John Sturges (1910-1992)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Jeremy Fox
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Re: John Sturges (1910-1992)

Messagepar Jeremy Fox » 6 juil. 16, 13:42

Rick Blaine a écrit :
Jeremy Fox a écrit :Mais son chef-d’œuvre reste pour moi Fort Bravo si tu ne l'a jamais vu.

Et pour moi, juste devant Fort Bravo, Un homme est passé.


Oui j'adore aussi Un Homme est passé ; je pense que ce sont mes deux préférés du cinéaste avec Gun Hill et OK Corral. Ce sont également d'ailleurs ses deux films ou son génie du cadre est le plus probant.

Alligator
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Re: John Sturges (1910-1992)

Messagepar Alligator » 6 juil. 16, 14:13

Ah oui Un homme est passé c'est du haut niveau.

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Jeremy Fox
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Re: John Sturges (1910-1992)

Messagepar Jeremy Fox » 6 juil. 16, 14:17

Rien que pour Anne Francis qui en trois ans aura tourné dans 3 de mes films fétiches (Un Homme est passé/Graine de violence/Planète interdite) :oops:

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Re: John Sturges (1910-1992)

Messagepar Kevin95 » 6 juil. 16, 16:20

Jeremy Fox a écrit :
nobody smith a écrit :
Jeremy Fox a écrit :
Décidément John Sturges et moi, c’est du tout ou rien.



Quels sont tes "tout" ?


ça se trouve être ses deux films les plus connus : Les Sept Mercenaires et La Grande Evasion, deux grands spectacles accomplis avec prestige et talent. Le reste a eu du mal à passer chez moi. Le Dernier Train De Gun Hill a bien quelques qualités mais il ne m'a pas vraiment passionné. Sur la Piste De La Grande Caravane est rigolo mais ça ne va pas bien loin. Quant à Règlements De Compte A O.K. Corral et Joe Kidd, ils ne m'ont laissé que de très très vagues souvenirs.



Ah oui ; c'est tout l'inverse en fait. :oops: J'estime Backlash (même si mineur) bien plus passionnant que ses deux films les plus connus (je trouve que Les 7 mercenaires est son western le plus 'bâclé'). Mais son chef-d’œuvre reste pour moi Fort Bravo si tu ne l'a jamais vu.


M'enfin et The Law and Jake Wade ???
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Re: John Sturges (1910-1992)

Messagepar Jeremy Fox » 6 juil. 16, 16:27

J'aime beaucoup Le Trésor du pendu même si je lui trouve des défauts contrairement aux quatre cités.

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Re: John Sturges (1910-1992)

Messagepar Rick Blaine » 6 juil. 16, 16:28

Kevin95 a écrit :
M'enfin et The Law and Jake Wade ???


Pas loin derrière (pour Jeremy comme pour moi). C'est qu'il en a fait des bons films le bougre.

J'en profite pour replacer le top de la redac

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Re: John Sturges (1910-1992)

Messagepar Jeremy Fox » 6 juil. 16, 16:30

Rick Blaine a écrit :
Kevin95 a écrit :
M'enfin et The Law and Jake Wade ???


Pas loin derrière (pour Jeremy comme pour moi). C'est qu'il en a fait des bons films le bougre.

J'en profite pour replacer le top de la redac



J'ai le quarté dans le désordre :mrgreen:

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Re: John Sturges (1910-1992)

Messagepar Alligator » 19 juil. 16, 16:15

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The magnificent seven (Les 7 mercenaires) (1960)

http://alligatographe.blogspot.fr/2016/07/magnificent-seven-sturges-brynner.html

La revoyure récente de “La grande évasion” à la télé m’a donné envie de louer le dvd des 7 mercenaires, film de John Sturges que je n’ai pas vu depuis belle lurette. Et je ne regrette pas.

Je me rends compte tout de même qu’une certaine nostalgie joue énormément. Les 7 mercenaires est un de ces films qui ont fait ma cinéphilie enfantine. Les visages de Yul Brynner, de Steve McQueen ou même de Eli Wallach ont durablement marqué l’image de la masculinité, dans sa noblesse comme dans son dévoiement, image que je me faisais du monde des adultes. Sans père, ayant biberonné au cinéma dès mon plus jeune âge, l’élégance et l’assurance que dégageait Yul Brynner dans ce film pouvait se rapprocher d’un modèle pour le petit bambin que j’étais.

Aujourd’hui, je me rends compte que sa démarche féline a quelque chose d’artificielle, de trop appuyée, que le comédien roule des mécaniques aux entournures. Mais sur les scènes où seuls les visages “parlent”, alors sa démonstration est particulièrement convaincante. L’acteur sait jouer, c’est indéniable.

Steve McQueen me semble quant à lui plus animal encore. Il y a une scène où, debout devant une table de craps, il est plongé dans un océan de perplexité, interdit par sa déveine. A cet instant, l’acteur joue de son mystère naturel et de ce sentiment de dangerosité qu’il inspire. Tout en le tournant en ridicule. Il fait donc preuve d’un certain humour sur lui même qui ajoute à son charme naturel une note plus surprenante.

J’aime beaucoup l’ambivalence toutes perverse des attitudes prises par le méchant Eli Wallach. Son comportement n’a rien d’ambigu : sa cruauté est évidente, mais dans son regard se croisent plusieurs sentiments ou pensées. Tour à tour, la curiosité, l’incompréhension, la violence, la colère, l’orgueil se laissent déceler dans ses yeux. Ces variations, très subtilement composées, sont impressionnantes, avec sur le papier un rôle très ordinaire, mais en réalité casse-gueule.

