Le Western américain : Parcours chronologique III 1955-1959

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Supfiction
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Supfiction » 14 juil. 13, 13:28

Jeremy Fox a écrit :A propos d'OK Corral, j'écrivais ;

Laura, c’est la magnifique Rhonda Fleming (splendide dans sa robe verte) qui amène une belle touche de romantisme au film et qu’on regrette de perdre de vue si vite, à peu près à mi-film.


Et bien, elle est bien plus présente dans Terreur dans la vallée de Roy Rowland et de plus elle a rarement été aussi belle. Rowland a du presque faire tourner toutes les plus belles rousses hollywoodiennes dans ses westerns (Arlene Dahl, Eleanor Parker). A suivre bientôt ce très plaisant western MGM après en avoir terminé avec le Marquis-Warren.


Je vais essayer de le voir également aujourd'hui, mais sans sous-titres (j'espère qu'André Moreau articule bien..).
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Dave Bannion
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Re: Gunfight at the O.K. Corral

Messagepar Dave Bannion » 14 juil. 13, 14:07

Jeremy Fox a écrit :
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Règlements de comptes à OK Corral (Gunfight at the O.K. Corral - 1957)
de John Sturges
PARAMOUNT


Avec Burt Lancaster, Kirk Douglas, Rhonda Fleming, Jo van Fleet, John Ireland, Lyle Bettger
Scénario : Leon Uris
Musique : Dimitri Tiomkin
Photographie : Charles Lang (Technicolor 1.85)
Un film produit par Hal B. Wallis pour la Paramount


Sortie USA : 29 Mai 1957


Il est de ces westerns qui marquèrent mon enfance et qui par le fait firent énormément pour la passion que j’éprouve depuis pour le genre. Ce fut tout d’abord, très jeune, le cas de Le Réfractaire (Billy the Kid) de David Miller avec un Robert Taylor tout de noir vêtu dont la fin tragique m’aura bouleversé (ainsi que la plupart des garçons de mon âge qui s’étaient aisément identifiés à cet assassin malgré lui, classieux en diable) ; puis La Dernière caravane (The Last Wagon) de Delmer Daves dont Richard Widmark attaché à sa roue de chariot fut probablement l’image la plus durablement marquante de toute mon iconographie westernienne ; ou encore Rio Bravo qui entérina définitivement mon amour pour le western américain en même temps qu’un deuxième film qui n’est autre justement que Règlement de comptes à OK Corral. Un western de prestige à gros budget qui, l’année de sa sortie, en 1957, devint le plus gros succès dans le genre avant d’être détrôné quelques années plus tard par Les Sept mercenaires (The Magnificent Seven) du même réalisateur. Son sérieux, son dramatisme exacerbé, sa minutie dans les détails, la richesse et les ambigüités des relations entre les personnages, firent que je pus me rendre compte avec plaisir (et soulagement vis à vis du regard des autres) que le western pouvait être aussi adulte et intelligent que n’importe quel autre genre, et n’avait donc aucune raison d’être traité avec condescendance comme étant uniquement un simple divertissement du samedi soir. Malheureusement, le cliché existe encore mais les connaisseurs savent qu’il n’en est rien. Tout ça pour dire que malgré les multiples visionnages, sans que ce ne soit lié à une quelconque nostalgie malgré le fait qu’il ait été un des principaux déclencheurs de ma passion pour le western, je considère toujours ce film de John Sturges comme un sommet du genre.


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Trois hommes débarquent à Fort Griffin pour venger la mort du frère de l’un d’entre eux tué par Doc Holliday (Kirk Douglas). Célèbre joueur de poker, fameux aussi pour son habileté dans maniement des armes, ce dernier est en ville auprès de sa compagne Kate Fisher (Jo Van Fleet) ; les relations entre eux deux sont très tendues. Wyatt Earp (Burt Lancaster), le shérif de Dodge City, arrive à son tour en ville pour appréhender Ike Clanton (Lyke Bettger) ; mais l’homme de loi de Fort Griffin, plus très motivé par son dangereux métier, préférant désormais frayer avec les bandits plutôt que de se retrouver une balle dans la peau, l’a laissé fuir. Wyatt tente alors d’en savoir plus auprès de Doc Holliday qui l’éconduit, ayant une dent contre son frère Morgan (DeForrest Kelley) qui l’a autrefois banni de Deadwood. Peu après, Doc tue en état de légitime défense Ed Bailey, l’homme venu pour se venger de lui. Les habitants, excédés par les troubles que Doc provoque en ville, l’accusent de meurtre et sont sur le point de le lyncher ; il est sauvé in-extremis par Wyatt qui, peu enclin à le secourir, l’aide néanmoins à s’échapper. Le célèbre shérif s’en retourne ensuite à Dodge City, bientôt rejoint par Doc à qui il avait pourtant demandé à ce qu’il ne pénètre jamais dans 'sa ville'. Arrive également la pulpeuse Laura Denbow (Rhonda Fleming), joueuse professionnelle dont Wyatt s’éprend après l’avoir emprisonnée. Alors que tous ses adjoints sont partis pour une chasse à l’homme, Wyatt se retrouve démuni lorsqu’une banque de la ville est dévalisée, son caissier assassiné : il décide de faire de Doc son adjoint le temps de rattraper les brigands ; ayant une dette envers lui, Holliday accepte pour ensuite ne plus rien lui devoir. De retour à Dodge City après avoir descendu les trois bandits, Doc apprend que Kate a quitté la ville en compagnie de Johnny Ringo (John Ireland), l’un des hommes de Clanton, ce dernier semblant mettre à mal la ville de Tombstone ; en effet, son frère Virgil (John Hudson) vient d’appeler Wyatt à la rescousse. Doc et Wyatt se rendent donc dans cette bourgade de l’Arizona où va se dérouler le fameux règlement de comptes à OK Corral opposant les clans Earp et Clanton…


