John Sturges (1910-1992)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Wagner
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Re: John Sturges (1910-1992)

Messagepar Wagner » 2 mars 12, 11:35

Rick Blaine a écrit :Jeopardy (La Plage Déserte, 1953)

Une famille américaine part passer des vacances sur une plage déserte de la Californie Mexicaine. Le père se retrouve coincé par une poutre alors que la marée monte. La mère (B. Stanwyck) part chercher du secours.

Jeopardy est un excellent petit film à suspense. Court, ramassé même, il impose un superbe rythme, notamment dans une première partie absolument excellente, tantôt drôle et tantôt stressante, qui mène notre petite famille sur la route des vacances vers cette fameuse plage. On notera particulièrement la visite de la ville frontière, qui met au défi la résistance de la famille aux vendeurs de toute sorte, séquence particulièrement hilarante. L'arrivée sur la plage, et toute la séquence qui mène au drame proprement dit est parfaitement maitrisée et découpée, pour un suspense d'une efficacité redoutable.
J'ai trouvé la seconde partie un petit peu moins efficace. Ralph Meeker est parfait en tueur dangereux, mais les effets de suspens m'ont paru moins efficace, et le final légèrement discutable.
Spoiler (cliquez pour afficher)
Pourquoi Meeker devient il subitement un bon samaritain alors que tout ce qui précédé le montre comme un fou dangereux? Une fois qu'il a les papiers et la voiture, il a ce qu'il faut pour fuir.

Toutefois, ça ne gâche pas le plaisir que l'on a devant le film, qui avec quelques personnage et quelques décors est tout à fait passionnant. Sa courte durée et son découpage efficace permet de ne pas s'attarder sur quelques détails moins réussis. Excellent.



Diable, une plage déserte.

Peux-tu me dire où tu as acheté ce DVD?

Merci
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Re: John Sturges (1910-1992)

Messagepar Jeremy Fox » 2 mars 12, 11:36

Wagner a écrit :Diable, une plage déserte.

:lol:

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Re: John Sturges (1910-1992)

Messagepar Rick Blaine » 2 mars 12, 11:38

Wagner a écrit :Diable, une plage déserte.

Peux-tu me dire où tu as acheté ce DVD?

Merci


Je l'ai sur un DVD double programme (avec To Please a Lady), lui même contenu dans le coffret Barbara Stanwyck Signature.

On peut trouver le double programme seul sur la market place d'Amazon.com (ici), et peut-être ailleurs.

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Re: John Sturges (1910-1992)

Messagepar Wagner » 2 mars 12, 13:24

Rick Blaine a écrit :
Wagner a écrit :Diable, une plage déserte.

Peux-tu me dire où tu as acheté ce DVD?

Merci


Je l'ai sur un DVD double programme (avec To Please a Lady), lui même contenu dans le coffret Barbara Stanwyck Signature.

On peut trouver le double programme seul sur la market place d'Amazon.com (ici), et peut-être ailleurs.


le coffret, pourtant de 2007, est bien onéreux. Je me contenterai du DVD simple, déjà assez cher (23 dollars avec les ports), mais c'est bien parce qu'il y a une plage.
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Re: John Sturges (1910-1992)

Messagepar Julien Léonard » 2 mars 12, 18:44

Jeopardy est efficace, assez sec même. Et Barbara Stanwyck y est très convaincante, de même que Ralph Meeker, toujours prompt à jouer l'ordure avec zèle. Mais alors ce discours final en voix-off délivre une pensée "idéologique" très discutable... je ne suis pas certain que ce soit très fin.
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Re: John Sturges (1910-1992)

Messagepar Rick Blaine » 2 mars 12, 18:47

Julien Léonard a écrit :Jeopardy est efficace, assez sec même. Et Barbara Stanwyck y est très convaincante, de même que Ralph Meeker, toujours prompt à jouer l'ordure avec zèle. Mais alors ce discours final en voix-off délivre une pensée "idéologique" très discutable... je ne suis pas certain que ce soit très fin.


Oui, ce discours fait parti de ce qui m'a gêné dans le final. Ça n'altère pas la qualité de Jeopardy mais ça l'empêche d'etre un grand film.

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Re: John Sturges (1910-1992)

Messagepar Jeremy Fox » 7 avr. 12, 07:27

Deuxième rendez-vous des westerns du week-end avec le premier western de John Sturges : Fort Bravo

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Re: John Sturges (1910-1992)

Messagepar Wagner » 19 sept. 12, 10:21

Jeopardy: un bon film, qui mise tout sur l'efficacité tout en devinant, et suggérant, de très loin, le profond mystère attaché au lieu du martyre du mari. Il y avait là un potentiel énorme qu'il aurait été facile d'exploiter ne serait-ce qu'un peu mieux. Sinon, la femme est une véritable cruche: son incapacité à répéter correctement le mot corde aux Mexicains qui en ont une tout à sa disposition n'est même pas drole. CUERDA, c'est pas compliqué à retenir plus d'un quart d'heure, non?
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Re: John Sturges (1910-1992)

Messagepar Federico » 19 sept. 12, 10:45

Wagner a écrit :CUERDA, c'est pas compliqué à retenir plus d'un quart d'heure, non?