Les autres comédiens ont des rôles plus monolithiques. James Coburn est impassible, mutique : la donne est donc relativement simpliste le concernant.

Charles Bronson est un personnage plus vivant, plus rond, sans angle trop saillant. Il est un père sans enfant et tout se joue sur sa relation aux gamins.

Robert Vaughn est un personnage cassé, torturé par ses démons intérieurs, un peu alcoolo, intéressant également pour la noirceur qui l’habite, au delà de celle de son costume, peut-être un personnage sous-exploité.

Horst Buchholz joue un personnage ingrat : l’ado attardé. Il collectionne les défauts : arrogance, maladresse, infantilisme, insécurité, mauvaise foi et il ne tient pas l’alcool (ouhhhh le nul, pfff, ça se trouve il sent sous les bras et ronfle?). Un peu hystérique sur les bords, il crâne, joue des apparences, mais son évolution se nuance finalement en parcours initiatique. Il aurait pu être irritant, il y échappe de peu. Au final, on peut même le trouver attachant, à défaut d’être original.

Brad Dexter est-il censé apporter une pincée d’humour avec son personnage avide de richesse? Peut-être bien. Une chose est sûre, il n’a rien d’indispensable. On dirait qu’il est là pour faire le nombre et mieux cadrer avec les 7 samouraïs originels.

A ce propos, je crois qu’il serait malvenu de faire un comparatif entre le film original et ce remake. A priori, on pourrait penser c’est une idée judicieuse, même légitime, mais en fait, les films sont beaucoup trop différents. Le traitement des personnages, leurs évolutions, sans parler de la forme, sont totalement différents. Je ne crois pas non plus que ce qui motivait les studios hollywoodiens ait quelque rapport avec les ambitions de Kurosawa. Deux temps, deux mondes, deux films.

Ce qui me plaît aussi, c’est la réalisation de John Sturges. Je remarque rapidement (facilité due à la revoyure toute jeune de “La grande évasion”) un style ou du moins une familiarité formelle, la façon dont la caméra accompagne les acteurs et recherche leurs expressions les plus intimes, mais également la mise en scène en général. Le rythme serein, l’installation d’une atmosphère où les personnalités des héros jouent le rôle essentiel, remplissant en quelque sorte l’image. Sturges capte formidablement l’émotion, sans abuser du gros plan. Une belle variété de cadrages, un montage efficace font vivre le film avec juste ce qu’il faut de puissance. Équilibre, propreté. On note toutefois une belle prise de risque dans la chevauchée du village par les bandits en un long travelling, haletant : seule séquence compliquée techniquement, mais sans rupture avec le reste du film. Cohérence en plus. Le reste du film est somme toute assez académique, mais toujours juste, net et sans bavure.

Pour résumer, j’apprécie la maîtrise du récit, aussi bien par la structure même du scénario que par la mise en scène et la direction d’acteurs. Ce film se suit avec plaisir, tranquillement mais sûrement.

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Re: John Sturges (1910-1992)

Messagepar nobody smith » 21 juil. 16, 12:23

Les Aventuriers Du Désert. Et encore un film mitigé de la part de Sturges. Pourtant, le début a vraiment réussi à me séduire. Le mélange de western (pour l’imagerie) et de film noir (pour le contexte contemporain) est étonnant et assez appétissant. La base de l’histoire est tout aussi prometteuse, réunissant par hasard ses personnages aux passés troubles dans une chasse au trésor qui va naturellement éveiller quelques bas instincts. La mise en scène de Sturges est également joliment appliquée. Le réalisateur compose bien avec la modestie du projet que ce soit par sa durée ramassée (moins de 80 minutes) et ses moyens de toute évidence réduit. J’ai trouvé qu’il rendait un minimum intéressant son décor quasi-unique dans le désert par l’exploitation de la géographie des personnages. Là où ça coince, c’est que le scénario n’est lui pas tout à fait aussi modeste. Je peine à comprendre pourquoi l’histoire s’est embarrasser d’une dizaine de personnage. L’intrigue aurait pu être beaucoup plus percutante si elle s’était concentrée sur moins de protagonistes. En l’état, le cœur du film rame méchamment. Le script jongle péniblement avec ses personnages, leur brosse des portraits superficiels et se retrouve obligé de raconter leur passif par de piètres artifices (notamment ces deux horripilants flashbacks). Les promesses de la mise en place sont loin d’être tenues et, en dépit d’une poignée de situation, l’intensité du concept ne se concrétise jamais. Pas irregardable mais bien frustrant.
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Re: John Sturges (1910-1992)

Messagepar nobody smith » 1 août 16, 10:24

Un Silencieux Au Bout Du Canon : Tiens voilà un Sturges plutôt à mon goût. Faut dire que son côté produit post-Dirty Harry a de quoi m’accrocher d’office et me rends assez indulgent sur tous ses défauts. A commencer par un John Wayne définitivement trop vieux et traînant péniblement le patte dans son numéro de flic implacable. Mais ce penchant "papy fait de la résistance" ajoute finalement au côté amusant de l’entreprise. Faut dire que ça n’est pas une intrigue classique et pas bien palpitante qui va éveiller mon intérêt. Le plaisir du film vient donc plus de l’emballage. Là-dessus, John Sturges et son équipe font un beau travail : belle gestion du rythme pour les moments de suspense, joli emploi des possibilités de Seattle, utilisation assez réjouissante des couleurs, musique très classe d’Elmer Bernstein… Du beau savoir-faire pour assurer le divertissement.
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