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Alors justement que le western était à cette époque plus largement représenté au travers de la série B, Règlement de comptes à OK Corral, par son impressionnante réussite au box-office mondial, relança le western de prestige tandis que la psychologie assez poussée de ses personnages fit que les spectateurs pas nécessairement clients du genre purent aussi apprécier ce film, le bouche à oreille faisant s’amplifier les files d’attentes comme rarement, et notamment en France. Rien que pour cette raison, on peut lui être redevable d’avoir fait perdurer quelques années encore la prolifération des productions westerniennes de série A au sein des importantes compagnies. Il fut très longtemps de bon ton de critiquer les westerns de John Sturges à l’exception d’un film un peu à la marge, l’excellent Un Homme est passé (Bad Day at Black Rock) avec un Spencer Tracy inoubliable en manchot venant semer la zizanie dans une petite bourgade des USA au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale ; en cherchant bien dans les ouvrages consacrés au genre, il n’y eut d’ailleurs en France que très peu de longues critiques ou analyses à leur propos et c’est bien dommage, tout du moins concernant le splendide corpus de ses cinq westerns des fifties qui s'étend de Fort Bravo au Dernier train de Gun Hill, Gunfight at the OK Corral se situant en son centre. On trouve néanmoins à l'époque de la sortie de ce dernier de belles dithyrambes à son propos et notamment une assez conséquente par Ado Kyrou dans le Positif N°28, qui se moque dans le même temps (avec raison) des journalistes ayant absolument voulu comparer le film de Sturges avec celui de John Ford, trouvant cette approche sans intérêt et avouant quant à lui adorer les deux westerns: "La haine de la tuerie et l'amitié sont les thèmes essentiels de cet extraordinaire film de John Sturges […] L’imagerie du western traditionnel s’est transformé en un brasier ardent […] Sturges passe avec une aisance déconcertante de la ballade derrière les pierres tombales (son leitmotiv), toute en demi-teintes, au réalisme des scènes intimistes entre Doc Holliday et sa maitresse et au lyrisme grandiose des scènes d'action. […] Le western prouve par de tels films qu'il est encore en pleine évolution [...] et qu'il est plus que jamais le cinéma que nous aimons."


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Avant : Frontier Marshall d’Allan Dwan, La Poursuite infernale (My Darling Clementine) de John Ford. Après : Sept secondes en enfer (Hour of the Gun) de John Sturges, Tombstone de George Pan Cosmatos, Wyatt Earp de Lawrence Kasdan : où l’on peut constater que le fait historique constitué par le fameux ‘Gunfight’ a été une grande source d’inspiration pour les réalisateurs de westerns ! Beaucoup d’éléments font même penser que l’iconoclaste et étonnant Forty Guns (Quarante tueurs) de Samuel Fuller (qui sortira quelques semaines après le film de Sturges) ait voulu aussi évoquer la bataille rangée entre les Earp et les Clanton. Wyatt Earp et Doc Holliday furent aussi les personnages principaux d’une dizaine d’autres films tels que le superbe Un Jeu risqué (Wichita) de Jacques Tourneur, l’iconoclaste Le Banni (The Outlaw) de Howard Hughes ou le Doc Holliday de Frank Perry, et firent des apparitions savoureuses (ou agaçantes selon les goûts) dans Les Cheyennes (Cheyenne Autumn) de John Ford. Autant dire que les amateurs devraient être en terrain connu avec l’histoire et les protagonistes de Règlement de comptes à OK Corral ; ceux au contraire que le genre aurait tendance à rebuter ont également de grandes chances d’apprécier ce western dramatique de prestige et de qualité. Après nous avoir promené au début de son film du Texas (Fort Griffin) au Kansas (Dodge City), John Sturges nous conte dans son western les quelques jours d’attente et de tensions qui ont précédé à Tombstone, Arizona le fameux règlement de comptes. Il en profite pour nous livrer une belle méditation sur la mort, la puissance de l’argent, la loi et l’amitié (entre deux hommes que tout oppose mais qui se respectent infiniment, Earp, le shérif incorruptible et Holliday, l’aristocrate déchu à la vie dissolue) sur un scénario d’une très grande richesse psychologique écrit par l’auteur d’Exodus (roman adapté en 1960 par Otto Preminger), Leon Uris.