D'autant plus que recuerda veut dire rappelle, souvient, enregistre... :wink:
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Re: John Sturges (1910-1992)

Messagepar onvaalapub » 1 oct. 12, 18:56

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Enfin vu Fort Bravo... et quelle claque ! Magistralement filmé, "le plus fordien des films de Sturges" qui fait évidemment penser régulièrement à She Wore a Yellow Ruban, est prenant de bout en bout, sublimant à la fois la nature (très bon DVD Warner, mais qu'est ce que ce serait en BR...) et les hommes : Holden est merveilleux et Parker est à tomber, chaque minute plus belle. C'est bien simple, il y a tellement à voir tout au long du film, que soit les paysages de la Vallée de la Mort ou les robes de Parker, les chevauchées des indiens ou le désert écrasé par le soleil, qu'on a l'impression d'être plongé dans un tableau magnifique et aveuglant où évoluent tous les personnages ! Quant à la dernière demie-heure, elle est tout à fait exceptionnelle à la fois par son déroulement et son dénouement. Voila un film qui n'est pas loin d'intégrer mon top 10... Et merci à Jérémy pour sa chronique qui m'a incité à me procurer ce grand film ! 8)
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Re: John Sturges (1910-1992)

Messagepar Jeremy Fox » 1 oct. 12, 19:14

onvaalapub a écrit :
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Enfin vu Fort Bravo... et quelle claque ! Magistralement filmé, "le plus fordien des films de Sturges" qui fait évidemment penser régulièrement à She Wore a Yellow Ruban, est prenant de bout en bout, sublimant à la fois la nature (très bon DVD Warner, mais qu'est ce que ce serait en BR...) et les hommes : Holden est merveilleux et Parker est à tomber, chaque minute plus belle. C'est bien simple, il y a tellement à voir tout au long du film, que soit les paysages de la Vallée de la Mort ou les robes de Parker, les chevauchées des indiens ou le désert écrasé par le soleil, qu'on a l'impression d'être plongé dans un tableau magnifique et aveuglant où évoluent tous les personnages ! Quant à la dernière demie-heure, elle est tout à fait exceptionnelle à la fois par son déroulement et son dénouement. Voila un film qui n'est pas loin d'intégrer mon top 10... Et merci à Jérémy pour sa chronique qui m'a incité à me procurer ce grand film ! 8)



8) Merci

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Re: John Sturges (1910-1992)

Messagepar onvaalapub » 1 oct. 12, 21:30

onvaalapub a écrit :qui fait évidemment penser régulièrement à She Wore a Yellow Ruban

Enfin plutôt ribbon of course :uhuh:
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Re: John Sturges (1910-1992)

Messagepar Federico » 2 oct. 12, 00:19

onvaalapub a écrit :
onvaalapub a écrit :qui fait évidemment penser régulièrement à She Wore a Yellow Ruban

Enfin plutôt ribbon of course :uhuh:

HS
Spoiler (cliquez pour afficher)
Pardon mais la perche étant trop tentante et puis ça tient du coq-à-l'âne impossible : placer un clip de ce groupe que j'adore sur un topic Sturges... :wink:
...quoi que ça ne me déplairait pas de coller cette mélopée sur le somptueux noir et blanc de The walking hills tant son effet hypnotique correspond à celui que me font les yeux d'Ella Raines :oops:

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Re: John Sturges (1910-1992)

Messagepar Profondo Rosso » 16 janv. 13, 01:03

Le Vieil Homme et la Mer (1958)

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Un vieux pêcheur, n'ayant rien pris pendant des jours, prend la mer encore une fois. Alors qu'il dérivait au large, il sentit une violente secousse au bout de sa ligne. L'énorme bête ne voulait pas se rendre, lui s'obstinait de plus en plus à ne plus lâcher. Ce duel l'éloigna considérablement vers la haute mer.

Malgré de bonnes intentions et de vraies qualités, une adaptation assez ratée du classique d'Hemingway. Tout est pourtant bien là avec les thématiques du roman largement évoquées, le combat de l'homme contre la nature, la dignité retrouvée et le respect de l'adversaire valeureux à travers le long duel d'un vieux pêcheur ne cédant pas un pouce avec marlin aux proportions titanesques qui s'est retrouvé au bout de sa ligne. Spencer Tracy, interprète rêvé d'Hemingway pour son personnage incarne un valeureux, humble et fragile Santiago dont on s'émeut du courage et de la volonté surhumaine, la musique de Dimitri Tiomkin donne des élans grandiose à cette odyssée et certaines vues en pleine mer de ce cadre exotique et dangereux sont somptueuses grâce à la photo de James Wong Howe. Tant que le film se fait simplement évocateur la magie fonctionne mais c'est bien trop rare.

La déférence trop grande au texte d'Hemingway plombe totalement le film avec une voix off omniprésente qui surligne d'une poésie toute littéraire ce qui devrait passer par l'image, Spencer Tracy lisant des pans entier du livre de la première à la dernière minute. L'ennui s'installe rapidement face à ce procédé qui nous rend totalement extérieur à la si importante relation entre le vieil homme et l'enfant, le moindre regard, la moindre émotion, échange et semblant de complicité étant décrit par la voix off. Quitte à réduire les dialogues à leur strict minimum il aurait au moins fallu privilégier les silences notamment lors du duel en mer mais ce n'est pas le cas et on décroche. Autre soucis esthétique le film semble constamment coupé en deux dans ses choix. Sturges innovait là l'usage du blue screen incrustant un acteur filmé en studio dans un décor naturel et s'il s'avère déjà plutôt efficace il tue tout le naturalisme attendu des séquences en mer puisque étendu à tout le passage de Spencer Tracy en barque en plus de ceux plus nécessaire où apparaît le marlin. Tracy semble donc constamment s'agiter dans un environnement différent souligné par le montage où dans les scènes sous-marines une mer bleue de pleine journée contredit le ciel crépusculaire de l'extérieur.

De bonnes intentions mais une adaptation ratée la faute à une transposition trop fidèle et surtout as pensée en terme cinématographique, dommage car tout était là pour faire un grand film. 2/6

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Re: John Sturges (1910-1992)

Messagepar Jeremy Fox » 26 avr. 13, 06:54