique et la confessionnalisation de Barny veulent être traitées sans lourdeur, avec une pointe d'espièglerie, et pourtant, elles échouent à être intéressantes sur le plan philosophique comme humain. Ce n'est évidemment pas un mauvais film (Emmanuelle Riva est extraordinaire et confirme qu'elle est l'une des actrices les plus mésestimées du cinéma français), mais c'est un Melville qui m'apparaît mineur parce qu'y prévaut une absence de rigueur, qui débouche sur quelque chose d'informe et au final, d'un peu vain.

Pas impossible que je le revoie avec une autre grille de lecture, ceci dit.

S'en était suivie une discussion, que je replace là, pour l'amour du balayage bien fait. :mrgreen:

Père Jules a écrit :Mes souvenirs sont un peu embrumés mais je sais que la mise en scène, les dialogues et la justesse des comédiens m'avaient profondément touchés. Dans un registre à mille lieux de ce qui fera la gloire de Melville, c'est une vraie réussite. Qu'on puisse évoquer le terme "vain", me laisse tout chose.

cinephage a écrit :
Demi-Lune a écrit :Toute la dialectique théologique et la confessionnalisation de Barny veulent être traitées sans lourdeur, avec une pointe d'espièglerie, et pourtant, elles échouent à être intéressantes sur le plan philosophique comme humain.

C'est sans doute mon point de désaccord majeur avec ton avis sur ce film, dont les enjeux relèvent autant du spirituel que du séculier.

El Dadal a écrit :
Demi-Lune a écrit :c'est un Melville qui m'apparaît mineur parce qu'y prévaut une absence de rigueur, qui débouche sur quelque chose d'informe et au final, d'un peu vain.

Justement ce que j'aime: un Melville de transition, moins cadenassé, plus libre (beaucoup de coupes aussi pour atteindre ce résultat final, le film montrait beaucoup plus d'actions de résistance à la base), à la recherche de quelque chose d'élusif et d'impalpable. Et puis, avec Le silence de la mer et L'armée des ombres, on a une trilogie informelle qui ne se répète jamais ainsi.

Demi-Lune a écrit :
cinephage a écrit :
Demi-Lune a écrit :Toute la dialectique théologique et la confessionnalisation de Barny veulent être traitées sans lourdeur, avec une pointe d'espièglerie, et pourtant, elles échouent à être intéressantes sur le plan philosophique comme humain.

C'est sans doute mon point de désaccord majeur avec ton avis sur ce film, dont les enjeux relèvent autant du spirituel que du séculier.

Tu peux développer ? (aucune agressivité dans ma question :wink: )

Kevin95 a écrit :Tiens... Je l'ai revu hier à la Tek et alors qu'il m'a toujours glissé entre les doigts, ce fut une grosse et belle réconciliation. Véritablement hypnotisé par l'écran, fasciné par les jeux de regards entre Riva et Belmondo, je n'avais plus souvenir d'une fin aussi triste et froide. La scène du "viens" me provoque un frisson incroyable et la copie restaurée permet de véritablement prendre conscience du travail visuel, entre ombre et lumière, comme de percevoir la tendresse qui traverse le regard (j'y reviens) des comédiens (le premier plan de Bebel où ses yeux transpercent l'obscurité).

A mon sens, les discussions théologiques sont à prendre avec du recul, comme un réservoir de sous-entendus. Melville filme ça comme un conflit, comme une drague et comme un paravent aux sentiments toujours discutés, jamais éprouvés. Certaines scènes sont des métaphores sexuelles à peine voilées comme Riva qui astique un crucifix à coté d'un lit défait ou le débat entre le point et le cercle.

Seule me gène la séquence du fantasme, inutile car chichiteuse et ne faisant que surligner ce qui a déjà été compris longtemps avant.

Kevin95 a écrit :
cinephage a écrit :Après, la mise en scène est inféodée à ces dialogues, et en pâtit un peu, l’excès parolier peut épuiser l'intérêt du spectateur, l'enjeu n'est jamais véritablement mis en image et ça reste une limite du film. Mais ce qui m'avait séduit dans celui-ci reste bien la question d'une conversion vraie ou fausse, selon qu'elle soit nourrie par la grâce ou l'artifice d'une séduction.


Justement, la redécouverte du film sur grand écran m'a infirmée cette impression. A première vue, on pense Melville plus en retrait mais il n'en est rien : les montées d'escaliers à chaque fois différentes, les personnages en face à face et toujours bord cadre, le travail sur le reflet d'un miroir qui annonce un drame, la profondeur de champ dans lequel est inscrit un personnage impuissant (Riva lorsqu'elle amène une amie par exemple) ou les panoramiques lorsqu'un un des deux personnages veut reprendre l’ascendant sur son interlocuteur.