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Oublions les versions qui ont suivi puisque nous ne sommes encore qu’en 1957, et ne tombons pas non plus dans le travers de la comparaison avec celle de John Ford car le style et le ton des deux films sont tellement différents que l’intérêt de les mettre en concurrence ne serait pas très probant d'autant qu'il n’est pas plus interdit de préférer la version ‘fordienne’, plus chaude et poétique, que la version ‘sturgienne’ plus tendue et mélodramatique ; en effet, à mon humble avis, les deux westerns peuvent se targuer de boxer dans la même catégorie, seules les affinités avec tel ou tel univers pouvant faire pencher la balance vers l’un ou l’autre. Et pourtant, contrairement au public qui lui fit une ovation, la critique (tout du moins française) n’a jamais été bien tendre envers la version de Sturges. Essayons donc de redorer son blason, estimant pour ma part qu’il s’agit d’un modèle du genre. Le réalisateur n’en était pas à sa première réussite dans le western ; il nous avait déjà offert en 1953 le formidable Fort Bravo (Escape from Fort Bravo) avec William Holden, film parfaitement rythmé, d’une redoutable efficacité, d'une fluidité étonnante dans l'écriture, d'une rigueur parfaite dans la narration et rempli de trouvailles scénaristiques originales. S’ensuivit en 1956 le très intéressant Coup de fouet en retour (Backlash) avec Richard Widmark, western de série trépidant et aux nombreuses péripéties, bien interprété et très correctement mis en scène, mais qui pêchait un peu par un scénario morcelé, une écriture parfois répétitive et téléphonée. Règlement de comptes à OK Corral bénéficie d’un budget bien plus conséquent que les précédents et du coup le casting apparait aujourd’hui comme très impressionnant ; on y trouve non seulement le duo Kirk Douglas/Burt Lancaster mais aussi non moins que la sculpturale rousse Rhonda Fleming (inoubliable dans Tennessee’s Partner d’Allan Dwan), John Ireland (l’assassin de Jesse James chez Samuel Fuller), Jo Van Fleet (la mère de James Dean dans Est of Eden de Kazan), Lyle Bettger (le dompteur dans Sous le plus grand chapiteau du monde de DeMille), DeForrest Kelley (le futur docteur de la première série Star Trek), Earl Holliman (le cuisinier de Planète interdite de Fred McWilcox), Olive Carey (Mrs Jorgensen dans La Prisonnière du désert de John Ford), Whit Bissell (le docteur de L’Etrange créature du lac noir de Jack Arnold) et encore, sans que nous n’ayons besoin de les présenter Ted De Corsia, Dennis Hopper (alors tout jeunot), John Hudson, Jack Elam, etc., des noms (ou tout du moins des visages) qui parleront très probablement aux habitués du cinéma hollywoodien.


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En 1956, le producteur Hal Wallis décide mettre en chantier un film narrant les relations entre deux légendes de l’Ouest, Wyatt Earp et Doc Holliday ; John Ford l’avait déjà fait voilà onze ans en arrière mais Wallis veut se servir pour le scénario de cette nouvelle version d’un article de George Scullin, ‘The Killer’. Il réussit à en obtenir les droits et a immédiatement dans l’idée de faire interpréter les deux hommes respectivement par Burt Lancaster et Humphrey Bogart. Ce sera finalement Kirk Douglas qui sera retenue pour le rôle de l’ex-dentiste devenu joueur professionnel, alcoolique, tuberculeux et fou de la gâchette ; lessivé par le tournage de La Vie passionnée de Van Gogh (Lust for Life) de Vincente Minnelli, il accepte immédiatement au vu de son sujet qu’il trouve plus ‘léger’ (sic !). Quant à Burt Lancaster, il est plus exigeant : il n’accepte qu’à condition qu’il puisse être également en tête d’affiche d’un film qu’il prend alors plus au sérieux Le Faiseur de pluie (The Rainmaker) de Joseph Antony avec pour partenaire Katharine Hepburn. Le western de John Sturges sera la deuxième rencontre entre les deux stars masculines (après qu'ils se soient déjà croisés sur le tournage de L’homme aux abois – I Walk Alone de Byron Haskin) et le début d’une très longue amitié. L’auteur Leon Uris décide de s’affranchir de toute vérité historique pour mieux pouvoir se recentrer principalement sur le portrait des deux hommes, ayant même dans l’idée au départ de suggérer de l’homosexualité dans leur relation. C’est d’ailleurs pour cette raison que Wallis décide de mettre son grain de sel dans le scénario en écrivant lui-même la romance entre Wyatt Earp et Laura Denbow afin que le public soit rassuré quant à la virilité de l’homme de loi. Il s’en charge donc avec en tête, pour le personnage féminin, Barbara Stanwyck. Durant le tournage, John Sturges eut fort à faire pour diriger les fortes têtes qu’étaient ses deux vedettes principales d’autant que Burt Lancaster ayant déjà réalisé son propre film, voulait sans arrêt se mêler de la mise en scène. Au final, tout se sera plutôt bien déroulé et la direction d’acteur du cinéaste aura fait des miracles notamment avec ce duo d’acteurs devenu mythique. Il en résulta deux nominations aux Oscars dont un pour le montage de Warren Low (qui aurait mérité la récompense suprême pour, entre autres, de merveilleux fondus-enchainés), des files d’attentes monstrueuses sur les trottoirs suite à un bouche à oreille délirant, et enfin un succès qui ne s’est jamais démenti. Ce western est devenu également un champion des rediffusions télévisuelles.


