Les films noirs à petits budgets et/ou de cinéastes méconnus

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Supfiction
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Re: Les films noirs à petits budgets et/ou de cinéastes méconnus

Messagepar Supfiction » 13 janv. 20, 22:37

kiemavel a écrit :
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Un après-midi, dans la vallée de San Fernando, Dennis Williams se rend chez sa maîtresse, Jane Bandle, qui s'inquiète de sa présence alors que son mari, Fred, doit bientôt rentrer à la maison. Il lui annonce que leur liaison a été découverte par un détective et que pour ménager sa famille et soucieux de préserver sa réputation, il a décidé de rompre. A la fois désespéré et sous le coup d'une grande colère, Jane tente de se suicider avec une broche à barbecue. Dennis tente de l’arrêter mais il s'embroche lui même et s'effondre dans la buanderie apparemment mortellement atteint. Le temps que Jane reprenne ses esprits, elle reçoit la visite de Bill, son beau-frère qu'elle avait jadis repoussé, lequel lui annonce que c'est lui qui avait embauché le détective à l'origine de sa rupture avec Dennis et que pour assouvir pleinement sa vengeance, il a convoqué Fred, Dennis et Katherine, la femme de ce dernier, pour que leur liaison éclate au grand jour. Jane tente de s'enfuir mais elle tombe sur son mari qui la ramène chez eux. Tous les protagonistes arrivent à la maison du couple, sauf évidemment Dennis qui se fait attendre …

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Dane Clark, épisode 3.
Without Honor - qui est avant tout un mélodrame féminin - n'est donc que très partiellement un film criminel mais il fait quand même partie d'un tout petit sous genre où le personnage principal est une « femme terrorisée à domicile » (1) . Il y côtoie des films comme Cause of Alarm, Beware, my Lovely ou Jennifer, c'est à dire des films dont l’héroïne n'est pas une « femme fatale » ou une chanteuse de Music-hall, la fille ou la femme d'un disparu, la compagne d'un malfrat ou encore la secrétaire/petite amie d'un privé (liste non exhaustive des principaux types de femmes du genre) mais une « Desperate Housewive » , prétexte à montrer sous un angle critique ou bien finalement moraliste le mode de vie des couples américains des années 40 et 50.

L'histoire se déroule sur un après midi et dans un cadre quasi unique (à l’exception de la courte fugue de Jane et du court épilogue, toute l'action se déroule dans le pavillon du couple) et elle se concentre donc sur un personnage de femme au foyer interprété de manière assez outrée par une Laraine Day, parfois tétanisée par la peur mais le plus souvent toute en tension, torsion de lèvres et yeux exorbités. Elle est d'abord abandonnée par un amant assez lâche (Franchot Tone, dans un rôle forcément très bref, interprète cet amant homme d'affaires qui ne veut pas compromettre son statut social pour une relation -pour lui – pas plus marquante que les précédentes) puis, prise de panique suite à « l'accident », avant qu'elle n'ait pu prendre une décision concernant ce gênant « cadavre dans le placard », elle se retrouve prise au piège dans sa propre maison, d'abord par son beau frère puis par l’irruption de tous les personnages d'un mélodrame étouffant … mais ennuyeux et au final assez raté.

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Il est probablement difficile de faire un film sur des personnages tristes qui semblent traîner un désespoir résigné et silencieux et ici le pourtant très bon et expérimenté scénariste James Poe échoue à construire une histoire prenante avec ses personnages. On se raccroche néanmoins à quelques modestes qualités … Certains des acteurs font de leur mieux : pas le soporifique Bruce Bennett (Fred, le mari de Jane), terne époux que le scénariste a juste pris la peine de caractériser de manière très succincte. On apprend de lui qu'il délaisse sa femme, préférant presque chaque soir jouer aux cartes avec ses amis, dont son frère Bill, plutôt que de … ou de … enfin ce que tout un chacun ferait avec une Laraine Day à la maison.