On sent le réalisateur inspiré par la spiritualité d'un Bresson mais qui ne peut s’empêcher de voir des conflits ou des désirs entre des êtres pourtant obsédés par l'idée de self control. Certains plan de Léon Morin, prêtre me rappellent le fameux champ contre champ étrange d'Un flic, où deux visages opaques se scrutent et laissent malgré eux transparaître une émotion voir un émoi.

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Re: Jean-Pierre Melville (1917-1973)

Messagepar tenia » 6 déc. 16, 18:19

1kult a écrit :Question : est-ce que le court 24 heures de la vie d'un Clown a été exploité en vidéo ?


Chez Criterion en supplément du Silence de la Mer.

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Re: Jean-Pierre Melville (1917-1973)

Messagepar Strum » 6 déc. 16, 18:58

Thaddeus a écrit :L’armée des ombres
Chronique d’un réseau de résistance, décrit sans emphase dans son travail quotidien d’action et de survie. S’il quitte provisoirement le film noir pour la peinture d’un autre type de communauté, Melville reste fidèle à ses obsessions. On a souvent comparé son approche à celle de Bresson, et rarement le parallèle fut plus adéquat que devant cette analyse sèche et concrète de la notion de liberté individuelle. Dans un climat crépusculaire, le cinéaste ausculte les ambigüités et les compromissions du choix et de l’engagement, faisant de ses résistants les cousins tragiques des gangsters peuplant ses autres films, mus par un même serment implicite, de mêmes tiraillements intimes. Et si je suis hélas bien moins captivé qu’ailleurs, le film est à réévaluer (ou pas) toutes affaires cessantes. 3/6


:o

Moi qui n'aime guère Bresson en général, L'armée des ombres est mon Melville préféré et c'est pour moi l'un des chefs-d'oeuvre du cinéma français (cela dit, je ne suis pas tout à fait d'accord avec le rapprochement avec Bresson et avec l'idée d'une "analyse sèche", car il y a plusieurs moments dans L'armée des ombres, notamment lorsque la magnifique musique d'Eric Demarsan retentit, qui possèdent un lyrisme tranquille, une sentimentalité secrète, une émotion cachée, qui font défaut à mon avis au cinéma de Bresson. D'ailleurs, c'est le film le plus émouvant de Melville (cette fin !)).

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Re: Jean-Pierre Melville (1917-1973)

Messagepar 1kult » 6 déc. 16, 21:29

tenia a écrit :
1kult a écrit :Question : est-ce que le court 24 heures de la vie d'un Clown a été exploité en vidéo ?


Chez Criterion en supplément du Silence de la Mer.


Merci de cette info, Tenia ! ;)
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Re: Jean-Pierre Melville (1917-1973)

Messagepar YanV » 9 déc. 16, 11:40

Bonjour,

Pour ceux que l'oeuvre de Melville passionne, je vous convie à l'exploration de mon projet Melville, Delon & Co en prévision de l'anniversaire de ses 100 ans l'année prochaine : http://melvilledelon.blogspot.fr
Retour sur l'univers du cinéaste avec photos, objets et images diverses ...
Et n'hésitez pas à cliquer sur les onglets pour lire, par exemple, le texte sur le projet.
Bonne découverte à tous.

Y.

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Re: Jean-Pierre Melville (1917-1973)

Messagepar Jeremy Fox » 29 mai 17, 11:53

Pas forcément un grand fan de Melville mais j'avoue que le couple formé par Jean-Paul Belmondo et Emmanuelle Riva, l'intelligence de la réflexion ainsi que la beauté des dialogues -même si très littéraires- m'ont énormément charmés dans ce très beau Léon Morin, Prêtre. Même si je n'ai pas adhéré à toutes les options de mise en scène ni à cette progression parfois trop elliptiques, le ressenti d'ensemble est très positif. Maintenant que j'aurais moins d'appréhension quant à son austérité -le film ne l'est pas vraiment en fait- Je pense l'apprécier encore mieux à la prochaine vision. Belmondo était vraiment un des très grands comédiens français des années 60.

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Re: Jean-Pierre Melville (1917-1973)

Messagepar villag » 30 mai 17, 10:46

Dans les entretiens avec Rui Nogueira il est encore plus sévère avec le cinéma de son époque (Leone et Peckinpah en prennent pour leur grade) .[/quote]

Tiens , je me sens moins seul ......!
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