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Dès le générique (qui pourrait être un hommage à celui de High Noon - Le train sifflera trois fois), on est immédiatement happé par un film qui s’annonce comme plein de panache et de lyrisme (ce qui sera d’ailleurs confirmé par la suite). Sur une chanson de Ned Washington interprétée par le ‘troubadour’ Frankie Laine (et sa diction très particulière qui pourra en agacer plus d’un notamment lorsqu’il prononce son ‘OK Corral’), John Sturges, aidé en cela par la splendeur visuelle de l’alchimie Vistavision/Technicolor et d’un Charles Lang en pleine possession de ses moyens en tant que chef-opérateur, nous offre de somptueuses images de trois cavaliers chevauchant ventre à terre, prêts à en découdre, au sein d’extérieurs grandioses magnifiés par la caméra qui capte toute leur immensité. Le génie de Sturges quant au placement de ses personnages dans le cadre ainsi que la limpidité de ses mouvements de caméra s’expriment déjà pleinement et se poursuivront tout du long ; tous les plans de vastes paysages séparant chaque ‘acte’ seront tout aussi majestueux que ceux de cette première séquence. Si je parle d’acte, c’est que la construction du film est expressément assez théâtrale tout comme le ton excessivement dramatique, la chanson-titre venant faire la transition entre chaque partie, explicitant des faits pas nécessairement vus dans le courant de l’intrigue comme pouvaient le faire les choeurs antiques dans la tragédie grecque. La musique de Dimitri Tiomkin, qui annonce en mineur ses quelques chefs-d’œuvre à venir, pourrait donc presque être comptée comme un des personnages de l’intrigue, superbe réussite, pas si envahissante qu’on a bien voulu le dire : même si son importance est considérable, elle sait se faire discrète ou absente à de très nombreuses reprises et notamment aux cours des séquences les plus tendues comme le fameux Gunfight. Celui-ci fait fi de la réalité (l’authentique fusillade n’a duré qu’à peine 30 secondes contre plus de 5 minutes dans le film) pour pouvoir nous procurer (pour notre plus grand plaisir) un fulgurant morceau de bravoure au timing parfait, chorégraphié avec génie ; et pour cause, son tournage s’est déroulé sur non moins que quatre jours à raison de 12 heures par jour : une véritable leçon de cinéma concernant le montage, le rythme et la mise en scène. Hormis cette longue séquence, le film ne comportera finalement qu'assez peu d'action, mais quand elle se manifestera, ce sera, comme dans cet exemple, avec une redoutable efficacité.


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Nous ne reviendrons pas en détail sur la réalisation de John Sturges puisqu’on aura beau chercher, elle ne pourra être prise en défaut à aucun moment, le monteur faisant lui aussi des merveilles, toutes les séquences étant parfaitement découpées et l’ensemble paraissant ainsi d’une fluidité qui confine à l’évidence. Le décorateur et le costumier ne sont pas en reste, le film s’avérant en conséquence d’une très grande beauté plastique d’autant que Charles Lang avait pour consigne de faire retrouver à sa photographie les tons chauds des tableaux de Remington (ce qu'il a parfaitement réussi), les intérieurs (et plus particulièrement les saloons) ayant rarement été aussi richement et minutieusement décorés. L’imposant budget se ressent aussi rapport justement à ces décors quant à leur immensité ; nous avions en effet rarement vu autant de figurants dans un saloon que lors de la formidable séquence mouvementée du saccage de l’établissement par les cow-boys excités, menés par Ted de Corsia, les chevaux étant même de la partie, traversant la pièce sans aucun problème. Et puis, les quelques extérieurs nocturnes en studio sont, tout comme l’étaient ceux de Fort Bravo, parmi les mieux éclairés jamais rencontrés dans un western. Si donc sur la forme, le western de Sturges est un parfait modèle de classicisme, le fond ne démérite pas grâce au superbe travail d’écriture de Leon Uris, notamment dans la description et les relations entre des personnages complexes et (ou) torturés. C’est Doc Holliday qui entre le premier en scène ; d’emblée on tombe sur un personnage fortement perturbé : alcoolique, malade, suicidaire et violent ; les troubles et sulfureuses relations qu’il entretient avec Kate Fisher (impressionnante Jo Van Fleet qui rejoint son partenaire dans la démesure cependant jamais outrancière) frôlent même le sadomasochisme. Il s’agit d’un homme qui s’autodétruit, pensant n’en avoir plus pour longtemps à vivre et ne s’en étant de toute manière jamais remis de son passé qu’il estime gâché : “I never lose. You see, poker's played by desperate men who cherish money. I don't lose because I have nothing to lose, including my life.” Il retrouvera une certaine estime de soi grace à l’amitié qui le lie désormais au Marshall de Tombstone qu’il n’avoue néanmoins qu’à la toute fin du film, juste avant le Gunfight, en se décidant, tant qu'à mourir, à aller se battre au côté "du seul ami qu’il n'ait jamais eu". Superbe et pathétique personnage que ce joueur n’attirant qu’antipathie à son égard et superbe évolution d’une amitié tout en retenue et en pudeur que nous décrit Leon Uris.