Plus tard, le seul personnage secondaire à intervenir est l'installateur de la télévision commandée par Fred, petit détail évocateur laissant entendre que dans ce couple sans enfants, l'entente et la communication ne risquent pas de s'arranger avec l'arrivée de la petite lucarne. Jane (Laraine Day) est soit prostrée et effarée, soit épouvantée … et le scénariste n'a pas trouvé grand chose pour épaissir le personnage, à part de petites choses au tout début. Quand par exemple son amant fait irruption dans la maison et la trouve en train de préparer le barbecue du soir, elle estvisiblement gênée qu'il la découvre ainsi en cuisinière peu glamour. Elle a donc réappris à séduire mais ses espoirs sont déçus, c'est peu de le dire, puisque son riche amant s'empresse de rompre alors que quand elle apprend qu'un détective a découvert leur liaison, elle est persuadée que cela va être pour le couple l'occasion de la révéler enfin au grand jour, car évidemment il lui a promis le mariage… C'est mince.

En revanche, le jeu tout en retenue d'Agnes Moorehead (l'épouse de Dennis Williams/Franchot Tone) est déjà plus intéressant. Même si dans un premier temps on a du mal à comprendre son détachement face aux révélations de Bill (Dane Clark), son attitude et ses airs de grande bourgeoise hautaine la rendant même un peu antipathique, elle se montre si peu ouverte aux arguments et tentatives de manipulation de Bill qui veut faire exploser tous les couples en présence, et même finalement si magnanime (l'épouse finit par s'adresser tranquillement et avec précaution à la très perturbée maîtresse de son mari à qui elle apprend toutefois qu'elle est loin d'être la première aventure du volage Dennis mais pas pour la heurter, plus probablement davantage pour qu'elle puisse s'en détacher) que le spectateur un peu conciliant et bon public finira peut-être par plaindre celle qui a du surtout, elle aussi, souffrir d'un mariage insatisfaisant mais lui apportant toutefois un visible confort matériel.

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Mais le personnage le plus convaincant est de loin celui du méchant (Bill) dans lequel Dane Clark se montre une fois de plus remarquable, cette fois ci dans un registre assez veule et mesquin. Il faut voir sa fausse bonhomie et ses sourires de petites larves hypocrites quand il se présente chez sa belle sœur ! Celui qui a longuement ruminé sa revanche après avoir été à 18 ans repoussé par Jane un soir où il était ivre, va tenter par tous les moyens de briser le mariage de son frère mais il va montrer son véritable visage dans un final où tout - ou presque - rentre dans l'ordre, au moins en apparence.
Je laisse volontairement quelques zones d'ombre mais celle (Jane) qui aurait du être rejetée revient au centre de l'attention et est même sauvée par ceux qui auraient pu l’abandonner à son sort … et c'est Bill, devenu le paria contre qui tout le monde s'est retourné qui montre son véritable visage, celui d'un homme désespérément seul trouvant son bonheur dans le sabotage du bonheur des autres. A ce titre, la dernière scène, pathétique, dans sa simplicité même, est la plus révélatrice et la plus réussie du film.

Malgré tout, ce film reste quand même selon moi le moins réussi des films criminels réalisés par Irving Pichel. Si Without Honor est très facultatif, ses deux autres essais valent la peine d'être vus : Quicksand (Sables mouvants), 1950 est disponible en DVD chez Bach Films (plutôt un Bach Films des bons jours) et They Won't Believe Me (Ils ne voudront pas me croire) a été diffusé à la télévision chez nous.

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(1) Dans le genre voisin "famille terrorisée à domicile", pour les "classiques, on peut citer : Blind Alley (L'étrange rêve) de Charles Vidor (1939) ou son remake : The Dark Past (la fin d'un tueur) de Rudolph Maté (1948), The Night Holds Terror (Nuit de terreur de Andrew L Stone (1955) ou bien sûr, la même année, The Desperate Hours (La maison des otages)



Dans ce sous-genre « femme terrorisée à domicile » tu peux aussi ajouter justement Sorry wrong number avec Barbara Stanwyck. Laraine Day joue un peu de la même manière d’ailleurs (en beaucoup moins bien). Without honnor a un scénario original et intéressant, du moins au départ parce que cela se gâte par la suite. La scène d'ouverture du film est d’ailleurs assez saisissante et on ne sait vraiment pas où va nous emmener cette histoire. C’est la seule qualité du film d'ailleurs car la mise en scène et la direction d’acteur soient du niveau d’un téléfilm. A noter que le film nous montre que les Etats-Unis avaient à l’époque un service d’urgence et d’ambulance absolument remarquable ! :uhuh:
Dernière édition par Supfiction le 14 janv. 20, 10:57, édité 1 fois.

