Sadie McKee (1934) - Clarence Brown
La fille d'une cuisinière, domestique également s'enfuit avec Tommy, un des employés qui vient d'être renvoyé. Elle doit l'épouser à New York, mais celui-ci part avec une chanteuse. Elle finit par épouser un millionnaire alcoolique et retrouve Tommy.Clarence Brown tourne ici un pur mélodrame, si la première scène est une scène de comédie qui montre les retrouvailles entre le fils de la famille et Sadie, et permet de montrer les tendres sentiments que semble éprouver le fils pour cette fille de cuisinière, le reste part dans le mélo le plus absolu. Nous sommes en fin de pré-code et cela se sent. Si les deux amants s'enfuient ensemble et passent la nuit dans la même chambre, il est clairement expliqué qu'il va dormir sur le fauteuil, laissant le lit à Sadie. Mais le reste de l'histoire est plus qu'immoral déjà avec cette chanteuse qui débauche le jeune homme et délaisse sa fiancée quelques heures avant son mariage, cette rencontre sordide quelque part entre ce millionnaire complètement saoul et cette jeune femme devenue danseuse, ce mariage entre cet être qu'elle n'aime pas, qui vit constamment dans ses "cuites" festives et qui va lui permettre de sortir de son milieu. Toutefois la morale sera sauve,
- Spoiler: open/close
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Sadie est une brave fille et pas la garce que l'on veut dépeindre, elle ne laissera pas mourir son mari, divorcera sans demander quoi que ce soit quand elle retrouvera Tommy, celui-ci mourra de la tuberculose tout en se faisant pardonner, et Michael le fils de famille finira par épouser sans doute Sadie qu'il a toujours aimée
pour ce mélo flamboyant. Naturellement Joan Crawford est la star de ce film et est dans sa période de rôle de fille du "peuple" confrontée aux pires situations. Elle est entourée de Gene Raymond insupportable acteur qui joue faux mais chante correctement le fameux "All I do is dream of you" immortalisé dans Chantons sous la pluie, Franchot Tone est comme à son habitude parfait dans son rôle de jeune avocat, et Edward Arnold est admirable en millionnaire constamment bourré. Un mélodrame mené de main de maître par Clarence Brown.
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Le Cargo maudit, Strange Cargo (1940) - Frank Borzage
En Guyane, six prisonniers s'évadent du bagne en compagnie d'une prostituée du bar local. Frank Borzage tourne un film curieux basé sur la foi et sur le mystique, car le personnage menant les évadés à bon port semble être une incarnation humaine du Christ. Tout le film tourne autour de ces doutes, de cette foi, avec ce prisonnier qui cherche la rédemption dans la bible, et ces autres qui vont finir par changer au contact de cet homme mystérieux qui surgit de nulle part. Alors le film prend une résonance particulière, mais si on laisse de côté ce personnage de "sauveur", il y a là un très bon film d'évasion avec tout ce qu'il faut de rebondissement dans la jungle, dans le bateau ou même sur le continent pour tenir en haleine le spectateur. La part de romance est là avec le couple Joan Crawford/Clark Gable qui se reforme une fois encore, Clark Gable toujours aussi séducteur et canaille au grand coeur, Ian Hunter en prisonnier sauveur, Peter Lorre en mouchard et naturellement Joan Crawford qui s'enfuie en talons et grande capeline ! Une histoire curieuse, mais un film prenant.