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Si Kirk Douglas est impérial dans son rôle de Doc Holliday, Burt Lancaster ne l’est pas moins dans celui de son ami Wyatt Earp, parfaite incarnation d’une justice rigide et implacable. Et justement, la force de son personnage vient également de ce qu’il n’est pas décrit comme un héros d’un seul bloc, pas même forcément aimable, et que certaines de ses qualités comme la fierté peuvent se transformer en défaut surtout aux yeux des autres, et en l’occurrence pour la femme de son frère Virgil qui pense que les frères Earp devraient s’occuper avant tout de la sécurité et du bien-être de leurs concitoyens plutôt que de se battre par orgueil mal placé au risque de se faire tuer et de laisser la ville sans défense. Wyatt est également indécis et sa trop raide intégrité fait qu’il devient facilement un moralisateur prêchant la ‘bonne parole’ dès qu’il en a l’occasion (on le nomme à plusieurs reprises ‘Preacher’ ou ‘Mister Virtue’). Pour résumer, un homme probe et digne mais parfois agaçant par le fait d’être trop prude et de ne jamais douter de son bon droit. Le voir se fissurer au contact d’un homme pour lequel il aurait juré n’éprouver jamais aucun sentiment est vraiment touchant. Assez émouvantes également ses relations avec le plus jeune des frères Clanton, Billy, interprété par Dennis Hopper, qui se bat lui aussi aux côtés de ses frères non par conviction mais pour suivre le code d’honneur familial : belle leçon que lui donnera Wyatt sans que ça ne suffise à le faire changer d’avis vu qu’il sera même obligé de le tuer. Devant tant de sang versé et de violence inutile, Wyatt finira par jeter son insigne pour aller retrouver Laura, espérant qu’elle l’aura attendu tout ce temps (Leon Uris nous laissant avec intelligence dans l'expectative, nous privant d'un véritable happy-end). Laura, c’est la magnifique Rhonda Fleming (splendide dans sa robe verte) qui amène une belle touche de romantisme au film et qu’on regrette de perdre de vue si vite, à peu près à mi-film. La romance qu’elle entretenait avec Burt Lancaster n’était pas forcément nécessaire mais s’avérait très attachante. Autre personnage très intéressant, celui du shérif corrompu joué par Frank Faylen, autrefois intègre mais qui en vieillissant, de peur de perdre la vie, s’est acoquiné avec les clans ayant la mainmise sur la région. Quant aux Bad Guys, moins richement écrits, ils n’en demeurent pas moins tout aussi inoubliables grâce avant tout à leurs interprètes et notamment Lee Van Cleef (dont la mort dans les premières minutes est fulgurante), Lyle Bettger, John Ireland ou Ted de Corsia : une bien belle brochette de vilains !


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Pour résumer, John Sturges mène son film mythique d’une main de maître avec sa science habituelle du cadrage et sa parfaite direction d’acteurs, tout aussi à l’aise dans l’action (rare mais toujours fulgurante) que dans les longues séquences dialoguées. L’équipe technique de la Paramount engagée par Hal Wallis fait des merveilles et la chanson-thème que Dimitri Tiomkin a composée pour l’occasion devient très vite entêtante, ayant eu un impact certain sur une majorité de spectateurs. Devant l’énorme succès (amplement mérité) remporté par le film, le western retrouva une nouvelle légitimité auprès des non amateurs du genre et les producteurs décidèrent de mettre en chantier plus de westerns à gros budget dont, avec la même équipe, Le Dernier train de Gun Hill (Last train from Gun Hill)qui atteindra presque le même niveau de réussite. Gunfight at the OK Corral et son splendide classicisme, et même si la vérité historique est un peu malmenée, constitue l’un des plus beaux fleurons qui soit dans le domaine du western ; peut-être même le chef-d’œuvre de ce que certains journalistes ont nommé le ‘sur-western’ (westerns à forte tendance psycholgisante). Même si l’on aurait parfois souhaité un peu moins d’emphase, Règlement de comptes à OK Corral représente pour moi une sorte d’aboutissement d’un certain classicisme hollywoodien dans le domaine du western. Un film d'un imperturbable sérieux (ce qui ne fait parfois pas de mal), à la fois très classique et ‘bigger than life’ à l’image de sa séquence d’anthologie, celle du légendaire Gunfight au cours de laquelle, avec notamment l’avancée des quatre frères Earp filmée par un travelling en contre-plongée, on croit retourner en enfance, les héros à l’écran devenant aussi fabuleux que dans nos rêves d’alors. Un grand classique incontournable !