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Dark city

Messagepar Supfiction » 14 janv. 20, 10:51

Kevin95 a écrit :A noter que la première rencontre Heston/Scott, Dark City (1950), passe en ce moment sur Paramount Channel et, malgré un scénario tout foufou, c'est plutôt pas mal.


Le film passe très régulièrement sur Paramount Channel effectivement. Ce n'est pas un grand cru mais il est quand même sympathique à regarder.

Voici ce que j'en avais écrit il y a quelques années. C'est là que je me rends compte que je disais que Charlton, par son charisme, était formidable pour le film noir alors que dansBad for each other, je le trouve trop sûr de lui. Dark City bénéficie d'une très belle photo mais d'un scénario un peu laborieux même si il ménage son petit suspense.

La main qui venge "Dark city" (1950, de William Dieterle)


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Ce film noir avec un tout jeune Charlton Heston mais déjà en vedette (c'est son troisième film seulement mais il dégage déjà un charisme exceptionnel qu'il est dommage de ne pas avoir davantage exploité dans le film noir avant La soif du mal) met du temps à vraiment démarrer mais la seconde partie du film est plutôt réjouissante et le suspense bien maintenue. Quelques artifices ont vieilli (comme la main tueuse, que l'on voit sans corps pendant presque tout le film, digne d'un film d'horreur des années 80). En revanche la photographie est superbe avec ses jeux d'ombres et de contre-jour. Heston joue un type nonchalant et sans scrupule qui cherche à plumer un gogo de passage au poker, avant que la machination se retourne contre lui et sa bande de petits escrocs...

Ce film met également à l'affiche l'une des reines du film noir, Lizabeth Scott (qui débuta dans L'Emprise du crime quelques années plus tôt) à la voix rauque si particulière. Ici elle chante même, ou du moins fait semblant (la VF est horrible à ce titre car les chansons notamment sont atroces, doublées par un substitut de Line Renaud et ça ne passe plus du tout aujourd'hui). Lizabeth est là pour la partie sentimentale et attend patiemment que Charlton veuille bien enfin s'intéresser à elle sérieusement...

Tavernier avait écrit quelques lignes au sujet du film sur son blog et s'avère beaucoup plus enthousiaste que nous :

DARK CITY, premier grand rôle de Charlton Heston, est beaucoup mieux mis en scène par William Dieterle qui, avec la complicité de l’opérateur Victor Milner, réussit quelques séquences dignes de figurer dans une anthologie du genre : parties de poker truquées, descentes de police, interrogatoires. Il y a un formidable début de castagne dans une chambre de motel entre (encore) Jack Webb et Heston. Dieterle joue habilement avec les sources de lumière, lampes, fenêtres avec stores, enseignes lumineuses. Puis comme dans beaucoup de productions Hal Wallis, le film bifurque vers l’intrigue sentimentale que les scénaristes parviennent à raccrocher au sujet principal au prix de quelques contorsions. Ce que l’on perd en climat, en atmosphère, on le gagne en compassion. Les femmes sont montrées avec bienveillance même Lisbeth Scott dont le rôle se réduit pendant une partie du film à se faire traiter méchamment par Heston et à chanter quelques chansons (« pas de voix, pas de public, l’histoire de ma vie »).

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A blueprint for murder

Messagepar Supfiction » 16 janv. 20, 10:47

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A blueprint for murder (1953, de Andrew Stone)


Réalisation : Andrew L. Stone
Scénario : Andrew L. Stone
Photographie : Leo Tover
Avec : Joseph Cotten, Jean Peters, Gary Merrill, Catherine McLeod


Voici un film noir qui bénéficie d'une mise en scène soignée, délicate mais sobre de Andrew Stone. Le travail sur l'éclairage est là même si les amateurs pourront regretter de ne pas y trouver un esthétique davantage marqué film noir. D’autant plus que c’est davantage un film noir des salons que des bas-fonds.

Le film démarre lorsque Whitney Cameron (Joseph Cotten) rejoint sa belle-sœur Lynne (Jean Peters) aux urgences au chevet de sa jeune nièce Polly qui est hospitalisée dans un état très grave. La petite fille décède rapidement d'une mort inexpliquée et dans des conditions mystérieuses tout comme le fut celle du propre frère de Whitney quelques temps auparavant. C'est en discutant lors d'un dîner avec des amis (dont la femme est romancière) que Whitney se rend compte à quel point ce second décès consécutif est suspect. Whitney en arrive rapidement à soupçonner sa propre belle-sœur mais sans l'accuser directement. Un procès a lieu mais, faute de preuves irréfutables, elle est relaxée par la justice. Whitney ne peut se résoudre à laisser son dernier neveu en péril, seul avec sa mère. Il imagine alors un plan pour la confondre..

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Malgré le postulat de départ peu engageant, le film s'avère très plaisant et prenant. Le scénario d'Andrew Stone joue habilement sur les doutes qui subsistent, tant qu'aucune preuve n'est irréfutable, même lorsque les apparences semblent aller dans le même sens et compromettre un suspect.
La direction d’acteurs est parfaite et permet de faire passer la pilule d'un scénario quelque-peu invraisemblable sur le papier. Jean Peters est impassible durant presque tout le film alors que Joseph Cotten est par antinomie constamment la proie du doute et suintant d'angoisse au moment d'agir. Comme lui, le spectateur en vient à douter : est-elle vraiment coupable ?

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Le plan de Whitney/Cotten (le fameux "blueprint for murder") est de suivre sa belle-sœur et son neveu en croisière afin de trouver de trouver des preuves et d'éliminer la belle meurtrière avant qu'elle ne commette l'irréparable. Mais faire justice soi-même s'avère plus difficile que prévu tant que la coupable présumée n'a pas avoué. Whitney est en proie au doute même infime et au dilemme moral de l'auto-justice.

L'affiche du film ci-dessus est magnifique mais quelque-peu trompeuse malheureusement. Jean Peters était une très belle femme mais aux formes moins généreuses .. Si elle n'est jamais aussi sexy dans le film que sur cette affiche, le dernier tiers du film lui donne l'occasion d'exprimer une sensualité jusqu'alors retenue, répondant favorablement aux avances de son beau-frère manipulateur.

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Re: Between Midnight And Dawn

Messagepar Supfiction » 18 janv. 20, 15:06

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Between Midnight And Dawn (1950)



Réalisation : Gordon Douglas
Scénario : Eugene Ling
Avec : Edmond O'Brien, Mark Stevens, Gale Storm, Gale Robbins

Quelques mots rapidement sur ce film centré autour de la vie de deux agents de police (Mark Stevens, Edmond O'Brien) en patrouille la nuit à Los Angeles en prise avec un gangster et en rivalité pour séduire une femme (Gale Storm). On est ici dans un style proche du futur Les flics ne dorment pas la nuit de Richard Fleischer, mais l'aspect documentaire m'a semblé nettement moins marqué. On est même à mon sens plus proche des meilleurs épisodes de Starsky et Hutch (et voir par la suite Edmond O'Brien au chevet de son collègue blessé par balle m'a même franchement rappelé le fameux épisode où Hutch était près de la mort). Gordon Douglas alterne donc légèreté (Mark Stevens et Edmond O'Brien courtisant Gale Storm et allant même jusqu'à louer et emménager bruyamment dans la pièce juxtant son appartement) et violence sèche dont les femmes ne sont pas épargnées d’ailleurs. Gale Robbins, la poule du caïd Donald Burka subissant même un double aller-retour de baffes de la part d'O'Brien. :D

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Mais c'est esthétiquement que le film mérite définitivement le coup d'oeil, davantage que pour son scénario. La photo est superbe et l'esthétique noir s’appuie sur la mise en valeur des uniformes en cuir noir des deux agents entre bitume et ciel de nuit. C'est très beau à voir et mériterait un blu ray, avis à Monsieur Alain Carradore.