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Le film est sorti en DVD zone 2 dans une copie non restaurée mais néanmoins très correcte, avec VF et VOST


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A suivre : Trooper Hook de Charles Marquis Warren avec Joel McCrea & Barbara Stanwyck



Pareil que toi ;
Un film que j'ai découvert quand j'étais môme et qui m'a fait aimer...adorer les westerns. Les autres films qui m'avaient marqué à l'époque étaient Rio Bravo, Le massacre de Fort Apache, 3h10 pour Yuma pour ne citer que ceux là.
Aujourd'hui, avec un peu de recul, je mets toujours très haut le Daves et le Hawks.
Le Ford (même si il est très bon) est largement dépassé ds mon classement par d'autres films du grand John.
Idem pour le Sturges ; même si j'aime beaucoup le film, il n'est plus ds mon top ; peut être à cause de Kirk Douglas qui cabotine trop (comme ds pas mal de films d'ailleurs).
Sturges est quand même un sacré bon metteur en scène mais je préfére Fort Bravo par exemple.
Je ne suis pas fan des tops et des classements mais je pense qu'aujourd'hui, je mets tout en haut (pour ne pas dire au top..) les Mann/Stewart avec encore plus haut.....Je suis un aventurier et les affameurs.

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Re: Gunfight at the O.K. Corral

Messagepar Jeremy Fox » 14 juil. 13, 15:10

Dave Bannion a écrit :Un film que j'ai découvert quand j'étais môme et qui m'a fait aimer...adorer les westerns. Les autres films qui m'avaient marqué à l'époque étaient Rio Bravo, Le massacre de Fort Apache, 3h10 pour Yuma pour ne citer que ceux là.
Aujourd'hui, avec un peu de recul, je mets toujours très haut le Daves et le Hawks.
Le Ford (même si il est très bon) est largement dépassé ds mon classement par d'autres films du grand John.
Idem pour le Sturges ; même si j'aime beaucoup le film, il n'est plus ds mon top ; peut être à cause de Kirk Douglas qui cabotine trop (comme ds pas mal de films d'ailleurs).
Sturges est quand même un sacré bon metteur en scène mais je préfére Fort Bravo par exemple.
Je ne suis pas fan des tops et des classements mais je pense qu'aujourd'hui, je mets tout en haut (pour ne pas dire au top..) les Mann/Stewart avec encore plus haut.....Je suis un aventurier et les affameurs.



J'adore toujours autant Fort Apache (un de mes Ford Préférés), Fort Bravo restera toujours mon Sturges préféré et je pense que les affameurs et Je suis un aventurier feront partie de mon Top 10 jusqu'à la fin... malgré l'arrivé en force de Boetticher :wink:

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Jeremy Fox » 14 juil. 13, 15:31

Supfiction a écrit :

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Le jeune homme est le propre fils du cinéaste ; pas un grand comédien mais il ne s'en tire pas trop mal (à tout point de vue :mrgreen: ).

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Supfiction » 14 juil. 13, 18:35

Stewart a définitivement la classe, que ce soit avec une épée ou un revolver.

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Jeremy Fox » 14 juil. 13, 19:33

Tu viens de voir le film donc ? Sympa non ?

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Supfiction » 14 juil. 13, 20:37

Jeremy Fox a écrit :Tu viens de voir le film donc ? Sympa non ?


Oui, le film vaut surtout pour les fans de Stewart dont je suis. Le genre d'acteur dont on retrouve la lignée jusque Kevin Costner. Et puis Rhonda est très belle effectivement. L'intrigue n'est pas extraordinaire mais Stewart Granger a une de ces classes..
Je suis content en outre d'avoir pu le voir et comprendre (environ 80% des dialogues je dirai) sans sous-titres.

Sinon Fox, la thématique de ce film ne te fait-il pas furieusement penser à un autre ?

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Jeremy Fox » 15 juil. 13, 08:14

Supfiction a écrit :Sinon Fox, la thématique de ce film ne te fait-il pas furieusement penser à un autre ?


Non pas spécialement ou au contraire à une dizaine d'autres. Pas vraiment de surprises dans un scénario très conventionnel. A quel film pensais tu ?

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar kiemavel » 15 juil. 13, 09:07

Supfiction a écrit :Sinon Fox, la thématique de ce film ne te fait-il pas furieusement penser à un autre ?


Pas un mais au moins deux. The Lonely Man (Jicop le proscrit)...et de plus loin The Gunfighter (La cible humaine). En dehors du western ? Je ne vois pas.

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Supfiction » 15 juil. 13, 10:13

Jeremy Fox a écrit :
Supfiction a écrit :Sinon Fox, la thématique de ce film ne te fait-il pas furieusement penser à un autre ?


Non pas spécialement ou au contraire à une dizaine d'autres. Pas vraiment de surprises dans un scénario très conventionnel. A quel film pensais tu ?


Un sous-texte dramatique sur les relations père-fils (l'amour d'un fils à reconquérir, celui-ci l'accusant d'être un tueur), le film se terminant exactement de la même manière qu'un autre avec Robert Mitchum..
Dernière édition par Supfiction le 15 juil. 13, 10:20, édité 1 fois.