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Re: Les films noirs à petits budgets et/ou de cinéastes méconnus

Messagepar kiemavel » 18 janv. 20, 23:36

A première vue, ton rapprochement avec Les flics ne dorment pas la nuit ... et avec Starsky et Hutch m'a fait mal aux yeux mais finalement, même si le spectre est vraiment trop large, je comprend ce que tu as voulu dire. Par rapport au film de Fleischer : le vieux flic qui en briefe un plus jeune (mais ça s'arrête là) et de Starky et Hutch, la relation d'amitié, ce qu'on nous montre de leur vie privé et la légèreté de certaines des séquences concernées : notamment la drague sur Gale Storm (en gros, le plus jeune est très ouvertement dragueur ; son ainé est secrètement amoureux de la même jeune femme)

Je te sens assez réservé ; moi j'aime vraiment beaucoup ce petit film. Par revenir à ton rapprochement, sur les éléments pseudo-documentaires, on est à des années lumières du Fleischer (qui pour moi est un grand chef d'œuvre et du coup un des plus grands policiers des 60th, 70th). Le film de Douglas fait son âge de ce point de vue là : l'arrestation des jeunes voleurs au tout début, ça va, mais leur intrusion dans la boite du parrain de la pègre et ce qui en résulte est plutôt fantaisiste. Par la suite, on a même parfois l'impression qu'ils sont deux contre le gang …

Par contre, j'adore ces 2 personnages de flics : le jeune homme insouciant et idéaliste ; et son collègue, vieux célibataire un peu amer et désabusé. On est dans le cliché mais c'est bien écrit et très bien joué par deux comédiens que j'aime beaucoup (Mark Stevens et Edmond O'Brien)

J'aime aussi cette alternance de légèreté et de tension. La tendance s'inverse à mesure que le film avance car au début c'est vraiment la légèreté qui prime mais le film devient beaucoup plus sombre assez vite (pour résumer, ils se mettent à dos un patron de boite de nuit et celui ci veut se venger). Il y avait beaucoup d'idées là dedans, de celles qui rendent les films attachants, et celui ci l'est beaucoup : les deux potes inséparables qui ont fait la guerre ensemble. La résistance de Gale Storm dont le père flic fut tué en service, la personnalité du cynique (O'Brien) qui se révèle au fur et à mesure …

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Re: Les films noirs à petits budgets et/ou de cinéastes méconnus

Messagepar Chip » 19 janv. 20, 08:10

Voilà deux critiques qui me donnent envie de revoir ce polar. C'est un film Columbia, ceci pour Alain Carradore qui a en ce moment accès au catalogue du studio , une idée pour un éventuel DVD ?

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Re: Les films noirs à petits budgets et/ou de cinéastes méconnus

Messagepar Chip » 19 janv. 20, 08:27

Le film de Gordon Douglas est sorti en dvd en Espagne, il y a plusieurs années, sous le titre: " Entre la medianoche y el amanecer " en VO et castillan, s/t castillan et portugais . Belle copie.

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Re: Between Midnight And Dawn (1950)

Messagepar Supfiction » 19 janv. 20, 12:11

kiemavel a écrit :A première vue, ton rapprochement avec Les flics ne dorment pas la nuit ... et avec Starsky et Hutch m'a fait mal aux yeux


Oui, je sais, j’ose tout.. :mrgreen:

Je précise que Starsky et Hutch était au départ assez sérieux. Le scenariste souhaitait initialement qu’ils opèrent de nuit afin de plonger l'intrigue dans un climat noir et inquiétant, mais le budget n’a pas permis de concrétiser cette volonté.
Avec le temps, on a oublié que c’était avant tout une série dramatique abordant des thèmes difficiles. Elle a même été épinglée pour sa noirceur et sa violence inédite. C’est pour cela qu’elle est devenue beaucoup plus légère notamment à partir de la troisième saison. Sans compter que la version française a sensiblement modifié aussi l’esprit initial.

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The Accusing Finger (1936)

Messagepar Supfiction » 22 janv. 20, 10:07

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The Accusing Finger (1936)



Réalisation : James Patrick Hogan
Société de production : Paramount Pictures
Scénario : John Bright, Madeleine Ruthven
Durée : 62 minutes
Avec : Marsha Hunt, Robert Cummings, Paul Kelly, Kent Taylor, Harry Carey

Douglas Goodwin (Paul Kelly) tient le rôle d'un district attorney, vedette du barreau qui se vante d'envoyer plus de 80% de ses clients en prison ou à la chaise électrique. Sûr de lui et de sa mission, il est droit dans ses bottes lorsqu'il s'avère responsable de la condamnation d'un innocent pour un assassinat qu'il n'a pas commis. Mais la situation se retourne ironiquement contre Goodwin au moment où il s'apprête à divorcer pour épouser sa belle et douce assistante (Marsha Hunt). Après s'être disputé publiquement avec sa légitime, il assiste un soir à son assassinat par un cambrioleur qu'il n'arrive pas à retenir ni identifier dans l'obscurité. En revanche, la femme de chambre (horriblement interprétée par l'actrice Hilda Vaughn) n'ayant pas aperçu le cambrioleur en déduit immédiatement la culpabilité du mari (qui évidemment a ramassé le revolver.. coup classique). Toutes les apparences sont contre lui puisque le couple se disputait encore cinq minutes avant devant la bonne.
Goodwin se retrouve subitement de l'autre côté de la justice, celui des accusés. Et puisque personne ne le croit quand il clame son innocence, en l'absence de la moindre trace du cambrioleur, il est rapidement condamné et incarcéré. En prison, il ne tarde pas à se retrouver au milieu de ses anciens "clients"..

A ce stade, l'intrigue ressemble vaguement à celle du futur Richard Kimble.. et on imagine une évasion avec recherche du véritable assassin à la clef. Je n'en dirai pas plus mais à partir de là, l'intrigue diffère.

Pour l'époque, le film s'avère un plaidoyer libéral audacieux contre la peine de mort. Mais c'est vraiment un tout petit film fauché, trop court, trop limité et sans grandes stars. Robert Cummings est encore bien vert et Paul Kelly n'est pas une vedette. Mais il y a la belle Marsha Hunt (habituée des films noirs puisqu'on la retrouve notamment dans None Shall Escape, Marché de brutes, L'Assassin au gant de velours, Take One False Step). L'actrice aura d'ailleurs 103 ans en 2020!

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Il y a également dans un second rôle l'excellent Harry Carey. En cette année 1936, il vient de tirer un trait sur sa carrière de cow-boy à l'occasion du Ford Je n'ai pas tué Lincoln. Bien lui en a pris puisqu'il sera même nommé aux Oscars trois ans plus tard pour son second rôle dans Monsieur Smith au Sénat).
Au final, un film intéressant mais qui s'avère assez frustrant car il y avait matière à faire quelque-chose de bien plus palpitant.

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Re: Les films noirs à petits budgets et/ou de cinéastes méconnus

Messagepar kiemavel » 22 janv. 20, 14:44

Oui, je sais, j’ose tout..