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Jeremy Fox » 15 juil. 13, 10:19

Je ne suis pas l'organisateur du quizz naphta et je suis assez nul au jeu des devinettes :mrgreen:

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Supfiction » 15 juil. 13, 10:26

Le gosse a grandi (et a d'autres idées en tête..) mais pour le reste, c'est presque du copier-collé (je parle des relations familiales, pas de l'action).
Spoiler (cliquez pour afficher)
La fin du film est exactement la même, le fils tuant pour sauver le père.


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Dernière édition par Supfiction le 15 juil. 13, 10:33, édité 1 fois.

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Jeremy Fox » 15 juil. 13, 10:33

Ah ? Faut dire que le Preminger ne m'a pas marqué lors de sa dernière vision :oops:

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Trooper Hook

Messagepar Jeremy Fox » 16 juil. 13, 09:11

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Trooper Hook (1957) de Charles-Marquis Warren
UNITED ARTISTS


Avec Joel McCrea, Barbara Stanwyck, Earl Holliman, Edward Andrews, John Dehner
Scénario : David Victor, Martin Berkeley, Charles-Marquis Warren & Herbert Little Jr
Musique : Gerald Fried
Photographie : Ellsworth Fredericks (Noir et blanc 1.33)
Un film produit par Sol Baer Fielding pour la Filmaster Productions


Sortie USA : 12 juillet 1957


Concernant Charles-Marquis Warren, n’ayant pas eu l’occasion de voir ses deux westerns semble-t-il les plus réussis, à savoir Little Bigh Horn (1951) et Tension at Table Rock (1956), nous passons malheureusement au sein de ce parcours, de navets en films médiocres. Warren, tout d’abord écrivain, avait consacré de nombreux de ses romans à l’histoire de l’Ouest, privilégiant les faits peu connus, les thèmes originaux, les personnages atypiques. Il fut aussi un scénariste parfois très efficace, écrivant par exemple le script diablement réjouissant de l’excellent La Mission du Commandant Lex (Springfield Rifle) d’André de Toth avec Gary Cooper. Quant au début des années 50, on lui proposa de passer derrière la caméra, il le fit sans hésitation, demandant néanmoins des conseils à Budd Boetticher. Après que le médiocre et raciste Arrowhead (Le Sorcier du Rio Grande) nous ait déjà mis la puce à l’oreille, et même si auparavant Hellgate tenait un peu mieux la route grâce surtout au décor unique choisi pour y implanter son intrigue, il s’avère désormais clair que le cinéaste n’a pas eu l’air de tenir compte des recommandations prodiguées par le réalisateur de The Bullfighter and the Lady tellement sa mise en scène, une fois encore, reste tout du long de ce très mauvais Trooper Hook d’une immense platitude, sans aucune vigueur ni rigueur, sa direction d’acteur se révélant tout aussi inefficace, trouvant le moyen de rendre totalement amorphes Joel McCrea et, bien plus surprenant, Barbara Stanwyck ! Et pourtant l’idée de départ était sacrément séduisante !


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Après le massacre brutal d’une troupe de soldats américains, le Sergent Clovis Hook (Joel McCrea) de l’US Cavalry parvient à capturer le responsable de cette tuerie, l’impitoyable chef Apache Nanchez (Rodolfo Acosta), surnommé par les tuniques bleues ‘the worst butcher in the territory’, ainsi qu’un bon nombre de ses guerriers. Quelle n’est pas la surprise des militaires quand ils découvrent que Quinto, le tout jeune fils de Nanchez, a pour mère une femme blanche enlevée neuf ans plus tôt lors de l’attaque d’une diligence par les Indiens, Cora Sutliff (Barbara Stanwyck) ! Les prisonniers sont conduits jusqu’au fort où le Colonel Weaver (Patrick O’Moore) suggère que Quinto soit ramené à la réserve et que l’on reconduise sa mère à son premier époux (John Dehner), un brave fermier. Mais Cora ne veut pas se séparer de son fils et finalement Weaver accepte que la mère et le fils soit escortés en diligence par le Sergent Hook jusqu’en Arizona où se trouve la propriété familiale de Cora. Les voilà partis, conduits par le picaresque Trude (Royal Dano). En cours de route, ils prennent trois autres passagers, ce qui monte leur nombre à sept avec le conducteur. Entre temps, Nanchez a réussi à s’enfuir et il a bien l’intention de récupérer son fils même si pour se faire il doit tuer tous les autres voyageurs l’accompagnant…