Je sais, tu n'as aucun tabou. Tu ouvres des sujets sur Vincent Cassel, sur Eric Judor ... A quand un topic sur Bernard Menez ou Pierre Tornade, You, Crazy Fool ? :mrgreen:

J'ignorais que les intentions des initiateurs de Starsky et Hutch étaient de faire une série policière sérieuse. Je me rappelle de deux flics rigolards et ultra cool en dehors du boulot mais aussi de grosses mandales, de cascades, de scènes d'action vigoureuses et d'une mise en scène assez nerveuse. Par contre, je n'ai pas vu ça depuis le début des années 80 (certains dimanches après midi assez mornes commençaient par un épisode de la série. Sur TF1 de mémoire, vers 13h30 - 14 h)
Déjà à l'époque, je ne trouvais ça pas bien terrible mais la série a eu un succès dingue. Assez vite, dans mon patelin (30 000 h à l'époque) un type - que j'ai un peu connu par la suite - avait fait customiser sa Ford façon Starsky et Hutch. On l'appelait Zebra 3 ! Il avait la trentaine - un vieux quoi - faisait la sortie des collèges et lycées et actionnait son klaxon italien ! Un mythe quoi et un modèle aussi, entre Fonzie et John Milner (American Graffiti)

Pas vu le dernier film que tu viens de présenter. Normalement, par contrat, tu n'avais pas le droit de faire des trucs comme ça ! Je me sens trahis !!! :wink:

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Re: Les films noirs à petits budgets et/ou de cinéastes méconnus

Messagepar Jeremy Fox » 22 janv. 20, 14:53

kiemavel a écrit : Par contre, je n'ai pas vu ça depuis le début des années 80 (certains dimanches après midi assez mornes commençaient par un épisode de la série. Sur TF1 de mémoire, vers 13h30 - 14 h)



Non nos deux flics terminaient au contraire nos dimanches après midi : c'était bien sur TF1 mais vers 18 heures. A 14 heures c'était plutôt Magnum ou Drôles de dames. :wink:

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Re: Les films noirs à petits budgets et/ou de cinéastes méconnus

Messagepar Alexandre Angel » 22 janv. 20, 15:07

Jeremy Fox a écrit : A 14 heures c'était plutôt Magnum ou Drôles de dames. :wink:

Oui mais sur la 2 (et Magnum, c'était plutôt en fin d'après-midi)
Mais j'irais pas y mettre ma main au feu, que les choses soient claires

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Re: Les films noirs à petits budgets et/ou de cinéastes méconnus

Messagepar Cathy » 23 janv. 20, 15:46

Jeremy Fox a écrit :
kiemavel a écrit : Par contre, je n'ai pas vu ça depuis le début des années 80 (certains dimanches après midi assez mornes commençaient par un épisode de la série. Sur TF1 de mémoire, vers 13h30 - 14 h)



Non nos deux flics terminaient au contraire nos dimanches après midi : c'était bien sur TF1 mais vers 18 heures. A 14 heures c'était plutôt Magnum ou Drôles de dames. :wink:


Euh il me semble que Starsky et Hutch au départ était bien en tout début d'après-midi !
Magnum c'était vers 15h comme Drôle de dames.

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Jeremy Fox
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Re: Les films noirs à petits budgets et/ou de cinéastes méconnus

Messagepar Jeremy Fox » 23 janv. 20, 15:53

Cathy a écrit :
Jeremy Fox a écrit :

Non nos deux flics terminaient au contraire nos dimanches après midi : c'était bien sur TF1 mais vers 18 heures. A 14 heures c'était plutôt Magnum ou Drôles de dames. :wink:


Euh il me semble que Starsky et Hutch au départ était bien en tout début d'après-midi !
Magnum c'était vers 15h comme Drôle de dames.


Peut-être au départ mais ensuite c'était bien diffusé le soir : ça marquait pour moi le commencement de le déprime du dimanche soir. Nous regardions même l'épisode au souper :lol:

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Re: Les films noirs à petits budgets et/ou de cinéastes méconnus

Messagepar Alexandre Angel » 23 janv. 20, 16:17

Jeremy Fox a écrit :ça marquait pour moi le commencement de le déprime du dimanche soir.

La pire période de "déprime du dimanche soir" pour moi était le premier trimestre de ma 6ème.
Tout simplement parce que le lundi matin dès 8 heures, j'avais 2 heures d'Education Manuelle et Technique (Travaux Manuels) et que JE DETESTAIS ça (on y faisait de la couture :? ).
A partir du second trimestre, on a fait de la cuisine et je préférais nettement.