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Que ceux dont la curiosité aurait été attisée par une accroche sympathique sur fond d’un tableau de Remington en amont du générique, ‘A Chronicle of the West’, ainsi que par un postulat de départ intéressant (écrit par l’auteur du roman dont a été tiré Shane) qui mixe en gros deux films de John Ford, Stagecoach (La Chevauchée fantastique) et The Searchers (La Prisonnière du désert), ne prennent pas forcément la peine de vérifier -quoiqu'il aurait été malhonnête de ma part de ne pas signaler que ce western possède quelques admirateurs- puisqu’on aura vite compris que non seulement le film de Warren n’arrive pas à la cheville de ces deux classiques mais qu’il est dans le même temps, comme l’était déjà d’ailleurs Arrowhead, intempestivement bavard, profondément ennuyeux et pour tout dire sacrément mauvais. Et pourtant il débutait de manière impressionnante avec ce massacre des soldats fusillés à bout portant par les Indiens. Le problème abordé ensuite s’avérait également captivant, qui montrait comment réagissent les hommes blancs quant ils apprennent qu’une des leurs a couché avec un indien (qu’elle y ait été forcée ou non) et, ‘pire encore’, qu'elle a eu un enfant de cette union ; progéniture qu'elle ne renie pas mais qu'elle aime au contraire de tout son coeur. C'en est trop pour le puritanisme des pionniers : il lui disent sans ambage qu'ils auraient préféré qu’elle se soit suicidée plutôt qu’elle se soit donnée à un ‘sauvage’ ! Elle se défend en prétextant sincèrement la survie et elle ne regrette ensuite rien. L’histoire sera alors principalement recentrée sur le voyage en diligence entrepris pour que la femme kidnappée par les indiens puissent être ramenée à son époux. Mais une fois ces éléments mis en place, ce ne seront quasiment plus qu’une succession de longues séquences bavardes à l’intérieur de la diligence sur fond de transparences ratées et de paroles de sagesse honorables mais vite répétitives, et d’autres guère plus captivantes faute à un scénario mal écrit (ils se sont pourtant mis à quatre pour le travailler et pour écrire par exemple le running gag moralisateur de la fessée !), à une interprétation médiocre et à une mise en scène indigente. Bref, ce film n’a quasiment rien pour lui, pas même son message de tolérance qui perd toute sa puissance à force d’être asséné aussi peu délicatement et par l’intermédiaire de comédiens qui ne semblent guère plus enthousiastes que les techniciens.


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Outre le duo de stars qui en était à sa sixième ‘collaboration’ (Joel McCrea à qui la moustache ne sied guère et Barbara Stanwyck qui n’a pas grand-chose à dire), les autres comédiens sont quasiment transparents (y compris Earl Holliman malgré son capital sympathie) quant ils ne sont pas honteusement grimés (qui reconnaitrait Royal Dano sous toutes ses ridicules postiches ?) ; à leur décharge, les personnages qu’ils ont eu à interpréter, par leur écriture sans rigueur, n'avaient rien de très intéressants ni de très motivants à commencer par les femmes qui, hormis le personnage de Cora, ne servent quasiment à rien d’autre qu’à meubler le décor. Certains comme Edward Andrews sont très pénibles, le petit garçon est très vite agaçant et l’on est même surpris de constater que l’habituellement bon John Dehner puisse être, mal dirigé, mauvais comme cochon. Si l’on excepte quelques beaux plans d’ensemble en plongée sur la diligence avançant dans l’immensité désertique des paysages traversés, certains jolis travellings tel celui qui, au sein de ce même plan, se termine et stagne sur Nanchez de dos, inquiétant avec ses fers toujours aux mains, la mise en scène est dans l'ensemble extrêmement routinière et très peu inventive, sans rythme ni robustesse. On peut s’en rendre compte au travers de la séquence finale qui oppose les deux ‘époux’ de Barbara Stanwyck. Elle aurait du représenter le climax du film mais non seulement elle ne sert sur le fond qu’à se débarrasser des deux hommes d’un seul coup afin que Cora convole avec Hook, mais se révèle dans le même temps d’une totale inefficacité à cause également d’un montage calamiteux (on croirait presque que le film a été charcuté par les producteurs tellement les fins de séquences sont abruptes) et de cascadeurs peu chevronnés. Il faut dire que le budget semble avoir été rogné de partout, les vilaines transparences se succédant sans arrêt aux décors fauchés. Quant à la musique du principal collaborateur de Stanley Kubrick durant sa première partie de carrière, Gerald Fried, elle est aussi crispante (tour à tour mièvre ou stridente) que la ballade qui rythme le film, chantée par Tex Ritter.


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Un film très peu mouvementé et qui, sur le fond, aurait peut-être pu faire plus parler de lui si John Ford et sa Prisonnière du désert n’étaient pas passés avant, nous proposant une réflexion oh combien plus stimulante, des personnages bien plus complexes, le tout au sein d’une enveloppe plastique et scénaristique incomparable. Les critiques de l’époque en étaient déjà conscients qui ne furent pas tendres envers le film de Charles-Marquis Warren. Reste néanmoins une belle photographie en noir et blanc signée Ellsworth Fredericks (Invasion of the Body Snatchers) et d’intéressantes pistes de départ. Mais arrêtons les frais puisque le film n’en vaut pas la peine et également pour ne pas peiner ceux qui l’apprécient.

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hellrick
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar hellrick » 16 juil. 13, 11:34

Un jour il faudra que quelqu'un se colle à faire un fichier comme ceux de Karras pour pouvoir noter tous les westerns :fiou:
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